Intégrité: Mes 12 questions à Philippe Couillard

Phillipe Couillard a dit deux choses au sujet du passé trouble de son parti en matière éthique. Pour être poli. je dirai qu’il a été paradoxal.

PC_130317_ih9hf_couillard-charest_sn635Interrogé ce dimanche à savoir s’il était « à l’aise avec l’héritage de Jean Charest » il a répondu: « je suis à l’aise avec tout l’héritage du PLQ ». Donc: c’est oui.

Mais il ne semble pas parfaitement à l’aise avec le passé car il a cru bon de dire aussi, la veille, que le PLQ, « c’est mon parti maintenant ». Ce qui peut laisser croire qu’il fait une distinction claire entre « son » parti et celui de son prédécesseur.

Toujours prêt à rendre service, je voudrais aider M. Couillard à tirer les choses au clair sur ces questions d’intégrité en lui posant des questions précises qui ne concernent que lui et son propre jugement éthique. Les voici:

Lettre à Philippe Couillard: le tough des toughs

Cher Philippe,

Si j’ai bien suivi, vous avez décidé, ces jours derniers, de faire peur à Pauline Marois. « Elle va y goûter » avez-vous dit, si elle ose soulever des questions éthiques à votre sujet.

Car vous êtes « pas mal plus tough que le monde pense ». Je vous crois. Il faut être tough pour faire campagne pour un parti dont des anciens ministres reçoivent à répétition des policiers chez eux — dont vous, cher Philippe; tough pour jouer les purs quand 11 responsables de votre parti sont sous enquête pour financement illégal. Il fallait être particulièrement tough pour cacher pendant deux mois au public que les policiers ont perquisitionné votre quartier général, ce que vous avez fait l’été dernier.

Je comprends donc que vous voulez rouler les mécaniques, utiliser des gros mots — vous « détestez le gouvernement Marois » avez-vous dit, ajoutant qu’il veut « fourrer le monde » . Vous voulez ainsi tenter d’éviter de répondre pour un gouvernement libéral qui a, pour dire le moins, laissé le Québec s’enfoncer dans la corruption neuf ans durant.

La vérité sur la fonction publique, par Jean Charest

civil_servantJe ne vais pas en faire une habitude, mais je ne pouvais passer sous silence un extrait du discours de démission de Jean Charest où il parle de la fonction publique, et où il sort de son texte pour insister sur ce qu’il vient de dire. Lisez-bien: c’est la vérité:

Je tiens aussi à reconnaître et à remercier tout spécialement la fonction publique québécoise qui, à tous les niveaux, est une des meilleures fonctions publiques au monde. Et cela fait une différence dans la vie d’une société

Vous  savez, je quitte mes fonctions. Je n’ai plus rien, moi, à demander à cette fonction publique. Mais je tiens à leur rendre hommage. À leur dire merci. Et si je pouvais rendre un service aux Québécois c’est de leur dire à quel point nous sommes privilégiés d’avoir des hommes et des femmes qui nous servent si bien.

Dire du bien de Jean Charest

charest_gore-150x150Il existe une tradition bien québécoise, héritée peut-être de notre passé judéo-chrétien. Lorsqu’une personnalité publique tire sa révérence ou passe de vie à trépas, tous les autres acteurs se font un devoir de n’en dire que du bien.

La chose n’est pas toujours bien comprise ailleurs. Je me souviens d’un journaliste canadien-anglais qui ne voulait pas admettre mon refus de critiquer Pierre Trudeau le jour de son décès.

D’autres trouvent la chose hypocrite, car il est bien certain que tous ne pensent pas que du bien de celui qui pars.

Moi, je l’aime bien, cette tradition. Et je la respecte. Le truc, avions-nous convenu avec Lucien Bouchard le jour du décès de Robert Bourassa, est de ne dire du défunt que le bien qu’on en pense. On occulte la colonne « débit » et on tire très fort sur ce qui reste dans la colonne « crédit ».

La Vraie révélation qui incrimine les Libéraux

On ne saura sans doute jamais ce que Eddy Brandone a glissé à l’oreille de son ami Jean, lors de sa rencontre « fortuite » avec lui dans un hôtel de Montréal. On ne saura sans doute jamais si le PM a ordonné que cesse la filature en cours de son ami Eddy.

Et cela n’a presque aucune importance.

Non. L’énorme information divulguée par l’équipe d’enquête de Radio-Canada est ailleurs. Elle nous explique pourquoi le chef libéral a tant insisté, pendant trois ans, sur l’importance des enquêtes policières en lieu et place d’une Commission d’enquête. Souvenez-vous, c’était son dogme: une Commission d’enquête allait nuire au travail des policiers. Il fallait à tout prix empêcher une Commission de venir au secours des escrocs en polluant la preuve.

On saisit maintenant que le Premier ministre avait une autre raison de préférer les enquêtes policières. Et ce sont les policiers qui l’ont révélé à Radio-Canada: