Ruelles vertes et blanches: une raison de vivre en ville

Les joies de l'hiver... à la porte arrière (Photo Elsie Lefebvre.)

Les joies de l’hiver… à la porte arrière (Photo Elsie Lefebvre.)

Les amants de la vie familiale urbaine ont avalé leur café de travers, ce lundi matin, en découvrant dans La Presse que des mini-patinoires aménagées sur des ruelles de Villeray, à Montréal, avaient été détruites sans préavis.

«Ça fait six ans qu’on fait une patinoire derrière la maison, nos trois garçons passent des heures chaque semaine à jouer au hockey dehors avec plusieurs petits voisins, a raconté au journal Mélanie Cyr, l’une des citoyennes concernées. Jamais personne ne s’est plaint, alors quand j’ai vu les cols bleus répandre du gravier sur notre glace, je n’en revenais pas.»

L’aménagement des ruelles, vertes en été, blanches en hiver, est un formidable atout pour les familles urbaines. Dans ma circonscription de Rosemont, la chose est valorisée, en s’assurant toutefois de l’accord du voisinage — ce qui semble avoir fait défaut dans Villeray.

Des ruelles qui aiment les enfants !

Des ruelles qui aiment les enfants !

Des patinoires sont aménagées par des résidents volontaires, et parfois des glissades, comme on le voit sur cette photo du site RueMasson.com.

La conseillère de Vision Montréal Elsie Lefebvre, qui représente Villeray, prend ce combat à cœur et a annoncé qu’elle présentera une motion au conseil municipal du 25 février pour que les élus favorisent et encadrent au besoin le développement de ces petits parcs urbains.

« L’hiver, plusieurs ruelles ne sont pas déneigées et sont laissées à l’abandon, dit-elle dans un communiqué. L’idée derrière le projet des ruelles blanches, c’est de créer les mécanismes réglementaires qui permettront aux citoyens qui le souhaitent d’entretenir leur ruelle, de sortir de chez eux en famille et de s’y amuser. Tout comme les ruelles vertes qui existent depuis plusieurs années, les ruelles blanches améliorent la qualité de vie et permettent de s’approprier une partie du domaine public qui ne fait presque jamais l’objet d’entretien de la ville, faute de moyens ».

J’applaudis.

 

Ce contenu a été publié dans Métropole par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Jean-François Lisée

Né à Thetford Mines le 13 février 1958, Jean-François Lisée obtient une licence en droit de l’Université du Québec à Montréal en 1979 et une maîtrise en communications de la même institution en 1991. Il poursuit des études à Paris en 1981 au Centre de Formation des journalistes de la rue du Louvres avant de devenir journaliste indépendant pour divers médias québécois et français, dont le Soleil, la Presse et Radio-Canada, et il publie quelques textes dans Le Monde, Libération et l’Express. À la fin des années 1980, il est correspondant à Washington pour La Presse, L’actualité et l'hebdomadaire français L'Événement du jeudi. À la même époque il signe des textes d’opinion dans le Washington Post, le New York Times et l’International Herald Tribune. Il est rédacteur en chef adjoint de L’actualité de 1990 à 1992. En 1994, au lendemain de l’élection du Parti québécois, il devient conseiller du premier ministre Jacques Parizeau et participe à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie référendaire de 1995. À la suite de la démission de M. Parizeau, il exerce les fonctions de conseiller politique sous Lucien Bouchard et ce, jusqu’en 1999. De 2001 à 2004, il est chercheur invité au Département de science politique de l’Université de Montréal puis à Sciences Po Paris. En 2004, il co-fonde le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), dont il demeure le directeur exécutif jusqu’en 2012. En 2007, il conseille la chef du Parti québécois, Mme Pauline Marois, relativement à un projet de loi sur l’identité, duquel émaneront des propositions de Constitution et de citoyenneté québécoise, puis de Charte de la laïcité. M. Lisée est l’auteur de nombreux essais remarqués sur la politique et l’identité québécoises. En 1990, il publie Dans l’œil de l’aigle, sur l’attitude américaine envers le mouvement indépendantiste québécois. Un essai qui lui vaut le Prix du gouverneur général. Il fait aussi paraître Le tricheur et Le naufrageur (1994), sur la vie politique québécoise au lendemain de l’échec des accords du Lac Meech, Sortie de secours : comment échapper au déclin du Québec (2000), Nous (2007), Pour une gauche efficace (2008) et Comment mettre la droite K-O en 15 arguments (2012), puis le livre, Des Histoires du Québec (2012). De 2009 à 2012, il commente régulièrement l’actualité politique, sociale et économique sur un des blogues politiques les plus lus de la Francophonie. Ministre, il continue à tenir un blogue à jflisee.org Cet hyperlien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. En août 2012, il se présente comme candidat du Parti québécois dans la circonscription de Rosemont et est élu le 4 septembre

9 réflexions au sujet de « Ruelles vertes et blanches: une raison de vivre en ville »

  1. Ping : Enfant de la ruelle | C'est toi ma Ville

  2. Le plus aberrant de cette histoire était le commentaire d’une des voisines contre cette patinoire affirmant que ce n’était pas des terrains de jeu. « Les parents n’ont qu’à emmener leurs enfants jouer au parc Jarry ou dans la cour d’école »
    Les ruelles ont toujours été des terrains de jeu formidables pour les enfants.

