Les Québécois à Harper: « Dégage! »

b9aed6af49e99daec68a07e1f8c2Quelque 85% des Québécois qui se présenteront aux urnes aujourd’hui auront un message pour le gouvernement Harper: « Dégage ! »

Cet extraordinaire rejet d’un parti qui avait, un temps, séduit l’électorat québécois avec de solennelles promesses d’un « fédéralisme de coopération » témoigne d’une irrépressible  volonté de changement.

Dans le reste du Canada, la volonté de rejet est moins écrasante, mais majoritaire: 54% des électeurs du ROC veulent se débarrasser de Harper.

Le Premier ministre a spécifiquement déclenché cette élection pour se faire donner par l’électorat un mandat majoritaire et pour réduire le rôle de l’opposition au parlement.

S’il n’obtient pas ce mandat ce soir — et tout indique qu’il ne l’obtiendra pas — la volonté électorale, et en particulier la volonté québécoise, exige que les partis d’opposition fasse tomber ce gouvernement répudié par l’opinion, le plus tôt possible.

Élections: la « fin du monde » libérale

Jack Layton a beaucoup de nouveaux amis, ces jours-ci. Je ne parle pas des électeurs. Leur rôle est de choisir, d’élection et en élection, le parti et le candidat qui sied le mieux à leur volonté du moment. Ceux qui choisissent le NPD, au Québec comme ailleurs, exercent leur droit démocratique, ni plus, ni moins.

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Jack a beaucoup, beaucoup de nouveaux amis…

Je parle des institutions et des consignes de votes données par le Toronto Star et, dans une moindre mesure, par La Presse.

Le Star est le grand quotidien ontarien historiquement lié au Parti libéral. Or, ce samedi, il a appelé ses électeurs à voter NPD, sauf dans les circonscriptions où ce vote pourrait faire passer les conservateurs.

Il s’agit d’un revirement majeur. Et d’une nécrologie pré-constat de décès de ce qui fut le parti naturel de gouvernement du Canada:

L’effondrement du parti d’Ignatieff au Québec pose la question de savoir si le PLC peut désormais vraiment être vu comme une force pancanadienne. Les gouvernements libéraux ont construit l’essentiel de ce qui est admirable en ce pays — mais les électeurs envoient clairement le message qu’ils ne doivent rien aux Libéraux pour ce qu’ils ont fait dans le passé. Les élections portent sur l’avenir et les Libéraux n’ont pas convaincu qu’ils pourraient être les porteurs du changement en 2011.

Ouch ! Comme le dit un vétéran libéral anonyme à Chantal Hébert au sujet de toute la campagne: « C’est la fin du monde ». Selon le site 308, il est encore possible que Michael Ignatieff soit chef de l’opposition lundi soir. Son avance sur le NPD est encore de six sièges.

Si Ignatieff réussit à arracher ne serait-ce qu’un siège de plus que Layton lundi soir, tout reste possible. Car l’avenir d’un gouvernement conservateur minoritaire ne se mesurera qu’en quelques semaines. Mais si Jack Layton devient chef de l’opposition, il faudra en effet envisager la fin du monde pour le PLC, une fin qui se traduira soit par une longue marginalisation, soit par une absorption dans le nouveau super-NPD.

« Refouler le Bloc: un énorme service au Canada »

Pour les éditorialistes du Star, le NPD de Jack Layton est plus mûr, plus recentré, plus proche de l’entreprise que le NPD d’avant-Layton, ce qui le rend plus acceptable pour des anciens Libéraux qui applaudissaient naguère les Chrétien et Paul Martin. Cependant la percée du NPD au Québec est citée comme la première des raisons de porter Jack au pouvoir:

Le NPD est sur le point de faire une percée historique au Québec, ce qui l’aiderait grandement à s’imposer comme un réel parti pancanadien. Refouler le Bloc Québécois est un énorme service à rendre à tous les Canadiens. Pour l’avenir à long terme de l’unité du pays, il est vital d’avoir un leader nationaliste qui a obtenu la confiance des Québécois.

Dans La Presse, traditionnellement favorable au PLC ou aux Conservateurs, André Pratte poussait vendredi l’audace jusqu’à… ne pas donner de consigne pour un parti en particulier. Il indiquait l’importance pour les Québécois de voter pour les candidats de valeur du PLC, du Parti Conservateur et du NPD. (Après ce qu’on suppose être une longue recherche, André n’avait cependant trouvé aucun député du Bloc bon pour la réélection ou apte à « mieux faire entendre la voix du Québec moderne au Parlement ».)

L’important pour André Pratte est de réinsérer des Québécois dans des postes clés des partis fédéraux pour mieux arrimer le Québec au Canada. Et s’il faut pour y arriver parfois applaudir le NPD, dont il  juge la plateforme électorale « irresponsable », eh bien, il s’exécute:

Si les néo-démocrates en viennent à former l’opposition officielle, ils seront au coeur du bouleversement politique dont nous parlions plus haut. Les Québécois doivent en être.

Bouleversement ? La fin du Bloc, bien sûr, mais aussi le fait que « notamment sur la question constitutionnelle, le NPD s’est rapproché des sensibilités politiques des Québécois ».

C’est ainsi que, d’Amir Khadir à André Pratte, en passant par 30% ?  40% ? 50% ? des électeurs québécois, se répand la notion que le parti de Jack Layton saura répondre positivement à l’incessant besoin d’autonomie du Québec.

Dans les faits, je l’ai beaucoup expliqué ici, ici et ici, rien n’est moins sur. Mais au-delà des défaites nationales appréhendées du Parti libéral du Canada (qui pourrait être fatale) et du Bloc Québécois (qui pourrait être débilitante pour lui) l’introduction dans l’esprit politique du Québec d’un espoir d’être enfin entendu par un chef fédéral accommodant pourrait structurer tout le cycle politique qui s’ouvre.

Loi Dion/Chrétien. Officiel: Jack Layton veut la garder!

layton-dion-duceppe-150x150La question de savoir si Jack Layton est, ou non, en faveur de la loi Dion-Chrétien qui donne au parlement canadien et à chaque province le droit de rejeter la décision des Québécois de se donner un pays continue à chicoter beaucoup de Québécois. J’ai énuméré ses zigzags ici.

Or il se trouve que la campagne Layton a mandaté le conseiller informel Brian Topp d’éclairer nos lanternes, ce qu’il a fait en communiquant avec mon collègue Paul Wells de Macleans’, par téléphone puis par courriel, pour attribution. Voici les extraits pertinents de ce que Paul rapporte, dans les mots écrits par Topp:

* M. Layton ne demande pas d’abroger la Loi sur la Clarté;

* Dans le renvoi de 1998, la Cour suprême a écrit les règles pour tout futur référendum, s’il y en avait un;

* La question de savoir si une future question référendaire est suffisamment « claire », si cette question devient contentieuse, va présumément se retrouver devant la Cour Suprême;

Dans son courriel, Topp évite de rappeler que Layton s’est engagé à respecter un verdict de 50%+1, ce qui constitue tout un oubli. Pour le reste, on ne peut être plus clair. Si la loi sur la Clarté n’est pas abrogée, elle s’applique. Si elle s’applique, une majorité de la Chambre peut rejeter le résultat référendaire, quel qu’il soit. Si elle l’accepte, chaque province peut ensuite voter contre l’amendement constitutionnel qui reconnaîtrait l’indépendance du Québec.

En fait, Topp/Layton ajoutent un étage de difficulté, en renvoyant la question référendaire, en cas de conflit ce qui est virtuellement inévitable, à la Cour suprême. Évidemment, l’Assemblée nationale ne reconnaît ni l’autorité de la Cour, ni celle du Parlement en ces matières, qui sont tous les deux juges et parties.

Pourtant, les juristes à l’écoute se souviendront que la Cour a indiqué spécifiquement dans son renvoi qu’elle ne souhaitait pas être à nouveau saisie de litiges entourant ces questions, les détails restants étant « politiques ».

Sur la stratégie constitutionnelle du NPD, Topp ajoute quelques éléments:

* L’Assemblée nationale du Québec n’a pas ratifié les amendements constitutionnels de 1982. C’est une question qu’il faudra régler un jour (at some point). Le moment de s’y pencher sera lorsque nous serons raisonnablement certains que nous allons réussir;

* Une condition préalable nécessaire est un gouvernement fédéral dans lesquels ils se reconnaissent, travaillant sur des priorités qu’ils soutiennent;

* Moins de députés bloquistes est une bonne chose pour le Canada (incluant le Québec). Travailler à ré-intégrer les francophones québécois dans la gouvernance du Canada est le genre de travail que les Canadiens espèrent voir un aspirant Premier ministre accomplir.

Bref, la stratégie est identique à celle des autres partis fédéraux. Le calendrier de résolution de l’exclusion du Québec de la constitution de 1982 est également le même: on le fera quand nous pourrons réussir. Or on ne peut réussir. Donc on ne le fera pas.

Ma prédiction: les futurs députés québécois NPD qui seront élus lundi (Jean Lapierre leur en donne, ce matin, entre 30 et 38) et qui sont indépendantistes — un nombre certain mais indéterminé, auquel il faut présumément soustraire les unilingues anglais — vont avoir tout un choc à Ottawa en rencontrant leurs homologues du reste du pays.

Une chose est sûre, on ne s’ennuiera pas.

Québec: capitale social-démocrate ?

227358-mystere-quebec-pas-opaque-ca-150x150Un sondage Crop-LeSoleil nous apprend que la ville de Québec, ce fief de gauchistes, pourrait élire lundi une majorité de députés néo-démocrates et donner ainsi le coup de grâce au gouvernement conservateur.

Il vaut la peine de lire l’article qui fait état de ce renversement.

Personnellement, permettez moi de dédier ces chiffres à mes amis du Réseau Liberté-Québec et aux célèbres animateurs de droite de radio de la vieille capitale. Ils doivent se retourner dans leurs tombes.

Non, attendez, ils ne sont pas morts ! Quoique, politiquement, c’est un coup dur.

Une dernière pensée à ce sujet. La psychanalyse collective inachevée de Clotaire Rapaille aurait-elle eu un impact sur le comportement politique des gens de Québec ?

Bloc ou NPD ? L’embarras (du choix) d’Amir Khadir

quebec-solidaire-150x150L’homme politique québécois le plus populaire, Amir Khadir, a une consigne à donner aux électeurs québécois qui sont, comme lui, progressistes et indépendantistes. Le 2 mai, Bloc ou NPD ? Il répond, en un mot: choisissez !

Sa consigne de vote ne fait toutefois pas l’unanimité au sein des troupes de Québec solidaire dont deux importantes signatures affirment que :

Une défaite impor­tante pour le Bloc serait une vic­toire non seule­ment pour Harper mais pour l’ensemble des dom­i­nants au Canada.

J’y reviens un peu plus bas. Mais en entrevue ce jeudi avec votre blogueur favori, Amir Khadir précise sa pensée:

* Si vous avez un député libéral ou conservateur: votez pour le candidat bloquiste ou NPD le mieux placé pour le battre. Et allez ici pour savoir de qui il s’agit. Il appelle en particulier à voter pour les bloquistes Viviane Barbot dans Papineau pour battre Justin Trudeau et Michel Létourneau dans Limoilou pour battre la conservatrice Sylvie Boucher.

* Si vous avez un député bloquiste: votez pour lui ou pour le candidat NPD, selon votre choix. Par exemple, Khadir souhaite la réélection de Maria Mourani dans Ahuntsic, mais voterait pour le NPD Alexandre Boulerice « souverainiste et progressiste », note-t-il, dans Rosemont-La-Petite-Patrie, même s’il « adore » le bloquiste Bernard Bigras.

Même s’il sait que les députés NPD ont voté, à Ottawa, pour la Constitution de 1982, se sont prononcés, en 1989, contre l’accord du lac Meech et ont voté, en 2000, pour la loi sur la Clarté de Stéphane Dion, Amir Khadir prête foi aux déclarations de Layton selon lesquelles il respecterait un choix référendaire du Québec. (Même si Layton a laissé son chef de campagne du NPD, Brad Lavigne, affirmer cette semaine que le parti appliquerait la loi Dion sur la clarté).

Il appelle donc les progressistes et indépendantistes à passer de la stratégie bloquiste (« c’était le bon choix », dit-il) à une stratégie de la « diversification ».

Dans un courriel envoyé après l’entrevue, il précise:

C’est pas à Layton de faire l’indépendance du Québec. C’est à nous! Et une fois que notre peuple en aura décidé, nous avons intérêt à ce que le Canada avec lequel nous devrons négocier les termes de cette nouvelle réalité, qui ne va pas sans de nouvelles collaborations et ententes, soit sous le leadership de gens comme Jack Layton: un homme de principe, généreux et ouvert – qui de surcroit s’est engagé à respecter notre droit à l’autodetermination. Il est temps de créer au Québec les conditions gagnantes pour le NPD au Canada. C’est le meilleur service qu’on peut rendre aux aspirations du peuple Québécois, y compris son indépendance.

C’est, à mon avis, investir beaucoup d’espoir en un seul homme en oblitérant le poids des forces pro-Canadiennes qui se sont exprimées dans le NPD au moment de la constitution, de Meech et de la loi sur la Clarté et s’expriment chez Layton lui-même dans son refus d’un réel asymétrisme en ce qui concerne l’application de la loi 101 pour 100 000 salariés québécois sous juridiction fédérale.

« On n’a pas besoin de 50 sièges pour avoir un Bloc fort », dit encore Amir Khadir. Une trentaine suffisent. Mais si c’était moins de 10, comme le prévoient certaines projections ? Il refuse d’y croire. Il prévoit environ 40 sièges au Bloc et un maximum de 10 au NPD. Suite lundi soir.

Des voix dissidentes à QS

À Québec Solidaire, tous ne sont pas du même avis que le porte-parole Khadir. François Cyr, l’ex-président de l’Union des forces progressistes qui s’est fondu dans QS, et Pierre Beaudet, longtemps l’animateur d’Alternatives, signent un texte en forme de mise en garde:

Au Québec dans la grande majorité des comp­tés, un vote pour le Bloc est cepen­dant ce qui peut empêcher Stephen Harper de con­stituer un gouverne­ment majori­taire et de procéder à sa « révo­lu­tion » de droite.

Le vote stratégique NPD peut-être indiqué dans certains cas, écrivent-ils:

Voter NPD peut s’inscrire dans une approche stratégique qui vise à affaib­lir la droite et même à empêcher Harper de con­stituer un gou­verne­ment majori­taire.

Il ne fait pas de doute dans nos esprits qu’il faille voter pour Thomas Mul­cair dans Out­remont et pour la syn­di­cal­iste Nycole Turmel dans Aylmer par exem­ple.

Mais Cyr et Beaudet soulèvent de sérieux doutes sur le réel caractère « de gauche » du NPD, ce qui est une chose, et indiquent de plus qu’une future fusion NPD/Parti libéral, plus probable que jamais, n’annonce rien de réjouissant pour la gauche:

Il est d’ailleurs pens­able, surtout si le PLC subit une dure défaite aux élec­tions, qu’il se pro­duise un « rap­proche­ment », pour ne pas dire une fusion entre un PLC affaibli et un NPD ragail­lardi, autour d’un pro­gramme cen­triste très édul­coré, pour la défense d’un « Canada fort », hos­tile aux Con­ser­va­teurs sur un cer­tain nom­bre de fon­da­men­taux, mais surtout inca­pable de représen­ter une réelle alter­na­tive (cela serait le « mod­èle » états-unien où les électeurs ont le « choix » entre l’ultra droite –les Républicains- et la droite –les Démocrates).

Ils en concluent:

Une défaite impor­tante pour le Bloc serait une vic­toire non seule­ment pour Harper mais pour l’ensemble des dom­i­nants au Canada.

Harper attrape le virus de la panique NPD

92308-silvio-berlusconi-accueille-stephen-harper-150x150Hier soir en Ontario, Stephen Harper a fait un Gérald Larose de lui-même, en déclarant que Layton était « all smiles and snake-oil » (un vendeur de faux médicaments).  On est pas loin de « l’imposteur » évoqué par le bouillant Larose, les snake-oil salesmen étant par définition des « crapules », autre terme utilisé par l’ex-chef de la CSN.

Mais cela devait finir par arriver. La panique dans le camp Harper. Ce matin à Niagara Falls, le futur ex-premier ministre Harper a évoqué le spectre d’un gouvernement de coalition dirigé par Jack Layton.

Les Canadiens doivent comprendre combien les choix sont différents lorsque vous envisagez deux parlements:
* un avec une majorité conservatrice,
* l’autre avec un parlement minoritaire avec une coalition broche-à-foin dirigée par le NPD qui ne va pas durer mais qui va causer énormément de destruction.

En version originale :“Canadians need to understand how dramatically different the choices really are when you are looking at two Parliaments: one with a Conservative majority, the other a minority Parliament with a ramshackle coalition led by the NDP that will not last but will do a lot of destruction.”

 

Cette phrase est proprement extraordinaire. Décomposons-la:

1) Harper concède le rôle d’opposition officielle au NPD. Ignatieff a disparu.

2) Harper prédit que s’il n’est pas majoritaire lundi soir, il ne gouvernera pas. Il sera remplacé par un gouvernement de coalition dirigé par le NPD !

Dire cela, aujourd’hui, c’est préparer l’opinion à l’inévitabilité de ces événements.

Harper, réduit à convaincre ses propres électeurs de ne pas appuyer Jack !

À qui parle-t-il lorsqu’il ajoute les choses suivantes, affirmant que le NPD est anti-USA, anti-libre-échange et pro-augmentation de taxes ?

“The alternative that the opposition offers, symbolized most dramatically by the NDP, are enormous increases in government expenses, the raising of taxes, the raising of prices which we know will have a devastating effect on consumers’ pockets and ultimately on our economy and the destruction of jobs.” […]

“The NDP has been Canada’s most consistent, most vociferous and most aggressive opponent of a strong trading relationship with the United States” […].“The NDP approach to issues like trade has not changed since the Cold War. It is an ideological throwback.”

Il parle à la fois aux électeurs libéraux centristes qui glissent vers le NPD et à une partie de ses propres électeurs ontariens, tentés par les smiles and snake-oil !

Nous avons ainsi la confirmation que les sondages internes des conservateurs — de loin les plus précis de l’univers politique canadien — confirment ce que nous disent les sondages publics.

L’avenir des Rouges, en trois graphiques…

L’avenir du Parti libéral du Canada — avenir désormais derrière lui au Québec — se joue en Ontario.

Les courbes à surveiller d’ici lundi sont celles, rouge, de la baisse libérale et, orange, de la montée NPD. Se rencontreront-elles ?

1) Voici ce que donne le graphique de ThreeHundredEight ce jeudi, compilant de façon conservatrice tous les sondages:

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2) Voici ce qu’en dit la firme Ekos:

ekos

 

 

 

 

3) Et la firme Nanos:

nanos

 

 

 

 

 

C’est un peu comme un tsunami, au ralenti…

Les électeurs à Harper: « Coalition broche-à-foin? D’accord! »

Plus votre argument politique est coupant, plus vous risquez de vous blesser. Depuis des mois Stephen Harper a déterminé l’enjeu électoral: un gouvernement conservateur majoritaire ou une « coalition broche à foin ».

Les sondages nous annoncent le choix des Canadiens: donner une majorité, oui, mais à la « coalition broche à foin ». En sont-ils conscients ? La firme Ekos a eu la bonne idée, dans son sondage publié ce mercredi, de poser directement la question:

Après l’élection du 2 mai, si le parti vainqueur est immédiatement renversé par un vote de non-confiance, comment le Gouverneur général devrait-il réagir ?

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Même réponse des Québécois: 46% vs 14%

Bref, les électeurs ont parfaitement bien compris le premier ministre (sortant?). À moins que les conservateurs sachent quelque chose que nous ignorons (leur machine électorale aurait correctement ciblé une majorité de circonscriptions), ils se retrouveront le soir du deux mai à nouveau en minorité, donc en perte de légitimité.

Ils devront représenter leur budget, mais l’opposition aura beau jeu de le refuser, avec ou sans des améliorations de dernière minute. « La majorité des électeurs ont rejeté votre approche », tonneront-ils.

Le chef de l’opposition, qu’il soit Layton ou Ignatieff, s’offrira comme gouvernement de rechange. Un chef de parti fédéral démissionnera immédiatement. Ses initiales seront SH.

(PS: Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avais pas avertis.
Voir ici la dernière section du billet du deux février dernier,
Coalition: glaive et talon d’achille
.)

Le cri du coeur de Duceppe

J’ai été très dur (et je le reste) sur la campagne de communication du Bloc, Parlons Qc. (Voir ici, Parlons Duceppe).

Maintenant sur la défensive, la campagne du Bloc vient de lancer une nouvelle pub. La manœuvre est délicate.  Il n’y est pas question du NPD ou de Jack. Mais de gens qui ont  « l’impression de faire du surplace » et qui, « quelque part, sur le chemin, se sont perdus de vue ».

Sur un ton intimiste et introspectif, sur les images de voyage au Québec, Duceppe n’est plus ni fâché, ni frustré. Il change de ton et donne l’image de l’homme lucide qui tente de reprendre contact avec ses électeurs volages.

Est-ce que ça marche ? Je ne saurais le dire. Mais si vous êtes parmi les volages, regardez ce qui suit. Puis venez m’écrire vos impressions.

Mes cinq questions à Jack Layton

dip0404-04-layt_1261625cl-8Jack Layton s’y connaît en culture québécoise. En culture politique québécoise. Il affirme vouloir réunir les « conditions gagnantes » pour accueillir enfin le Québec dans le giron constitutionnel canadien, dont il fut exclu il y a 30 ans.

Il a déclaré ce mardi que le Canada a « un problème historique car nous avons le quart de notre population, le peuple du Québec, qui n’a jamais signé la constitution ».

Je n’ai pas l’occasion de le voir en face à face ces jours-ci, mais si vous le voyez, merci de poser les questions suivantes pour moi:

*   *   *

Question No 1:  La nation

M. Layton, vous avez déclaré, ce mardi à Montréal, qu’il fallait résoudre le « problème historique » de la non adhésion du Québec à la constitution. Vous répétez que votre parti fut le premier à reconnaître que le Québec formait « une nation » au sein du Canada. Et vous avez voté en faveur de la résolution de la Chambre des Communes reconnaissant ce statut.

Alors, M. Layton, d’abord une question sur votre conviction profonde : êtes-vous personnellement favorable à ce que le Québec soit reconnu comme une nation dans la constitution canadienne ?

Pensez-vous qu’il est envisageable d’obtenir cette reconnaissance, si vous devenez premier ministre, au cours des quatre prochaines années?

Comme vous le savez aussi, le consensus québécois est assez large pour rejeter, au Québec, le principe de multiculturalisme qui préside à la politique identitaire fédérale.

li-ignatieff-layton005585951En juin 2008, le Bloc Québécois a déposé en Chambre un projet de loi visant à exempter le Québec de l’application de ce principe. L’avocat Julius Grey, qui appuie le NPD, a invité les parlementaires à soutenir ce projet.

Or vos députés ont tous voté contre. Pourquoi ? N’aurait-il pas été tout simple de voter oui et d’exprimer ainsi votre reconnaissance concrète de la différence québécoise?

Question No 2: Les conditions gagnantes

M. Layton, vous avez déclaré lors du débat des chefs en français et depuis que «vous n’entrez pas dans des discussions constitutionnelles avant d’avoir des chances de succès». Comme vous le savez, un sondage indiquait il y a 10 jours que, parmi ceux qui ont une opinion, deux Québécois sur trois souhaitent la réouverture de négociations, alors que plus des deux-tiers des autres Canadiens s’y refusent.

Selon vous, le risque d’échec de ces négociations pendant votre premier mandat serait-il de plus de 50%, de plus de 65% ou de plus de 80% ?

Si vous avez dit plus de 50%, dites-nous pourquoi vous prendriez  le très grave risque politique de réouvrir ces négociations ?

Si vous avez dit moins de 50%, c’est donc une question de leadership, prenez vous l’engagement solennel de convoquer une négociation constitutionnelle pendant la première moitié de votre mandat ? Les trois premières années ? La dernière année ? Le deuxième mandat ? Le troisième mandat ?

Question No 3: Les pouvoirs

Comme vous le savez, M. Layton, une des revendications historiques du Québec, y compris du gouvernement de Jean Charest, est que chacun soit responsable de ses propres pouvoirs: Ottawa des pouvoirs fédéraux et le Québec des pouvoirs provinciaux.  Le Québec réclame donc la fin, ou du moins l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, de façon à ce que le Québec reçoive une juste compensation, sans condition, pour les programmes fédéraux qui empiètent sur ses pouvoirs. M. Harper avait promis d’agir en ce sens, mais n’a rien fait.

Un gouvernement Layton pourrait décider, sans changer la constitution, d’accorder au Québec ce droit de retrait pour les programmes fédéraux actuels et à venir. Êtes-vous prêts à vous engager à le faire ?

Si oui, pouvez-vous nous expliquer pourquoi, il y a à peine six mois, tous les députés de votre parti ont voté contre une motion du Bloc québécois qui affirmait justement ce principe ? Et pourquoi vous vous êtes personnellement absenté au moment de ce vote ? (voir le libellé plus bas)

Question No 4: La langue

M. Layton, vous n’êtes pas sans savoir que les questions de la langue et de la culture sont au cœur de l’identité québécoise. Vous savez qu’aucune entente constitutionnelle n’est possible si le Québec n’obtient pas la « souveraineté culturelle », c’est-à-dire la capacité de décider de l’usage des fonds fédéraux en matière culturelle au Québec.

Sans s’engager sur les détails, un gouvernement Layton serait-il prêt à accepter le principe que le Québec aurait davantage d’autonomie culturelle que les autres provinces, ce qui signifierait une plus petite présence d’Ottawa en ces matières au Québec ?

images5Vous avez plusieurs fois indiqué que vous étiez favorable au « fédéralisme asymétrique ». Et vous avez déclaré ce mardi, selon une dépêche de presse, que ça n’a pas de sens que des salariés dans une banque réglementée par le Québec aient leurs droits linguistiques protégés mais que ceux qui travaillent de l’autre côté de la rue dans une banque réglementée par Ottawa n’ait pas les mêmes droits.

Pourtant, vous refusez de permettre l’application de la loi 101 aux quelque 100 000 salariés québécois d’entreprises privées, sous juridiction fédérale, qui ne sont pas protégées par les mécanismes de la loi 101. Pourquoi refusez vous d’appliquer, sur ce point crucial de la langue, le fédéralisme asymétrique dont vous vous réclamez?

Si vous répondez, comme d’habitude, que vous souhaitez mettre dans la loi fédérale le droit des salariés québécois de travailler en français, pourquoi ne pas donner à ces salariés l’égalité de traitement avec les autres Québécois et la protection des mécanismes de la loi 101 qui ont fait leurs preuves, soit les comités de francisation, le rôle de l’Office de la langue, les amendes et le reste ? La loi 101 est-elle contradictoire avec les valeurs des lois canadiennes ?

En fait, le NPD avait voté pour un projet en ce sens, du Bloc Québécois, en juin 2009. (Vos députés ont voté pour mais vous étiez absent.) Mais il semble y avoir eu blocage, car vous refusez maintenant d’adopter une application aussi conséquente du fédéralisme asymétrique. Pourquoi ce recul ?

tp-layton-00006497Question No5: Le référendum

Le Québec aurait-il droit de sortir d’un Canada à-la-Layton? Pas selon son président de campagne.

M. Layton, on sait que vous souhaitez que le Canada reste uni, mais compte tenu de l’échéancier électoral au Québec, il n’est pas impossible que le Parti québécois prenne le pouvoir pendant votre premier mandat, si vous êtes Premier ministre.

Arrêtons-nous un instant sur votre position sur la loi sur la Clarté, de Stéphane Dion et Jean Chrétien. Cette loi qui donne au Parlement fédéral, puis à toutes les provinces, le droit de refuser au Québec sa souveraineté en cas de victoire du Oui à un référendum.

Votre position a varié dans le temps. D’abord, en 2004, vous avez déclaré que vous alliez abroger cette loi qui « accentuait la division dans le pays ». Puis, en 2005, vous avez déclaré avoir mieux compris la loi et l’appuyer car « elle a été largement acceptée à travers le spectre politique » (sic).  Puis, en 2006, vous avez signé une « déclaration de Sherbrooke » où vous reconnaissez la règle du 50% +1 pour la victoire du Oui lors d’un référendum, mais où vous ajoutez qu’en réponse au vote québécois, « il appartiendrait au gouvernement fédéral de déterminer son propre processus, dans l’esprit de l’Avis de la Cour suprême et du droit international ». Ce qui, sauf pour le 50%, n’enlève en rien au Parlement fédéral et aux autres provinces le droit de nier au Québec son droit à la souveraineté.

D’ailleurs, ce mardi, votre directeur de campagne, Brad Lavigne, a indiqué à la Presse Canadienne que la déclaration de Sherbrooke était entièrement compatible avec la loi Dion-Chrétien:

« As a federalist party, we recognize the Clarity Act and we recognize that the rules have been established by the Supreme Court of Canada over 12 years ago, » Lavigne said. « Now is not the time to squabble over the rules, » he added.

(Traduction: En tant que parti fédéraliste, nous reconnaissons la Loi sur la clarté et nous reconnaissons les règles qui ont été établies par la Cour suprême du Canada il y a 12 ans, a dit Lavigne. Ce n’est pas le temps, maintenant, de pinailler sur les règles, a-t-il ajouté.)

Ma question, au-delà de ces détails, est la suivante. Si, pendant votre mandat de Premier ministre, le Oui l’emporte avec plus de 50% des voix, reconnaîtrez-vous la décision des Québécois ? Ou allez vous affirmer que le Québec ne peut devenir souverain sans l’approbation de la Chambre des communes et des autres provinces ?

Question bonus

Vous avez déclaré à Montréal ce mardi que « le gouvernement Harper est arrivé avec toutes ses grandes promesses au Québec… mais finalement ce n’étaient que des paroles vides de sens ».

En quoi avez vous fait la démonstration que vous étiez différent ?

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Le libellé de la motion sur le Pouvoir fédéral de dépenser, rejetée par le NPD le 26 octobre 2010

« Que, de l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait, tel que le propose le Bloc Québécois depuis lontemps et maintenant le député de Beauce, mettre fin au soi-disant pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence du Québec et des provinces, éliminer les programmes dédéraux qui violent la division des pouvoirs et transférer de spoints d’impôt aux provinces et ce, de la façon suivant: a) en éliminant toutes les dépenses effectuées par le gouvernement fédéral dans un champ de compétence du Québec et des provinces, à moins d’une autorisation expresse du Québec ou de la province; b) en prévoyant un droit de retrait systématique avec pleine compensation financière et sans condition, pour tous les programmes existants ou non, cofinancés ou non, qui empiètent dans les champs de compétence du QUébec et des provinces; c) en transférant, à la demande du QUébec ou d’une province, un espace fiscal sous la forme de points d’impôt et/ou de TPS afin de remplacer les sommes que cette province aurait autrement reçues en vertu du transfert canadien en santé, des  programmes fédéraux dans ses champs de compétence, de même qu’en vertu du transfert pour les programmes sociaux et l’éducation postsecondaire au niveau indexé de 1994-1995 ».

 

NPD a voté CONTRE : Layton s’est absenté pour ce vote.