Actes racistes à Montréal ? Encore un coup de la loi 101 !

J’en appelle à la compétence cumulée de toute la communauté universitaire québécoise, car nous sommes confrontés à un problème analytique de première grandeur.

Comment expliquer que, pour prendre cet exemple, il y ait davantage d’actes anti-sémites en Ontario qu’au Québec, par habitant, alors que la loi 101 ne s’applique pas en Ontario ?

Je pose la question parce que l’éditorial du numéro courant du Suburban explique clairement que les abjects gestes anti-sémites montréalais de la semaine dernière (cinq institutions juives attaquées) trouvent leur racine dans « l’enseignement du mépris » qui a cours au Québec depuis l’adoption des lois linguistiques et depuis que les Canadiens-français ont osé affirmé qu’ils avaient été victimes de discrimination dans le passé.

Voici un extrait de cette prose:

Law and legislation, rule and regulation have been heaped on Quebecers in everything from language policy to school pedagogy perpetuating myths. When you have generations of people being indoctrinated in the propaganda of an original sin and of an all-protective state as the antidote, the effect can only be toxic. If the state is the protector and the state grants supremacy of one group over others, then the logical outgrowth is that the “others” – the minorities – are marginalized.  Not by overt assertion, but by subliminal seduction. And young minds are the most affected.

It opens the door to any person with a gripe against society, or frustrations with their own lives, to take it out on others. The others. “Les autres.” It is about the demonization of those who are different in order to soothe our frustration with ourselves. It makes hate easy and, sadly, satisfying.

Cette thèse peut s’appliquer au Québec. Mais comment expliquer que les « mythes » québécois débordent des frontières et atteignent les minorités, y compris juives, des autres provinces ?

C’est un grand mystère de la science politique moderne.  Un trou noir. A moins que le trou ne réside dans la pensée de l’éditorialiste du Suburban.

Ce contenu a été publié dans Anglo-Québécois par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !