XVIIe Congrès national du Parti Québécois- Discours de clôture

Allocution de clôture du chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée
XVIICongrès national du Parti Québécois
Dimanche 10 septembre 2017, Montréal
La version lue fait foi

Nous venons de vivre, ensemble, le plus grand exercice démocratique dans un parti politique au Québec. Depuis nos congrès de circonscription jusqu’à ce grand congrès national, près de 10 000 citoyens, des Îles-de-la-Madeleine jusqu’en Outaouais, ont investi leur temps, oui. Leur intelligence, oui. Mais, surtout, leur connaissance intime des femmes et des hommes d’ici. Il n’y a pas de parti mieux branché sur les Québécois, leurs problèmes, leurs rêves, leurs projets.

Merci à vous, délégués, pour votre travail rigoureux. Merci à l’organisation du Congrès, au comité directeur et à l’équipe de la permanence, menée par Alain Lupien et Simon Bissonnette. Ce succès est le fruit de plusieurs mois de préparation. Merci à plus de 200 bénévoles dévoués, qui ont commencé tôt, qui ont fini tard, afin que nos débats se déroulent le mieux possible.

Merci à notre présidence d’assemblée, Lyne Marcoux, et à Karine Rodrigue, nos chefs d’orchestre qui ont dirigé nos échanges de main de maître.

Merci à notre président de l’exécutif national, Raymond Archambault, pour tes années de militantisme, et bienvenue à Gabrielle Lemieux : on a hâte de travailler en ta compagnie.

Merci aux membres de l’exécutif qui quittent leur poste : Danielle Gagné, Nancy Gagnon, Paul Crête, Philippe Dufort, Yves St-Pierre, Nicolas Dufour.

Félicitations aux membres de notre exécutif national :

Évidemment, notre présidente, Gabrielle Lemieux.

Jennifer Drouin, Élise Péloquin, Claudel Pétrin Desrosiers, Jennifer Drouin et Ève‑Mary Thaï Thi Lac.

Alexis Gagné-Lebrun, Daniel Brassard, Jocelyn Caron, Marc Desnoyers et Frédéric St-Jean.

Le président du comité national des jeunes : Marc-André Bouvette.

Nos députés représentants : Dave Turcotte, Catherine Fournier et Mireille Jean.

Bravo!

Le programme que nous venons d’adopter est le fruit de l’intelligence collective du Québec. Pour le grand chantier de notre avenir national, nous avons tracé ensemble le chemin des victoires. D’abord, chasser les libéraux, sans les remplacer par les caquistes, puis réussir l’indépendance, dans cet ordre.

Nous avons aussi renouvelé la direction militante du parti.

C’est le thème Le chemin des victoires qui nous a menés jusqu’ici et qui a guidé nos travaux. Aujourd’hui, nous passons à l’autre étape. Il faut se tourner vers tous les Québécois pour faire connaître nos propositions, nos solutions.

Et il faut un thème fort qui incarne ça en quelques mots. Et qui va nous porter jusqu’à l’été prochain, donc jusqu’au début de la campagne électorale.

On y a beaucoup pensé, ces dernières semaines. Toutes sortes de propositions nous ont été faites, par des militants, par des électeurs, par des députés, par des communicateurs.

Avant de vous dévoiler le thème retenu, je vais faire un petit détour. Un coup de chapeau. À un Québécois extraordinairement attachant qui vient de nous quitter. Tex Lecor. Il était chanteur, animateur, peintre, vous le savez. C’était aussi un grand indépendantiste. Comme tous les artistes, ce qui le rendait le plus heureux, c’est l’amour de son public. Envoyons-lui ce message d’amour, avec une ovation debout.

Il était aussi humoriste. Quand j’étais jeune journaliste à CKAC, il était tout content de nous faire écouter ses insolences du téléphone, avant de les mettre en ondes.

Alors, c’est un peu en hommage à Tex que je vais vous faire les insolences des slogans, en vous présentant d’abord les propositions que nous avons rejetées.

