Signes religieux et intégration: un gouvernement du PQ agira d’ici 12 mois

La triste controverse soulevée ces derniers jours au sujet des signes religieux dans les forces policières au Québec nous ramène à une cruelle réalité : seul le refus du premier ministre Couillard a empêché l’Assemblée nationale d’adopter à l’unanimité, au printemps dernier, un projet de loi qui aurait réglé cette question, comme le réclamaient tous les autres partis de l’Assemblée et une forte majorité des Québécois.

Au lendemain de la tuerie de la mosquée de Québec, comme chef de l’opposition officielle, j’avais appelé le premier ministre à saisir l’occasion et à faire voter par l’Assemblée deux lois, une portant sur les règles d’un vivre-ensemble, et qui aurait inclus le consensus de BouchardTaylor interdisant les signes religieux chez les personnes en autorité (juges, policiers, gardiens de prison), et une sur le succès du vivre-ensemble, avec des mesures pour assurer l’intégration des minorités en emploi, dans la fonction publique, des projets pilotes de CV anonymes pour l’embauche, etc.

L’occasion était belle de faire progresser le Québec sur ces deux plans. Le premier ministre a refusé la main tendue des oppositions et a privé le Québec d’un moment de grâce.

Il appartiendra au Parti Québécois, au pouvoir à compter du 1er octobre prochain, d’agir rapidement pour mettre une fois pour toutes cette question derrière nous.

Nous ferons en sorte d’introduire rapidement des projets de loi couvrant simultanément ces deux aspects – les règles et le succès du vivre-ensemble – afin qu’ils soient votés au printemps 2019, soit dans un an.

Nos propositions sont claires, équilibrées, et expliquées dans notre programme.

En quelques mots, il s’agit d’établir le principe de laïcité dans nos lois, d’interdire les signes religieux pour les juges, gardiens de prison, policiers d’une part, et l’étendre aux nouvelles embauches d’éducatrices en garderies installées et d’enseignants du primaire et du secondaire et de promouvoir le devoir de réserve dans le reste de la fonction publique.(Voir le programme complet ici)

Déterminés à agir pour l’intégration, nous avons déposé en novembre dernier un projet de loi décrivant la vingtaine de mesures proposées pour assurer une réelle intégration en emploi des Québécois d’adoption, y compris une meilleure reconnaissance des diplômes et des acquis.(Voir ici)

Les débats sur l’immigration, l’intégration et la laïcité sont importants et légitimes. Rien n’est plus nuisible, cependant, que le refus d’agir, les délais constants, le déni du consensus québécois. Un débat qui traîne pendant 10 ans sans être conclu d’une manière claire et appuyée par une large portion des citoyens ne fait qu’envenimer la situation.

Élu le premier octobre, le Parti Québécois fera en sorte que, avant l’été 2019, ces nouvelles lois soient adoptées.



25 réflexions au sujet de « Signes religieux et intégration: un gouvernement du PQ agira d’ici 12 mois »

  1. C’est que les nationalistes québécois, (et j’en suis un, et un vrai), en général, n’ont pas compris qu’il n’y a aucune incompatibilité entre nationalisme québécois et multiculturalisme. Ceci projette une image très forte d’exclusion, de xénophobie, voir même de racisme.

    Comment être plus mortel que ça? Impossible.

    Il est faux que sur cette planète le nationalisme disparait. Le nationalisme canadien, le nationalisme américain, italien, etc., sont en pleine effervescence. Mais, ils sont tous inclusifs.

    Vous savez, il n’est pas difficile pour les anglais de nous caler. En fait, on se cale nous même bien mieux qu’ils nous calent …

