Plonger au cœur des journées historiques du Québec

Il y a ceux qui veulent la grande saga. Suivre l’aventure depuis le tout premier moment et savourer chaque rebondissement jusqu’au dénouement.

Il y a ceux qui veulent aller à l’essentiel, le juteux, le croustillant, l’historique.

Pour ces derniers, la lecture de Dix journées qui ont fait le Québec s’impose. J’ai lu la version livre de poche, publiée cette année, plutôt que le beau livre, disponible, qui fut un best-seller en 2013.

De la fondation de Québec par Champlain au référendum de 1995, l’ouvrage aborde l’essentiel des tournants de notre vie collective. Certains chapitres sont plus analytiques, comme celui consacré à la rédaction de la constitution de 1867, par la constitutionnaliste Eugénie Brouillet. D’autres nous entraînent dans le récit, à fleur de vie, comme la relation des émeutes de la conscription, à Québec, au moment de la première guerre mondiale, par l’historienne Béatrice Richard.

J’ai beaucoup appris, grâce à l’historien Denys Delage, sur les dessous de la grande paix de Montréal, la complexité des rapports entre autochtones, puis entre eux et les français. Sur le tour de force que constitue, dans l’histoire des relations continentales entre premières nations et européens, ce traité unique.

L’élection de 1960, qui ouvre la Révolution tranquille, est racontée par l’historien Éric Bédard. Il nous apprend qu’il s’en est vraiment fallu de peu pour que l’Union nationale ne remporte encore une victoire, et fasse rater au Québec son rendez-vous avec l’histoire.

Le recueil est, forcément, limité. Le nombre 10 ne permet d’inclure ni la répression qui suit la rébellion des patriotes, ni la nationalisation de l’électricité, ni le rapatriement de la constitution, ni la fondation du PQ. Mais peut-être a-t-il bien fait d’attirer notre attention sur les dix journées choisies. On en redemande.

On peut commander ici le livre de poche

Ou le grand livre illustré.

 


La bande-annonce de ma dernière balado:

On s’abonne ici.

 



4 réflexions au sujet de « Plonger au cœur des journées historiques du Québec »

  1. J’avais réservé à notre bibliothèque vers le 13 mars. Avec la levée du confinement, j’ai pu commencé à lire cette semaine, édition de luxe, foule d’images historiques. Le premier chapitre est de Jacques Lacoursière, sur la fondation de Québec.

    Je comprends et persiste à écrire que le 3 juillet 1608 n’a pas fait le Québec, mais la Québec, la Ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France jusqu’en 1759 je dirais. Le Québec, The Province of Quebec, a été fondé en 1763 par l’Angleterre à la suite du traité de Paris. C’était une 15e colonie britannique après les 13 américaines avant l’indépendance et la Nouvelle-Écosse.

  2. Dix journées qui ont fait le Québec.

    Le territoire initial de l’État du Québec remonte à 1763 à la suite de la cession par la France à la Grande-Bretagne de la Nouvelle-France par le traité de Paris. Cette partie majeure obtient le nom de «The Province of Quebec». Mercier et Duhamel. En 1791, par l’Acte constitutionnel, la Province de Québec est amputée du Haut-Canada. En quelque sorte, la province n’existe plus, le Canada est créé en Haut et Bas. La Province de Québec renaîtra en 1867. Le territoire du Québec remonte pour le reste à 1912 alors que l’Ungava y est intégré.

    À mon téméraire avis, 1608 n’a pas fait le Québec, mais la Québec, la Ville de Québec. Voilà pour le territoire. De quatre dates.

    Pour la population. Sans 1660, Dollard des Ormeaux, y aurait-il eu 1663, les Filles du Roy et la progéniture qui s’en est suivi ? Sans 1701, la Grande paix de Montréal ? Sans 1783, y aurait-il eu l’établissement de 7000 loyalistes en Province of Québec ? Sans 1839, Durham et la famine d’Irlande 1845-1849, y aurait-il eu la venue d’Irlandais par 10 000 pendant 10 ans ? Sans 1929 et 1939-1945 y aurait-il eu le baby-boom ? Certaines journées sont plus longues que d’autres …

    J’en suis à 12. Comme vous écrivez, le recueil est, forcément, limité. Je n’ai pas encore abordé les journées qui ont fait l’aspect culturel du Québec. Il me faudra relire Yvan Lamonde.

  3. Le Québec est un territoire et les gens de ce territoire; pour ne pas écrire pays. Et j’ajoute… comme j’ai déjà lu ici, une culture particulière.

    Parenthèse. J’ai acheté il y a quelques semaines avec l’intention de le donner à ma grande soeur et marraine Brève histoire des idées au Québec : 1763-1965 écrit par Yvan Lamonde, professeur émérite d’histoire et de littérature de l’Université MCGill. Ce n’est pas celui avec qui j’ai été pendant quelques mois à huit-dix ans à notre école de bout de paroisse.