  • Demain, c’est l’avenir
  • L’avenir, c’est demain
  • Les vraies, vraies affaires
  • Les spécialistes du changement
  • De loin les moins pires

Celle-là, on va peut-être la garder pour la campagne électorale.

On ne les a pas retenues, celles-là. Puis on s’est dit, finalement, que les Québécois en avaient assez des mots creux. Ils veulent du concret, et c’est ce que nous leur offrons, du concret.

Alors, voici le thème qui va nous porter pour les prochains mois; faites le compte à rebours avec moi : dans cinq, quatre, trois, deux, un, zéro…

Un plan solide. Zéro slogan.

Pendant 15 ans, les libéraux ont fragilisé le Québec. Notre langue, nos régions, nos soins de santé, nos services de garde, nos écoles. Ils ont même fragilisé le climat social.

Le Québec a besoin d’un plan solide. Venu d’un parti solide. Et d’un parti qui a déjà fait la démonstration qu’il savait rendre le Québec plus solide.

Le Parti Québécois a solidement fait fleurir le français, avec la loi 101. Face aux nouveaux signes de déclin de notre langue, le Parti Québécois est encore appelé à jouer son rôle historique. Il va le faire avec la loi 202. Le Parti Québécois a un plan solide pour affirmer nos valeurs, pour faire avancer la laïcité, pour agir rapidement et concrètement pour l’intégration réussie des Québécois d’adoption.

Le Parti Québécois a doté les familles québécoises d’une grande politique familiale et d’un solide réseau de services de garde. Au pouvoir l’an prochain, nous allons rétablir l’accessibilité et favoriser la qualité du réseau des CPE pour offrir enfin, à chaque enfant, une place de qualité. Et, avec nous, la rentrée scolaire ne sera plus un gouffre financier pour les parents.

En santé, nous payons aujourd’hui les erreurs des ministres François Legault, Philippe Couillard et Gaétan Barrette, qui ont cédé au lobby des corporations médicales et englouti dans la rémunération des médecins 75 % de tout l’argent neuf dépensé en santé. Au Parti Québécois, 100 % de tout l’argent neuf en santé iront aux soins et aux service aux patients. 100 %.

Nos 20 000 médecins sont formidables. L’heure est venue de libérer la compétence des 200 000 autres professionnels de la santé : les infirmières, les pharmaciens, les optométristes, les audiologistes, les paramédics et tous les autres. Ils sont prêts à offrir plus d’actes cliniques. Ils sont prêts à désengorger le système. Ils sont prêts à rendre nos services de santé plus solides.

Le Parti Québécois a un plan solide pour redonner du pouvoir aux régions, pour protéger nos sièges sociaux, pour promouvoir l’achat local, pour accompagner comme jamais auparavant les PME et la génération de jeunes entrepreneurs.

Le Parti Québécois a un plan solide pour faire du Québec une des nations les plus vertes au monde.

Et le Parti Québécois a, de loin, l’équipe la plus compétente, la plus aguerrie, la plus solide pour diriger le Québec.

Notre tâche, aujourd’hui, dans Louis-Hébert et dans tout le Québec, c’est de nous tourner vers chaque citoyenne et chaque citoyen, de faire connaître nos priorités, nos propositions.

Et inviter tout le Québec à venir construire, avec nous, un Québec solide.

Merci.



9 réflexions au sujet de « XVIIe Congrès national du Parti Québécois- Discours de clôture »

  1. Cher Monsieur Lisée,
    Votre programme est très intéressant et complet, je vous suggère cependant deux choses, si vous voulez vous assurer la victoire l’an prochain:
    -faites miroiter une certaine baisse d’impôts aux contribuables (car vos adversaires ont déjà commencé à le faire)
    -ne promettez pas le salaire minimum à 15$ (un espoir de l’atteindre le plus vite possible peut-être) car cela représente un coût énorme pour les PMEs et créerait sûrement une pression à la hausse sur l’ensemble des salaires. Le coût de la vie est beaucoup moins élevé au Québec qu’en Ontario ou encore en Californie.
    Cordialement