  2. J’ai 83 ans et je suis exaspéré de cette discussion continuelle à propos de la place des signes religieux dans la société québécoise.
    Dans ma jeunesse, j’ai connu la période où l’Église catholique était omni présente dans la société québécoise.
    Les prêtres, de même que les membres des communautés religieuses, portaient ostensiblement les signes religieux sur leurs habits en public comme en privé. C’était dans les années 40 et 50..
    Ce fut un grand soulagement quand, dans la période dite de la révolution tranquille (à partir de 1960), les membres du clergé et l des communautés religieuses ont abandonné tout signe religieux dans leurs vêtements au point de se fondre dans un société devenue essentiellement laïque.
    Il me semble qu’on entre dans une nouvelle phase où les signes religieux réapparaissent au nom d’autres religions par l’entremise d’immigrants convaincus de pouvoir les porter ici comme dans leur pays d’origine.
    Il est vrai malheureusement qu’aucune loi ne défend cette pratique. Il existe cependant un consensus social qui résulte de notre expérience assez récente avec l’Église catholique. C’est ce consensus qui est remis en cause et qui risque, à plus ou moins courte échéance, de conduire à la confrontation entre des tenants de diverses religions.

  3. La laïcité ne marche pas en France, pourquoi ça marcherai ici?

    La France est laïque mais il y a quand même des attaques terroristes. Encore plus qu’ici.

    Pendant ce temps, ici la CAQ et le PQ divise le vote et laisse les libéraux prendre le dessus.

    Il faut faire l’indépendance pour le Québec parce qu’on va s’enrichir, arrêter d’envoyer nos impôts dans un autre pays. Les raisons pour faire l’indépendance dépassent les accommodements raisonnables. Les raisons sont historiques, culturels, linguistiques et surtout pour s’enrichir. Une petite fille avec un hijab dans les rangs policier ne me dérange pas. Ce qui me dérange c’est le fait que les libéraux gagne les élections et empêche le Québec de toucher son droit d’autodétermination.

    On n’a pas à copié la France, la laïcité en France ne donnent pas grand chose du tout. Ce qui va aider la France c’est un Québec libre. Nous avons la responsabilité de contribuer à la francophonie pleinement. Un Québec libre rendra la francophonie plus fort que jamais. Un Québec libre sera encore d’avantage partenaire économique et stratégique pour la France et aussi pour le reste de l’Europe et le monde.

    Le Québec a besoin des musulmans Québécois afin de réussir l’indépendance. Si les musulmans veulent porter un hijab dans les rangs de police, c’est peut-être un atout pour séduire les communautés musulmans et peut-être encourager les jeunes musulmans de devenir policière aux lieu de joindre les islamistes en guerre en Syrie et Iraq.

  4. Non mais quoi, il faut arrêter de prendre des vessies pour des lanternes ! OUVRONS LES YEUX. Vraiment écœurée au possible par cette nouvelle crise provoquée par une adolescente fanatique qui tient le destin des femmes en otage, tout comme Zunera Ishaq, cette pakistanaise à qui nous devons la décision aberrante de la Cour Suprême du Canada de permettre le port du niqab « dans certaines circonstances ». Elle aussi n’avait que 15 ans quand elle a décidé de le porter. « Si, au départ, elle n’était pas trop sûre de l’existence d’une obligation religieuse, elle a fini, après des recherches personnelles, à adhérer à cette interprétation et À CONSIDÉRER COMME UN DEVOIR DE SE VOILER LE VISAGE EN PUBLIC » ! (« Le Niqab, au-delà de l’enjeu électoral », Le Devoir, 9 oct. 2015).

    « Je conclus que l’appelant n’a pas démontré que le rejet de sa demande de sursis causerait un préjudice irréparable à l’intérêt public, ce qui suffit pour trancher la requête en sursis présentée par l’appelant », a écrit la juge Trudel (Le Devoir, 5 oct. 2015).

    « Préjudice irréparable à l’intérêt du public » ! PARCE QUE NE PAS DÉFENDRE LA LIBERTÉ DES FEMMES DE NE PAS SE VOILER, CE N’EST PAS UN PRÉJUDICE IRRÉPARABLE ?

    Qu’est-ce qu’être progressiste, finalement ?

    On aurait pu s’attendre à ce que les Libéraux redressent la situation. Erreur ! Comment en serait-il autrement, quand l’Aga Khan murmure à l’oreille de Justin Trudeau, bénéficiaire de son juteux soutien financier, réciproque d’ailleurs, car la fondation de l’imam reçoit des centaines de millions de dollars du Canada. Ce «philanthrope de carrière » finançait probablement aussi bien Stephen Harper, lui aussi très complaisant envers les groupes religieux quels qu’ils soient, du moment qu’ils allongent le fric. Le Canada n’est pas constitutionnellement laïque, et, on le sait, ses dirigeants sont de fervents catholiques. Andrew Scheer est bien sûr un chrétien conservateur.

    Et tant que le Québec sera gouverné par Philippe Couillard, amoureux fou de l’Arabie saoudite, nous serons gênés aux entournures par ces deux politiciens dont la popularité repose en grande partie sur les communautarismes de toute sorte. Le NPD, considéré comme le parti le plus progressiste, est dirigé par un sikh enturbanné. Quant à QS, il défend sans scrupule autant les femmes voilées que l’achat de services sexuels, puisqu’il s’est prononcé contre la pénalisation des clients. Encore un exemple de grand écart — sans jeu de mots. Et puisque le fédéral montre une ouverture à la GPA, Québec solidaire le suivra bientôt, vu qu’il est soutenu par les lobbys LGBT. Peu importe la marchandisation du corps des femmes, après tout. On en est même rendu à traire leur lait comme pour le bétail. Oui oui, au Cambodge, ce n’est pas une fiction :

    https://www.truthdig.com/articles/an-example-of-capitalism-literally-milking-the-poor/

    Telle est l’offre politique au Québec, le merveilleux programme humaniste, à droite comme à gauche. Dans l’état, le PQ n’est pas tout à fait mon idéal, mais je préfère son imperfection à l’hypocrite vertu des Libéraux et de QS. Et pour ce qui est de l’égalité et de la liberté des femmes, il n’y a guère qu’à lui que je fais confiance.

    À QUAND L’INDÉPENDANCE ! Plus possible de rester dans ce climat suffocant…

    Le Québec est d’une passivité invraisemblable. On n’ose pas penser au jour où les gens seront plus endormis encore par le cannabis.
    Il faut bouger. Vite.

  5. Si la religion impose un vêtement, il l’impose également à toutes les femmes. Toutes, sans exception, doivent le porter.
    Pourtant on nous dit que le port du voile est facultatif. Mais voilà, les musulmans veulent le beurre ( choix personnel) et l’argent du beurre(une imposition religieuse).On joue sur deux fronts.
    Ou bien c’est une obligation religieuse et toutes doivent le porter ou c’est un choix personnel qui n’a rien à voir avec la religion. Un choix personnel est toujours motivé par des raisons personnelles: le besoin d’être différent; le désir d’afficher une croyance; la volonté de montrer sa supériorité; le rejet des conventions de la société ambiente; une rémunération quelconque; etc…

  6. Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.»

    Au secours Simone ! Reviens ! On veut nous vendre une révolution islamiste comme un mouvement pour l’égalité homme-femme.

    « La féministe Marie-Jo Bonnet se souvient très bien de la Révolution islamique en 1978-1979 […] »

    «LE 8 MARS 1979, LES IRANIENNES S’APPRÊTENT À FÊTER POUR LA PREMIÈRE FOIS LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES. DES MILLIERS DE FEMMES DESCENDENT DANS LA RUE, TÊTE NUE, CE QUI EST UNE TRANSGRESSION FORMIDABLE POUR L’IDÉOLOGIE ISLAMISTE.»

    «[…] Le 16 janvier 1979, le Shah a fui l’Iran pour le Maroc. […] Les événements se précipitent. L’iman Khomeiny décide alors de rentrer dans son pays et atterrit à Téhéran le 1er février 1979. […] Il met en place un gouvernement provisoire dirigé par Mehdi Bazargan. Le 8 mars, les Iraniennes s’apprêtent à fêter pour la première fois la Journée internationale des femmes […] Khomeiny a déclaré de Qom, la «ville sainte», que «les femmes musulmanes ne sont pas des poupées, elles doivent sortir voilées et ne pas se maquiller, elles peuvent avoir des activités sociales, mais avec le voile» […].

    «Les Iraniennes sont consternées et en colère. Elles ont pris l’habitude de la liberté et n’ont pas fait la révolution pour se retrouver emprisonnées dans un hijab […]. Des milliers de femmes descendent dans la rue, tête nue, ce qui est une transgression formidable pour l’idéologie islamiste. […] «Liberté, Égalité, c’est notre Droit», disent-elles. «NOUS NE VOULONS PAS DE VOILE OBLIGATOIRE», «Le 8 mars n’est ni un jour de l’Est ni un jour de l’Ouest, c’est un jour mondial».

