Unité des indépendantistes: la leçon venue du Sud

Quel est le coût de la division des indépendantistes et des progressistes ? Il tient en un mot : le pouvoir. Se diviser, c’est laisser le pouvoir à ceux qui ne veulent ni l’indépendance, ni le virage vert, ni la lutte aux inégalités sociales, ni la véritable défense du français, ni la chasse aux paradis fiscaux. Toutes choses qui, pourtant, nous unissent.

On comprend mal comment le nouveau chemin de Catherine Fournier peut conduire à des victoires.

Vous en doutez?  Regardons les faits. Au Parti Québécois, nous avions perdu l’élection de 2014 tous seuls. Mais en 2012, l’existence de Québec Solidaire nous avait fait perdre entre 12 et 15 circonscriptions. Si nous avions eu seulement la moitié des voix de QS (pas 100%, la moitié !), notre gouvernement aurait été majoritaire. Hors Montréal, la CAQ et les libéraux sont nos adversaires. Mais notre marge de victoire y a été prise par QS dans des comtés des Laurentides, de l’Estrie, de la Mauricie, même de  la ville de Québec et de l’Outaouais !

Vous me direz que je suis partial. Je plaide coupable. Mais j’ai l’absolue conviction que la grande coalition créée par René Lévesque et associant dans un même parti les Louise Harel, plus à gauche, et les Bernard Landry, plus à droite, a offert, à chacun de ses passages au pouvoir, les gouvernements les plus progressistes, les plus féministes et les plus écologistes du continent, tout en contribuant à une réelle prospérité partagée. Et de loin. Parfaits ? Non. Personne ne l’est. Ne comparez pas les péquistes à Dieu. Comparez-les aux libéraux, aux conser­vateurs et aux républicains. Demain, aux caquistes.

Malgré toute la sympathie qu’on peut avoir envers les personnes — Françoise, Amir, Manon, Gabriel et les autres – et aujourd’hui pour Catherine Fournier, demain pour Jean-Martin Aussant —, la réalité froide est que la division des indépendantistes et des progressistes est un don du ciel pour Ottawa, le Conseil du patronat, l’Institut économique de Montréal et les partis qui ne croient pas (ou pas vraiment) à la distribution des richesses, à la crise climatique, au pouvoir citoyen et à l’in­dépendance.

Le socialiste-indépendantiste Pierre Bourgault, comprenant les impératifs politiques de l’unité, a sabordé son parti pour rejoindre celui du centriste Lévesque.

La fragmentation de nos forces est le meilleur gage de succès pour nos adversaires. C’est mathématique. Pierre Bourgault l’avait compris, lui qui avait sabordé son parti indépendantiste et socialiste pour peser de tout son poids à l’intérieur du Parti Québécois, même s’il s’y trou­vait des gens de centre droit, élargissant la tente. (Parizeau, à l’époque, était considéré comme étant de droite. J’avoue qu’étudiant, j’ai manifesté contre lui, scandant bruyam­ment : « Parti-Québécois-Parti-bourgeois !’ » alors qu’il éri­geait, budget après budget, la société la moins inégalitaire du continent. Devenu son conseiller, je m’en suis confessé. Il m’a donné l’absolution.)

Bref, QS (et, qui sait, demain, une autre formation souverainiste) offre aux partis de droite le marchepied que les petits partis de gauche français ont offert au héros des pri­vatisations Jacques Chirac, qui, sinon, aurait été battu par le socialiste Lionel Jospin en 2002. Jospin n’était pas parfait, mais il avait rendu la France plus égalitaire, étendu la gratuité des soins médicaux, créé des emplois jeunes, donné du temps aux salariés, reconnu des droits LGBT. La division des forces de gauche française a ramené la droite au pouvoir.

Sans la candidature de Ralph Nader, les USA auraient eu en 2000 le chef d’État le plus écologiste sur la planète.

Même chose aux États-Unis, où Ralph Nader, par purisme idéologique, a fait la courte-échelle à George W. Bush vers le pouvoir en 2000, en enle­vant en Floride les voix qu’il aurait fallu au démocrate Al Gore pour devenir président. Sans Ralph Nader, les États-Unis se seraient dotés, dès 2000, de l’homme d’État le plus écologiste au monde. En prime, c’est absolument certain, la guerre en Irak n’aurait pas eu lieu.

Au moins, nos voisins américains progressistes ont eu la sagesse de changer de trajectoire. Le Parti Démocrate est certes un « vieux parti ». Sous Clinton, il a même flirté avec des thèses néo-libérales et poser des gestes qui ont conduit à la grave crise de 2008 (Clinton s’en est même excusé).

Pourtant, les députés démocrates de gauche ne démissionnent pas pour devenir indépendants. Au contraire, les indépendants entrent dans le Parti démocrate. Bernie Sanders, un indépen­dant qui a passé sa vie à critiquer les présidents démocrates, a choisi, lui, de transformer le Parti démocrate de l’intérieur. Et il a réussi. (Sanders est applaudi, au Québec, à la fois par des gens du PQ et de QS.) Il a entraîné avec lui une nouvelle génération de candidat, et plusieurs candidates, milléniaux qui, eux et elles aussi, bousculent le parti.

L’indépendant Bernie Sanders et la socialiste Octasio-Cortez ont choisi de changer le vieux Parti démocrate de l’intérieur. Pourquoi ? Pour prendre le pouvoir.

Pourquoi reviennent-ils dans ce vieux parti ? Une raison, une seule : ils savent que pour changer le monde, il faut prendre le pouvoir. Et ils constatent que malgré tous ses défauts, le Parti démocrate peut prendre le pouvoir, pour peu que tous les progressistes, écologistes, radicaux et modérés, s’unissent pour le faire triompher, au-delà de leurs très réelles divergences.

Au Québec, ce parti de coalition s’appelle le Parti Québécois. Malgré ses déboires, il reste le seul véhicule progressiste et indépendantiste qui peut étendre ses ailes suffisamment largement vers la gauche, vers le centre et jusqu’au centre droit pour se rendre au pouvoir.

Si on veut s’y rendre. Si on veut avoir raison tout seul, et laisser la droite fédéraliste gouverner, c’est une autre affaire.

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Chef sortant du Parti Québécois, l’auteur dirige désormais La boîte à Lisée, qui vient de publier « Qui veut la peau du Parti Québécois ? », dont ce texte est un extrait remanié et actualisé pour La Presse +



44 réflexions au sujet de « Unité des indépendantistes: la leçon venue du Sud »

  1. Fort bien !

    « Bref, QS (et, qui sait, demain, une autre formation souverainiste) »

    Le 24 avril 2019 a commencé la période de réservation pour six mois par Simon Marseille-Tremblay de Sources du Québec comme nom d’un parti politique à Élections Québec.

    À la même date, Bruno Lapierre a retenu comme nom, Québec souverain.

    Avant, le 27 février, Guillaume L’Heureux retenait Option Québec, Michel Blondin Parti pour l’indépendance et Jean Marie Floriant Ndzana Québec pour tous.

    Je me suis procuré un formulaire Demande de réservation d’un nom de parti politique DGE-207-VF (18-03).

    ***

    Mercredi dernier, le PQ a tenu à Québec, une soirée à micros ouverts en présence de Pascal Bérubé, Méganne Perry Mélançon, Serge Bonin et Carole Poirier en quête de réflexions, de suggestions, de coups de gueule… La première d’une longue série je dirais.

    Entre 50 et 100 personnes d’âge vénérable se sont réunies en groupe de 3 à 8 et partagées leurs réponses à trois questions concernant l’avenir de la circonscription et de la région de Québec. J’aurais donc dû mettre la feuille des questions dans ma poche, je pourrais rapporter fidèlement.

    Je suis d’accord avec vous que le Parti Québécois, malgré ses déboires, reste le seul véhicule progressiste et indépendantiste qui peut étendre ses ailes suffisamment largement vers la gauche, vers le centre et jusqu’au centre droit pour se rendre au pouvoir. Bravo pour cette capacité sur l’axe gauche droite.

    Qu’en est-il pour cette capacité sur l’axe intergénérationnel ? Sur cet axe, se trouve l’avenir qui s’en vient, l’avenir qui est au pouvoir, j’écrirais en charge, et l’avenir qui s’en va. Le PQ est beaucoup plus pesant du côté de l’avenir qui s’en va que du côté de l’avenir qui s’en vient. Vous l’avez remarqué et en avez parlé dans votre discours de soirée d’élection.

    « Je veux saluer ce soir l’engagement en politique de centaines de milliers de jeunes qui ont voté Solidaire aujourd’hui. Lorsqu’on finira de calculer les votes, on se rendra compte qu’on assiste à l’irruption d’une nouvelle génération de souverainistes, au PQ et surtout à QS qui, additionnés, pointent à nouveau la boussole québécoise vers l’indépendance. »

    http://jflisee.org/1er-octobre-2018-22h55/

    La méthode pour parvenir à l’indépendance ne me semble pas l’élection d’un parti majoritaire. L’alternative me semble une série de sondages qui expose progressivement et finalement que 55 % des électeur.es québécois.es donnent le mandat aux élu.es de l’Assemblée Nationale de procéder à l’indépendance du Québec. Il.les me semblent en avoir lu qu’il.les en ont légalement le pouvoir, il.les ne leur en manquent que la volonté en nombre suffisant.

    C’est à suggérer, à réfléchir, à s’en mettre plein les claviers, plein la gueule.

  2. Fort bien observé, écrit et illustré de La géante !

    Le mois a porté conseil. J’ajoute à mon commentaire du 19 mars dernier ci-dessous. Il y avait place à plus et autre chose.

    René Lévesque avait réussi le tour de force en 1968 d’avoir dans un même bateau la chèvre et le chou, « l’aristocratie », « la classe moyenne et le prolétariat »: les organisateur.es, les travailleur.es et les consommateur.es.

    C’était René Lévesque et c’était à une autre époque, les années 60 et suivantes. Après Point de mire, avant Place aux femmes, Appelez mois Lise et j’en passe.

    60 années plus tard, la démographie et les étalages en pharmacie sont fort différent.es, deux générations ont donné place à plus de femmes au travail et à l’immigration, en rêve de croissance capitaliste sur fond de dénatalité depuis 1970.

    Ça prendrait maintenant une transcendance non partisane, un mouvement qui aurait l’envie et une recette de chèvre au chou. Est-ce que des cheff.es s’y mettent ? Martine Ouellet ? Catherine Fournier ? Qui d’autre ?

    Après avoir regardé derrière sur deux générations, regardons devant sur trois. Dans un document récent, Hubert Reeves suggère deux générations mais mentionne que les autochtones en mettent sept.

  3. « On comprend mal comment le nouveau chemin de Catherine Fournier peut conduire à des victoires. » J’imagine que c’est de vous.

    Si on exclut la personne qui écrit, vous le comprenez sans doute mieux que nous, mieux que tous mais en bon stratège vous feignez. C’est ma traduction de fake news. En bon chef, vous avez fait en campagne. La fonction détermine plus que plaisamment le travail.

    En chef démissionnaire, retour à journaliste et plus en quête d’information d’une part et d’auditoire d’autre part. Influence latine, d’une part, d’autre part.

    Si on désigne une personne, ce serait vous. Vous demandez qu’on vous explique, que quelqu’un vous explique. Présent. À plus tard.

    Si on désigne un plus ou moins grand nombre de personnes, j’ai des chiffres. C’est un peu long pour un commentaire, je mettrai sur un blogue de variétés, genre TLMEP, s’il me reste du talent, des forces et du temps. Ça va pour l’espace.

    Une fois par semaine ? C’était le rythme de Point de mire en saison. Quotidiennement ? C’était la fréquence d’Appelez-moi Lise.

  4. M. Lizée,
    La vérité sur Bourgault et le RIN,c’est faux de dire qu’il a sabordé son parti.Ayant vécu ça de près dans l’action en 1967-68,la vérité c’est que son parti
    lui a échappé; c’est une grosse nuance. Ayant boudé de venir se joindre aux MSA et au RN à la maison des dominicains sur la côte Ste-Catherine, malgré la tentative de Doris Lussier de le convaincre de venir et vite: les membres de son parti se sont joints en bloc au P.Q. en formation.
    Quant aux exemples des USA ou de la France, bien beaux pour paraître
    savant, mais totalement impertinents.
    Nous avons raté l’élection de 2018 parce que ça fait 20 ans qu’on ne fait plus
    la promotion de l’indépendance et la critique du Régime qui nous tient en laisse.
    Quant à la « petite« ,elle ferait mieux dans la prochaine décennie d’aller se former et nous faire 3-4 beaux bébés;le Québec en manque,hein les femmes.
    Cécilien
    Le gros problème du PQ: « trop de babines et pas assez de bottines« .
    Exemple: La « petite« `ferait mieux dans la décennie qui vient d’aller se former et de nous faire 3-4 beaux bébés; le Québec en manque sérieusement,hein les femmes.Cécilien
    et nous faire 3-4 beaux enfants…le Québec en manque. Cécilien

    • Voici à une correction grammaticale près ce que j’ai écris en commentaire sur la page Facebook de la «petite» : Merci pour ce pas de géant.e vers l’interdépendance de l’État du Québec en république ou mieux au sein des Nations unies.

      Fin à la province pas comme les 9 autres plus territoires, dépendante par défaut d’une constitution rapatriée contre sa volonté vers 1982 et toujours en attente de signature, en démocratie parlementaire battant pavillon monarchique.

      Concernant les bébés, vous dites autrement ce que personne ne lit à la page 144 de Souvenirs et réflexions d’un ronchon, une autobiographie de Jacques Henripin,
 1998.

      Les immigrés sont certes un enrichissement; ils ne sont cependant pas des substituts aux naissances. Au bout du compte, une société n’est plus seulement enrichie par les apports nouveaux; elle est remplacée par un échantillon des sociétés de la terre. Et l’on ne peut deviner par quelles luttes certains groupes ethniques ou linguistiques domineront les autres. Il est peut-être plus sage de faire ses enfants soi-même. mais il y faudra une contribution de la société beaucoup plus importante que par le passé.

      En fait, nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Les enfants sont devenus, pour la société, un bien rare, au sens que les économistes donnent à ce terme. C’est-à-dire que jusqu’en 1960 environ, les adultes fournissaient à leur société, à peu près gratuitement et en nombre suffisant, les enfants dont elle avait besoin. Après tout, il n’y a pas de société sans êtres humains. Depuis lors, les adultes nous disent, par leur comportement: «C’est trop cher pour nous, il faut nous aider.» Financièrement, bien sûr, mais aussi en réorganisant le fonctionnement de la société de sorte qu’il soit moins onéreux d’élever deux ou trois enfants.

  5. Le PQ était au pouvoir sous Pauline Marois… minoritaire mais au pouvoir. Il passe une loi pour une date d’élections fixes au 4 ans… et à peine quelques mois Mme parois déclenche une élection sans avoir été défaite en chambre… elle voulait la majorité …. mais le peuple n’aime pas l’incohérence et le mensonge… de plus il y a eu la très grande maladresse de de la charte alors qu’il y avait une possibilité d’entente avec la CAQ … Mme Marois voulait la majorité et elle a perdu .c’etait une première vraie débarque… Bernard Drainville a voulu laver plus blanc que blanc… il a modifié pour le financement des parties politiques et ils sont maintenant affamés… les dons de 100$ c’est une risée… des qu’elle a déclenché les élections … la défaite était prévisible… on ne déclenche pas des élections pour de mauvaises raisons… le peuple n’aime pas ça…

    • Vous écrivez tout haut ce que je pense ne pas être le seul à penser avec vous.

  6. Laissons le temps à la poussière de retomber un peu. Si dans un avenir pas trop lointain, le Parti Québécois n’a pas renversé la vapeur, il devrait se saborder la tête haute pour se rallier aux forces vives de la Nation dans une autre formation existante ou à créer. Cela vaudrait mieux que de voir ce grand parti s’étioler comme l’Union Nationale jadis.

  7. Juste de même… pourquoi ne pas saborder le PQ et investir massivement QS? On veut réunir les troupes, ils veulent faire leur petite affaire. Sont-ils équipés pour éviter l’entrée massive de nouveaux membres? Sérieux!

    Etienne

    • Bonne St-Patrick, bon Grand prix d’Australie;

      Juste de même…, dans un proche sinon même état d’esprit et de coeur. Je dirais maintenant cognitif et émotif, j’évolue. J’avoue et je suis fier d’une formation scientifique en psychologie qui date cependant d’avant 2000.

      On a toujours intérêt à différent de soi dans un régime politique à plus de deux partis, à scrutin proportionnel mixte plutôt qu’uninominal un tour. L’affirmer, c’est poser la question à plus expert que moi.

      Sans saborder le PQ, pourquoi ne pas investir plutôt massivement la CAQ, parti à demi pouvoir sur le territoire, en charge majoritaire depuis octobre par l’injustice de notre mode de scrutin en l’État provincial de Québec. La CAQ, c’est un bassin de 1,51 millions contre 649 mille tout de même à QS en 2018. Le PQ a fait 687 mille. Le PQ et QS ensemble font 1,3 million. Le PLQ fait 1 million. Ce sont des faits qui fondent mon opinion.

      L’État provincial du Québec depuis Marcel Chaput est en marche depuis proche 6 décennies maintenant pour la République du Québec; la Norvège en avait mis 50 avant 1905 pour devenir un royaume indépendance de celui de la Suède.

      République fédérale, je dirais d’entrée de jeu comme le citoyen Guy Bertrand

  8. Mais oui. La division du vote causé QS, a empêché le PQ de prendre le pouvoir majoritaire au moins une fois. Probablement au moins deux. QS, la gauche, le progressisme, est une stratégie majeur des fédéralistes. Ils subventionne et mousse ça, très subtilement et très efficacement au Québec pour donner le pouvoir politique et économique aux fédéralistes. C’est dommage que vous n’avez pas été aussi clair avant l’élection, monsieur Lisée, que vous l’êtes aujourd’hui. Ça saute aux yeux. QS, une bande de zéros, ont toujours eu une couverture médiatique majeur au Québec. Et, je dit bien majeur. Est-ce normal ça? Sont fort ces fédéralistes, vous savez. Une autre stratégie majeur des fédéralistes, est le multiculturalisme. Ils disent à tout le monde, à tous les immigrés, venez à nous, en anglais, on vous aime, et on vous laisse libre, et on vous laisse libre de devenir riche. Nous, on leur dit qu’on va leur mettre une charte de valeurs québécoises et de laïcité s’ils veulent se joindre à nous au Québec français … Connaissez vous l’expression se tirer dans le pied? …

  9. Courte leçon instructive sur l’état de la démocratie contemporaine chez nos 48 États voisins du Sud, qui forment avec Hawaï et l’Alaska la République constitutionnelle présidentielle fédérale des États-Unis. Il y a des années, le citoyen Guy Bertrand a proposé que l’État du Québec devienne la République fédérale du Québec.

    http://www.republiquefederaleduquebec.com

    L’un de nous, l’historien Francis Dupuis-Déri, expose avec forts détails l’évolution du sens du mot démocratie aux États-Unis, en France et ailleurs dont le Canada dans ce livre :

    https://www.luxediteur.com/catalogue/democratie-histoire-politique-dun-mot/

    Est-ce que le mot démocratie a fait son temps, comme le nom Parti Québécois ? En 2011, Alain Dubuc dont l’avant-gardisme est bien connu se le demandait.

    https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201110/27/01-4461896-au-suivant.php

    Plus récemment, Gabrielle Lemieux Présidente du PQ et Pascal Bérubé son chef parlementaire, le demandent dans une lettre aux membres. Je me demandais si la question se devait d’être posée au congrès de septembre 2017.

  10. Jolie idée en principe, mais il y a toutefois un petit problème…. S’il est facile, pour un péquiste, de voir des rapprochements entre certaines de ses positions et certaines positions de QS, ou certaines positions de la CAQ, et d’imaginer des alliances avec eux pour accomplir certaines choses, du côté de l’interlocuteur, c’est bien différent. Un militant de QS ne voit aucune différence entre le PQ et la CAQ, et un militant de la CAQ ne voit aucune différence entre le PQ et QS. Dans les deux cas, pas question de s’associer à leur ennemi juré.

    C’est bête de leur part, j’en conviens, mais le faible appui qu’a obtenu le PQ démontre que cette polarisation est bien réelle. Il fallait la voir venir et proposer en 2012, lorsque brièvement au pouvoir, une réforme du mode de scrutin: un projet unificateur qui aurait réglé une fois pour toute cette histoire de « division du vote », plutôt qu’une charte des valeurs, projet diviseur qui n’a fait qu’augmenter cette polarisation.

    • Même si on l’avait proposé, nous étions minoritaire. Concernant la charte , elle devait se faire et elle se travaille encore aujourd’hui. Selon moi , la charte n’a rien à voir avec l’élection 2014. C’est la peur du référendum mousser par les médias, comme le mentionne Lisee. Si seulement Aussan à partir de Louise B. Appuyer par Lisette L. Et Curzi ,auraient pu éviter les pieges de la controverse médiatique, nous n’en serions pas là aujourd’ui.

  11. Au risque de simplifier ma lecture de l’histoire, les Québécois de culture française veulent majoritairement éviter que la droite prenne le pouvoir au Canada et, simultanément, soutenir leurs revendications souverainistes. La longue gouvernance des conservateurs suite à l’évidente corruption chez les libéraux … les chances du NPD et l’oscillation gauche-droite des leaders bloquistes influencent tour à tour les résultats électoraux avec une constante pour les québécois : éviter de soutenir les politiques d’une droite ultra-libéral et la corruption des élites politiques.

    On pourrait affirmer sans trop simplifier que les Québécois rêvent majoritairement d’une société à la Scandinave et doivent plutôt se contenter de chercher à contrer une tendance évidente vers la droite soutenue par beaucoup trop d’autres canadiens.

    Malheureusement, il devient de plus en plus évident que, pour des raisons constitutionnelles, géographiques, anthropologiques et historiques le Canada, dans sa forme actuelle, n’offre et n’offrira jamais aux Québécois francophiles la possibilité d’un débat politique véritable sur la définition de leur société. Le pire c’est que pour maintenir les francophiles dans le Canada, on se trouve à limiter d’autant la qualité du débat politique des Canadiens d’autres origines.

    En considérant le droit reconnu des peuples à l’autodétermination, et non pas des provinces à la souveraineté, ne faut-il pas se rendre à l’évidence qu’à l’instar de l’ancien URSS, le Canada ne constitue pas un ensemble politique cohérent? Pourquoi le soutenir dans sa forme actuelle? Il n’est après tout qu’une création administrative héritée de l’époque du colonialisme et reflète principalement la conception de l’organisation du monde qui prévalait chez les élites britanniques dans le contexte historique des 18ème et 19ème siècles.

    Au 20ème siècle, les Britanniques, muent par un courant politique de droite, ont eux-mêmes abandonné leur modèle d’empire colonial. Il voulait éviter les frais d’un soutien économique directe qui était nécessaire pour plusieurs de leurs possessions, surtout les plus petits territoires.

    Le rapatriement de la constitution Canadienne qui s’est inscrite dans les suites de cette défection britannique a alors fait du territoire du Canada un immense pays définitivement souverain. Au même moment, cette défection britannique a aussi généré la création de nombreux autres pays indépendants dont certains sont très petits ( +/- 100000 habitants) , comme ceux des Antilles.

    Les Québécois francophiles, héritiers culturels d’un peuple défaits lors des guerres coloniales entre la France et l’Angleterre, ont majoritairement voulu profiter de ce moment pour obtenir leur libération de l’emprise des Canadiens de culture Anglaise sur leur destinée. Le découpage des frontières provinciales crées par les britanniques ne permettant pas qu’ils soient en nombre suffisant pour contrer le poids électoral de leurs concitoyens de culture anglaise .. ils ont perdu par un cheveux la démarche référendaire initiée par le parti québécois crée dans ce but en 1968.

    Dans un contexte réalistement prévisible, il est plus que jamais certain que, contrairement à ce que propose Québec Solidaire, aucun parti politique ne sera capable de prendre le pouvoir en visant simultanément l’accession du Québec à la souveraineté et la transformation immédiate de ce nouveau pays en état socialo/communiste/vert. Il faut vraiment être dans un coma politique pour croire à l’avènement prochain du contraire.

    L’accession à la souveraineté est nécessairement préalable à celui sur les variables d’organisation sociale que les Québécois de toutes origines seraient amenés à définir par la suite. Le débat ne serait-il pas d’autant plus riche et précis qu’il se ferait dans la langue de la majorité des citoyens du pays? Il faut d’abord obtenir un lieu de débats démocratiques avant de pouvoir conclure sur l’issue de ce débat.

    • La seule erreur dans votre texte:

      « ils ont perdu par un cheveux la démarche référendaire! »
      Soyons précis: nous n’avons pas perdu le référendum: ON NOUS L’A VOLÉ. C’est ça la réalité.

  12. Je travaille en histoire et avec des «millenials» et je pense sincèrement que la propagande anti-nationaliste et la doxa multiculturaliste ont fait des ravages dans les jeunes cerveaux. Le nationalisme ethnique est honni depuis longtemps, mais chez beaucoup de jeunes, le seul fait de mentionner l’idée d’une culture et d’une identité commune qui serait défendue au-delà de l’ethnicité, leur donnent de l’urticaire. Et sans qu’ils sachent pourquoi, comme un réflexe de Pavlov, ils pensent que le PQ est raciste. Il faut ajouter à cela la lobotomie du cour ECR. Personnellement, je crois que le mal est fait, que la cajeunisation est commencée. Le frenchglish est perçu comme un marqueur identitaire par opposition au français qui appartiendrait au passé (le futur du frenglish ne peut être que l’anglais en passant). Le PQ a fait de nombreuses erreurs mais son déclin n’est que le reflet que le déclin du Québec en tant que nation. Malgré le sursaut post-Meech, tout ça a commencé dès 1987. Une lente agonie. L’épisode de la CAQ est un sursaut. C’est très bien qu’ils remettent de l’avant l’aspect identitaire, mais en même temps, c’est le retour de la bonne vieille frilosité canadienne-française. Personnellement, je regrette amèrement de ne pas être restée en France en 1990 à l’âge de 26 ans malgré les perturbations qui balafrent ce pays. Au moins j’aurais un pays, que j’ai choisi, qui est souverain et où vivre en français n’est pas perçu comme un problème. Je considère que tout le chemin parcouru depuis la révolution tranquille a été perdu depuis le référendum. À Montréal, je me sens de plus en plus de trop en tant que Québécoise francophone et en tant que canadienne-française d’origine. En conclusion, s’il y a un mince espoir, c’est que le PQ aille jusqu’à changer de nom. Les stigmates, aussi injustes soient-ils, sont trop gros. Il faut tout fermer et repartir à zéro. Moi, je me sens comme apatride et je ne m’identifie de moins en moins à une culture qui se meure et qui s’américanise à la vitesse grand V. Derrière la fin du PQ, personne ne perçoit que c’est, en fait, la mort du Québec en tant que nation qui se dessine.

    • En effet le franglais est florissant et l’individualisme prime. À mon avis, une bonne partie du problème vient de la Toile et des réseaux-sociaux qui n’existaient pas en 1995. Le ver de l’hégémonie culturelle est dans la pomme, comme on dit. Par contre, je suis en désaccord avec une partie de votre propos concernant la France. Nos cousins Français sont nettement pires…

    • Moi aussi je me sens apatride.On nous a d’abord humilié puis coupé les ailes, histoire de nous garder à genoux: on nous traite de racistes, d’intolérants et d’islamophobes.Il devient évident que le ver est dans la pomme. La plus grande ville du Québec est minoritaire de notre culture et de notre langue. On y retrouve multiples ghettos à l’image du multiculturalisme fédéral. Nous les québécois nous prônons une terre d’accueil, de paix, unis par la richesse de nos valeurs fondamentales :la langue française, l’égalité de l’homme et de la femme, la laïcité et la neutralité de l’État, nous oblige, comme peuple fondateur à défendre et à accroître les pouvoirs qui protègent et favorisent notre singularité au Canada et en Amérique du Nord, c’est-à-dire ceux d’une nation indépendante.
      Nos paliers de gouvernement ne travaillent pas pour nous, le peuple. Il se font des amis dans le milieu des affaires, à la Chambre de commerce, notre Caisse de Dépôts et autres coffres-forts du Québec. L’électeur a l’impression que les commissions parlementaires sont des commissions bidon pour calmer le jeu. Et je fais silence sur la Justice.
      C’est la terre d’ici et la langue française qui nous lieront toujours, nous, gens du pays, de façon distincte. À force d’espérance et de persévérance, le Québec s’est imposé au monde non seulement comme une terre de paix et d’accueil, mais aussi de créativité, de productivité et d’excellence. L’objectif de l’indépendance, c’est de faire respecter un peuple qui a trop souvent courbé l’échine, dont on a volé les rêves et qui va découvrir qu’une fois debout, il peut cueillir la pomme qui contaminait tout l’arbre et l’arrêter dans son entreprise de destruction massive telle qu’annoncée depuis plusieurs décennies.Unis plus que jamais pour triompher. C’est pourquoi les jeunes doivent comprendre l’importance de cet enjeu qu’est l’indépendance.

  13. A propos de Catherine Fournier: quand on fait une mauvaise analyse, on tire de mauvaises conclusions.
    Catherine Fournier est la députée du Parti québécois de mon comté Marie-Victorin. Ma femme a fait un millier de téléphones en sa faveur. Au sujet de ce qu’elle a annoncé lundi, elle ne m’a pas demandé mon avis ni l’avis de ma femme. Pourtant, samedi, le 9 mars, elle était chez moi à sa demande à deux minutes de son bureau dans le Vieux-Longueuil pour rencontrer ma femme Marcelle Viger et moi à midi ainsi que Laurent Desbois et Michel Rioux. Mon beau-frère Marcel Soucy était invité mais il n’était pas libre. Michel Rioux a apporté une bouteille de vin rouge et ma femme a servi de la soupe, des croque monsieur et de la compote aux pommes: elle délaissa les rapports d’impôts qu’elle fait comme bénévole et se montra comme d’habitude une hôtesse exemplaire.
    En présence de son bras droit Louis-Philippe, la seule chose positive que Catherine Fournier a dite, c’est une référence au texte de Mario Dumont qui se dit toujours en faveur de la souveraineté. L’aile parlementaire du PQ ne va nulle part; le Parti québécois vit une situation financière désastreuse; le prochain conseil national du PQ est inutile; Lisée a mal présenté son plan d’accession à l’indépendance. L’analyse de Claire Durand montre que les indépendantistes sont dispersés: il faut essayer de les rassembler. Et le Parti québécois actuel en est incapable. Donc… Mais elle ne nous a pas parlé de son projet de quitter le Parti québécois et de devenir députée indépendante. Mais elle a eu la délicatesse de nous y préparer.
    C’est partir du très mauvais pied que de dire qu’il faut cesser de blâmer les autres…et qu’il faut se blâmer soi-même. Il faudrait donc blâmer le Parti québécois pour la défaite et cesser de blâmer les médias.
    C’est ce que Dany Turcotte a maladroitement essayé d’exprimer par sa carte que Lisée n’a pas trouvée drôle. Il a écrit que Lisée s’aimait beaucoup sous-entendu il devrait faire son auto-critique et reconnaître ses erreurs. Se projetant sur Lisée, Dany Turcotte l’accusait de narcissisme. Pas étonnant que le fou du roi ne soit pas très fort en analyse politique. L’idée que Jean-François Lisée fait passer le bien du Québec avant sa propre personne dépasse quelqu’un qui n’est pertinent que lorsqu’il s’agit d’homosexualité.
    Si Catherine Fournier avait fait une analyse juste des causes de la défaite du Parti québécois, elle n’aurait pas rejeté le Parti québécois comme elle vient de le faire. En présence de Pierre Marois qui parle de son courage.
    Ça m’oblige à faire un acte d’humilité car si elle m’avait lu sur ma page Facebook, elle aurait été obligée de faire un autre genre d’analyse.
    Remarquez qu’il s’agit d’une analyse objective. Elle n’est pas aussi profonde que celle de Lisée quand il parle des traumatismes causés par les deux défaites référendaires et de l’évitement de l’électorat qui ne veut pas revivre les « douleurs » du passé.
    Je résume mon analyse objective.
    Les radios poubelles de Québec ont conduit les électeurs de Louis-Hébert, le comté libéral de Sam Hamad, à voter pour la CAQ. Les radio poubelles, ce sont des médias. Donc, pour battre les libéraux, on peut choisir la CAQ.
    Ensuite, pendant des mois, des sondages ont martelé qu’il y aurait une lutte à deux entre le PLQ et la CAQ. Le PQ était troisième avec jamais plus que 20%. Et Lisée était loin comme meilleur premier ministre. Après, la victoire caquiste dans Louis-Hébert, la deuxième cause de la défaite du PQ, ce sont les sondages qui l’ont placé systématiquement troisième.
    Ces sondages ont eu pour conséquence désastreuse que dans les commentaires et les entrevues, Jean-François Lisée se faisait demander si le Parti québécois était bien dans la lutte. Il se le faisait demander avec une insistance telle que Lisée disait: au lieu de me parler des sondages, demandez-moi des questions sur mon programme et mon équipe et peut-être que les sondages vont changer. Pendant trente cinq jours, tel a été le territoire hostile où le Parti québécois a manoeuvré.
    Puis est venu le débat à LCN-TVA qui a été décisif pour des milliers d’électeurs. Incompétent, partial et hostile, Pierre Bruneau a coupé la parole huit fois à Lisée le disqualifiant par le fait même. Ma femme a avait des centaines de téléphones et me l’a confirmé: les gens attendaient le débat pour se décider. Chez ma dermatologue, l’infirmière du comté de Verchères est péquiste. Je lui demande: qu’allez-vous faire le premier octobre. Sa réponse: j’attends le débat.
    Louis-Hébert, les sondages qui donnent une lutte à deux PLQ-CAQ, la conséquence des sondages dans les médias qui pendant 35 jours deviennent hostiles au Parti québécois, le débat perdu de TVA à cause de la partialité de Pierre Bruneau, si Catherine Fournier avait fait cette analyse, aurait-elle fait sa déclaration qui blâme le Parti québécois de sa défaite?
    Je crois que non. Les Québécois en avaient assez des libéraux, menteurs, coupeurs de services et méprisants à l’égard de l’identité québécoise: langue et laïcité. Se débarrasser des Libéraux était l’objectif de 75% des électeurs. Leur vote du premier octobre fut un premier geste de souveraineté. C’était ça le changement voulu par les électeurs qui ont élu la CAQ avec 74 députés. Les médias ont fabriqué le consentement de 1,509, 955 électeurs en faveur de la CAQ.
    Si Catherine Fournier avait fait une analyse juste des causes de la défaite du Parti québécois, elle n’aurait pas rejeté le Parti québécois comme elle vient de le faire. Au nom du projet indépendantiste. Et pour faire avancer le projet indépendantiste. Bonne chance Catherine. Nous continuons à t’aimer. Tu vivras la solitude de la coureuse de fond. Robert Barberis-Gervais, 11 mars 2019

    • Vous, vous faites abstraction de l’évolution du PQ depuis 24 ans. Vous n’admettez pas que le PQ dont j’ai été militant pendant plus de 30 ans, a mis de côté notre cause nationale pour l’électoralisme dès l’élection de 1998 avec Lucien Bouchard. C’est à partir de ce moment que la descente aux enfers du PQ a vraiment commencé. La défaite de Bernard Landry en 2003 (lui qui proposait en remplacement de l’indépendance l’union confédérale en désespoirs de cause…), marquait le pas des autres élections à venir. Et pourtant, il y avait toujours plus de 35 % des Québécois pour le pays. Expliquez-nous pourquoi ils n’ont pas appuyé le PQ pendant toutes ces années. Monsieur Parirzeau l’avait bien résumé lorsqu’il a affirmé que le PQ était en train de démobiliser ses membres et les indépendantistes. Les péquistes se sont moqués de lui. Et voilà maintenant alors que le parti a subi sa pire défaite depuis qu’il existe, que l’on veut revenir au discours indépendantiste. C’est comme crier au loup alors que les fois précédentes nous nous battions à l’intérieur du parti pour le ramener au discours indépendantiste et on nous demandait de nous la fermer. On nous traitait de purs et durs, de radicaux, d’empêcheurs de tourner en rond parce que nous refusions d’être seulement des travailleurs d’élections, etc. Vous devez faire votre mea culpa avant de vous en prendre à ceux qui ont dénoncés les opportunistes électoralistes péquistes. La jeune députée Catherine Fournier est le résultat de la déconfiture péquiste même si elle est inconsciente de la réalité historique de son évolution. La seule façon pour le PQ de reprendre contrôle du parti, c’est de mettre à la porte tous les dirigeants de l’establishment et faire en sorte que les membres des exécutifs des comtés, sont des indépendantistes convaincus et militants pour le pays. Autrement, malgré vos bonnes intentions de refaire le parti, il sera voué à disparaître.

  14. Si Véronique Yvon prend la relève de M. Lisée, je la vois redonner au PQ un poids digne à l’Assamblée Nationale.
    M. Lisée n’est pas aimé par une partie de la population. Moi, j’adore son intelligence, ses propositions pour le Québec, et je lui ai donné mon vote.

  15. Ce que vous dites est très vrai pour les régimes démocratiques favorisant le bipartisme. Mais qu’en sera-t-il du régime proportionnel qui devrait aboutir avec la CAQ? La coalition du parti Québécois devient difficile à tenir avec la complexification des enjeux actuels (le PQ n’a pas toujours été clair au niveau environnemental et il a mal communiqué le projet de laïcité post 11 septembre). Il n’est pas assez à droite pour certains nationalistes et il n’est pas assez cosmopolite pour les millénariaux. Difficile de les réconcilier…
    Enfin, je me demande s’il ny a pas plus de place pour des projets associés à la souveraineté dans un régime proportionnel. Les différents idéaux pour voter en faveur de la souveraineté pourraient converger vers une plus grande popularité de l’option souverainiste. C’est un peu ce qui s’est passé en Catalogne si ma connaissance du dossier est bonne? Il nous manque par contre la cohésion sociale de ce peuple admirable.

    • Il y a il me semble, je ne suis pas un érudit de la question mais un simple témoin, des décennies que le bipartisme ne règne plus au Québec et au Canada, avec ou sans le Québec. La CAQ a beaucoup souffert de ce régime, plus que QS, dont la stratégie de croissance par voisinage est différente; j’ai confiance.

      Il n’y a pas d’urgence à coalition; la politique est un jeu d’adulte.s consentant.es, il faut ouvrir l’opportunité de jouer au chef au niveau des circonscriptions d’abord. En cela, les deux Catherine sont des battantes parlantes patentes.

      Maintenant que les baby-boomers de première demie ne dominent plus par le nombre et la lucidité, la situation devient beaucoup plus intergénérationnelle équilibrée et il nous faudrait recruter à la suite de chef.fes représentant.es de groupes d’âge selon les intérêts. Il.les négocieront entre eu.les le moment venu. La page Facebook de François Legault s’est mise à être aimée à l’automne 2016, 2 ans avant sa victoire au troisième essai.

      J’ai laissé à d’autres le souci de ce qui se passe ailleurs, en Catalogne notamment. Diviser les préoccupations par groupes d’intérêt.

    • Je n’ai pas entendu encore la CAQ parler de leur intention de modifier le mode de scrutin. Mais il faut, en attendant, que les québécois acceptent les coalitions. Ça se fait, travailler en équipe.

  16. Faut que ça bouge… c’est le principal message de Catherine. En regardant le PQ, j’ai l’impression d’assister à une pièce de théâtre de Samuel Beckett: « En attendant Godot » ou « Oh! les beaux jours! » enlisé jusqu’au cou. L’aile parlementaire a l’air complètement déconnectée ou abasourdie … Personne ne veut aller au bâton …Le Parti fonctionne mais il n’existe plus … Il y a au PQ, je l’ai constaté , une force d’inertie, comme l’attraction terrestre qui ramène la pomme au sol. Il y a une sorte d’incapacité à travailler vraiment en équipe. Il y a une sorte de peur du militantisme et du militant. On a peur ce qu’il va dire, penser ou faire… Mais on l’apprécie le samedi pour la campagne de financement … Pourtant, dans la situation présente, il faut relancer le militantisme, Y a des livres entiers là-dessus! C’est pas sorcier! Pas facile, mais il faut commencer en quelque part. Pas au prochain Congrès, dès maintenant ! Faut que à bouge! disait-elle.

    • Elle part avec la caisse, elle garde le salaire, elle reste au chaud sur la banquette… Elle aurait dû démissionner. Elle avait fait campagne, non? Il y avait eu l’investiture, non?

  17. Si on veut S’Y rendre.
    À part quelques coquilles, je suis bien d’accord avec vous M. Lisée. Je suis retraité, donc assez âgé. La démarche des jeunes me turlupine depuis un bon moment déjà. Depuis mon militantisme syndical. On peut être jeune et être con disais-je au micro, citant en exemple (de con) Mario Dumont. D’accord on peut être vieux et con aussi, nouvel exemple: Mario Dumont! Plusieurs chez QS aussi. Raison de plus pour ne tomber ni dans le jeunisme ni dans l’âgisme. Pourquoi nos journalistes chevronnés, David, Lessard, F. Pelletier, Auger, …la liste serait très longue… ne se font-ils pas harakiri devant la caméra?

  18. Je suis bien d’accord avec vous, M. Lisée, la division des forces indépendantistes nous est terriblement néfaste et l’apparition de QS qui se dit indépendantiste et qui paradoxalement aide nettement plus les partis fédéralistes que le PQ indépendantiste a été plus que néfaste. QS est un parti indépendantiste traitre.

    Mais du côté américain, je ne suis pas aussi sûr que vous que la guerre d’invasion en Irak n’aurait pas eu lieu avec Al Gore.
    Et concernant le parti démocrate, ils n’ont rien de gauche et pour preuve Berny Sanders qui aurait battu facilement (à mon avis) Donald Trump a été nettement tassé par les grands stratèges démocrates. Berny Sanders est une menace aussi grande que Donald Trump pour ces démocrates qui sont au service de Wall Street.

    Nous verrons la prochaine campagne, Sanders va se faire tasser une seconde fois. La gauche donne des boutons aux stratèges politiques américains.

    Merci pour votre texte, M. Lisée.
    Merci pour votre passage en politique.
    Et bravo pour votre retenue lors de la réception de cette carte baveuse et totalement déplacé de Dany Turcotte qui aurait dû faire amende honorable dès votre réaction lorsque vous l’avez lu.
    Dany Turcotte aurait dû reconnaître sa faute, sa bêtise immédiatement et avouer qu’il ne faisait que surfer sur un cliché facile et démagogique.

    Serge Charbonneau
    Québec

    • Un vrai miroir ! En vous lisant, c’est mon histoire que j’entends. De la complaisance au fatalisme ! Enfin, osti de Bay Street ; -)

      Je regarde ses gars en patins, obstiner pour un trophée en aluminium(?) ! Si on avait le cœur de Maurice en nous, tout deviendrait possible, même s’il faut le voir à la CBC ;- )

      Une chose sure, le pays se fera avec ouverture ou sans nous, la souche pourrissante qui a semé et fertilisé la terre pendant des siècles, voir des millénaires. À nous d’être à la hauteur de cette culture unique… Elle fera le reste !

      C’est pour ça que QS a un rôle primordial à jouer, comme les milléniums d’ailleurs (!!) (et autres clivages adhérant). Par contre, ne pas reconnaitre le virage à gauche, sincère, du PQ aux dernières élections reste un manque de respect, opportuniste, de QS.

      Quant à Mme Fournier. Ouf, à part la graine d’optimisme, c’est visiblement un revirement qui profite davantage à l’équipe adverse! Je ne comprends toujours pas ce qu’elle veut récolter !

      P.S. Mario Dumont, c’est aussi ma culture. Y é juste aussi prévisible que moi ; -)

      Merci M Lisée, votre passage devant les caméras fut beaucoup trop bref.

      Salut

  19. M. Lisée, on sent ici l’analyste de classe. Un ajout cependant quant à moi à la décharge de Catherine Fournier. Elle semble faire le pari d’un « mouvement » issu d’une sorte de printemps érable. Elle a vécu le rêve des carrés rouges, ce mouvement spontané d’une jeunesse que l’on croyait faceblocquée aux écrans et à l’image qui leur revenait d’eux-mêmes. C’est cette génération actuellement qui tweete ses solutions.

  20. Il me semble qu’il y a une variable dont vous ne tenez pas assez compte dans vos observations. La capacité de reprendre le pouvoir pour le PQ, c’est précisément ce que Fournier et Aussant remettent en question. Sans parler de celle de faire l’indépendance.

    Le regroupement chez les démocrates est envisageable car il n’a pas la peste, lui.
    C’est bien le constat de JMA. Le PQ a la peste.

    Je me souviens de ce que JMA a dit lors du colloque de l’IRQ, début novembre. Il a mentionné que lorsqu’il s’est retrouvé dans une école secondaire de PAT, des jeunes lui témoignaient de leur perception que le PQ est un parti raciste. En fait, son histoire était plus « punchée » que ça, mais je résume… C’est un gros « outch »!

