Leadership: Identité : La concordance culturelle

Proposition # 6 du candidat Jean-François Lisée

« La patrie est un projet commun, une création continue de nos efforts solidaires [. . .] Être ensemble est une immense opération, une orchestration infiniment complexe, dont le chef invisible est la conviction partagée que cet ensemble existe, qu’il a un sens à travers l’histoire, qu’il nous faut y être attentifs afin qu’il ne se relâche pas […] Le plus grave désastre qui puisse menacer un peuple n’est pas l’anéantissement militaire, c’est l’indifférence de ses membres à la forme de son avenir. »
Citation de Pierre Emmanuel, choisie par Camille Laurin et Fernand Dumont pour ouvrir leur Politique québécoise de développement culturel, en 1978
***

‘‘There is no core identity, no mainstream in Canada. There are shared values — openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice. Those qualities are what make us the first postnational state.’’

Les yeux au beurre noir de Taylor/Bouchard/Charest

bouchard

Ils n’y sont pas allés avec le dos de la main morte, les Québécois, dans le sondage de ce matin de La Presse. (Accommodements: les Québécois disent Non!). 68% croient que le Québec accorde trop d’accommodements, 81% sont contre le fait qu’on puisse, pour des motifs religieux, refuser de se faire servir par une femme fonctionnaire et 90% refusent la ségrégation dans les piscine des écoles.

Ils résument leur sentiment avec un coup direct entre les deux oreilles des commissaires et du premier ministre qui les a nommés: 72% croient que le rapport Bouchard-Taylor n’a rien clarifié. Anecdote: Gérard Bouchard avait choisi le moment de ma comparution devant sa commission, en décembre 2007,  pour tirer pour la première fois publiquement son sentiment. « Peut-être avons-nous eu tort d’ameuter tout le Québec » a-t-il dit, ajoutant que, tout bien considéré, ‘il n’y avait pas de problème réel sur les accommodements, seulement de fausses perceptions qu’il fallait dissiper.  Alors que 70% des Québécois, dont une proportion équivalente de non-francophones, affirmaient le contraire aux sondeurs, cela m’a semblé, disons, un peu osé.

Les malades imaginaires

(Voici l’article que j’avais publié dans La Presse au lendemain de la publication du très décevant rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, en 2008.)

Pour les commissaires Bouchard et Taylor, il n’y a pas de doute. Le patient – qu’ils désignent comme les « Québécois d’ascendance canadienne-française » ou plus inclusivement « le noyau francophone » — se croit malade. Ils savent pourquoi il se croit malade. Leur malaise, expliquent-ils, vient de leur situation minoritaire en Amérique du nord, d’une histoire difficile, d’un chambardement de leurs repères depuis la Révolution tranquille. Leur trouble fut alimenté ces trois dernières années par une peur irraisonnée de l’autre, fondée sur des faits exagérés devenues fausses perceptions. Jouant de malchance, le mal fut avivé par des faits nouveaux sur le recul de la proportion de francophones à Montréal dont il serait, je cite, « prématuré » de s’inquiéter. Voici un cas où le principe de précaution ne s’applique pas. Attendons l’irrémédiable.