    […] Le 11 mars, elles organisent une conférence de presse à l’hôtel Continental. Kateh Vafadari prend la parole :
    Nous avions quatre mille prisonnières politiques sous le Shah. Le gouvernement de Khomeiny n’a pas encore fait de lois pour les femmes, c’est pourquoi nous nous battons. Nous manifestons pour dire ce que nous voulons. Si les femmes ne veulent pas porter le tchador, personne ne pourra les y obliger.»

    Les adversaires de la libération des Iraniennes s’en prennent aux féministes occidentales qui devraient rester chez elles. L’ARGUMENT DU RELATIVISME CULTUREL EST AGITÉ ÉGALEMENT PAR LA GAUCHE POUR CASSER LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE.

    […] Pour expliquer pourquoi tant de femmes descendent dans la rue, Hengameh Golestan racontera plus tard : « La révolution iranienne nous avait appris que si nous voulions quelque chose, il fallait descendre dans la rue et le réclamer. Les gens étaient si heureux; je me souviens d’un groupe d’infirmières arrêtant certains hommes dans une voiture et leur disant: “NOUS VOULONS L’ÉGALITÉ, ALORS METTEZ AUSSI UN FOULARD!” Tout le monde riait.»

    Kate Millett dit : «Je n’ai jamais vu des femmes qui s’organisent aussi rapidement et en si grand nombre, dit-elle. Il y a 10.000 à 15.000 femmes dans ces manifestations. Aux États-Unis ça prendrait des années pour se rassembler comme ça. »
    […] À Paris, […] une délégation de femmes est mise sur pied pour se rendre à Téhéran afin de s’informer sur le respect des droits des femmes par la nouvelle République.
    Les journalistes féministes veulent se rendre à Téhéran. Le 19 mars, une délégation du Comité international du droit des femmes s’envole pour Téhéran. Composé de femmes journalistes, écrivaines, photographes, cinéastes, universitaires et personnalités politiques, le comité est présidé par Simone de Beauvoir qui est reliée par téléphone aux voyageuses. Très vite, Beauvoir est sollicitée pour donner son avis sur une décision politique importante à prendre.

    Pour être reçue par Khomeiny, les femmes de la délégation doivent impérativement porter un foulard. Que faire? Accepter? Mais c’est trahir la cause qu’elles soutiennent. Refuser? Elles se privent d’une interview précieuse. La délégation est complètement divisée. POUR SIMONE DE BEAUVOIR, LE CHOIX EST CLAIR. OU BIEN IL FAUT RENCONTRER KHOMEINY SANS AVOIR LES CHEVEUX COUVERTS, OU BIEN RENONCER À L’ENTREVUE.

    […] Le 8 mars, un groupe de lycéennes se rendant au campus de l’université a été attaqué par un groupe de religieux islamistes qui criaient: «Nous ne voulons pas que les femmes descendent dans la rue toutes nues.» La bagarre a été violente, raconte Claudine Mulard dans son journal, elles ont reçu des coups, ils ont déchiré leurs banderoles et la manifestation a été dispersée.

    […] Certaines femmes iraniennes reprochent aux femmes d’Occident de ne pas s’être souciées de leurs malheurs quand le Shah détenait le pouvoir. Ce n’est pas juste, répond Simone de Beauvoir.
    «Elles ne constituaient pas alors un groupe spécifique; et nous nous battions contre les sévices subis par toutes les victimes, sans distinction de sexe. Et aujourd’hui la condition des femmes en tant que telle est en question, et c’est ce qui suscite notre émotion. JUSQU’ICI TOUTES LES RÉVOLUTIONS ONT EXIGÉ DES FEMMES QU’ELLES SACRIFIENT LEURS REVENDICATIONS AU SUCCÈS DE L’ACTION MENÉE ESSENTIELLEMENT OU UNIQUEMENT PAR DES HOMMES. Je m’associe aux vœux de Kate Millett. Et de toutes mes camarades qui se trouvent en ce moment à Téhéran: que cette révolution-ci fasse exception; QUE LA VOIX DE CETTE MOITIÉ DU GENRE HUMAIN, LES FEMMES, SOIT ENTENDUE. LE NOUVEAU RÉGIME NE SERA LUI AUSSI QU’UNE TYRANNIE, S’IL NE TIENT PAS COMPTE DE LEURS DÉSIRS ET NE RESPECTE PAS LEURS DROITS. »

