Signes religieux et intégration: un gouvernement du PQ agira d’ici 12 mois

La triste controverse soulevée ces derniers jours au sujet des signes religieux dans les forces policières au Québec nous ramène à une cruelle réalité : seul le refus du premier ministre Couillard a empêché l’Assemblée nationale d’adopter à l’unanimité, au printemps dernier, un projet de loi qui aurait réglé cette question, comme le réclamaient tous les autres partis de l’Assemblée et une forte majorité des Québécois.

Au lendemain de la tuerie de la mosquée de Québec, comme chef de l’opposition officielle, j’avais appelé le premier ministre à saisir l’occasion et à faire voter par l’Assemblée deux lois, une portant sur les règles d’un vivre-ensemble, et qui aurait inclus le consensus de BouchardTaylor interdisant les signes religieux chez les personnes en autorité (juges, policiers, gardiens de prison), et une sur le succès du vivre-ensemble, avec des mesures pour assurer l’intégration des minorités en emploi, dans la fonction publique, des projets pilotes de CV anonymes pour l’embauche, etc.

L’occasion était belle de faire progresser le Québec sur ces deux plans. Le premier ministre a refusé la main tendue des oppositions et a privé le Québec d’un moment de grâce.

Il appartiendra au Parti Québécois, au pouvoir à compter du 1er octobre prochain, d’agir rapidement pour mettre une fois pour toutes cette question derrière nous.

Nous ferons en sorte d’introduire rapidement des projets de loi couvrant simultanément ces deux aspects – les règles et le succès du vivre-ensemble – afin qu’ils soient votés au printemps 2019, soit dans un an.

Nos propositions sont claires, équilibrées, et expliquées dans notre programme.

En quelques mots, il s’agit d’établir le principe de laïcité dans nos lois, d’interdire les signes religieux pour les juges, gardiens de prison, policiers d’une part, et l’étendre aux nouvelles embauches d’éducatrices en garderies installées et d’enseignants du primaire et du secondaire et de promouvoir le devoir de réserve dans le reste de la fonction publique.(Voir le programme complet ici)

Déterminés à agir pour l’intégration, nous avons déposé en novembre dernier un projet de loi décrivant la vingtaine de mesures proposées pour assurer une réelle intégration en emploi des Québécois d’adoption, y compris une meilleure reconnaissance des diplômes et des acquis.(Voir ici)

Les débats sur l’immigration, l’intégration et la laïcité sont importants et légitimes. Rien n’est plus nuisible, cependant, que le refus d’agir, les délais constants, le déni du consensus québécois. Un débat qui traîne pendant 10 ans sans être conclu d’une manière claire et appuyée par une large portion des citoyens ne fait qu’envenimer la situation.

Élu le premier octobre, le Parti Québécois fera en sorte que, avant l’été 2019, ces nouvelles lois soient adoptées.



14 réflexions au sujet de « Signes religieux et intégration: un gouvernement du PQ agira d’ici 12 mois »

  1. On vous accuse et vous accusera de relancer le débat identitaire, ou de vouloir faire une politique identitaire, mais les identitaires sont ceux qui veulent affirmer leur appartenance religieuse dans le cadre de fonctions qui nécessitent une stricte neutralité dans les faits et dans l’apparence. Comme l’affirme Rachad Antonius ce matin, ceux qui font la promotion d’une politique identitaire ce sont les partis politiques et les politiciens qui revendiquent l’expression de l’identité (religieuse, surtout) malgré la nécessité d’afficher la neutralité. Les partis politiques et les politiciens qui affirment les principes de laïcité de l’état ne font pas de politique identitaire. Les lois exprimant la laïcité de l’état ne sont pas des lois identitaires. Cependant, affirmer le principe de laïcité de l’état, est dans le contexte américain et canadien un acte de rupture d’un certain ordre juridique, ou d’affirmation d’un nouveau cadre juridique c’est un acte politique fort.