  2. Le PQ devrait analyser les motifs de l’élection de Macron qui a compris les vœux du peuple français. Macron a su lui vendre du rêve, du renouveau, de la volonté. Les Français ne veulent plus de chiffres auxquels ils ne croient plus non plus. Ils veulent une perspective d’avenir, un projet national avec un discours qui dépasse les promesses, rarement tenues par ailleurs. Et même si ce rêve a été de courte durée, il semble qu’il ait répondu à une attente d’une partie de la population.Si le PQ veut revenir pleinement au pouvoir,il doit retrouver cette dimension philosophique, transcender sa vue comptable du pouvoir et reconstruire son projet sur les quatre piliers indispensables à l’unité nationale que sont la souveraineté , la sécurité, la liberté (d’entreprendre et de s’exprimer), la préservation de notre mode de vie. Tout le reste en découlera naturellement.

  3. Bravo à Ce beau parti.La table est mise, enfourchons ces orientations, ces idées et ces actions pour la vie et la santé du pays.

  4. Devant le nombre et les provenances si diverses des participants, devant la discipline, le sérieux et la qualité du travail fait en atelier et en plénière, devant la richesse et la modernité des résolutions adoptées en plénière et du programme politique qui va en ressortir, j’ai soudain eu le même sentiment profond, à la fin du congrès, qu’en 1962, lorsqu’avec le slogan « Maitres chez nous! », on se sentait viscéralement au « début d’un temps nouveau », au début d’une éclosion, d’une véritable révolution qui serait tranquille mais profonde et irréversible, et avec, cette fois-ci, exactement le chef de file que ça nous prend pour aller jusqu’au bout et faire du Québec un pays GREAT enfin!

  5. Dès le début, je croyais en Jean-François Lisée. Il ne m’a pas déçu. Il est bien l’homme que je croyais qu’il était. Ce sont surtout les membres qui m’ont agréablement surpris. Ils ont fini par comprendre que l’adversaire, c’est le Parti libéral et sa puissante machine, pas ses leaders.
    Un dernier commentaire, c’est plutôt une question: Quand Jean-François déclare que Philippe Couillard et Gaétan Barrette ont cédé au lobby des médecins. je croyais que ces deux gars là faisais justement partie de ce lobby. En tout cas, c’est de la seule façon que je pouvais m’expliquer leur arrogance plutôt que leur frustration.

  6. Que j’étais contente du résultat de vote de confiance pour Jean-François Lisée, Bravo M. Lisée! Espérant que les membres du Parti Québécois continuerons à se tenir pour former une équipe forte.

    • De Québec, je suis totalement en accord avec vous madame Sylvestre. 92.8 % c’est phénoménal !

  7. De Québec, bonsoir M. Lisée en ce dimanche soir où Nadal a gagné solide le Master des U.S.A. au tennis. Quelle belle façon humoristique pour nous faire connaître notre slogan. Si je comprends bien, on a un slogan qui n’en n’est pas un ! Il fallait le faire quand même. Bravo pour cette clôture de congrès et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? Nous les membres du P.Q. on se retrousse les manches pour promouvoir un plan solide. Zéro slogan. On n’a pas besoin de slogan, on a besoin d’un bon gouvernement ! Bel hommage à Tex, l’artiste au mille talents. On a perdu un grand indépendantiste et j’en suis triste. Encore une fois bravo pour votre discours que vous avez dû avoir un malin plaisir à concocter. Oui il faut travailler fort pour arriver fort en juillet. C’est votre travail et au caucus du parti à faire votre part à l’Assemblée Nationale. C’est un travail d’équipe, les membres et les élus(es), Ce ne sera pas facile et on se doit d’y arriver tous ensemble. Et on y arrivera, j’en suis certaine. Vous parlez déjà comme un Premier Ministre et vous le deviendrez notre Premier Ministre !

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