Le français, langue gruyère (intégral)

Un groupe de salariés de Lachine se lance à l’assaut de la multinationale Amazon. Ils souhaitent faire de l’entrepôt local le second établissement syndiqué de la pieuvre amazonienne sur le continent. On applaudit des deux mains à leur détermination et à leur courage, sachant l’acharnement avec lequel Jeff Bezos et ses sbires se battent contre les tentatives d’organisation ouvrières.

L’aveu

C’est désormais officiel, documenté et chiffré : le système d’éducation anglophone au Québec échoue à équiper pour le marché du travail francophone plus du tiers de ses élèves.

Autrement dit, l’obtention d’un diplôme d’un établissement anglophone condamne au moins un jeune anglo sur trois à : 1) ne travailler que dans une entreprise où l’anglais domine ; 2) imposer la langue anglaise à ses collègues de travail ; 3) partir à Toronto, Calgary ou New York pour gagner sa vie.

L’éradication

Les lecteurs du Devoir ont eu droit à toute une exclusivité, samedi en une. Le gouvernement de la CAQ, ont-ils appris, a trouvé la « formule parfaite » pour « éradiquer » la minorité anglophone du Québec. Éradiquer, qui signifie faire disparaître complètement, anéantir, annihiler, détruire, extirper, supprimer, tuer. Vous saisissez ?

Cette déclaration — comment dire ? — saisissante fut énoncée par la présidente du principal lobby anglophone au Québec, le Quebec Community Groups Network, Marlene Jennings, qui fut longtemps députée libérale fédérale.

Baisser pavillon (intégral)

Je ne manque jamais l’occasion de jouer des tours. Ça me vient de mon oncle Doris Lussier. Il avait un jour appelé mon père, qui tenait une épicerie. Se faisant passer pour un client, il lui a dit vouloir acheter un lot de boîtes de bananes dans le vinaigre en conserve. Toujours prompt à faire une vente, mon père avait cherché, en vain. Lui aussi joueur de tours, mon père m’avait avisé que le magasin avait livré par erreur à une de nos voisines trois livres d’aiglefin. Je devais aller les récupérer. J’ai compris un peu tard qu’il s’agissait de poisson et qu’on était le 1er avril.

L’anglicisation en un graphique

Décomposons ensemble ce stupéfiant graphique, élaboré par Frédéric Lacroix, auteur récemment de l’excellent ouvrage Un libre choix ?, sur la situation linguistique en éducation supérieure.

Immigration permanente. C’est la ligne pointillée du bas du graphique qui montre que, bon an mal an, avant la pandémie, entre 50 000 et 55 000 immigrants devenaient résidents au Québec. Tout le débat se concentre sur cette donnée des « seuils d’immigration ». Nous savons déjà qu’à ce niveau, le Québec reçoit davantage d’immigrants par habitant que les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni, mais moins que l’Australie, l’Allemagne et le Canada. (La baisse de 2019 sera compensée par un rattrapage, à 70 000, cette année.)