Comment faire des milliards à la mode Albert Frère et Desmarais ?

Comment s’enrichir, lorsqu’on est déjà riche, en siphonnant des centaines de millions à des institutions publiques ? Denis Robert (qui a mis au jour le scandale Clearstream) et Catherine Le Gall démontent patiemment le mécanisme privilégié par Albert Frère (principalement) et son partenaire de longue date Paul Desmarais.

À travers quatre transactions économiquement inexplicables réalisées pendant les années 2000, les journalistes d’enquête ouvrent le sac à outils de ceux qu’ils appellent des prédateurs – car ils ne créent pas de produit, de service, de valeur, seulement des échafaudages financiers qui leur rapportent gros et qui vident les caisses d’institutions publiques.

Des questions sans réponse

Pourquoi l’équivalent français de la Caisse de dépôts achète-t-elle à Albert Frère sa chaîne de fast-food Quick et, surtout, pourquoi l’achète-t-elle plus de deux fois sa valeur ?

Devine qui ne vient pas dîner avec Hollande ce soir?

S’il y a des drapeaux français à Sagard, le Versailles-en-Charlevoix de la famille Desmarais, ils sont en berne ce soir. Le grand ami et fréquent visiteur, Nicolas Sarkozy, a mordu la poussière ce dimanche et devra bientôt quitter l’Élysée.

Chacun se souvient qu’au soir de son élection, il y a cinq ans, Sarkozy avait célébré au célèbre restaurant le Fouquet’s des Champs-Élysée avec les grands de ce monde, y compris Paul Desmarais qui l’avait couvé pendant sa traversée du désert politique à la fin des années 90. Devenu président, Sarkozy récompenserait son bienfaiteur en lui accordant la plus haute distinction française, la Grand’Croix de la Légion d’Honneur, lors d’une touchante cérémonie.

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La fin d’un formidable trio !

Ce qui ne signifie pas que les Desmarais n’ont pas, aussi, leurs entrées chez les socialistes. Après tout, François Mitterrand lui avait naguère accordé la légion d’honneur, en présence de l’alors ambassadeur du Canada Lucien Bouchard.

Les fantômes de Sagard…

Que les choses soient claires, je n’ai jamais passé la nuit à Sagard, le Versailles-en-Charlevoix de la Dynastie Desmarais. Je n’y ai pris ni le dîner, ni l’apéro. En fait, j’attends toujours mon invitation. Elle doit s’être perdue dans le courrier. Le plus proche de Sagard que je sois allée est la Via Ferrata sur les flancs des Palissades — une activité que je suggère à tous.  J’y ai rencontré un guide qui m’a raconté que sa conjointe avait eu un contrat de tueuse de mouches à Sagard. Oui, tueuse de mouches. Elle faisait partie d’une brigade de sept tueuses de mouches, à temps plein, pendant la saison des mouches.

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C’est beau, mais c’est beaucoup d’entretien…

Les Desmarais: un empire médiatico-bitumineux ?

desmaraisLe talent de Sacha Guitry pour la réplique ironique cinglante le précédait partout. Un jour qu’il entrait dans la résidence d’une riche parisienne, il s’exclama: « quel magnifique lustre! ». Un convive, l’ayant entendu, de commenter: « qu’est-ce qu’il peut être méchant ! »

De même, il ne fait aucun doute que les membres de la famille Desmarais, propriétaires de La Presse et de la chaîne de journaux Gesca, sont fédéralistes, capitalistes et heureux de jouer dans les coulisses du pouvoir québécois, canadien et français pour hisser les amis vers le haut et écarter les importuns vers les côtés.

Mais comme pour Guitry à qui on prêtait plus de méchanceté qu’il n’en avait, on prête aux Desmarais une activité maléfique qui dépasse la réalité. On en a l’illustration récente avec la polémique qui oppose La Presse au Journal de Montréal, au sujet de l’axe Desmarais/Sables bitumineux/Commentateurs de La Presse. Je vous résume les épisodes précédents, qui se sont déroulés pendant que vous faisiez vos emplettes de Noël.