Mario Beaulieu: La chance au coureur

Mario Beaulieu est désormais chef du Bloc québécois. Il a clairement affiché ses couleurs — indépendance d’abord, défense du Québec ensuite. Il s’est battu, a serré des mains, vendu des cartes, obtenu des soutiens et, au final, l’a emporté avec 53% des voix. Le report sur sa candidature d’une partie des troupes d’Option nationale n’est pas étranger à son succès. Et il n’est pas anodin qu’un groupe indépendantiste dissident revienne au bercail, du moins celui du Bloc, après une période de brouille avec le PQ.

Pour faire son omelette, Mario a cassé quelques oeufs. Se présentant comme l’homme du retour au combat indépendantiste, il froisse ses prédécesseurs, qui pensaient s’y être activés au mieux, dans des circonstances difficiles, depuis la défaite référendaire de 1995. On comprend Gilles Duceppe de faire part de son mécontentement.

Wow ! Parizeau, Duceppe, Lisette, Landry unis pour un candidat du PQ! Ça, c’est du rassemblement !

Voici le texte intégral du texte collectif diffusé aujourd’hui par plusieurs souverainistes influents, au sujet de PKP

Saluons l’engagement politique

par Jacques Parizeau, Lisette Lapointe, Bernard Landry, Gilles Duceppe, Louise Harel, Lise Payette, Viviane Barbot, Gérald Larose, Jean-Paul Lallier, Jean Doré

L’exercice de la démocratie s’incarne dans l’engagement de femmes et d’hommes prêts à consacrer une part de leur vie pour servir l’intérêt public. Souvent ingrate, toujours exigeante, la vie politique rebute nombre de citoyens qui auraient pourtant une contribution de grande valeur à offrir au Québec.

En ce sens, la décision de Pierre-Karl Péladeau de faire le saut en politique envoie un puissant signal à toutes celles et à tous ceux qui hésitent encore à se mettre au service de la démocratie. Il y a là une valeur d’exemple qui inspirera sans aucun doute d’autres vocations.

L’impatient

gilles-duceppe-87-499x322Entre la dinde de Noël et le galette des Rois, Gilles Duceppe a pris une décision très importante: refaire de la politique. Remis de son échec du 2 mai, ayant fait le tour du jardin des possibles, il a fait la paix avec sa réalité. Il n’a qu’un métier, noble et exigeant: politicien. Puis il a tiré une seconde conclusion, essentielle: il avait encore l’énergie de donner à la chose politique plusieurs années de sa vie.

Restait à déterminer comment il allait déployer son activité politique. Il avait à sa disposition deux séries de chiffres.

Le scénario #1: la soustraction

La première série — des sondages publics — lui indiquait que s’il remplaçait Pauline Marois à la tête du PQ, il avait de bonnes chances, du moins au point de départ, de conduire le parti à la victoire électorale.

La liste de Gilles Duceppe

gilles-duceppe-liste-150x150Gilles Duceppe s’est levé ce dimanche matin avec un monstre à sa porte. Le monstre du succès. S’il devenait chef du PQ, affirme le sondage, il pourrait non seulement sortir le parti de sa crise, mais le porter au pouvoir.

Il détient donc la clé — ou du moins une des clés — de l’avenir politique immédiat du Parti québécois et du Québec.  S’il parle et se dit « disponible pour servir la cause et la nation », les critiques de la chef actuelle pourront venir à bout de l’exceptionnelle résilience de Pauline Marois. S’il parle et affirme qu’il n’est « en aucun cas candidat, même en cas de vacance du poste, et souhaite être derrière Pauline Marois au prochain scrutin », il se retire du jeu.

Le silence, par contre, n’est pas une option.

2010: l’anniversaire du grand échec

Fete-du-24-juinLes grands dossiers de 2010 (1)

L’année 2010 sera, entre mille autres choses, marquée par le 20e anniversaire de la mort de l’accord du lac Meech.

Pour les jeunes internautes: c’était une tentative de faire en sorte que le Québec rejoigne, à sa satisfaction, la constitution canadienne, qui lui a été imposée en 1982.

Deux citations récentes me frappent comme étant d’excellentes analyses des rapports Québec-Canada, 20 ans après cet échec historique.

Le premier a surgi en décembre, dans le National Post. Depuis la geôle américaine où il purge sa peine pour fraude, l’ex-magnat de la presse mondiale et ex-biographe de Duplessis, Conrad Black, donne la température canadienne:

There is no significant ill-will to Quebec in English-Canada, but the province’s ability to frighten or perplex the country, or even arouse its curiosity, is past. Quebec is a bore.