Temps durs pour le multiculturalisme canadien

Heureux hasard du calendrier, vendredi.

En une du Devoir, un professeur d’université de Toronto, Paul Grayson, affirme que le Canada aurait besoin d’une Charte des valeurs à la québécoise. Extrait:

Selon M. Grayson, le Québec a raison de vouloir se doter d’un mécanisme de règlement des demandes d’accommodement, comme le prévoit le projet du ministre Drainville, ainsi que d’interdire le port des signes religieux. « Je vois le besoin d’une très, très stricte séparation entre l’État et l’Église. Il ne devrait pas y avoir une intrusion du sacré dans le laïque. »

Quand on lui soumet que l’initiative de Québec a parfois été présentée dans le reste du Canada comme une velléité à caractère raciste, M. Grayson estime qu’il y a plus d’appuis qu’on le croit. « Ce sont les élites qui parlent. Beaucoup de gens à qui je parle pensent que les Québécois ont de bonnes idées quand ils voient les excès. Le prix à payer pour restreindre l’intrusion des croyances religieuses dans la sphère publique est peut-être qu’il faut interdire le port du crucifix. Si c’est le prix à payer pour que tout le monde soit traité également, soit. Je ne vois pas le problème. »

En matinée, le New York Times met en ligne mon texte qui traite de la Charte québécoise, dans le contexte plus large du rejet du multiculturalisme en Europe et de son déclin au sein du Canada.

Qu’en est-il au juste ?

J’avais creusé la question en octobre 2010 dans une série de trois articles portant sur l’Europe et le Canada. Les voici, en rafale:

1. Europe: le double échec du multiculturalisme

La chancelière allemande n’y est pas allée avec le dos de la main morte. Angela Merkel, conservatrice, vient d’annoncer que la politique de « Multikulti, le concept selon lequel nous vivons des vies parallèles et en sommes heureux a échoué complètement ».

Mme Merkel a ainsi heurté un énorme tabou, dans l’Allemagne moderne où la tolérance à l’autre a été vue comme le prix à payer pour, disons, un passé excessif en sens inverse. Ces derniers jours, un sondage a illustré le pourrissement du climat: le tiers des Allemands affirment que les immigrants sont des fraudeurs de l’aide sociale. Ambiance.

La chancelière, qui est en période pré-électorale, a décidé de lever le ton. La société allemande a un comportement humaniste, hérité de la chrétienté, et « ceux qui n’acceptent pas ça sont au mauvais endroit ici ». Et, de toute façons, les immigrants qui vivent en Allemagne doivent s’adapter et apprendre l’Allemand « immédiatement ».

Le revirement allemand sur la question multiculturelle n’est que le dernier épisode d’un effondrement de ce concept en Europe. Le précédent domino à tomber fut la Grande-Bretagne, où les travaillistes, hier grands promoteurs du concept, ont entrepris depuis trois ans un virage mettant en avant le concept de « British first ».

Même toi, Gordon ?

Gordon Brown relayait ainsi en novembre dernier le sentiment palpable dans une large part de l’opinion britannique:

«Je connais des gens inquiets du fait que l’immigration fragilise leurs salaires et les perspectives d’emplois de leurs enfants, et ils s’inquiètent aussi de savoir s’ils vont trouver un logement décent pour leur famille.»

«Ils veulent être sûrs que le système est à la fois sévère et juste. Ils veulent être sûrs que les nouveaux arrivants dans le pays accepteront leurs obligations (…): obéir à toutes les lois, parler anglais est important, payer leurs impôts».

Malheureusement, le reflux du multiculturalisme et de ses excès s’opère, non dans une discussion éclairée dont l’objectif doit viser une politique publique mieux à même d’assurer le succès de l’intégration des nouveaux arrivants, mais dans une sale ambiance de refus de l’autre, de montée des préjugés et de stigmatisation des minorités. Les politiques honteuses de la France de Sarkozy et de l’Italie de Berlusconi face aux Roms en sont l’exemple extrême, mais non unique.

Un recul mondial

Dans un très intéressant texte, publié en janvier et présentant une défense argumentée du multiculturalisme canadien pour le compte du gouvernement fédéral, l’éminent intellectuel canadien Will Kimlicka admet que le concept subit un « recul mondial » depuis 2006. Il en fait la synthèse qui suit, que je cite largement :

Dans la plupart des autres pays du monde, il existe une perception généralisée stipulant que le multiculturalisme a « échoué » et qu’il est temps de « prendre un recul » à l’égard du multiculturalisme, qui a été poussé « trop loin ».

L’exemple le plus frappant de ce recul du multiculturalisme nous est probablement fourni par les Pays‑Bas. Cet État a adopté l’ensemble de politiques de multiculturalisme le plus ambitieux de l’Europe de l’Ouest au cours des années 1980. À partir des années 1990, toutefois, on a commencé à réduire la portée de ces politiques, pour les abandonner presque complètement au cours des années 2000. Le multiculturalisme aux Pays‑Bas a été remplacé par des politiques sévères et coercitives d’« intégration civique », lesquelles (selon les opposants, du moins) ressemblent tout à fait à l’ancienne assimilation.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui considèrent l’exemple néerlandais comme le prototype de « l’échec du multiculturalisme ». D’autres pays européens le citent pour justifier un recul de leurs propres politiques de multiculturalisme, ou pour ne pas adopter de telles politiques. C’est le cas, par exemple, en Grande-Bretagne, où le New Labour a largement abandonné son engagement à l’égard du multiculturalisme.

De plus, plusieurs pays européens qui avaient un jour envisagé le multiculturalisme suivent maintenant le modèle néerlandais, adoptant des politiques d’« intégration civique » coercitive – par exemple, l’Autriche et l’Allemagne. Et tandis que ce recul est le plus fort en Europe, on constate une tendance similaire en Australie […].

Ce contrecoup et ce recul mondiaux sont aujourd’hui si répandus que même les organismes intergouvernementaux internationaux qui avaient déjà promu le multiculturalisme s’en dégagent désormais. Par exemple, le Conseil de l’Europe a récemment déclaré que le multiculturalisme est simplement l’envers de l’assimilation, une affirmation qui est également fondée sur l’hypothèse d’une opposition irréconciliable entre la majorité et la minorité, menant à [traduction] « une ségrégation communautaire et une incompréhension mutuelle ».

Dans ce débat européen, le multiculturalisme est tenu responsable de toutes sortes de maux. En particulier, on affirme que le multiculturalisme a favorisé :
*la ghettoïsation résidentielle et l’isolement social des immigrants;
*l’accroissement des stéréotypes et, par conséquent, des préjugés et de la discrimination entre les groupes ethniques;
*le radicalisme politique, en particulier chez les jeunes musulmans;
*la perpétuation de pratiques d’intolérance entre les groupes d’immigrants, qui a souvent pour effet de restreindre les droits et les libertés des filles et des femmes.

Selon les opposants, ces problèmes s’aggravent depuis les années 1980, mais on n’en a pas tenu compte en raison de l’idéologie naïve et, en fait, pernicieuse, du multiculturalisme, qui tenait pour acquis qu’il était en quelque sorte « naturel » que la société soit divisée en groupes ethniques distincts et déconnectés, chacun avec ses propres espaces territoriaux, valeurs politiques et traditions culturelles. En conséquence, les sociétés européennes [traduction] « se dirigeaient en somnambules vers la ségrégation », ce qui a mené à une crise ethnique.

Les citoyens se félicitaient eux‑mêmes pour leur attitude de « vivre et laisser vivre » à l’égard des immigrants, tout en ne tenant pas compte des niveaux croissants de ségrégation et de marginalisation.

Voilà, en bref, le récit dominant au sujet du multiculturalisme en Europe. On dit avoir fait l’essai du multiculturalisme et avoir échoué, avec de graves conséquences sociales. Aujourd’hui, le multiculturalisme est répudié, à la fois par des pays et par des organismes paneuropéens.

Le seul remède maintenant consiste à insister pour que les nouveaux arrivants accordent la priorité à leur nouvelle identité nationale par opposition à leur identité ethnique ou confessionnelle d’origine – ils doivent accepter d’être « Néerlandais d’abord », du moins dans la vie publique, et renoncer à leurs revendications d’accommodements institutionnels ou d’expression politique de leurs identités ethniques. Pour qu’elles puissent être le moindrement préservées, les identités ethniques doivent s’exprimer uniquement dans la sphère privée, sans fournir de fondement aux revendications politiques de multiculturalisme.

Kimlicka estime que les Européens font fausse route et attribuent à tort au multiculturalisme des problèmes qui sont également apparus dans des pays, comme la France, qui ont eu une politique non-multiculturelle.

Les deux victimes du multiculturalisme

C’est possible. Mais quoi qu’on puisse penser de la qualité intrinsèque des politiques multiculturelles (que Kimlicka défend avec brio), on doit constater qu’après des décennies d’application, elles sont rejetées par les majorités européennes. Lorsqu’on veut promouvoir une forme de vivre-ensemble, son rejet par la majorité n’est-il pas, en soi, la preuve de son échec ?

L’écrasement du multiculturalisme européen n’est pas une bonne nouvelle. Les majorités s’estiment victimes de la naïveté des élites face à la difficulté de l’intégration, surtout des musulmans. Les minorités ethniques sont victimes du retour de balancier et de l’intolérance qui se faufile — non, qui triomphe — dans son sillage.

Ce concept aura donc été un double échec. Son incapacité à réussir son enracinement durable dans les consciences collectives d’une part, et d’autre part sa disparition trop brusque pour donner lieu à un nouvel équilibre intégrateur, respectueux des uns et des autres.

2. Le multicul au Canada: au point de bascule ?

canadaCela se passait à Los Angeles, au printemps 2009. Le Consul général du Canada avait rassemblé à sa table plusieurs personnalités californiennes autour d’un Premier ministre d’une province de l’Ouest que je ne puis nommer. J’étais de passage, en promotion des écoles internationales d’été du Cérium, et je fus invité.

Un Californien aborda avec le PM canadien la question de l’immigration. « Nous, ici, on a des tas de problèmes avec les immigrants mexicains, dit-il. Mais vous, au Canada, vous semblez avoir trouvé la formule qui marche. Pouvez-vous nous donner des conseils. »

Nous étions en pleine crise des accommodements au Québec et, ayant entendu souvent des représentants canadiens de par le monde, je m’attendais à la cassette habituelle des exploits multiculturels de notre beau grand pays, phare post-moderne de l’univers. Eh non. Le PM eut la franchise que permettent l’éloignement et l’anonymat.

« Ce n’est pas aussi rose que vous le pensez. Les problèmes d’intégration sont très réels partout au Canada. Il y a un mécontentement que je sens grandir dans la population. Il n’en faudrait pas beaucoup pour que les braises s’enflamment. » Le Californien était très déçu. Pas moi.

J’avais encore à l’esprit un article de La Presse qui avait démontré qu’il y n’avait pas plus de plaintes de discrimination raciale au Québec qu’en Ontario (même si nous n’avons pas de leçons à donner pour l’embauche des minorités, loin s’en faut). La seule grande différence entre le Québec et l’Ontario: ici, on en parle !

Du moins, c’était vrai. Car la prédiction du PM de l’Ouest est en train de se réaliser. Dans le Globe and Mail de ce mardi, la chroniqueuse Margaret Wente écrivait ce qui suit au sujet des cas allemands et canadiens:

Comme les Canadiens, les Allemands ont été inondés de propagande officielle célébrant les joies de la diversité ethnique. Dans les deux pays, le fait d’exprimer des doutes au sujet de la politique d’immigration était socialement verboten. Comme l’explique la journaliste allemande Sabine Beppler-Spahl dans le magazine en ligne Spiked!, « être ‘pro-immigration’ ou ‘pro-multiculturalisme’ en Allemagne aujourd’hui est l’équivalent d’un statut social, une façon de prouver que vous êtes culturellement raffiné et cosmopolites, contrairement aux classes populaires incultes et racistes. »

L’histoire et la composition de l’immigration au Canada sont résolument différentes de la situation allemande. Mais notre point de bascule est aussi sur le point d’arriver. Et lorsqu’il arrivera, il n’y aura pas de retour possible.

La date du point de bascule

Ce point de bascule pourrait avoir une date: le lundi 25 octobre prochain. C’est la date où l’une des villes les plus cosmopolites du monde, la plus importante au Canada, Toronto, pourrait élire un maire très nettement post-multiculturel: Rob Ford. (La course est très serrée.)

Il est ouvertement critique de la politique d’immigration canadienne, juge que le pays a suffisamment d’immigrants et a voulu déclarer Toronto une « zone libre de réfugiés » pour refuser d’accueillir les Tamouls réfugiés en Colombie-Britannique. Comme l’indique ma collègue Chantal Hébert, ces déclarations très un-canadian ont fait monter sa cote de popularité.

Ford surfe sur un retour de balancier défavorable aux immigrants qu’on n’aurait pas cru possible dans le Canada multiculturel il y a quelques années à peine. Je vous ai parlé récemment des sondages réalisés en juillet et en septembre par la firme Angus Reid sur les attitudes des Canadiens et des Américains face à l’immigration.

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Angus Reid perçoit un durcissement de l’opinion canadienne face à l’immigration ces dernières années. La moitié des répondants, notamment, souhaitent que les réfugiés Tamouls soient déportés et retournés au Sri Lanka !

 

 

Un révélateur, la burka

En avril dernier, les éditorialistes bien-pensants du Canada anglais ont fondu sur le Québec pour la décision du gouvernement Charest d’interdire le port du voile intégral dans les services publics.

Angus Reid a la bonne idée de faire un sondage qui démontre, comme prévu, que l’immense majorité des Québécois y sont favorables. Mais il révèle aussi, ce qui est surprenant, que des majorités existent également au Canada anglais pour cette interdiction:

Manitoba, Saskatchewan: 65%
Colombie-Britannique: 70%
Maritimes: 73%
Ontario: 77%
Alberta: 82%
Québec: 83%

Un autre sondeur, ayant obtenu des résultats similaires, a avoué que lui et son équipe avaient été très surpris de ces réactions. « On est au Canada, on n’interdit rien ici » a-t-il commenté.

Étrangement, dès la publication de ce sondage, le chef du parti qui a inventé le multiculturalisme, Michael Ignatieff du PLC, s’est découvert une tolérance nouvelle pour l’approche québécoise !

Ces mouvements de mauvaise humeur de l’opinion canadienne envers l’immigration, les réfugiés et les cas comme la burka n’épuisent évidemment pas le débat sur le multiculturalisme et n’en annoncent pas le décès. Mais elles sont symptomatiques d’un ras-le-bol palpable.

Or le déclin du multiculturalisme n’est pas seulement perceptible chez les Rednecks et les intolérants des classes inférieures « incultes et racistes », mais dans toute l’opinion canadienne.

Il est aussi perceptible dans la haute société canadienne. Chez des intellectuels et même, chez les juges. Ce que nous verrons dans notre épisode de demain…

3. Le multiculturalisme, en recul dans l’élite canadienne

biss1Le titre de l’éditorial du Globe and Mail de vendredi dernier était éloquent: « Biffez le mot ‘multiculturalisme’ du vocabulaire national« . Non, les penseurs du journal de l’intelligentsia canadienne ne veulent pas tourner le dos au concept qui définit la politique de citoyenneté du pays depuis 40 ans. Mais ils admettent que son label, le mot, est à ce point discrédité qu’il faudrait en changer.

Un peu comme nos penseurs québécois ont inventé le mot « interculturalisme » pour ne pas utiliser le terme, honni au Québec, de l’invention trudeauiste. Certes, l’artifice est faible: mon collègue de l’UdeM Daniel Weinstock a déclaré publiquement que c’était essentiellement la même chose et Charles Taylor, le jour de la sortie du rapport portant pour moitié son nom, expliquait à la CBC que « l’interculturalisme, c’est le multiculturalisme avec un ajustement » (with a twist), cet ajustement étant le fait français au Québec.

Reste que l’éditorial du Globe est symptomatique. Lorsqu’une idée, ou une marque de commerce, est en déclin, on commence par en changer l’intitulé. (Et les éditorialistes du Globe écrivaient ce jeudi que le problème du Multikulti en Allemagne est que les Allemands n’avaient pas bien appliqué les préceptes de sa variante canadienne.)

Il y a toujours eu, dans la classe intellectuelle canadienne, des voix s’opposant au multiculturalisme. Le plus connu est évidemment l’auteur Neil Bissoondath, qui a pris racine au Québec.

Le problème des enclaves ethniques

Mais parmi les voix influentes qui pèsent dans le débat, on compte celle du sondeur et analyste (et ex-conseiller de Mulroney) Allan Gregg. Dans le magazine torontois Walrus, Gregg a lancé un gros pavé dans la mare du multicul en 2006 dans l’article intitulé : « Crise d’identité : le multiculturalisme : un rêve du vingtième siècle devient une énigme du vingt et unième siècle »

On y lisait notamment cet argument souvent repris par les critiques canadiens du concept:

Alors que les visiteurs sont souvent ébahis par le mélange multiculturel visible sur les rues de nos villes, on perçoit de manière croissante les fractures s’installer dans la mosaïque canadienne, et les groupes ethniques pratiquer l’auto-ségrégation.

En 1981, Statistique Canada avait répertorié six ‘enclaves ethniques’ au pays, c’est-à-dire des communautés dont plus de 30% des membres viennent d’une minorité visible. Vingt ans plus tard, Statistiques Canada a identifié dans rapport sur les « Quartiers de minorités visibles à Toronto, Montréal et Vancouver » une explosion du nombre de ces enclaves, à 254.

D’autres auteurs notent également que si le multiculturalisme pouvait fonctionner pour les cohortes précédentes d’immigration, essentiellement européennes, les nouvelles cohortes de minorités visibles, notamment sud-asiatiques, s’intègrent beaucoup moins facilement et ont tendance à rester dans les enclaves ethniques après la seconde génération, ce qui est préoccupant.

Les échecs européens du multiculturalisme ont un impact sur la nature du débat canadien et alimentent une angoisse palpable, chez deux Canadiens sur trois, quant à l’intégration des minorités visibles.

Dans son rapport du début 2010 pour le gouvernement fédéral, l’intellectuel pro-multiculturalisme Will Kimlicka admet que le concept-clé de l’édifice social canadien est désormais sur la défensive:

C’est ce thème – la situation européenne présageant de l’avenir du Canada – qui a dominé le débat public sur le multiculturalisme au Canada au cours des dernières années. De nombreux commentateurs sont convaincus que le Canada suit la route tracée par l’Europe et surveillent donc constamment la situation dans l’espoir de relever une preuve, aussi mince soit-elle, qu’on retrouve au Canada la même ségrégation qu’en Europe, le même isolement, les mêmes préjugés et la même polarisation.

Kimlicka estime que ces critiques font fausse route et il argumente avec force. Mais la situation politique n’est plus celle des Trudeau et Mulroney, les grands promoteurs de la politique multicul. Au contraire, le gouvernement Harper semble de plus en plus tiède envers cette politique et, bien qu’il fasse une cour active aux groupes ethniques pour bâtir sa propre coalition de conservateurs économiques et sociaux, ses politiques en matière d’immigration et de réfugiés relaient le malaise grandissant de l’encore majorité blanche du pays.

Le recul du multicul, côté cour

Les tribunaux canadiens ont été, au fil des ans, les grands promoteurs du multiculturalisme. Dans l’affaire du Kirpan de 2006, la Cour Suprême a probablement exprimé avec le plus de vigueur le primat de la différence — le droit de porter une arme blanche, inoffensive mais religieusement symbolique, dans une école publique où toutes ces armes sont prohibées — sur les règles communes d’une société laïque.

Une récente décision du plus haut tribunal ontarien posant le principe général que les musulmanes peuvent témoigner avec un voile intégral est l’exemple le plus récent — et le plus extrême — de cette tendance.

Cependant, comme l’indique le mémoire déposé ce mardi (pdf) par les signataires du Manifeste pour un Québec laïque (transparence totale: j’ai signé le manifeste), des brèches commencent à apparaître dans la carapace multiculturelle juridique.

D’abord en 2007, la Cour a rejeté les prétentions d’un citoyen juif dans une affaire de divorce. La décision affirme la validité de règles et de valeurs communes face aux différences d’origines religieuses:

le droit à la protection des différences ne signifie pas que ces différences restent toujours prépondérantes. Celles‐ci ne sont pas toutes compatibles avec les valeurs canadiennes fondamentales et par conséquent, les obstacles à leur expression ne sont pas tous arbitraires.

La Cour suprême devient plus hardie en 2009. Contrairement à tous les tribunaux inférieurs — qui suivaient la jurisprudence antérieure — la Cour validé la législation de l’Alberta imposant la photographie obligatoire sur les permis de conduire, même pour les membres d’une communauté religieuse s’y opposant.

La Cour a tiré cette conclusion, surprenante à deux égards. Lisons d’abord:

Étant donné les multiples facettes de la vie quotidienne qui sont touchées par la religion et la coexistence dans notre société de nombreuses religions différentes auxquelles se rattachent toute une variété de rites et de pratiques, il est inévitable que certaines pratiques religieuses soient incompatibles avec les lois et la réglementation d’application générale.

La Cour ajoute:

la Charte garantit la liberté de religion, mais ne protège pas les fidèles contre tous les coûts accessoires à la pratique religieuse. Plusieurs pratiques religieuses entraînent des coûts dont la société juge raisonnable qu’ils soient supportés par les fidèles.

Surprenant, donc, parce que la Cour affirme maintenant le primat de règles sociales communes sur la liberté religieuse. Elle indique clairement qu’il appartient aux citoyens qui choisissent une pratique religieuse exigeante de s’accommoder des règles communes, et non l’inverse. C’est la signification des mots « coûts … supportés par les fidèles ».

Surprenant finalement, parce qu’on n’avait pas lu autant de gros bon sens dans un jugement canadien sur ce sujet depuis, disons, 1986, quand le juge Dickson avait écrit, au sujet de l’existence du dimanche comme jour général de repos : « Notre société est collectivement dans l’impossibilité de répudier son histoire, y compris l’héritage chrétien de la majorité.»

Ces décisions, surtout les deux les plus récentes, indiquent que sans toutefois rejeter le concept de multiculturalisme — la Cour ne le peut pas, ce concept est constitutionnel — les juges commencent à intégrer et à traduire en termes juridiques le ressac provoqué par une approche jusqu’ici jusqu’au-boutiste de la valorisation des différences.

Le multiculturalisme canadien n’est pas mort. Mais il n’est plus triomphant. Ni dans l’opinion, ni dans l’intelligentsia, ni au gouvernement, ni même dans les hautes sphères du droit.

Pour le Québec, c’est une bonne nouvelle. Cela signifie que, demain, un gouvernement du Parti québécois qui voudrait redéfinir concrètement et juridiquement une identité et une citoyenneté québécoise laïque se heurterait à une résistance moins déterminée du Rest-of-Canada.

Pour le Rest-of-Canada, cependant, l’avenir est périlleux. Reste à voir si la redéfinition de ce fondement du vivre-ensemble canadien se fera via une transition douce vers un nouveau point d’équilibre ou dans un repli plus brusque générateur de tensions.

*  *  *

Il y a peu à ajouter à ces textes écrits il y a deux ans. Sauf que Rob Ford a été élu, pour le plus grand courroux de Toronto, que le refus du multiculturalisme a été encore plus affirmé par le premier ministre britannique David Cameron, que la popularité de la Charte québécoise est plus forte au Canada anglais que chez les Anglo-Québécois.

De mon point de vue, la Charte québécoise est une des bonnes réponses au refus du multiculturalisme. Elle doit être additionnée de politiques visant le succès des parcours d’immigration au Québec — ce que fait la réforme avancée par Diane de Courcy — par le recul du chômage chez les minorités visibles et l’augmentation de leur représentation dans la société. C’est une tâche de moyen terme mais, enfin, on a commencé !

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A propos Jean-François Lisée

Né à Thetford Mines le 13 février 1958, Jean-François Lisée obtient une licence en droit de l’Université du Québec à Montréal en 1979 et une maîtrise en communications de la même institution en 1991. Il poursuit des études à Paris en 1981 au Centre de Formation des journalistes de la rue du Louvres avant de devenir journaliste indépendant pour divers médias québécois et français, dont le Soleil, la Presse et Radio-Canada, et il publie quelques textes dans Le Monde, Libération et l’Express. À la fin des années 1980, il est correspondant à Washington pour La Presse, L’actualité et l'hebdomadaire français L'Événement du jeudi. À la même époque il signe des textes d’opinion dans le Washington Post, le New York Times et l’International Herald Tribune. Il est rédacteur en chef adjoint de L’actualité de 1990 à 1992. En 1994, au lendemain de l’élection du Parti québécois, il devient conseiller du premier ministre Jacques Parizeau et participe à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie référendaire de 1995. À la suite de la démission de M. Parizeau, il exerce les fonctions de conseiller politique sous Lucien Bouchard et ce, jusqu’en 1999. De 2001 à 2004, il est chercheur invité au Département de science politique de l’Université de Montréal puis à Sciences Po Paris. En 2004, il co-fonde le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), dont il demeure le directeur exécutif jusqu’en 2012. En 2007, il conseille la chef du Parti québécois, Mme Pauline Marois, relativement à un projet de loi sur l’identité, duquel émaneront des propositions de Constitution et de citoyenneté québécoise, puis de Charte de la laïcité. M. Lisée est l’auteur de nombreux essais remarqués sur la politique et l’identité québécoises. En 1990, il publie Dans l’œil de l’aigle, sur l’attitude américaine envers le mouvement indépendantiste québécois. Un essai qui lui vaut le Prix du gouverneur général. Il fait aussi paraître Le tricheur et Le naufrageur (1994), sur la vie politique québécoise au lendemain de l’échec des accords du Lac Meech, Sortie de secours : comment échapper au déclin du Québec (2000), Nous (2007), Pour une gauche efficace (2008) et Comment mettre la droite K-O en 15 arguments (2012), puis le livre, Des Histoires du Québec (2012). De 2009 à 2012, il commente régulièrement l’actualité politique, sociale et économique sur un des blogues politiques les plus lus de la Francophonie. Ministre, il continue à tenir un blogue à jflisee.org Cet hyperlien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. En août 2012, il se présente comme candidat du Parti québécois dans la circonscription de Rosemont et est élu le 4 septembre

19 réflexions au sujet de « Temps durs pour le multiculturalisme canadien »

  1. Je suis Français et je vous remercie pour ces articles très intéressants. Il est très intéressant de comparer les expériences à l’étranger par rapport à la France. Cordialement, FG

  2. Si je comprend bien, les libéraux qui ont accès aux plaidoiries à venir sur la présente consultation, coulent les informations qui lui sont favorables à la Presse qui sont récupérées par Radio-Canada, grand défenseur de l’unité canadienne multiculturelle, ce qui permet d’ignorer qu’aujourd’hui, six représentations sur sept étaient favorables à la charte.
    Rien de nouveau sous le Soleil de la manipulation de l’information dans notre « province » comme les autres.

  3. Ça n,a rien a voir avec la chartre car je suis parfaitement pour et trouve que ça ne va pas assez loin, à mon avis il ne devrait pas avoir d,exception même pour les employés des villes.
    J,aimerais vous parler des permis de la ville de Montréal.
    J,ai 78 ans et je suis propriétaire de bâtisses commerciales depuis 1970 achetés de mes parents qui l,ont construit dans Rosemont Petite Patrie,
    On me refuse depuis juillet un permis de garage et il y en a deux à côté ,
    Ce local serait loué depuis août mais à cause de ce permis je perds 3,000.00
    Par mois mais quand les taxes vont arrivées je serai obligée de les payer,ce local à été depuis 25 ans loue pour changer des pneus ce qui ressemble beaucoup à un garage peut être pourriez vous m,aider.
    DENYSE PARENT tel 450 666 6923 courriel ve2fmf@videotron.ca
    Merci d,avance.

  4. @George Kaoumi

    « Le pays idéal pour l’intégration est la Suède »

    Votre exemple porte sur les médecins.

    Faites des recherches sur ce se passe en Suède depuis une dizaine d’années. Sur les dernières émeutes ethniques de Stockholm. Tapez les mots Islam et Suède sur Internet: C’est la même histoire qu’ailleurs en Occident.

    Si au moins on pouvait trouver un pays où ça se passe bien. Mais on ne peut même pas trouver une exception qui prouverait la règle.

  5. Pour l’avoir vécu, se déraciner d’un coin de pays ou de son pays est une source de nostalgie: des parents, des ami(e)s, des souvenirs. On apprécie le nouveau coin de pays ou le pays d’accueil pour les nouvelles opportunités qui comblent nos besoins: liberté, source de revenus, un avenir meilleur pour nos enfants, climat etc…L’objectif ultime est d’y vivre avec sérénité. Pour y arriver, la logique est d’apprendre à communiquer dans la langue du pays d’accueil. Une empathie en découle de part et d’autre et le contact des cultures peut se créer…..source d’exotisme pour le pays hôte. La religion c’est personnel.

  6. Le pays idéal pour l’intégration est le Suède.par exemple :la majorité des médecines étrangers travaillent comme des médecines.des son arrivée on dit au médecin qu’il va travailler comme médecin, alors, celui-ci travaille fortement sur la langue suédois et fait tout ses effort afin de bien intégrer. Au contraire, ici au Québec, un médecin qui est venu au Québec pour vivre les valeurs québécoises, il trouve que tous les portes sont fermées afin de pratiquer son métier ici, de plus ,probablement, il ne se trouve pas un médecin de famille ou il va attendre un an pour voir un spécialiste. Kaoumi,George médecin étranger

  7. Les débordements de multiculturalisme sont la conséquence des débordements d’une immigration non intégrée.

    L’immigration galopante au Québec depuis une vingtaine d’années m’inquiète grandement pour l’avenir du Québec.

    La moitié des immigrants s’anglicisent au cégep, à l’université et au travail, et une autre bonne partie veut continuer à vivre comme dans leur pays d’origine et refusent de s’intégrer.

    Il m’est d’avis qu’on assiste actuellement au début de l’ethnocide ou génocide culturel du peuple québécois.

    Que faire ?

  8. Il n’y a qu’une minorité au Québec, c’est la minorité anglaise et elle est gâtée comme aucune autre minorité au monde, L’immigration au Québec ne se fait que sur une base individuelle, le Québec n’importe pas de groupes culturels ou ethniques, ni aucun autre pays d’ailleurs à ce que je sache; la porte est ouverte aux individus qui n’ont qu’un job à faire, s’intégrer à la société d’accueuil et ne pas s’installer en ghetto. Se fondre dans la majorité et jouir de la vie dans notre société avec nous et non contre nous. À Rome comme les Romains!

  9. L’insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre comme dans leur pays d’origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C’est aussi la situation dans plusieurs pays. Au Québec en particulier, il faudrait mettre plus d’accent sur l’identité québécoise et sur l’intégration des immigrants que sur les communautés culturelles.
    Il faudrait d’abord cesser d’utiliser l’expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n’y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d’accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Le multiculturalisme à la canadienne fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays; il n’a fait qu’accentuer l’isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Tous les résidents du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s’y installer, sont des Québécois, de plein droit ou en devenir.

  10. Très intéressant, je suis même d’accord, toutefois le débat sur la charte ne porte pas sur le multiculturalisme.

    La commission des droits de la personne définit la laïcité comme la neutralité de l’État envers les religions ET l’absence de religion. Elle ne doit pas donner plus d’influence à l’une qu’à l’autre. Ce sont les institutions qui doivent être neutres, non les personnes dont les droits sont protégés. La charte n’est pas neutre, donc pas laïque, parce qu’elle vise les personnes dont les religions prescrivent le port de signes particuliers. En plus, elle favorise l’absence de religion de la majorité, au détriment de son rôle de neutralité, dans le but justement de combattre le multiculturalisme, détournant la laïcité de son véritable but.

    Je rappelle que la charte québécoise des droits de la personne, la charte canadienne, et la Déclaration universelle des droits de l’homme stipulent chacune que la liberté de penser et le droit de conscience comprennent le droit de pratiquer une religion et de MANIFESTER SES PRESCRIPTIONS. Voilà où le bât blesse. Ces 3 mots constituent la pierre d’achoppement de ce projet et feront qu’il ne passera pas.

    En définitive, cette charte s’attaque aux droits de la personne et aux principes de la laïcité — en se revendiquant faussement de ses principes — dans le but de combattre le multiculturalisme : en se faisant le gouvernement du parti québécois fait fausse route et devrait trouver d’autres moyens d’en arriver à ses fins.

  11. Je lis ici un long discours bien structuré de Jean-François Lisée sur les méfaits du multiculturalisme. Bien, on « enterre le multiculturalisme ». Ce que je trouve de désolant, c’est que je ne vois rien dans ce discours pour me dire quelle sera l’étape suivante. Il faut un projet, un objectif, une stratégie, des politiques, des moyens.

    Que veut dire « enterrer le multiculturalisme » dans une société multiethnique et multicuturelle telle qu’elle existe au Québec (tout particulièrement à Montréal qui constitue plus de la moitié de la société québécoise) et au Canada soi-disant « anglais » ? Cela veut dire qu’on doit neutraliser sinon bannir la culture de l’immigrant. Une petite question toute simple : comment y parvenir ? J’attends de voir ce que Lisée et son Parti Québécois propose. Pour le moment, c’est le grand vide.

    Ce n’est certainement pas le bannissement des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique qui apportera quelque réponse que ce soit au problème posé.

  12. Le multiculturalisme sert à appliquer la bonne vieille méthode du «diviser pour régner», en isolant les immigrants dans des petits ghettos culturels où ils ne seront pas porter à communiquer avec les autres communauté.

    De plus, au Canada, le multiculturalisme sert à faire croire aux immigrants que les français ne sont pas les fondateurs du Canada, mais juste un autre groupe ethnique qui aurait intérêt à devenir anglais, comme les autres…

  13. Il faut à tout prix marteler sur les bienfaits de la charte de la laïcité que l’opposition s’acharne à contredire ,probablement sous la pression
    de différents mouvements religieux et ethniques secrets et très puissants.

  14. Monsieur le ministre,

    lâchez pas votre excellent travail. Merci pour ces pistes de réflexion. Nous sommes à vos côtés, dans ces efforts de reconquête de l’équilibre et de l’harmonie dans notre maison québécoise, sérieusement malmenée durant près d’une décennie d’incurie libérale. Et quelle arrogance des « solidaires » qui prétendent que la plèbe est trop ignorante pour comprendre et se prononcer sur ces enjeux sociétaux. Bien sûr, lorsqu’on ne veut pas connaître la vérité, il est préférable de ne pas nous consulter, nous, le peuple. Le mot d’ordre « empêchons le débat ». Solidaires vous dites?! Vraiment désolant. J’ai entendu qu’ils se préparent à débattre, entre solidaires…un soi-disant parti « progressiste » qui endosse la soumission, voire l’effacement de la femme, sa disparition derrière le voile-étendard de l’islam guerrier.

    « Tout ce qui ne nous anéantit pas nous rend plus forts! » Nous sommes prêts, avec vous et vos collègues, à relever tous les défis. À mes yeux, la charte constitue un « minimum » très raisonnable. La laïcité n’est-elle pas un legs de l’époque dite « des lumières »? Oui, la laïcité est ce principe lumineux permettant à toutes les religions, croyances et non-croyance, d’avoir droit de cité, dès lors que l’État les permet toutes, sans en privilégier aucune.

    Daniel Charette.

  15. Évoquer l’échec du multiculturalisme est donc une tendance grandissante dans les démocraties ayant accepté au cours des dernières décennies une forte immigration.
    Je me demandais, quelles sont les alternatives que vous proposez ? Existe-t-il un pays que l’on devrait prendre en exemple pour son succès dans l’intégration de ses immigrants ou vos alternatives ne sont que des utopies ?

  16. Merci pour cette information, continuez à diffuser ces faits partout au Québec et surtout dans les médias Québécois…pendant des semaines. Il serait bon aussi de distribuer ces infos aux participants à la commission parlementaire.
    Excellent !

  17. Le multiculturalisme est l’abandon de son histoire, de ses ancêtres, de son éducation, de sa personnalité propre au profit d’une étiquette anonyme à partager avec des immigrants qui eux, ne renoncent pas tous à leurs origines. Nous sommes tous égaux, certains plus que d’autres pour avoir bâtit le Québec, le Canada. Restons québécois, canadiens s’il le faut et acceptons que ceux qui veulent s’intégrer et donner des enfants à la patrie qui grandirons dans un esprit d’appartenance à un pays, le leur, le Québec ou le Canada. Nous sommes tous des immigrés d’origine.

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