    À mon avis, le constat de Aussant, c’est que le véhicule PQ est probablement irrécupérable. Ou du moins, durablement magané chez les plus jeunes.

    Et qu’est-ce qui est aussi dur que d’être perçu comme raciste? Un diagnostique de peste! Le parti démocrate n’a pas la peste et peut demeurer un pôle de rassemblement malgré ses déboires passés. Il n’en va probablement pas ainsi pour le PQ, selon eux. À mon avis, c’était le constat de Aussant et c’est maintenant celui de Fournier, une milléniale. C’est dur mais je suis convaincu que c’est une des conclusions que Fournier ramène de sa tournée des écoles secondaires, cegeps et universités.

    On peut être en désaccord avec ce constat. Mais si on y croit, c’est conséquent de vouloir créer une autre marque de commerce que celle du PQ.

    La propagande anti-charte et le multiculturalisme canadian auront fait très mal au PQ.

    Et si on y pense bien, dans votre dernier ouvrage, vous semblez être relativement près du diagnostique de peste avec ce que comporte le spin médiatique perpétuel que vous dénoncez. Bon, c’est plus complexe que ça mais je le lance quand même…

    Maintenant, peut-être que la CAQ, en votant une loi adéquate sur la laïcité, enlèvera une épine dans le pied des indépendantistes pour le futur…

  21. Vous avez bien raison sur l’élection, mais d’autres raisons qui ont mené à la défaite, je les trouverai peut-être dans votre livre. Je suis inquiet pour l’avenir, je pense à un exemple que je viens de vivre ce matin au café: un livreur de marchandise entre dans le café pour apporter un produit; il salut et on comprend que c’est un Français (de France); une serveuse, une Française, vient lui répondre; et, comble de malheur, les deux font la transaction en anglais! Nombreux sont les francophones européens qui viennent ici pour apprendre l’anglais; c’est presque insultant! D’ailleurs, un Français, un chinois, surtout un nord africain, ne sera jamais – ils me le disent eux-mêmes – un Québécois même après avoir passé la majeure partie de leur vie ici; d’où l’importance de la loi 101 qui envoyait à l’école francophone leurs enfants. Tout me semble maintenant bafoué; je ne me sens plus respecté dans « mon pays »…
    Merci pour votre précieux travail M. Lisée! et que peut-on vous ou nous souhaiter à toutes et tous pour l’avenir de notre identité?

  22. Très intéressante réflexion sur l’actualité politique actuelle au Québec.
    Madame la démissionnaire sert les intérêts de qui…voilà la question.
    Du haut de sa tribune elle fait la leçon à son ex-parti politique alors qu’elle a été élue députée du Parti Québécois depuis 5 mois à peine…pourtant elle connaissait le parti puisqu’elle en était membre depuis l’élection partielle de 2016.

    Diviser pour régner, les non-souverainistes doivent être morts de rire !!!

  23. Bonjour M.Lisée,

    Je suis très content de vous lire sur ce sujet ce matin. Est-ce que selon vous il y a une différence entre la gauche et la droite par rapport à la division du vote? Je comprends bien les faits expliqués dans votre texte, mais le gouvernement actuel n’est-il pas preuve que le contraire peut survenir? François Legault n’a pas tenté d’entrer chez les Libéraux pour les changer de l’intérieur et à ce que je sache il n’a pas sur le faire avec le Parti Québécois. Il a donc décidé de fonder la CAQ au risque de diviser le vote de droite. Est-ce que la différence entre les Libéraux est trop grande pour comparer avec PQ-QS selon vous? Ou cette élection est tout simplement une exception? Merci!

  24. Ainsi en 2012, l’existence même de QS a fait perdre sa majorité au PQ… Boulechitte, pour reprendre une expression venue du sud. Oui, si le PQ avait eu la moitié des votes de QS, oui si le PQ avait eu le trois-quart des votes du PLQ, oui si le PQ avait eu 83,7% des votes des albinos…

    C’était au PQ à convaincre. Il ne l’a pas fait. Point-Barre.

  25. Depuis quelques mois, j’ai le sentiment que notre côté de l’échiquier politique manque de discipline. À ne pas confondre avec servilité. Je crois qu’il a un besoin d’échanges, de formations, d’orientations qui permettraient aux militantes et militants de distinguer entre leur devoir patriotique de se rebeller et l’illusion d’avoir ce devoir! Pour former une coalition, il nous faut accepter, d’entrée de jeu, que nous ne serons pas d’accord avec tous et sur tout. J’insiste: l’apprentissage de la discipline partisane – sans servilité – est nécessaire.

    • Comme européenne et néoquébecoise, il me manque le fait d’avoir un gouvernement de coalition. Risqué pour les partis, oui. Mais cela peut enrichir la démocratie et permettre d’avancer vers un pays plus progressiste.

  26. Je suis bien désolée de la démission de Catherine Fournier du Parti Québécois. Malgré ses explications (brouillonnes), je ne la comprends pas…à moins qu’il y ait une autre raison, cachée, celle-là…Être une jeune femme en politique doit sûrement amener son lot de difficultés pour ce qui est des relations humaines.

  27. Vous avez tout à fait raison. Le discours de Catherine Fournier est incohérent. Il y a anguille sous roche dans sa démarche. On verra ça d’ici peu. Quant à Aussant, si jamais il tente une nouvelle petite aventure, il perdra toute crédibilité, tout comme Martine Ouellet qui est rendu toute seule dans son coin.

    • Madame Ouellet est toute seule dans son coin vous dites! Il me semble que par les temps qui cours elle n’est plus bien seule. Soit dit en passant, que les péquistes dont monsieur Lisée en premier l’on bien rejeté pour son engagement indépendantiste alors qu’elle tenait le discours indépendantiste sans détour comme monsieur Lisée a refusé de le faire. Évidemment, ce n’est pas pour cette raison que les péquistes et les bloquistes (qui sont aussi des péquistes), l’ont rejeté, c’est selon eux pour sa personnalité détestable. Quel bon argument pour faire mauvaise presse à une indépendantiste militante du parti pour plus de 30 ans, qu’elle soit au sacrant foutu à la porte et qu’on n’entend plus parler d’elle. Les fédéralistes n’auraient pas fait pire que les péquistes.

  28. oui regarde au Québec les socialises on démembrer le partie. dans le passer il on commencer par mettre les centrices et les personnes un peut plus a droite. toi même JF.tu en a chasser. et encore aujourduits ces Socialistes et les tièdes et infiltrer fédéraliste mets a mort le Parti.

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