Voir: Le journalisme à l’écran, de la tragédie à la farce

Comme tous les vendredis, je vous livre mes recommandations de choses à voir. Cette semaine, trois films récents sur le journalisme américain.

Une enquête qui a fait l’histoire: la pédophilie à l’église

spotlightJe ne suis pas certain que Spotlight aurait gagné le prix du meilleur film, si le sujet n’était pas encore si frais à la mémoire américaine. Très efficace, le film raconte l’enquête qui mena une équipe du Boston Globe à mettre au jour l’ampleur des activités de pédophilie camouflées par l’église américaine pendant des décennies. Je n’ai rien à reprocher au film, mais il ne me semble pas impérissable. (Sur un thème connexe, Doubt, de 2008 avec Meryl Streep et Phillip Seymour Hoffman est une œuvre plus forte).

Spotlight est disponible en DVD et en télé sur demande. Doubt, sur iTunes.


Quand W pouvait faire virer le journaliste le plus célèbre d’Amérique

Truth_2015_posterTruth, aussi sorti l’automne dernier, raconte la triste histoire vécue de la fin de carrière abrupte de Dan Rather et de sa productrice Mary Mapes pour cause de reportage critiquant le président George W. Bush pendant la campagne électorale de 2004. Kate Blanchet et Robert Redford mènent l’enquête, sombrent dans la controverse puis sont victimes des amis de Bush. Les retournements sont plus riches que dans Spotlight, mais pour une raison que j’ai de la difficulté à comprendre, et même si Blanchet fait le maximum, le film n’a pas le même pouvoir d’attraction que les classiques All the President’s men (1976, aussi avec Redford) ou Broadcast News (1987). (Je ne les ai cependant pas revus depuis plusieurs années.)

Truth est disponible en DVD et télé sur demande. All the President’s Men et Broadcast News sur iTunes.


Anchorman 2, ou comment des idiots qui ont inventé la télé-poubelle !

Anchorman_2_Teaser_PosterSur un ton plus léger, et pour ceux que la farce potache ne rebutent pas, je recommande Anchorman 2 : The Legend Continues.  L’ex-star de Saturday Night Live Will Ferrell y reprend son rôle de redneck un peu bête devenu présentateur télé. Le voici embauché, en 1979, dans ce qui est alors révolutionnaire: un canal de nouvelles continues. Confiné à une tranche horaire nocturne, il décide de donner libre cours à son imagination et invente à lui tout seul tous les travers qui peuplent désormais les chaînes semblables. (Vidéos de chatons, pro-américanisme débridé, couverture de poursuites de voitures, etc). C’est rigolo, c’est bien vu, c’est un peu épais. On passe une bonne soirée.

Anchorman 2 disponible sur Netflix, entre autres.

Je vous ferai un jour une liste des meilleurs films de journalisme. Mais vous en avez suffisamment pour l’instant…

À votre tour !

Vous les avez vus, aimés, détestés ? Avez des suggestions ? Allez-y !

Pour voir les autres recensions de choses à voir, c’est ici.



4 réflexions au sujet de « Voir: Le journalisme à l’écran, de la tragédie à la farce »

  1. SPOTLIGHT, un autre film sur la pédophilie des prêtres. Bof…Il y a eu le captivant SLEEPERS (1996) et quelques autres (dont DOUBT). Évidemment ce film nous arrive d’Hollywood, et le seul personnage qui n’a rien à se reprocher, c’est l’incorruptible, professionnel, et la puissance morale incarnée personnifiée par le comédien Liev Schreiber, un juif, à la vielle comme à l’écran, qui tient le fort de la moralité douteuse et complaisante de ce petit monde catho bostonnais. J’ai une question : à quand un film sur la pédophilie des rabbins (pourtant bien documentée)? Ou celle des imams? Sans doute par peur des représailles du monde musulman ; les cathos, eux, montés sur la honte du péché originel, sont plutôt du genre à en redemander. Bref, je n’ai pas été impressionné par ce nnième travail de propagande bien torchée et prévisible.

    https://www.youtube.com/watch?v=e-D_I1Y8BF8

  2. Et moi je recommande les réflexions du philosophe Michel Onfray sur le cinéma. Ici : https://www.youtube.com/watch?v=GW9qRWk6qcs

    Il y dénonce le nihilisme et la fiction au détriment du réel. Il dit : les enfants d’aujourd’hui s’abreuvent au petit lait virtuel. Pour eux, la fiction c’est le réel et le réel c’est la fiction. Quand ils entrent dans le réel, ils n’ont plus de repère.

    Sur le même thème il faut lire aussi : Le réel n’a pas eu lieu et le principe de Don Quichotte. Voir ici : http://www.amazon.fr/r%C3%A9el-pas-lieu-Michel-Onfray/dp/2746737256

    Don Quichotte était un « croyant » qui vivait dans la pensée magique, la fiction et le dogme. Il croyait combattre des géants qui n’étaient que des moulins à vent. Quand il revenait de ce combat, la lance brisée, son fidèle écuyer, Sacho Pancha, essayait de leur faire comprendre que c’étaient des moulins à vent. Mais Don Quichotte disait que c’étaient les enchanteurs qui avaient transformé les géants en moulins à vent à la dernière minute.

    Il n’y a rien à faire contre les « croyances » et les religions. Il faut en prendre acte. C’est tout.

    Quant au cinéma, comment distinguer la fiction du réel dans les films dits « historiques ».

    Voilà ce qui dénonce Michel Onfray. Nous vivons dans une époque propice au nihilisme : le réel n’a pas lieu.

    • Merci M. Lisée,
      Bien aimé Spotlight, étant un ancien du collège Notre-Dame de Montréal dans les années 70, et intouché ( ouf!), tout ça ne me surprend pas. C’est probablement la même chose qui a cour à Lyon, je n’ai rien vu, ni entendu. .( j’ai l’impression d’entendre quelqu’un d’autre et de bien connu ici…) .. Bref, je croyais le sujet un brin dépassé, et non.
      Merci à vous.
      Oui je vais aussi voir du côté de M. Onfray, merci M. Cloutier.

    • Moi j’ai fait mon cours classique. La première partie à la CECM à Saint-Pierre Claver (angle Saint-Joseph et Delorimier). Le directeur était un « frère » qui était un véritable sadique. Une fois, il m’avait sévèrement battu avec la « stappe » et projeté sur un mur parce que j’avais entaillé un arbre avec mon canif dans un parc public non loin de l’école. J’ai fait la deuxième partie – Belles-lettres à Philo 2 au Collège des Eudistes à Rosemont. Heureusement j’étais assez costaud et je faisais partie de l’équipe de football. Mais il y avait un père qui s’occupait du cours de gymnastique pour les plus jeunes – Éléments à Versification – qui était souvent dans les toilettes avec les petits jeunes en culottes courtes blanches….Tour le monde le savait et quand on le voyait arriver, on s’éloignait. En Rhétorique, on devait choisir nos « vocations » et on nous envoyait en « retraite fermée » Comme j’étais du genre « révolté », on m’a envoyé seul à la Trappe d’Oka, pour ne pas « contaminer » les autres. En 7e année, dans ma paroisse, il y avait un abbé qui s’était épris de moi. De la Floride, il m’avait envoyé une carte postale sur laquelle il avait écrit : « Ici, en Floride, je pense à toi Pierrot ». Ma mère était toute contente qu’un prêtre s’intéresse à moi comme cela. Inutile de vous dire où j’ai les curés et la religion aujourd’hui. Non non, plus loin que où vous pensez…..

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