En flânant sur l’Avenue Robert-Bourassa

Puisque plusieurs d’entre vous entrent dans leur « semaine de lecture », j’ai pensé vous offrir, chers internautes, l’introduction du Petit Tricheur – Robert Bourassa derrière le masque. Mais ne le dites à personne.

*    *    *

Dix ans après le décès de Robert Bourassa, le maire de Montréal a voulu rebaptiser une avenue en son honneur. Pourquoi pas ? Bourassa fut élu quatre fois par les Québécois entre 1970 et 1993. Il a laissé sa marque dans notre histoire. Il pourrait aussi la laisser sur la carte.

Les journalistes qui m’appelaient, pendant ce débat en 2006, pour recueillir mon opinion étaient un peu surpris. Ils croyaient qu’ayant publié deux livres très sévères sur le personnage, Le Tricheur et Le Naufrageur, j’allais m’opposer à cet hommage avec la dernière énergie. Mais je me déclarais au contraire d’accord avec le maire. J’ajoutais cependant une condition. S’il fallait qu’il y ait, à Montréal, une Avenue Robert-Bourassa, j’insistais pour qu’on aménage sur cette artère une Place des poètes emprisonnés.

Le biographe de Bourassa et l’honnêteté

CouverturePTQuand Georges-Hébert Germain est venu me voir, il y a un an, pour avoir mon point de vue sur Robert Bourassa, il fut honnête. Il a admis d’emblée que les proches de l’ancien premier ministre avaient sorti leur chéquier pour mobiliser sa plume — une des meilleures au Québec — en espérant qu’il tirerait un portrait positif de leur ancien chef.

Mais Georges-Hébert, que je connais et estime depuis des décennies, m’a assuré qu’il allait aborder le sujet «en toute indépendance d’esprit». Je l’ai cru. Mais j’ai trouvé que les proches de Bourassa avaient été habiles de le choisir lui entre tous, car on sait, dans le métier, que Georges-Hébert déteste dire du mal de qui que ce soit. C’était couru, il allait dire du bien de Bourassa.