    J’en termine la lecture. J’avais déjà trop de dates. Ce livre n’en ajoute pas beaucoup mais il met de la chair et du gras autour de la colonne, et de la cervelle à son extrémité supérieure pour ne pas écrire crâne.

    Bref, suite à une erreur sur la personne, ma perception du Québec s’est élargie en territoire occupé de gens à cultures particulières, plurinationales, intégrés à divers degrés. La dominante ? La résultante américaine sur quatre siècles ?

    Il y a des dates à retenir pour l’évolution du territoire, de sa population et de ses cultures. La tâche n’est plus la même après avoir lu Brève histoire des idées d’Yvan Lamonde.

    Je vais lire Dix journées …, j’ai réservé en ligne à notre bibliothèque municipale. La situation étant ce qu’elle est, j’attends l’avis de sa réouverture.

  4. Un jour que je voulais en savoir sur la démocratie, c’était avant Démocratie : Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France de Francis Dupuis-Déri, 2013, je me suis procuré La démocratie : ses fondements, son histoire et ses pratiques. C’est de Benoit Mercier et André Duhamel. Ça été publié par Le directeur général des élections en 2004 et 2005.

    Il s’y trouve à la fin un chapitre intitulé La démocratie au Québec et au Canada : quelques dates importantes. Le lecteur y trouve une liste de quelque 85 dates. Comme je n’ai pas encore lu Dix journées qui ont fait le Québec, je projetais de ne retenir de cette liste que les dix dates qui ont fait que le Québec deviendra la République plurinationale du Québec; disons.

    Je me demandais si j’allais retenir la fondation de Québec et le référendum de 1995. Votre 4e paragraphe m’encourage fort à le faire.

    La lecture de la suite me rend la tâche trop facile, ce n’est plus du jeu : la constitution de 1867, les émeutes de la conscription, la grande paix de Montréal, l’élection de 1960. Ces six dates sont de la liste des 85. La répression qui suit la rébellion des patriotes, le rapatriement de la constitution, la nationalisation de l’électricité y sont aussi mais pas la fondation du PQ.

    Le Québec est un territoire et une population. En tant que territoire, il y a eu la naissance de The province of Quebec en 1763 par cession de la Nouvelle-France à la Grande Bretagne par la France.

    Par l’Acte constitutionnel de 1791, The Province of Quebec a été réduite en Bas-Canada pas retrait du Haut, l’Ontario; en gros. En 1840, le Bas-Canada est joint au Haut-Canada pour former le Canada-Uni sous une seule chambre d’assemblée. Disparu The Province of Québec, pour un temps. En 1848, l’assemblée législative du Canada-Uni reconnaît le français comme seconde langue officielle.

    En 1867, par l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique le territoire du Bas-Canada renait en Province de Québec. En 1912, l’Ungava est intégré au territoire du Québec. En 1927, le Conseil privé de Londres donne le territoire du Labrador à Terre-Neuve plutôt qu’au Québec. Voilà pour le territoire à qui Duplessis donne le fleurdelisé en 1948.

    Pour la population, il y avait celle d’avant la fondation de Québec, 1608. Il y avait celle de 1763. Il en est parti, il s’en est ajouté, dont 7000 Loyalistes en 1783. Il y a eu les Irlandais arrivés avant et après la grande famine de 1845-1849.

    L’idée de l’utilité de ceux d’avant la grande famine était de construire une économie et de contrebalancer le trop grand poids démographique des Canadiens français. Il.les s’installent surtout à Montréal, Québec, Sherbrooke. Ceux d’après, par 10000 par année de 1845 à 1849 fuyaient la famine.

    https://www.erudit.org/fr/livres/culture-francaise-damerique/dialogue-avec-les-cultures-minoritaires/000569co.pdf

    En 1940, l’électorat double avec l’accord du droit de vote et de candidature aux femmes.

    En 1954, le gouvernement du Québec établit son propre rapport d’impôt sur le revenu.

    La Confédération des travailleurs catholiques CTCC a été fondée en1921. En 1960, La CTCC perdra son caractère confessionnel pour devenir la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

    En 1963, l’Assemblée législative du Québec nationalise les compagnies d’Électricité.

    En 1974, le français devient la langue officielle du Québec.

    En 1982, le rapatriement de la Constitution canadienne se fait sans l’accord du Québec.

    En 1998, la Cour Suprême du Canada rend un jugement sur le droit du Québec de procéder unilatéralement à l’indépendance.

    En 2002, arrive la Signature de la paix des braves, une entente historique entre le gouvernement du Québec et la nation crie.

    Que de dates.

    À vos commentaires,
    À la semaine prochaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *