Exclusif: avec le PQ, 2013 fut une année RECORD pour l’emploi des immigrants

Emploi en immigration: l’énigme du taux d’emploi et du taux de chômage

Les chiffres de Statistiques Canada sont nets: au Québec la proportion des immigrants qui ont un emploi est supérieure à la celle de l’Ontario et de la Colombie Britannique, pourtant souvent cités comme des paradis de l’immigration.

Pourtant, le taux de chômage de l’immigration, même s’il a chuté de 35% en 2013, reste supérieur à celui de ces deux provinces. Pourquoi ?

Parce que le taux d’activité des immigrants québécois est plus élevé ! C’est à dire que même s’ils sont plus nombreux en emploi, ceux qui n’ont pas d’emploi sont plus nombreux à se chercher un emploi que leurs semblables en Ontario et en Colombie Britannique. Brefs, les immigrants québécois sont plus actifs, davantage engagés dans le marché du travail.

C’est une bonne nouvelle.

L’année 2013: une année charnière

Les chiffres de l’an dernier montrent une réalité très intéressante. Alors même que les Québécois discutaient des règles du vivre ensemble, la société québécoise a embauché des immigrants comme rarement auparavant. 42 000 embauches. C’est donc que les débats autour de la Charte n’ont eu aucun impact négatif sur l’embauche, contrairement à ce que tous les détracteurs de la Charte ont voulu nous faire croire.

Vrai, ces résultats sont aussi le fruit d’un effort considérable, déployé depuis 18 mois, pour mieux arrimer l’immigration et l’emploi, mieux financer la francisation, mieux inciter les entreprises à embaucher des immigrants.

Comme l’a dit Diane deCourcy aujourd’hui: « Le Parti québécois en a fait davantage en 18 mois que les Libéraux en neuf ans pour assurer le succès de l’intégration au Québec. » L’absence de mesures d’accompagnement adéquats lors de l’augmentation des niveaux d’immigrants a largement contribué à la hausse du chômage. « Avec les Libéraux, c’était la Grande séduction suivie de la Grande déception. »

Le Parti québécois a rectifié la situation et veut maintenant aller encore plus loin et faire en sorte que le taux d’emploi des nouveaux arrivants soit aussi élevé que le taux général.

C’est pourquoi nous prenons plusieurs engagements pour y arriver.

À suivre dans un prochain billet.

Données relatives à l’emploi chez les immigrants – 2013, une année record

  • En 2013, 42 000 néo-Québécois ont trouvé un emploi.
  • La création d’emplois au Québec s’observe dans toutes les cohortes d’immigration. Les personnes arrivées il y a 5 ans ou moins ont connu toutefois la plus forte hausse, bénéficiant de 17 800 nouveaux emplois.
  • Le taux d’emploi des immigrants est désormais proche du taux d’emploi général :
  • Au Québec, le taux d’activité et le taux d’emploi des personnes immigrantes sont respectivement de 64,8 % et de 57,2 % en 2013. Par rapport à 2012, ces taux sont en hausse de 0,7 point et de 0,5 point de pourcentage.
  • Dans l’ensemble de la population, le taux d’activité et le taux d’emploi sont respectivement de 65,2 % et de 60,3 %. Par rapport à 2012, le taux d’activité et le taux d’emploi ont progressé de 0,1 point et 0,3 point de pourcentage respectivement.
  • En 2013, on dénombre 79 300 personnes immigrantes natives de l’Afrique du Nord en emploi au Québec, une hausse de 9,8 % par rapport à 2012 (72 200 personnes).
  • Le Taux d’emploi des néo-Québécois est désormais plus élevé qu’en Ontario et en Colombie-Britannique
  • Les immigrants admis depuis 5 ans ou moins ont enregistré une forte baisse du taux de chômage, passant de 20,8 % en 2012 à 14,6 % en 2013. Depuis 2006, c’est la première fois que le taux de chômage de ce groupe est inférieur à celui enregistré en Ontario (14,8 % en 2013). Ce recul est dû à la forte création d’emplois enregistrée dans ce groupe.
  • Dans l’ensemble du Canada, le taux de chômage des personnes immigrantes d’arrivée très récente a diminué de 1,1 point de pourcentage entre 2012 et 2013. Ce recul s’explique principalement par la forte baisse du taux de chômage observé au Québec chez ce groupe (-6,2 points de pourcentage) alors qu’une hausse a été notée en Ontario (+0,5 point) et en Alberta (+0,2 point) et une stabilité en Colombie-Britannique.

 

Les corrompus contre-attaquent: la Marois, « elle va y goûter »

Qui a intérêt à ce que Pauline Marois ne soit pas première ministre lundi soir?

Disons-nous les vraies vraies affaires. Depuis 18 mois, elle a mené une offensive sans merci contre tous les corrompus du Québec. Les Gilles Vaillancourt, accusé de gangstérisme, et tous ses amis en veulent à la chef du PQ d’avoir laissé la police faire son travail. Sont-ils des dizaines ou des centaines les cadres d’entreprises d’ingénierie, d’architectes, d’avocat, de comptables véreux qui s’étaient enrichis, avant elle, et qui ont perdu soit leur emploi, soit leurs bonus, soit leur réputation à cause d’elle?

À cause de Pauline Marois, de son équipe et de sa loi 1, les géants de l’ingénierie, les SNC-Lavalin, Dessau, Axor, qu’on croyait intouchables, ont été exclus de tout contrat gouvernemental pendant plus d’un an. Hier triomphants ils devaient, penauds, démontrer à l’Autorité des marchés financiers qu’ils avaient viré les crapules en leur sein, modifié leurs codes, changé leur culture.

La lutte de Pauline Marois contre la corruption a détruit les réseaux qui vampirisaient le Québec sous les Libéraux et a individuellement brisé les carrières des ripoux. Pas étonnant qu’ils lui en veulent et qu’ils passent à l’attaque, en ces derniers jours de campagne.

Souvenez-vous, avant le débat, lorsque Philippe Couillard avait annoncé que la dame de béton, « elle va y goûter » et qu’il avait « amplement » de munitions contre elle. Je n’en doute pas. Pour ceux qui souffrent du regain d’intégrité que connaît le Québec, la rancœur est forte et la vengeance est un plat qui se mange à chaud, dans les derniers jours de la campagne.

La source confidentielle qui a parlé à Alain Gravel n’avait, outre sa parole, aucune preuve à mettre dans la balance. Que sa volonté de mettre Mme Marois à l’écart pour que reprennent les bonnes affaires. Les vraies affaires.

Pourquoi Pauline Marois est-elle la femme à abattre? Parce que personne avant elle n’a fait autant en si peu de temps pour faire reculer la fraude et l’illégalité. Le système des prêtes-noms a été cassé par les lois du PQ sur le financement à 100$ des campagnes québécoises et municipales. Les maires accusés de fraude peuvent maintenant perdre leurs postes grâce à une nouvelle loi. Toutes les entreprises — toutes — qui veulent des contrats publics doivent démontrer leur intégrité. Du jamais vu. Contrairement à la pratique sous les libéraux, où les policiers ont interrompu une filature parce qu’ils s’approchaient trop du pouvoir, l’UPAC a su qu’avec Pauline Marois il fallait suivre toutes les pistes jusqu’au bout. Et on a jamais vu autant de perquisitions, d’arrestations, d’accusations.

Il y en a qui veulent que ça s’arrête. Ceux qui ne sont pas encore pris et qui tremblent dans leurs paradis fiscaux. Ceux qui sont déjà pris et qui veulent en découdre.

Et il y a ceux qui veulent que ça continue. Les Québécois intègres. Les Québécois qui gagnent contre les crapules. Les Québécois qui savent que Pauline Marois est notre meilleur rempart contre la corruption.

Soyez de ceux-là, lundi. Soyez contagieux, d’ici lundi. La corruption a perdu la première période, ces derniers 18 mois. Il faut leur faire perdre la partie, lundi soir.

Agrandissement de l’hôpital HMR: le PQ appuie sur l’accélérateur !

J’avais une bonne nouvelle, ce matin, pour la direction la direction et le représentant des médecins, pharmaciens et dentistes de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).

Ce matin avec la DG de HMR, Manon Boily, et le Dr Ghali, représentant des médecins, pharmaciens et dentistes.

Ce matin avec la DG de HMR, Manon Boily, et le Dr Rafik Ghali, représentant des médecins, pharmaciens et dentistes.

