Sortir, Voir: Regarder en rafale « Les Pays d’en haut » / Attendre « Le projet Hummingbird » sur le petit écran / Craindre Néron dans Britannicus

Exceptionnel: Les quatre saisons des Pays d’en haut !

Je m’en confesse au fantôme du Curé Labelle. J’avais savouré la première saison des Pays d’en haut au moment de sa sortie, mais mon activité politique ne m’avait pas permis de suivre attentivement la suite.

Maintenant que la série a connu sa finale (excellente) de fin de quatrième saison, ma conjointe et moi avons fait notre devoir de téléspectateurs québécois en regardant en rafale les trois saisons restantes. Notre verdict: un régal, un must.

La première saison était exceptionnelle. Le reboot de ce classique par le scénariste Gilles Desjardins lui donne une profondeur et une saveur nouvelles, des dialogues pétillants et efficaces. Le défi de la première saison était, sur fond de triangle amoureux, de rendre vraisemblable le consentement de Donalda à marier Séraphin et non le bel Alexis. Le défi fut remarquablement relevé. Il ferme les dernières minutes de la première saison comme un nœud savamment préparé depuis la toute première scène.

Laïcité: au nom de qui Valérie Plante parle-t-elle ?

Sur la laïcité, Valérie Plante et Denis Coderre sont sur la même longueur d’onde. Mais qu’en pensent vraiment leurs électeurs ?

La mairesse de Montréal a pesé de tout son poids, hier, contre le projet de loi sur la laïcité déposé par le gouvernement québécois. L’opposition officielle à l’hôtel de ville réclame que Montréal soit exempté de son application, rien de moins !

Disons d’abord que les opinions de ces élus sont légitimes et qu’ils pourront l’exprimer dans la consultation qui précédera l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale. Mme Plante s’insère parfaitement dans les traces de son prédécesseur Denis Coderre qui s’opposait, en principe, à ce genre de mesures mais qui avait poussé le bouchon un peu plus loin en laissant entendre qu’il n’appliquerait pas ses dispositions dans sa ville. J’étais à l’époque ministre responsable de la Métropole et je l’avais semoncé à ce sujet (Il avait même récidivé lors de la loi libérale sur l’interdiction du voile intégral, beaucoup plus timide – voir plus bas).

Message d’Ottawa au Québec: « Canada, love it or don’t leave it! »

Avec sa loi adoptée en 2000, le Canada a mis quatre cadenas sur le processus d’indépendance du Québec.

Les procureurs fédéraux, apprend-on, ont avisé la Cour que le Québec ne pourrait devenir indépendant que si une majorité de provinces donnait son accord.

Bref, que même si le Québec votait Oui à son indépendance, cette décision serait, disons, dépendante, de la bonne volonté des autres provinces. Combien ? Peut-être sept, peut-être neuf, ce n’est pas encore clair.

Pourquoi s’en étonne-t-on ? Car c’est étonnant, oui. C’est impraticable, insensé, absurde, oui. Mais à leur décharge, les procureurs n’ont rien fait d’autre que d’appliquer la loi. La loi canadienne. La loi sur la « clarté » adoptée en 2000. Elle dit exactement ça.

Et avait fait dire au politologue de l’Université de Montréal, Alain Noël, que la position officielle d’Ottawa au Québec était: « Canada, love it or don’t leave it ».

Lire: Dans les entrailles de la maison Trump

Pourquoi lire un autre bouquin sur les entailles de la maison blanche de Donald Trump ?

Après Fire and Fury: Inside the Trump White House d’un journaliste qu’on avait autorisé à roder dans les corridors pendant des mois, après Fear: Trump in the White House de Bob Woodward,, dont je parle plus bas, n’en sait-on pas suffisamment ?

J’ai donc hésité avant d’acheter mais j’ai cédé car il s’agissait ici d’un autre point de vue, celui d’un conseiller pro-Trump, d’un participant enthousiaste à la révolution trumpienne vivant des déconvenues de l’intérieur, sans jamais abandonner cependant son appui à son président.

Le récit est donc celui des loyaux à Trump, venus de sa campagne électorale et qui souhaitent l’application de sa politique, et des déloyaux à Trump, les républicains qui auraient préféré un autre candidat et qui tentent, de l’intérieur, de l’empêcher d’appliquer son programme et d’écarter ses fidèles. L’intérêt du récit tient à la tension entre ces deux camps, aux coups fourrés, à l’atmosphère pesante qui règne chez ces « bande de vipères ».

Le PQ et le lancinant festival des clichés

Parmi les premiers lecteurs de mon dernier ouvrage, ceux qui ont vécu ces dernières années dans la famille péquiste m’ont beaucoup parlé d’une citation qui semblait bondir de la page pour mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu.

La citation appartient à notre directrice des communications, Antonine Yaccarini. Elle était en congé de maternité à l’hiver et au printemps 2018, alors que nous avions, entre autres, 1)  innové en nommant une vice-cheffe; 2) présenté le plan le plus ambitieux de réduction des gaz à effet de serre; 3) annoncé un calendrier de réforme de la santé bien reçu par la FIIQ et conduisant le vice-président des Médecins québécois pour le régime public à se joindre à nous; 4) mis en avant comme jamais les nombreux X et Y de notre équipe – le leader Pascal Bérubé, nommé parlementaire de l’année par ses pairs, notre nouvelle présidente Gabrielle Lemieux, 35 ans, plusieurs autres; 5) ramené au bercail Camil Bouchard avec une proposition forte sur l’enfance; 6) accueilli dans l’équipe les symboles indépendantistes qu’étaient Jean-Martin Aussant et Lisette Lapointe; 7) mieux campé notre message en proposant « Un État fort au service des gens et pour réussir l’indépendance».