Voir: Avengers – Monumental !

(Avis: il n’y a pas de divulgacheurs dans ce texte)

Maintenant que la dernière page est écrite, il faut prendre un pas de recul pour embrasser d’un seul regard l’ensemble de l’oeuvre. Et admettre qu’elle est gigantesque. Avengers – Phase Finale vient clore une série de 22 films échelonnés sur 11 ans. (Oui, je les ai tous vus. Certains plus d’une fois). Jamais l’histoire du cinéma ne nous avait présenté un narratif d’une telle ampleur, ajoutant chaque année de nouveaux personnages, des interactions, de nouvelles couches de complexité.

Les détracteurs de films de super-héros peuvent bouder tant qu’ils le veulent, rejeter le genre, détester les effets spéciaux. Mais on doit s’incliner devant le talent et l’inventivité déployés pour livrer à l’écran le monumental Univers Marvel.

Je le dis avec plus d’assurance encore après avoir vu le dernier chapitre (de cette première grande phase) et avoir constaté que les auteurs sont allés bien au-delà de ce qui aurait été acceptable pour clore le cycle. Ils se sont dépassés.

Le dénouement aurait pu être relativement linéaire. Ils ont cassé la ligne et plongé personnages et spectateurs en plein désarroi narratif dans la première heure (de trois). Ils auraient pu maintenir les personnages intacts. Ils ont joué avec Hulk, avec Thor, entre autres. Ils auraient pu faire de la dernière super-héros rentrée, Captain Marvel, la clé de la solution. Ils l’ont heureusement utilisée avec parcimonie, ce cycle n’étant pas le sien. Elle dominera le suivant. Ils ont trouvé le moyen de nous faire revivre des moments-clés de la série. Ils n’ont pas lésiné avec les points de clôture fichés dans le sol en fin d’opus.

Et pour nous faire bien comprendre qu’on était dans une finale, ils ont laissé se dérouler le générique sans nous aguicher avec une scène du prochain film de la phase suivante. Une retenue appréciée (même si on est resté jusqu’au bout, juste au cas.)

Tous les films précédant Avengers – Phase Finale

Avec cette série, les Studios Marvel et la relativement petite équipe de scénaristes et de réalisateurs ont démontré qu’on pouvait penser grand, établir son scénario sur plusieurs films à la fois, maintenir une grande cohésion tout en étonnant, faire cohabiter les meilleurs effets spéciaux du cinéma avec des moments d’humour, de détresse, de bravoure et de nostalgie.

J’y retourne…

Ici, un bon papier sur la conception de la série (en anglais).

 


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4 réflexions au sujet de « Voir: Avengers – Monumental ! »

  1. Théorie, Les dilemmes de la doctrine juridique, Le dualisme de l’État et du droit, b) La question de l’État de droit, Dualité ou unité de l’État de droit ? Penser l’État, Philippe Braud, page 48.

    « Avec l’éclairage kelsénien, la théorie de l’État de droit renvoie moins à l’idée de soumission des gouvernants à des règles supérieures qu’ils ne sauraient enfreindre, qu’à un agencement déterminé de cet ordre juridique. En effet, un pouvoir constituant quelconque peut toujours théoriquement s’abstraire des normes constitutionnelles censées limiter les excès des organes de l’État. Mais les interactions entre gouvernants d’une part, gouvernants et gouvernés d’autre part, peuvent être juridicisées d’une manière telle que le pouvoir arrête efficacement le pouvoir. Et cela d’autant mieux qu’une magistrature indépendante sanctionne effectivement les violations des normes. Bien entendu, l’organisation de cet ordre juridique dépend alors de conditions qui sont avant tout culturelles et politiques. »

    En relisant la table du livre, je constate que « La question de la souveraineté proprement dite se trouve dans une partie précédente du livre, à partir de la page 41. Je vais relire de ce pas.

    J’ai presque terminé la lecture de Hans Kelsen : Forme du droit et politique de l’autonomie, coordonné par Olivier Jouanjan, six auteurs, 2010. C’est pas de la tarte ! C’est très spécialisé et en autre chose que ma spécialité. Que de nouveaux mots à maîtriser. Philippe Braud est plus facile à lire, Frédéric Bastien, donc ! Après le naufrage : Refonder le Parti québécois, 2e trimestre, 2019.

    Fin

  2. Monumental ?

    – Mettez-en : architectural, beau, colossal, cyclopéen, démesuré, éléphantesque, énorme, extraordinaire, fabuleux, fantastique, faramineux, formidable, gargantuesque, gigantesque, grand, grandiose, immense, imposant, impressionnant, inouï, majestueux, phénoménal, prodigieux, pyramidal, sculptural, sublime, titanesque.

    Et j’ajoute,

    babylonien, considérable, étonnant, excessif, exorbitant, fou, géant, grandiloquent, herculéen, himalayen, illimité, incommensurable, insondable, monstre, monstrueux, pélasgique, pharaonique, sensationnel, titanique, vaste.

    Mais, sans vouloir révélé le punch, accrocheur, agressif, bagarreur, bataillard, batailleur, belliqueux, guerrier, guerroyant, lutteur, pugnace, querelleur.

    Enfin, bruyant et interminable; comme l’éternité mais surtout avant la fin.

    Content de revenir à la lecture de Penser l’État de Philippe Braud, 1997 et 2004 où j’apprend l’existence de Hans Kelsen, « juriste autrichien de la première moitié du XXe siècle (qui) a développé une analyse qui contraint à réexaminer sous un autre angle les théories classiques de la souveraineté et de l’État de droit.

    P.S. Pélasgique, aucun rapport avec Pélagie-la-Charrette.

    • Extrait de Penser l’État de Philippe Braud, 1997, pages 46-48.

      Hans Kelsen, juriste autrichien de la première moitié du XXe siècle, a développé une analyse qui contraint à réexaminer sous un autre angle les théories classiques de la souveraineté et de l’État de droit.

      Pour lui, l’État est « un ordre juridique relativement centralisé, limité dans son domaine de validité spatial et temporel, soumis immédiatement au droit international, efficace dans l’ensemble et généralement ». La puissance de l’État n’est donc pas une sorte d’attribut dont il serait dépositaire en vertu d’une délégation de souveraineté. Elle n’est rien d’autre que l’efficacité de l’ordre juridique. Le territoire et la population de l’État ne sont que le domaine d’applicabilité ratione loti et ratione personnae de cet ordre juridique. Les gouvernants ? les pouvoirs publics ? les institutions politiques ? Ce sont des individus en relations juridiquement réglées par la Constitution. Ils ne deviennent organes de l’État que dans la mesure où ils exercent des compétences pour lesquelles ils sont dûment habilités par le droit en vigueur, et selon les formes qu’il prescrit. Fondamentalement, la conception kelsénienne de l’État relève donc de ce que l’on peut appeler un interractionisme juridique.

      Ça va chercher !

      Dans ce contexte théorique du droit, Yves-François Blanchet a raison de penser que l’indépendance du Québec est un moyen. La fin est son interdépendance aux autres États du monde, des Nations unies en ONU.

      On est loin des séparatismes de Chaput et Bourgault, moins de la souveraineté-association de René Lévesque. Pour Jacques Parizeau, dans La souveraineté du Québec page 24, séparation, souveraineté et indépendance ont le même sens. Dans les trois cas, on veut dire que le pays, l’État dont il est question a plein contrôle sur ses lois, ses impôts et les traités qu’il signe à l’étranger.

      La suite demain.

    • Suite de 16/05/2019, Dualité ou unité de l’État de droit, page 47-48, Philippe Braud, Penser l’État.

      « De cette analyse profondément réaliste, en dépit d’apparences contraires, découlent un certain nombre de conséquences. Tout d’abord, elle fait sortir de cette insoluble contradiction ou l’État apparaît comme le créateur des normes sensées l’assujettir. L’État est tout simplement défini comme un ordre juridique centralisé, qui s’impose effectivement tant que les violations éventuelles demeurent, en règle générale, sanctionnées. Il présente la particularité d’être soumis directement au droit international, sans intermédiaire, à la différence des ordres juridiques constitués par les règles de droit local (autorités décentralisés).

      La théorie de la souveraineté constitue, en réalité, une conception philosophique et politique qui sert à légitimer la prétention des gouvernants à refuser toute contrainte juridique supérieure. Mais avec le développement contemporain du droit international, elle revêt un degré d’irréalité croissant même si elle continue de jouer son rôle politique de frein au développement de ces « contraintes externes ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si aujourd’hui en France, dans sa patrie d’élection, la doctrine de la souveraineté connaît une éclipse relative dans le débat juridique. »

      Ça ajoute.

      J’y comprends que présentement, le Québec n’est pas en État, il est soumis à un autre État plutôt qu’au droit international. Il est soumis à une autre contrainte juridique supérieure plutôt que directement au droit international, Ottawa, elle-même soumise au droit international.

      suite et fin demain.

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