    Il faut donc espérer que nos élus cesseront de faire de la politique identitaire en voulant récolter quelques votes par-ci par-là. Une politique identitaire qui se prétend favorable aux minorités demeure une politique identitaire, et non pas une politique progressiste. Oui, il faut arrêter de s’énerver devant toute expression du retour au religieux qui caractérise de nombreuses cultures à travers la planète. Mais il faut savoir où mettre les limites. Les institutions qui ont un pouvoir de coercition direct et explicite, comme la police, la GRC ou les juges, doivent absolument conserver une apparence de neutralité normative. C’est une garantie de légitimité d’un système déjà trop fragilisé. Rachad Antonius

  2. Je ne partage aucunement ce projet de laïcité 2.0 de mon parti québécois. Ce concept d’interdiction des signes religieux remontent à la France de 1905 alors que ces signes représentaient le pouvoir de l’église catholique dans la régulation de la vie civique .La république était alors tout à fait justifié de les interdire afin que ce pouvoir quitte l’État. Nous sommes en 2018, et les pouvoirs des églises ne contaminent plus l’État. C’est une chose de réglée avec la révolution tranquille. Aussi, cette lutte actuelle pour la laïcité se joue principalement au Québec contre des personnes., en particulier contre les femmes voilées musulmanes. à qui on veut interdire le voile comme on interdit aux femmes en Arabie saoudite de ne pas porter le voile quand elles sortent dans la rue. Dans le deux cas c’est interdire aux femmes sauf qu’il y a inversion du motif. Je dis cessons d’interdire aux femmes et optons pour cette proposition que je vous colle ici ,si vous le permettez :
    CODE D’ÉTHIQUE DE LA LAÏCITÉ QUÉBÉCOISE
    1) L’État québécois et toutes ses institutions sont laïques et ne sont en aucune façon des lieux de culte, en conséquence, l’expression religieuse doit y demeurer discrète autant que possible.
    2) La neutralité de l’État , de ses institutions, et de leur personnel à l’égard des religions, des croyances ou incroyances religieuses est un devoir moral, un devoir laïque et civique.
    3) La Charte des droits et libertés de la personne du Québec est la référence première en ce qui concerne le respect des libertés des citoyens oeuvrant dans nos institutions, en particulier la liberté de conscience et de religion.
    4) La liberté de religion permet donc à un citoyen ou à une citoyenne qui le désire de porter un signe religieux, à sa convenance, pour y donner ou recevoir un service et ce, en toute dignité et respect , en montrant minimalement son visage.
    5) La liberté de conscience, est choisie pour être au coeur de la laïcité québécoise, et elle précède tout choix religieux. Cette liberté est chez nous une valeur de société, une valeur d’égalité, une valeur de respect et surtout une valeur qui unit dans la dignité et la diversité tous les Québécois et Québécoises.
    6) En particulier, cette liberté de conscience en matière religieuse doit être respectée, protégée et ne subir aucune pression venant d’un entourage adulte pour inciter les moins de 18 ans à porter un signe religieux quel qu’il soit.
    7) En particulier, et exceptionnellement, au nom de cette liberté de conscience de porter ou non un signe religieux, invitation est faite de donner préséance à l’obligation institutionnelle de porter l’uniforme de fonction exclusivement, pour les personnels en autorité coercitive, juges, procureurs ,policiers et gardiens de prison.
    8) En conséquence de la primauté de la liberté de conscience et de sa promotion nécessaire , à chaque année , une journée est dédiée à cette liberté. Chacun et chacune sont alors invité(e) à s’abstenir de porter tout signe religieux.
    9) Au nom de cette liberté de conscience , et celle de nos députés(es), l’Assemblée nationale a choisi de remplacer son crucifix, un élément important du patrimoine, et de façon digne, par l’inscription stylisée de trois valeurs ancestrales et aussi de dialogue pour tous les Québécois : la LIBERTÉ, la FIDÉLITÉ et le PARTAGE.

  3. Je suis désolé et triste de constater la quantité de cuisinier qui oeuvrent dans notre cuisine pendant que les Québécois ont un urgent besoin de sortir de la cuisine et d’aller à l’air libre.

