#PolyJeMeSouviens

Allocution en hommage aux victimes de la tuerie de Polytechnique Montréal
Le 6 décembre 2017
Québec

Monsieur le Président,

Depuis Polytechnique, depuis ce 6 décembre fatidique où 14 jeunes femmes pleines de rêves et d’ambition ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes, le Québec n’a plus jamais été le même.

Dès lors, nous savions que l’horreur pouvait frapper, ici aussi.

Au cœur d’une société pacifique et égalitaire comme le Québec.

À partir de ce moment, nous avons pris la mesure de la distance séparant l’atteinte de l’égalité – entre les hommes et les femmes – et la réalité.

Depuis, nous avons tenté de comprendre, de guérir.

Par notre devoir de mémoire, de garder vivant le souvenir des 14 femmes de Polytechnique.

Par notre devoir de soutien, d’offrir notre solidarité, notre compassion aux survivantes, à leur famille et à leurs proches.

On s’est unis pour donner un sens à une tragédie qui n’en avait pas. Nous avons dit « plus jamais ».

Nous avons affirmé collectivement notre volonté inébranlable de lutter contre la violence faite aux femmes.

Oui, nous avons agi, mais la blessure reste vive.

L’avancement des femmes n’est pas la conséquence de l’évolution des sociétés, elle en est la condition.

Chaque fois que nous faisons un pas de plus vers l’égalité, c’est la nation au complet qui progresse.

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que : les femmes sont plus nombreuses que jamais à étudier à l’université; plus nombreuses que jamais à embrasser des carrières en sciences, en médecine, en génie; plus nombreuses que jamais à se lancer en affaires; à enrichir de leurs voix, de leurs contributions, l’ensemble des secteurs de notre société, à tous les niveaux;et plus nombreuses que jamais à dénoncer.

Nous saluons le courage de ces femmes et le travail admirable de celles et de ceux qui sont à leurs côtés : membres de la famille, amis, intervenants, policiers, avocats.

Notre société doit tout faire pour offrir aux victimes le soutien et les ressources nécessaires, pour aider ces femmes à retrouver la paix, à guérir.

Notre société doit tout faire pour soutenir les initiatives qui visent à prévenir ces violences.

Aucun milieu n’est à l’abri des violences contre les femmes. Pas même l’Assemblée nationale.

Cette observation nous impose à tous et à toutes une vigilance de chaque instant.

Le 6 décembre 1989, la vie de 14 femmes a été fauchée parce qu’elles étaient des femmes.

En leur mémoire,

Pour que ce Québec que nous aimons devienne la société que nous voulons,

Soyons 8 millions à poursuivre notre marche vers l’égalité.



11 réflexions au sujet de « #PolyJeMeSouviens »

  1. Merci pour ce bel hommage rendu aux femmes! Nous sommes fières et heureuses de participer à notre cheminement de société.

  2. Merci M.Lisee
    Votre présence à nos côtés est un atout dans la compréhension de la situation qui s’encrasse Souvent plus qu’elle ne se clarifie
    Une étape dans l’evolution possible qui demeure attendue
    Nous voulons comme vous telllement y croire. Nous en avons besoin
    Je demeure présente à ce projet de vie aussi
    Bernadette Martin

  3. Bonsoir de Québec. Que rajouter de plus sur ce terrible drame ? On se sent inutile dans ces moments là. J’ai pensé à toutes ces jeunes victimes en me disant qu’elles auraient aujourd’hui plus ou moins 50 ans. Que de vies brisées, que de belles carrières finies avant d’être commencées ! On se sent impuissant quand un tel malheur frappe. Jamais il ne faudra oublier, toujours il faudra leurs rendre hommage. Le pire est que ça continue de se produire, surtout aux États-Unis, et ailleurs dans le monde. Tant de gens souffrent sur cette terre, ayons une pensée pour eux tous.

    • Je corrige l’âge des victimes, c’est plutôt plus ou moins 30 ans.

    • Excusez-moi, je me corrige sur l’âge des victimes, c’est vraiment entre 45-50 ans qu’elles auraient aujourd’hui. Merci.

  4. Voilà un très beau texte…Je n’en attendais pas moins de Jean-François Lisée.

    Ce matin, j’ai déposé une rose blanche sur la table du déjeuner…
    pour rendre hommage à ces 14 jeunes femmes, assassinées par… la haine
    et un brin de fatalité.

  5. Et cette marche vers l’égalité homme-femme passe par la laïcité de l’État.
    Ni la Torah, ni la Bible, ni le Coran, ni l’Évangile n’exigent le port de quelque vêtement que ce soit. Alors la croix, le voile, le kippa et autres signes ne sont nullement exigés par ces religions.
    Certaines personnes, pour affirmer publiquement leur foi, posant donc un geste politique, tiennent à arborer un ou des signes de leur foi.Qu’elles le fassent en tant que citoyennes, bien d’accord. Mais, à l’emploi de l’État, emploi qui est un privilège et non un droit, elles devraient s’imposer le devoir d’afficher la plus grande neutralité et ne pas afficher quelque signe que ce soit.

  6. En souvenir de ces femmes de polytechnique, en souvenir des trop nombreuses femmes abattues à la maison, en souvenir des hommes aussi qui tombent sous des balles, en dépit de l’apologie des armes à feu que l’on ne voit que trop sur les réseaux sociaux, exigeons un registre québécois des armes à feux. Elle et ils ne seront pas morts pour rien.

  7. Le Québec a fait un pas de géant avec la création des CPE. A l’arrivée au pouvoir du PLQ de Jean Charest, la vente au privée des nouvelles garderies assurait le financement du parti, et l’absence d’intérêt pour les enfants. On vendait le droit d’acquérir une garderie, point.

    La preuve de l’échec de ce type de garderies dont on disait moins coûteuses pour l’État, les nombreuses plaintes ont fait augmenter l’embauche d’inspecteurs, une dépense annuelle qui devient permanente, sans apporter des aspects positifs. Les enfants deviennent une marchandise à profit.

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