    (À ce sujet, pourquoi ne pas revoir « Paow Paow t’é mort ». pour s’en convaincre héhé) http://www.youtube.com/watch?v=-6SUMqPq3ws

  3. Ce dossier des ruelles restera conflictuel tant que la Ville n’aura pas de politique claire. Le discours municipal est double, y compris dans Rosemont. Par exemple on m’a dit (il y a un dizaine d’années) que le dépôt de bac à fleur dans une ruelle est passible d’amende et même de poursuites si un véhicule le touche. Il y a quelques années, après avoir planté un arbre à quelques mètres de la ligne de la ruelle, je me suis même fait dire qu’il fallait que je dégage 16 pieds (16 pieds!) au dessus de la voie publique. Il est vrai que j’ai un voisin qui adore passer à répétition dans la ruelle avec un énorme camion à boîte. Enfin une simple demande de dos d’âne pour réduire la vitesse de circulation dans la ruelle n’a pas encore été traitée 5 ans après la demande.
    L’utilisation des ruelles par les véhicules n’est pas compatible avec le concept de ruelles vertes. C’est ça le véritable problème, et non les enfants ou les patinoires… À quand une politique des ruelles piétonne (et cyclistes) en nombre substantiel dans les quartiers résidentiels de Montréal? L’aménagement suivra.
    Cela permettrait en remplaçant progressivement l’asphalte des cours arrières de lutter contre les îlots de chaleurs de façon bien plus économique et efficace qu’avec des toits verts, et aussi de laisser le sol absorber l’eau plutôt que de tout canaliser vers le réseau des drains pluviaux.
    C’est la caractéristique des bons politiciens de montrer la voie. Merci M. Lisée

  4. Quand j’étais enfant j’avais une patinoire de quartier à 1000 pieds de notre résidence. Pendant les hivers de mon enfance et adolescence j’ai joué des centaines d’heures, patinage, hockey, ballon-balais etc. Que de plaisir et d’investissement sur la santé. Si j’avais le choix de revivre mon enfance je choisirais la même chose. Oui M. Lisée vous avez raison. Permettons aux enfants de  »JOUER DEHORS ». C’est la SANTÉ !

  5. Comme le souligne Monsieur Lisee,il faut consulter le voisinage avant de s’approprier l’espace public. Qu’en pensent les autres utilisateurs de la ruelle?Le fait d’avoir des enfants ne donne pas tous les droits.Vivre en société,surtout en ville,implique un respect de tous.

    • Dans presque toutes les sociétés et les civilisations, la pyramide démographique des âges est en forme de… pyramide. Nous, nous sommes une anomalie de l’histoire avec notre pyramide en forme de tour du Taj Mahal..

      Ailleurs, les enfants sont omniprésents, ils occupent l’espace et le transforment, ils jouent, même entre deux salves de mitrailleuses s’il le faut. Depuis la fin du babyboom, les enfants ont souvent été mal vus, considérés comme dérangeants, pas sortables, à mettre de côté. Cette culture particulière a eu selon moi un effet certain sur le taux de natalité des québécois, sur notre avenir collectif, sur la qualité de vie des familles à Montréal et donc sur sa composition linguistique. Je crois que nous vivons présentement un changement de mentalité, où l’enfant se rapproche de sa vraie place dans la société: la place principale. Des jeunes parents de ma génération aménagent toutes sortes de bonnes idées, allant des modèles d’affaire innovateurs aux initiatives citoyennes, faisant de la place aux enfants. Je suis très fier de cela.

      Donc, oui pour la consultation du voisinage, et tout cela dans une optique résolument pro-familliale.

  6. Tous de Montréal, nous pouvons parler. Tous nous devons donner les raisons de notre intervention, c’est a dire pour ou contre avec une raison. Quand est-ce qu’on va arrêter de toujours plumer les autres.

  7. Monsieur Lisée, n’êtes vous pas ministre de la Métropole ? À votre place, je me garderais une petite gêne et j’éviterais de faire de la politique municipale partisane dans ce blogue… Ça s’appelle le devoir de réserve.

    • Il me semble qu’en tant que ministre de la Métropole, il est d’autant plus souhaitable que M. Lisée se prononce en faveur d’initiatives qu’il juge propice à améliorer la qualité de vie montréalaise, peu importe les forces politiques qui portent le projet.

      À quoi bon un ministre de la Métropole s’il ne peut même pas prendre position sur les dossiers de son ministère, je vous le demande? Et après on dit que les politiciens se préoccupent trop de politique et pas assez de réalisations concrètes!

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