    On connaît la suite : «Les Iraniennes vont être privées longtemps de tous les droits et libertés, y compris de ceux qu’elles avaient acquis sous le régime du Shah. Elles ont le statut de sous-hommes légalisé par la nouvelle constitution du pays adoptée à l’issue du référendum. »

    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20180216.OBS2318/foucault-en-iran-il-ne-voyait-pas-les-femmes.html

  7. Je suis membre de ce parti depuis 1970. C’était un parti courageux et emballant. C’était le parti qui s’était formé pour créer un pays francophone en Amérique. Aujourd’hui ce qu’il est devenu majoritairement est un parti de rhétoriciens qui se réconfortent mutuellement dans le fait qu’ils ont raison. Je lis leurs exposés et je réalise qu’ils s’auto gratifient les uns les autres. Qui sait si le prochain sujet ne sera pas  » Le Sexe des anges ». Le courage a disparu. Nous sommes devenu un Club des meilleures idées. Bien sur je ne les conteste pas! Elles son émises par des personnes intelligentes et imaginatives mais qui ne réalisent pas que bien qu’on se sent confiants entre nous la réalité est autre chose. Je vais encore me répéter et vous dire que ce parti a été fondé premièrement pour créer un pays Français en Amérique. Je conseil à tous mais surtout à nos brillants jeunes d’en faire la promotion. Il y a tellement de choses positives à suggérer!
    Laissez les attaques et la rhétorique des « meilleures recettes » de côté et réveillez les québécois de souche . Je ne vois pas de meilleure façon de produire le meilleur « score » en vue des élections d’octobre.

  8. On vous accuse et vous accusera de relancer le débat identitaire, ou de vouloir faire une politique identitaire, mais les identitaires sont ceux qui veulent affirmer leur appartenance religieuse dans le cadre de fonctions qui nécessitent une stricte neutralité dans les faits et dans l’apparence. Comme l’affirme Rachad Antonius ce matin, ceux qui font la promotion d’une politique identitaire ce sont les partis politiques et les politiciens qui revendiquent l’expression de l’identité (religieuse, surtout) malgré la nécessité d’afficher la neutralité. Les partis politiques et les politiciens qui affirment les principes de laïcité de l’état ne font pas de politique identitaire. Les lois exprimant la laïcité de l’état ne sont pas des lois identitaires. Cependant, affirmer le principe de laïcité de l’état, est dans le contexte américain et canadien un acte de rupture d’un certain ordre juridique, ou d’affirmation d’un nouveau cadre juridique c’est un acte politique fort.

    Il faut donc espérer que nos élus cesseront de faire de la politique identitaire en voulant récolter quelques votes par-ci par-là. Une politique identitaire qui se prétend favorable aux minorités demeure une politique identitaire, et non pas une politique progressiste. Oui, il faut arrêter de s’énerver devant toute expression du retour au religieux qui caractérise de nombreuses cultures à travers la planète. Mais il faut savoir où mettre les limites. Les institutions qui ont un pouvoir de coercition direct et explicite, comme la police, la GRC ou les juges, doivent absolument conserver une apparence de neutralité normative. C’est une garantie de légitimité d’un système déjà trop fragilisé. Rachad Antonius

    • L’apparence de neutralité restreinte aux personnels en situation d’autorité coercitive ne garantie en rien la laïcité de l’État. Un Etat laïque doit l’être dans toutes ses dimensions comme le proposait en 2013 la Charte des valeurs. Mais ce projet a échoué. De vouloir le remplacer par quelques lambeaux de laïcité comme le proposent le PQ et la CAQ ne peut être qu’une source d’incompréhension de division et de déraison comme on en a eu l’illustration le 12 avril à l’Assemblée nationale quand Nathalie Roy de la CAQ a répondu à cette jeune SONDAS de 17 ans ceci:  » une personne en position d’autorité ne peut pas servir Dieu et l’État dans un même quart de travail . » Oui, mais pourquoi, une infirmière qui sert aussi l’État pourrait le faire avec son hidjab ce que PQ et CAQ proposent ?

