Métropole: le match Lisée vs Coiteux

J’ai eu le plaisir de croiser le fer jeudi soir dernier avec le nouveau ministre de la métropole, Martin Coiteux. J’ai pensé vous faire rapport et vous présenter les principaux extraits. Les voici:

1) Chômeurs montréalais ou albertains?

Jamais au cours des quatre dernières années le taux de chômage n’a-t-il été si élevé sur l`île de Montréal. Pour venir en aide aux chômeurs albertains, le gouvernement fédéral allonge de 20 semaines la période de prestations. Le ministre de la Métropole entend-il demander le même traitement pour les chômeurs montréalais ? Voyez-vous même: il n’est d’aucune utilité.

D’abord un bref fait saillant :

Puis l’intégrale de l’échange :

2) L’effet libéral sur l’emploi à Montréal

Plutôt que de reconnaître que la situation de l’emploi est préoccupante, le ministre Coiteux veut toujours blâmer le gouvernement précédent. C’est son choix. Pourtant, jamais les conditions d’un décollage de l’économie montréalaise n’ont-elles été aussi bien réunies, même en intégrant dans l’argumentaire des éléments de la propagande libérale.

Commission Robillard: qu’on nous rembourse !

En me rendant participer aux chaînes humaines autour des écoles de Rosemont hier matin, j’écoutais la radio. On y parlait du rapport de la Commission Robillard, déposé la veille en grande pompe et qui avait dépensé 3,8 millions de nos dollars pour nous faire des recommandations.

D’abord j’ai écouté le ministre Martin Coiteux répondre aux questions de Paul Arcand:

Arcand : Vous envisagez la fin du monopole à la SAQ?
Coiteux : On est prêts à envisager des modèles de libéralisation du marché. On va le regarder attentivement. Ce que nous dit le rapport c’est : regardez ça attentivement car ce modèle-là n’est pas viable à long terme.

Attendez. On a payé 3,8 millions pour un rapport qui nous dit de « regarder attentivement » quelque chose. Ce n’était pas eux qui étaient censés le « regarder attentivement » ?

Je suis allé voir le rapport et ses brèves pages sur la SAQ. C’est d’une pauvreté intellectuelle affligeante. C’est bref, bête, sans scénario, sans étude d’impact.

Le retour de Placide Couillard

Il avait disparu pendant la campagne électorale. Remplacé par quelqu’un qui disait « détester » le gouvernement péquiste, vouloir être « tough » envers Pauline Marois qui allait « en manger toute une » et j’en passe et des meilleures.

Mais il est revenu, Placide Couillard. Pendant son discours d’ouverture, ce mercredi à l’Assemblée Nationale, le bon docteur avait repris le dessus sur le Hulk-Couillard qui avait usurpé son identité, le temps d’un combat.

Il était tout miel, celui qui a lu sans effet de manche, et pour l’essentiel recto-tono, un discours au ton paternel. Un coup de chapeau à Mme Marois comme introduction, deux références à son chantier sur l’électrification des transports, un retour sur mourir dans la dignité en en attribuant le mérite à Véronique Hivon, une ouverture à des projets de loi déposés par l’opposition, y compris Québec Solidaire: que du bon pain.

Conseil Couillard: Arrière, toute !

Il y aura sûrement de bons effets qui surgiront de l’organisation nouvelle du gouvernement fignolé par Philippe Couillard. Des jonctions qui, à première vue, semblent incongrus et qui donneront, à l’usage, des résultats heureux. Je souhaite succès à tous les nouveaux ministres.

Mais je dois à la vérité d’indiquer que les initiatives qui sautent au visage aujourd’hui vont dans le sens inverse. Dans l’ordre d’importance:

Martin Coiteux, l’anti-modèle québécois aux commandes du Trésor

Même dans les années fastes, les présidents de Conseil du Trésor sont des gens qui voient d’un mauvais œil chaque dépense de l’État et qui souhaiteraient les voir fondre.

Martin Coiteux. S’il prévaut, le modèle québécois va passer à la tronçonneuse.

Mais jamais n’avons-nous eu à ce poste un économiste s’étant prononcé, dans un passé récent et avec autant de véhémence, contre le modèle québécois. Je connais Martin Coiteux pour avoir débattu avec lui et avoir lu ses écrits sur un blogue dont les archives ont malheureusement disparu du cyberespace.

« Un gouvernement de trop »: le débat Coiteux/Gobeil

mo_9782896493999Un livre important a été publié plus tôt cette année. Un gouvernement de trop, de Stéphane Gobeil, calcule avec minutie de quoi serait fait le budget d’un Québec souverain en se dégageant des revenus tirés du gouvernement fédéral mais, également, des dépenses que ce gouvernement effectue avec, pour une part, notre argent. Il en conclut qu’au total, l’appartenance au Canada « coûte » deux milliards de dollars par an au Québec, deux milliards, donc, dont il disposerait chaque année s’il quittait la fédération.

Stéphane Gobeil, actuellement conseiller de Pauline Marois mais surtout, pour ce livre, ex-conseiller de Gilles Duceppe donc rompu aux questions budgétaires fédérales, attendait bien sûr une réplique chiffrée et sérieuse de la part de spécialistes fédéralistes qui voudraient, c’est parfaitement normal et légitime, tenter de démonter ses calculs. Cette réplique est venue ces jours derniers de la plume de Martin Coiteux, le professeur des HEC qui est directeur de recherche du groupe l’Idée fédérale et qui s’est imposé depuis deux ans comme le porte-parole économique fédéraliste par excellence.