  4. Il est grand temps que les membres du PQ se réveillent et regardent ce qui les entoure. La CAQ? Ben voyons donc! Le chef n’arrête pas de virer de capot: Air transat, il est tanné; Parti québécois? l’indépendance ne vient pas assez vite pour lui: il sacre son camp et devient fédéraliste. Bravo, monsieur Legault. Est-cela qu’on appelle une girouette? J’sais pas trop… Le parti Libéral? N’en parlons plus: il est comme la méchante vieille fée de notre enfance qui se demandait devant son miroir qui étai la plus belle et ne sait plus quoi dire et faire pour paraître « cute » et du vent qui vire… QC? Laisse-moi rire aux éclats. Il n’a pas de vrais sens où se diriger. On dirait monsieur Couillard dans un jeu de quilles… Marisal? Belle acquisition pour QS: lire l’article de Patrick Lagacé dans La Presse+

  5. L’interdiction de signes religieux pour les personnes en autorité et pour les enseignants est un premier pas, un premier pas très important, vers une pleine laicité de l’État.

    Les religions sont des entreprises (comprenant une idéologie, des activistes et des lieux de réunion) qui existent pour apporter un réconfort existentiel aux gens qui en sentent le besoin.
    En ce sens, elles ont une utilité sociale semblable aux entreprises où on pratique la psychologie, la psychanalyse, la psychiatrie, la confiance en soi, le développement de soi, la croissance personnelle, etc.
    Comme ces entreprises, les revenus et profits des religions, de leurs activistes et les lieux de culte devraient être assujettis à une fiscalité et une imposition analogues, par égalité et équité.
    Dans le cas des religions, les revenus provenant de dons issus des pays étrangers devraient aussi être taxés.

  6. Personne dans notre fonction publique ne devrait porter sur lui, ou sur elle, de façon visible, quelque vêtements, symboles ou signes, illustrant un message religieux, violent, politique, dégradant pour une ou plusieurs personnes, faisant de la promotion ou de la publicité, du prosélytisme et autres de même nature, sans encourir de mesures disciplinaires conséquentes !

  7. Bonjour,
    Toutes les personnes en autorite,! Et vous les nommez ,dans les hôpitaux qu’en pensez’vous , infirmières, médecins ?

  8. Ce que j’admire dans votre courriel:
    1. « La triste controverse »
    2. « …le succès du vivre-ensemble, avec des mesures pour assurer l’intégration des minorités en emploi, dans la fonction publique, des projets pilotes de CV anonymes pour l’embauche, etc. »
    3. « Il appartiendra au Parti Québécois, au pouvoir à compter du 1er octobre prochain, d’agir rapidement pour mettre une fois pour toutes cette question derrière nous. »
    4. « Les débats sur l’immigration, l’intégration et la laïcité sont importants et légitimes. Rien n’est plus nuisible, cependant, que le refus d’agir, les délais constants, le déni du consensus québécois. »
    Merci ! Merci ! POSITIF et INCLUSIF

  9. Je lis: « il s’agit d’établir le principe de laïcité dans nos lois ».

    Il faudrait éviter d’écrire dans un projet de loi que le Québec est un état « laïque » parce que le mot est polysémique et que ce seront finalement les juges qui décideront concrètement du sens à lui donner: stricte, ouverte, républicaine, etc. etc.

    Vaut mieux s’exprimer par le contenu de la laïcité et qui fait consensus:
    – affirmer le principe de la séparation de l’État et des religions;
    – affirmer la neutralité de l’État vis-à-vis toute religion et des visions séculières du monde.

    Merci,
    Jean-Pierre Proulx
    journaliste et professeur retraité
    ex-président du Groupe de travail sur la place de la religion à l’école. Laïcité et religions. Perspective nouvelle pour l’école québécoise [Rapport Proulx], 1999

  10. De Québec. Vous avez tout à fait raison de voter ces lois ce qui aurait dû se faire bien avant comme vous l’expliquez si bien. C’est une des multiples raisons pourquoi je vote Parti Québécois en octobre prochain. Ce n’est jamais bon de laisser traîner des choses ce qui engendre de la discorde le plus souvent. Avec vous M. Lisée, on se sent en confiance. C’est mon avis et je le partage !

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