Cégeps anglophones: enfin des chiffres!

dawson_college-150x135Le passage par les cégeps anglophones de milliers de francophones et d’allophones provoque-t-il chez eux une anglicisation significative ? Le bon sens disait que oui. Les bons chiffres affirment que l’effet anglo est massif.

Merci au jeune Institut de recherche sur le français en Amérique d’avoir interrogé 3200 étudiants de sept cégeps de l’Île de Montréal. Les tableaux qu’il a publiés ce mardi comparent le comportement linguistique des anglos, allos et francos, selon qu’ils suivent leurs cours dans un Cégep francophone ou anglophone.

En voici quelques uns. Le premier qui retient mon attention compare la propension des uns et des autres à parler le français ou l’anglais lorsqu’ils travaillent dans des commerces. On y voit clairement que, dans les trois cas, même chez les francos, l’utilisation du français chute lorsque l’étudiant fréquente un cégep anglophone.

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Cégeps français: la peur d’avoir peur

Plusieurs internautes, et plusieurs souverainistes, ont réagi favorablement à ma proposition de franciser le système collégial au Québec (voir Cégeps en français: un peu d’ambition, que diable !) Je les en remercie.

D’autres ont soulevé des objections que ce billet va prendre de front. Ils sont essentiellement d’une même famille, la peur, et de trois ordres, la peur de perdre son âme, la peur de se faire manger et la peur de se laisser manger. Ce qui me frappe dans ces commentaires est la totale transparence avec laquelle ces peurs sont affichées. Nous sommes au cœur du malaise québécois.

Cégeps français : le pavé dans la mare

annonce_presse_mediapart_MD1-150x150Je ne vous apprends rien si je vous dis que j’aime lancer des pavés dans la mare. Ma théorie générale à ce sujet est la suivante: si on lance suffisamment de pavés, et aux bons endroits, on finira par pouvoir marcher dessus et traverser la mare, à sec. Cette intro pour dire que mon billet d’hier – Cégeps français: un peu d’ambition, que diable ! — a fait un certain nombre d’éclaboussures. Fervent du service après vente, j’assure donc le suivi.

Aujourd’hui: les arguments issus d’un point de vue canadien, émis par ma collègue blogueuse Chantal Hébert. Demain: les arguments de certains souverainistes (mais: une bande annonce en fin de ce billet).

D’abord, à toute seigneure tout honneur, ma collègue blogeuse Chantal Hébert – dont je suis un admirateur impénitent — avance deux arguments pour gâter ma sauce. D’abord un argument constitutionnel:

Cégeps en français : un peu d’ambition, que diable !

dawson_college-150x135Le débat est relancé, avec une fougue nouvelle.  Il dominera le grand colloque qu’organise le PQ en fin de semaine prochaine. Une seule proposition viable est sur la table: prolonger au niveau collégial la loi 101. En clair: enlever aux allophones arrivés après la loi 101 (en 1977) et à tous les francophones  le droit d’envoyer leurs ados aux Cégeps anglophones. Les anglos et les allos pré-1977 continueraient de se collégialiser dans la langue de Shakespeare sans jamais avoir mis les pieds dans un établissement scolaire francophone.

Ce n’est pas anodin. Les cégeps sont l’endroit où se forment et transitent toutes nos élites de demain: futurs leaders, ingénieurs, médecins, professionnels, techniciens et tutti quanti. A l’heure actuelle, presque 100% des cégépiens anglophones, 50% des allophones et 4% des francophones sont formés dans les institutions de la minorité. Voilà le problème que l’extension de la loi 101 ne réglerait nullement. Il y a une autre option.