  9. Je ne partage aucunement ce projet de laïcité 2.0 de mon parti québécois. Ce concept d’interdiction des signes religieux remontent à la France de 1905 alors que ces signes représentaient le pouvoir de l’église catholique dans la régulation de la vie civique .La république était alors tout à fait justifié de les interdire afin que ce pouvoir quitte l’État. Nous sommes en 2018, et les pouvoirs des églises ne contaminent plus l’État. C’est une chose de réglée avec la révolution tranquille. Aussi, cette lutte actuelle pour la laïcité se joue principalement au Québec contre des personnes., en particulier contre les femmes voilées musulmanes. à qui on veut interdire le voile comme on interdit aux femmes en Arabie saoudite de ne pas porter le voile quand elles sortent dans la rue. Dans le deux cas c’est interdire aux femmes sauf qu’il y a inversion du motif. Je dis cessons d’interdire aux femmes et optons pour cette proposition que je vous colle ici ,si vous le permettez :
    CODE D’ÉTHIQUE DE LA LAÏCITÉ QUÉBÉCOISE
    1) L’État québécois et toutes ses institutions sont laïques et ne sont en aucune façon des lieux de culte, en conséquence, l’expression religieuse doit y demeurer discrète autant que possible.
    2) La neutralité de l’État , de ses institutions, et de leur personnel à l’égard des religions, des croyances ou incroyances religieuses est un devoir moral, un devoir laïque et civique.
    3) La Charte des droits et libertés de la personne du Québec est la référence première en ce qui concerne le respect des libertés des citoyens oeuvrant dans nos institutions, en particulier la liberté de conscience et de religion.
    4) La liberté de religion permet donc à un citoyen ou à une citoyenne qui le désire de porter un signe religieux, à sa convenance, pour y donner ou recevoir un service et ce, en toute dignité et respect , en montrant minimalement son visage.
    5) La liberté de conscience, est choisie pour être au coeur de la laïcité québécoise, et elle précède tout choix religieux. Cette liberté est chez nous une valeur de société, une valeur d’égalité, une valeur de respect et surtout une valeur qui unit dans la dignité et la diversité tous les Québécois et Québécoises.
    6) En particulier, cette liberté de conscience en matière religieuse doit être respectée, protégée et ne subir aucune pression venant d’un entourage adulte pour inciter les moins de 18 ans à porter un signe religieux quel qu’il soit.
    7) En particulier, et exceptionnellement, au nom de cette liberté de conscience de porter ou non un signe religieux, invitation est faite de donner préséance à l’obligation institutionnelle de porter l’uniforme de fonction exclusivement, pour les personnels en autorité coercitive, juges, procureurs ,policiers et gardiens de prison.
    8) En conséquence de la primauté de la liberté de conscience et de sa promotion nécessaire , à chaque année , une journée est dédiée à cette liberté. Chacun et chacune sont alors invité(e) à s’abstenir de porter tout signe religieux.
    9) Au nom de cette liberté de conscience , et celle de nos députés(es), l’Assemblée nationale a choisi de remplacer son crucifix, un élément important du patrimoine, et de façon digne, par l’inscription stylisée de trois valeurs ancestrales et aussi de dialogue pour tous les Québécois : la LIBERTÉ, la FIDÉLITÉ et le PARTAGE.

    • En fait, le Mexique a établi ces principes dès 1857, à travers une série de lois appelées Lois de la réforme.

    • Les religions chez elles, l’État chez lui.. Rien de moins.. Alors pour les grands principes et discours fleuve moraliste, on repassera..

  10. Je suis désolé et triste de constater la quantité de cuisinier qui oeuvrent dans notre cuisine pendant que les Québécois ont un urgent besoin de sortir de la cuisine et d’aller à l’air libre.

