Texte: Pourquoi j’ai honte de Charles Taylor !

 

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Je salue les intellectuels qui s’engagent dans le débat public. Ils ont la tâche de nous tirer vers le haut. D’éviter les clichés ou les fausses perceptions en nous présentant plutôt des faits vérifiés et vérifiables. Puisqu’ils sont payés pour chercher et penser, ils ont une grande capacité à dissiper des malentendus, de citer des précédents, de faire des liens qui nous échappent, nous, gens ordinaires et médiocrement informés.

J’ai donc pris l’habitude d’écouter les arguments avancés par les intellectuels qui sont d’accord avec mes propres positions, mais également et peut-être davantage avec ceux qui sont en désaccord.

Lire: Le parcours singulier de Mme B.

Denise Bombardier nous emporte dans un récit qui est à la fois très personnel et très collectif. Comme elle l’avait fait dans son tout premier ouvrage Une enfance à l’eau bénite, elle nous plonge dans une famille qui la forge, la pousse et la repousse. S’y ajoute ici la suite, d’abord avec sa mère qui reste une présence tout du long. Mme B.  nous laisse aussi entrer dans son éveil sentimental et sexuel, puis dans son parcours amoureux avec les hommes de sa vie. C’est fait avec vérité et tact.

Les attouchements qu’elle a subie, jeune actrice, aux mains d’un réalisateur de Radio-Canada donne une assise au combat qu’elle mènera plus tard contre les pédophiles. Sa salutaire et courageuse sortie, sur le plateau d’Apostrophe en 1990, contre l’auteur Gabriel Matzneff praticien et apologiste de la pédophilie, a fait date et suscité une énorme controverse la présentant, elle, comme coupable d’intolérance. Elle raconte comment le président Mitterrand lui donna rendez-vous à l’Élysée, révéla à la presse la tenue de la rencontre, simplement pour signaler que, dans ce débat, il votait Bombardier. Savoureux.

La greffe est complète: un bon conservateur préside le CA de Rad-Can

president-150x150L’ancien secrétaire-général du Parti conservateur, Rémi Racine, vient d’être nommé Président du Conseil d’administration de Radio-Canada.

L’idée que la grande maison doive être à « arm’s lenght » (à distance raisonnable) du pouvoir politique en prend pour son rhume et est, pour ainsi dire, arrachée à la racine.

J’avais déjà évoqué l’importance de M. Racine à Radio-Canada dans un billet publié le 26 février dernier. Je vous le repropose aujourd’hui:

Radio-Canada:
Une Racine conservatrice ?

L’interface entre la politique et l’information, dans une maison comme Radio-Canada, est toujours difficile à cerner et il serait présomptueux de vouloir lier d’un seul trait l’ensemble des pressions, rivalités, visions divergentes à l’œuvre dans les remous qui ont conduit au renvoi, le 23 février, d’un directeur général de l’information remarquablement admiré par ses troupes, Alain Saulnier.

Votre blogueur favori ne peut évidemment pas prétendre à l’objectivité en ces matières, ayant perdu son rang d’analyste au Téléjournal. Mais cela est bien peu de choses dans le portrait d’ensemble.

Ici Radio-Ô-Canada

Gérard Veilleux est un patron comme Radio-Canada n’en avait jamais vu. A grands coups d’ «identité canadienne », il est en train de changer votre télévision. Voici comment.

En juin, le président de Radio-Canada, Gérard Veilleux avait un gros problème. Il voulait muscler l’équipe qui dirige d’Ottawa la radio et la télévision publiques. L’équipe qui dit-il, « doit constituer mes oreilles et mes yeux et ma source principale de conseils stratégiques » pour la plus grande révolution que la société d’État ait connue en 25 ans. Il lui manquait un ingrédient: des francophones.

Veilleux et son collègue Patrick Watson, le président du Conseil d’administration, sont des modèles de bilinguisme. Mais à la tête de la radio, de la planification, de la communication, des stations régionales et des bureaux étrangers, on ne trouve personne qui pourrait, sans interprète, écouter Enjeux ou Marylin.