Le projet Couillard: devenir des Ontariens moyens ? Un mauvais calcul économique !

On avait cru comprendre, depuis quelques mois, que le gouvernement Couillard voulait transformer les Québécois en Canadiens moyens, sur tous les plans.

Il semble que l’opération de ratatinement est plus chirurgical: on voudrait nous transformer en Ontariens moyens.

Cela a de l’importance, car comme le disait mon collègue Nicolas Marceau ce mardi à l’Assemblée nationale, amener le Québec à la moyenne canadienne signifierait réduire de 11 milliards de dollars les services publics aux citoyens du Québec. Mais atteindre la moyenne ontarienne signifierait couper…  17,5 milliards de services. La marche est plus haute, ou le précipice est plus profond.

On apprenait ce mardi dans La Presse, que le gouvernement Couillard et son opaque « Comité de révision des programmes » s’inspirent largement de l’Ontario. L’un de ses membres, l’économiste Claude Montmarquette, l’a confirmé. Les comparaisons ont été faites, il y a cinq ans, par lui, son collègue des HEC Robert Gagné, aussi sur la commission de révision et deux économistes plus centristes. Il révélait en effet un écart de 17,5 milliards dans la valeur des services rendus aux Québécois par rapport à ceux dont bénéficient les Ontariens.

Harris ? Avec des amis comme ça…

Avec des amis comme ça…

JEAN-FRANÇOIS LISÉE
L’auteur est chercheur invité au département de science politique et au groupe Critères de l’Université de Montréal.

La Presse, mardi 23 octobre 2001

Depuis quelques jours s’installe une légende bizarre qui ferait du premier ministre démissionnaire ontarien, Mike Harris, un grand allié du Québec, un compagnon de route, quelqu’un sur lequel on pouvait compter.

Que Mike Harris soit, en privé, direct et sympathique, je l’ai observé. Qu’il ait pu développer des relations cordiales, voire amicales avec Lucien Bouchard, j’en suis témoin. Mais que Mike Harris ait été un allié du Québec, voilà une contrevérité qui s’appuie sur une bien fragile béquille. Un simple rappel du calendrier suffira à la faire tomber et, avec elle, le processus de béatification en cours.