  11. Il est grand temps que les membres du PQ se réveillent et regardent ce qui les entoure. La CAQ? Ben voyons donc! Le chef n’arrête pas de virer de capot: Air transat, il est tanné; Parti québécois? l’indépendance ne vient pas assez vite pour lui: il sacre son camp et devient fédéraliste. Bravo, monsieur Legault. Est-cela qu’on appelle une girouette? J’sais pas trop… Le parti Libéral? N’en parlons plus: il est comme la méchante vieille fée de notre enfance qui se demandait devant son miroir qui étai la plus belle et ne sait plus quoi dire et faire pour paraître « cute » et du vent qui vire… QC? Laisse-moi rire aux éclats. Il n’a pas de vrais sens où se diriger. On dirait monsieur Couillard dans un jeu de quilles… Marisal? Belle acquisition pour QS: lire l’article de Patrick Lagacé dans La Presse+

  12. L’interdiction de signes religieux pour les personnes en autorité et pour les enseignants est un premier pas, un premier pas très important, vers une pleine laicité de l’État.

    Les religions sont des entreprises (comprenant une idéologie, des activistes et des lieux de réunion) qui existent pour apporter un réconfort existentiel aux gens qui en sentent le besoin.
    En ce sens, elles ont une utilité sociale semblable aux entreprises où on pratique la psychologie, la psychanalyse, la psychiatrie, la confiance en soi, le développement de soi, la croissance personnelle, etc.
    Comme ces entreprises, les revenus et profits des religions, de leurs activistes et les lieux de culte devraient être assujettis à une fiscalité et une imposition analogues, par égalité et équité.
    Dans le cas des religions, les revenus provenant de dons issus des pays étrangers devraient aussi être taxés.

  13. Personne dans notre fonction publique ne devrait porter sur lui, ou sur elle, de façon visible, quelque vêtements, symboles ou signes, illustrant un message religieux, violent, politique, dégradant pour une ou plusieurs personnes, faisant de la promotion ou de la publicité, du prosélytisme et autres de même nature, sans encourir de mesures disciplinaires conséquentes !

  14. Bonjour,
    Toutes les personnes en autorite,! Et vous les nommez ,dans les hôpitaux qu’en pensez’vous , infirmières, médecins ?

    • Je ne crois pas que les médecins aient une autorité déléguée par l’État. Personne n’oblige qui que ce soit à obéir à un médecin.

  15. Ce que j’admire dans votre courriel:
    1. « La triste controverse »
    2. « …le succès du vivre-ensemble, avec des mesures pour assurer l’intégration des minorités en emploi, dans la fonction publique, des projets pilotes de CV anonymes pour l’embauche, etc. »
    3. « Il appartiendra au Parti Québécois, au pouvoir à compter du 1er octobre prochain, d’agir rapidement pour mettre une fois pour toutes cette question derrière nous. »
    4. « Les débats sur l’immigration, l’intégration et la laïcité sont importants et légitimes. Rien n’est plus nuisible, cependant, que le refus d’agir, les délais constants, le déni du consensus québécois. »
    Merci ! Merci ! POSITIF et INCLUSIF

  16. Je lis: « il s’agit d’établir le principe de laïcité dans nos lois ».

    Il faudrait éviter d’écrire dans un projet de loi que le Québec est un état « laïque » parce que le mot est polysémique et que ce seront finalement les juges qui décideront concrètement du sens à lui donner: stricte, ouverte, républicaine, etc. etc.

    Vaut mieux s’exprimer par le contenu de la laïcité et qui fait consensus:
    – affirmer le principe de la séparation de l’État et des religions;
    – affirmer la neutralité de l’État vis-à-vis toute religion et des visions séculières du monde.

    Merci,
    Jean-Pierre Proulx
    journaliste et professeur retraité
    ex-président du Groupe de travail sur la place de la religion à l’école. Laïcité et religions. Perspective nouvelle pour l’école québécoise [Rapport Proulx], 1999

  17. De Québec. Vous avez tout à fait raison de voter ces lois ce qui aurait dû se faire bien avant comme vous l’expliquez si bien. C’est une des multiples raisons pourquoi je vote Parti Québécois en octobre prochain. Ce n’est jamais bon de laisser traîner des choses ce qui engendre de la discorde le plus souvent. Avec vous M. Lisée, on se sent en confiance. C’est mon avis et je le partage !

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