Depuis 18 mois, j’ai porté une attention particulière à HMR, qui dessert plus de 670 000 personnes dans l’Est de Montréal et au-delà, et qui fait face à d’importants défis pour répondre adéquatement à cette demande.En février 2013, nous avons débloqué les fonds nécessaires pour compléter l’investissement de 71 millions de dollars nécessaires à l’agrandissement de l’urgence, une des plus achalandées au Québec. Du même coup, nous avons ajouté 1,6 millions de dollars pour augmenter l’efficacité de l’unité de médecine familiale de l’hôpital. En mai 2013, nous avons annoncé le projet tant attendu de nouvel édifice de HMR dédié exclusivement au Service de dialyse, un immeuble d’environ 7 000 m2, qui augmentera la capacité d’accueil pour les patients. Puis, en décembre 2013, nous avons rehaussé de façon importante l’offre de service en échographie à HMR.Pour la suite des choses, un plan maître a été déposé à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal pour planifier la réfection et l’expansion des services de HMR au cours de la prochaine décennie. Un intéressant projet de revitalisation urbaine est également en gestation.

La direction, les médecins et la coalition des citoyens pour HMR ont récemment invité le ministre de la Santé, M. Réjean Hébert, à s’occuper personnellement du dossier. Leur appel a été entendu.

« J’ai demandé à la nouvelle directrice de l’Agence de réexaminer le dossier du Plan HMR et de me faire des recommandations rapides sur les suites à donner », a déclaré le ministre Hébert.

De fait, un nouveau dialogue est établi entre la direction de HMR et la nouvelle présidente-directrice générale de l’Agence de la santé de Montréal, Mme Patricia Gauthier, désignée le mois dernier. Des rencontres ont eu lieu entre Mme Gauthier, des membres de sa nouvelle équipe, et la direction de HMR et d’autres sont prévues dès la semaine prochaine pour discuter du plan clinique.

J’ai informé mes interlocuteurs que je prends un engagement envers toute la communauté intéressée et mobilisée par le projet HMR : je m’engage à travailler à accélérer  le traitement du projet pour que l’on puisse procéder aux approbations requises afin d’amorcer les premières phases dans les plus brefs délais.

Pour une explication des projets de HMR, voir la vidéo ici.

Pour donner à Fondation HMR, c’est ici.

 

If I were Anglo, I’d worry about this guy Couillard

I know most Anglo-Quebecers look at this election with a measure of unease with some of the policies of my party, the Parti québécois. I get that.

But I’ve talked with enough Anglo-Quebecers these past 18 months to know that they often give credit to the PQ for good government and that they resent being taken for granted by the Liberal Party. I know, also, that they loathed the climate of corruption and collusion that was prevalent under the previous Liberal government. And they surely don’t want it to come back.

These past weeks, a lot of allegations have been thrown around. a Tax haven for Couillard, leadership financing for Marois. Shadows of facts.

But this should not mean that integrity is not a foremost issue at this point of Québec’s political history. So let’s focus on the absolute certainties we have and ask this question:

Who should they trust to keep Québec on the straight and narrow in terms of integrity?

The case for the PQ is crystal clear. We asked for the commission of inquiry that the PLQ opposed. We voted bill 1 to force every company in Quebec wanting to contract with the public sector to get an integrity certificate. We stood up to giants like Dessau and SNC-Lavalin and barred them from all public contracts for over a year untill they proved they had changed their ways — and they are still under scrutiny.

We made fake-name contributions to parties disappear by reforming both Quebec and municipal party financing. We got a law in place that enables citizens to get rid of mayors under accusations for fraud. We lenghtened the mandate of the Charbonneau commission and gave all necessary resources to the police to follow every lead. And they went all the way to the man the Liberals protected all these years, Mayor of Laval Gilles Vaillancourt, now accused of gangsterism.

It is hard to find, anywhere in the world, a government that made so much, so quickly, to cleanse its political and corporate stables.

So that’s our track record. We are immensely proud of it, and determined to go even further. Determined to make Quebec a modern example of how best to fight corruption.

What about Philippe Couillard’s record ?

His friendship with indicted fraudster Arthur Porter might well have been benign. His negociating his job with a private health care provider while he was minister of Health and in position to help his future boss is, at best, borderline, and no longer allowed.

Beyond that, has he shown that he is up to the task of turning the page on his party’s bleak past ? Let’s look at his record before and since he became leader.

The silent minister and citizen

Couillard had made no gesture to distance himself from Charest

Couillard had made no gesture to distance himself from Charest

While he was in Jean Charest’s cabinet, he was asked to rake-in 100 000$ a year for the PLQ, which put him, and his colleagues, on very treacherous ethical grounds. Did he ever refuse, even denounce the practice ? No. He was silent. Acquiescing. When it came to light that Charest took in 75 000$ a year from these donations to line his own pockets and that he never admitted it in public, what did Couillard say ? Nothing.He left office and regained his freedom of speech in 2008. How did he use it when it became public that the PLQ chose judges by affixing partisan post-it’s on their resumés ? What did he say when his former colleagues voted 11 times against the creation of a public inquiry on construction ? Nothing. He remained completely silent. From 2009 to 2011, every public figure in Québec was called upon to take a stand and pressure the Charest government into setting up a Commission of inquiry. Other Liberals, such as former PLQ president Robert Benoît, had the courage to stand up. In the end, even the FTQ was compelled to publicly ask for a commission.

So where was Couillard when 80% of Quebecers asked for the commission ? When even a lone PLQ member had the guts to go to the mike at a PLQ gathering to ask for one ?

Philippe Couillard was simply missing in action.

The failed leadership test of integrity

When he became leader, everyone expected Philippe Couillard to make a clean sweep, to distance himself from the Charest years of denial and obfuscation. I certainly did. Claude Ryan did that when he replaced Robert Bourassa in 1977.

But we never heard of any internal inquiry by Couillard, any distribution of a new set of rules, any statement that this was then and this is now. Granted, there was an attempt at adopting an ethics code. But it failed. Couillard was unable to garner a majority for an ethics code at the PLQ, a notoriously disciplined party. Unbelievable.

Couillard took four deliberate actions on the integrity front. First, when the UPAC came down to look for proof of wrongdoing in the PLQ headquarters last summer, Couillard decided to hide this fact from the public for two long months. Then, when the Charbonneau commission wanted to use tape recordings pertaining to the financing of the Charest campaign in Sherbrooke, Couillard instructed the Liberal lawyer to stop the release of the tape. It failed.

When the information was released, Jean Charest issued a statement saying he was beyond reproach. What did Couillard do ? Ignore it and say Mr Charest is old enough to answer for himself, thus putting much needed distance between him and the former leader ? No. He held a press conference and fully supported Mr Charest’s stance and reputation. Very risqué, if you ask me.

He made another important political call. The PQ feels much needs to be mended to build back public confidence towards politicians. One way is to punish politicians who break their moral contract with voters in their ridings when they resign, for no good reason, and trigger a costly byelection. Let the selfish MNA resign, we say, but without the severance pay. The measure is very popular. We could have adopted it. Couillard said no. The reason ? He was protecting the pocketbook of two of his own: soon to resign Raymond Bachand in Outremont and Emmanuel Dubourg in Viau.

The pocketbook of a rival (Bachand) and of a minor figure (Dubourg) were more important for him that taking a further step to reestablish public trust. Sad.

What if he’s elected ?

The Couillard record is clear. He is no Eliot Ness. He is no crusader for integrity. He’s trying to shun the issue, to hide it, not to fight it.

In the unlikely and unfortunate event of a Couillard-led PLQ government, what is bound to happen ? Court documents show that the UPAC is closing in on 11 Liberal operatives involved in a scheme of illegal financing involving millions of dollars. We see on TV policemen trying to link Jean Charest’s friend, adviser and bagman Marc Bibeau to alledged fraud in the Train de l’Est construction, rife with cost overruns under Liberal management.

The UPAC is one heartbeat away from exposing the Liberal system. Il would probably do that in the first year of a Couillard government. [So it took a bit longer.] The scandal could render it catatonic.

How would Philippe Couillard manage it ? There are only two things Mr Couillard managed in public life. He set up the CHUM and the CUSM. Of the two directors he left behind, one is now indicted, the other was shown the door. Scandal and cost overruns tarnished both nascent institutions. That is his managerial legacy. As a leader, he clearly failed to show strenght and purpose on the integrity issue.

My Anglo friends may disagree with Pauline Marois and the PQ on many issues. There will be democratic debates and votes on important matters. But for those who feel integrity in politics is paramount, the choice is clear.

A shortened version of this article was published in The Suburban

Avec le PQ: Un bond qualitatif pour les familles à Montréal

Pour la première fois, la question de la rétention des familles à Montréal est devenu une priorité d’un gouvernement du Québec.

Nous avons réuni un large groupe d’experts qui a produit l’automne dernier un rapport unanimement applaudi sur la question. Nous nous sommes engagés à livrer la marchandise. Nous l’avons fait ce dimanche en présentant six mesures nouvelles pour changer significativement la donne et rendre Montréal beaucoup plus attractive.

Mes collègues candidates Nicole Léger (Pointe-aux-Trembles), Carole Poirier (Hochelaga-Maisonneuve) et Véronique Fournier (Saint-Henri—Sainte-Anne) m’accompagnaient pour l’occasion.

Nous estimons que retenir les familles sur l’île de Montréal — ou leur proportion est moindre que dans le reste du Québec — permet de contribuer à l’essor humain, culturel, économique et linguistique de la métropole. Nous savons aussi que la moitié des familles qui décident de quitter l’île pour la banlieue auraient préféré rester à Montréal.

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Avec Carole Poirier, Nicole Léger et Véronique Fournier

Un nouveau gouvernement du Parti québécois compte agir concrètement sur les deux embûches principales à la rétention des familles : le coût des habitations et la disponibilité d’unités répondant à leurs besoins.

Six mesures complémentaires seront mises en œuvre.

1. Améliorer le programme ClimatSol pour la protection des sols et la réhabilitation des terrains contaminés

Les coûts reliés à la décontamination constituent un obstacle majeur pour la construction de nouvelles habitations à Montréal et poussent les prix à la hausse. Les paramètres actuels du programme de décontamination ClimatSol sont mal adaptés à la réalité montréalaise. Dès cette année, un gouvernement du Parti Québécois procédera à une révision du cadre réglementaire sur la protection et la réhabilitation des terrains et la gestion des sols contaminés, en tenant compte des particularités propres à Montréal dans le cadre du programme ClimatSol. Les terrains décontaminés grâce à cet effort supplémentaire de 10 millions de dollars seront prioritairement dédiés à la construction d’habitations familiales, sociales, communautaires et abordables.

2. Créer une banque de terrains

Des dizaines de terrains publics, propriétés du gouvernement du Québec ou de la Ville de Montréal, sont disponibles sur l’île. Un gouvernement du Parti Québécois proposera à court terme à la Ville de Montréal la mise sur pied d’un comité conjoint chargé de répertorier les terrains vacants pour en constituer une banque. Le comité déterminera les façons de faciliter la mise en disponibilité de ces terrains pour la construction de logements et d’habitations pour les familles, notamment par des coopératives et des organismes sans but lucratif (OSBL).

3. Encourager les promoteurs à élaborer des projets domiciliaires répondant aux besoins des familles

Dans les projets importants de construction résidentielle, une part significative de la nouvelle offre doit être adaptée aux besoins des familles. En conséquence, un gouvernement du Parti Québécois donnera aux villes le pouvoir d’exiger la construction de logements comprenant plus de deux chambres pour les familles.

4. Endiguer la spéculation immobilière des propriétés indivises

Depuis quelques années, le parc locatif montréalais s’amenuise, du fait de la transformation des immeubles locatifs en propriétés indivises à des fins de revente. Un gouvernement du Parti Québécois analysera, notamment avec la Ville de Montréal, les mécanismes, les réglementations et les programmes aptes à endiguer ce phénomène, tout en permettant aux locataires qui désirent légitimement acquérir leur logement de pouvoir le faire.

5. Faciliter la propriété collective des immeubles

Une pratique novatrice d’accès à la propriété à moindre coût consiste à permettre à des coopératives et à des OSBL d’acquérir des immeubles ou des ensembles résidentiels qui deviennent la propriété collective des occupants. Un gouvernement du Parti Québécois proposera de confier, conjointement avec la Ville de Montréal, un mandat spécifique aux groupes de ressources techniques (GRT) spécialisés dans ce genre d’opérations afin de les faciliter.

6. Adapter la réglementation québécoise à la réalité montréalaise

Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à doter le Québec d’une nouvelle politique d’habitation qui élaborera des réponses adaptées aux besoins nouveaux en matière de logement. Cette politique prendra en compte les défis posés par les quartiers centraux et anciens. Elle protégera notamment les locataires aînés contre le risque d’éviction de leur logement.

Un gouvernement du Parti Québécois s’engage également à moderniser la Loi sur la Régie du logement afin d’en simplifier les règles et d’en améliorer l’accès et les délais.

Ces six nouveaux engagements s’ajoutent aux annonces faites lors de la publication de la plateforme montréalaise du Parti Québécois, qui comporte notamment les mesures suivantes :

  • Soutenir la construction de 7500 logements sociaux, communautaires, abordables et étudiants au cours des cinq prochaines années, dont au moins 2500 seront destinés aux familles.
  • Améliorer la transparence du processus de fixation du prix des appartements locatifs, en examinant notamment la faisabilité de la mise en place d’un registre des baux.
  • Encourager les initiatives de verdissement dans la région métropolitaine.
  • Favoriser la mise en place d’une politique d’atténuation du bruit dans les quartiers de Montréal.

 

Véronique Fournier, chez qui nous étions pour cette annonce, a conclu en ces termes: « Montréal se distingue de la majorité des autres villes d’Amérique du Nord par ses quartiers centraux animés. Cette vie de quartier, nous la devons en grande partie aux familles qui y habitent. Notre parti croit qu’il faut permettre à davantage de familles, peu importe leur revenu ou leur situation, de faire le choix de vivre en ville. Nous nous engageons à poser des gestes forts et concrets en ce sens. »

Loi 101 et Arabie Saoudite: le calvaire de Couillard continue…

Ce doit être lassant d’être Philippe Couillard ces jours-ci. Il y a l’intégrité, l’UPAC qui lui colle aux mollets, cette idée brillante de laisser chaque chef de police décider du port de signes religieux, et l’obsession du bilinguisme.

Aujourd’hui en point de presse, des journalistes résilients ont voulu connaître le fond de sa pensée sur les mesures supplémentaires qui seraient de nature à protéger le français selon les Libéraux, puis ils ont eu un malain plaisir à ouvrir un nouveau front, celui de son rôle de conseiller des ministres d’Arabie Saoudite.

Lisez plutôt:

Préserver « l’harmonie sociale » en niant tout recul du français

Journaliste : Il y a même des libéraux qui trouvent que vous n’assurez pas la sécurité identitaire sur la question de la langue à cause de votre déclaration.

Couillard : Au contraire, l’histoire de notre parti, c’est la défense du caractère spécifique du Québec et l’affirmation du visage français indispensable du Québec.

Journaliste : Mais précisément, [l’ex ministre libéral Benoît] Pelletier se demande qu’est-ce que vous feriez comme mesure au-delà du volontariat pour protéger le français?

Couillard : C’est là que le choix se trouve. Parce que je crois que tous les Québécois, et je prends ça pour acquis, de tous les horizons veulent non seulement préserver, mais promouvoir le visage français du Québec. Alors, d’un côté notre approche elle est basée d’abord sur l’application rigoureuse de la loi 101, telle qu’elle existe. Deuxièmement, c’est des mesures d’accompagnement et de promotion. Je vous donne un exemple très concret pour franciser les petites entreprises, plutôt que de les enfouir sous une paperasse incontournable, on est beaucoup mieux de les aider avec les chambres de commerce, les agents de francisation. C’est beaucoup plus positif, ça fonctionne mieux, mieux le parler, mieux l’enseigner aux arrivants, ça c’est notre approche. L’approche de Mme Marois et du PQ, encore des lois et encore des règlements, encore des tracasseries, ce qui ne fera pas changer l’état du français en pratique.

Journaliste : Il n’y a pas de nouvelle mesure, c’est que du volontariat

Couillard : La promotion positive et d’appliquer ce qui est en place, et la promotion du français, c’est une mesure.

Journaliste : Mais les études indiquent quand même que le français recule.

Couillard : Un instant ! Les études montrent que la loi 101 fonctionne à Montréal ! Les nouveaux arrivants adoptent le français dans une plus grande proportion comme langue publique, dans l’espace public et c’était le but de la loi 101 et ça fonctionne, leurs enfants vont à l’école française. Le visage français du Québec, croyez-moi, moi qui a 56 ans, il s’est vastement amélioré depuis les dernières années, c’est considérable, il faut continuer dans cette direction et il faut avoir une identité forte. Et en passant ce qui donne une identité forte et la liberté de choix pour les Québécois, c’est une économie forte et des emplois.

Journaliste : Est-ce que vous craignez de mettre de l’avant de nouvelles mesures par crainte de rompre l’équilibre linguistique ?

Couillard : Je crois que la loi 101 sur le plan législatif a atteint l’équilibre linguistique. Sur le plan législatif et réglementaire, je ne crois pas que ça aiderait l’harmonie sociale.

Ce qu’en pense un ancien ministre libéral

Le goût de Philippe Couillard pour l’inaction réglementaire et législative en matière linguistique ne fait pas l’unanimité dans les rangs Libéraux. L’ex-ministre Pelletier, auquel le journaliste faisait référence, disait ce qui suit à Anne-Marie Dussault ce vendredi, après la déclaration embarassante du chef libéral sur les ouvriers bilingues-au-cas-où-un-acheteur-anglo-pose-une-question:

Benoit Pelletier : « La majorité des Québécois, des francophones, souhaitent qu’il y ait des mesures pour protéger davantage la langue française. (…) C’est la langue qui a besoin de protection. Ça ne suffit pas de dire, il faut que les gens soient bilingues, ce qui est vrai, mais il faut aller plus loin. Il faut que le PLQ, avec les autres formations politiques aussi, propose quelque chose pour renforcer la langue française parce que beaucoup de gens sont inquiets par rapport à l’épanouissement et au rayonnement de cette langue.

A-M Dussault : Philippe Couillard a-t-il fait une erreur (au débat) ?

B. Pelletier : « Je ne dirais pas que c’est une erreur, mais il va falloir au cours des prochains jours qu’il aborde le sujet de façon rigoureuse, et avec une série de mesures à proposer. C’est un peu le danger d’avoir comme slogan « on s’occupe des vraies affaires ». Ça laisse un peu l’impression que les questions identitaires n’en font pas parties de ces vraies affaires là. Alors qu’au contraire, les questions identitaires sont centrales.

Quand vous vous apprêtez à devenir le premier ministre du Québec, c’est tout à fait différent d’être le premier ministre de l’Ontario. Pourquoi ? Parce que vous allez gouverner une société, qui par ailleurs est une nation, qui se définie essentiellement par sa langue, sa culture, son droit privé distinct, par ses institutions et son mode de vie. Alors si vous n’avez rien à offrir en matière de langue et que vous évacuez complètement le thème de l’identité, vous risquez à ce moment-là de faire face à bien des difficultés en campagne électorale. »

A-M Dussault : Les libéraux laissent entendre que le français n’est pas en danger, le bilinguisme est toléré…

B. Pelletier : « Je pense que quand on parle d’une situation qui, en matière linguistique, est harmonieuse et on ne veut pas briser l’harmonie, je peux comprendre, mais il ne faut pas non plus que cette volonté, de ne pas briser l’harmonie, se fasse au dépend de la langue française. Alors la lutte pour la langue française est une lutte constante vous savez. Dans un contexte d’anglicisation et d’américanisation, il est encore plus important de défendre la spécificité québécoise.(…)

J’attends qu’il (M. Couillard) propose quelque chose en matière de langue et en matière de culture, qui sont pour moi des enjeux essentiels. Effectivement, je pense que la réponse voulant que les gens doivent être bilingues ou éventuellement même trilingue n’est pas de nature probablement à répondre aux besoins d’une majorité de Québécois en ce moment. »

Faire semblant de ne pas faire la différence entre être ambassadeur en Arabie et conseiller du régime

Mais revenons au point de presse de ce dimanche, où les journalistes ont ouvert un tout nouveau front:

Journaliste : Mme Marois vous a reproché de ne pas avoir suffisamment dénoncé le régime saoudien à votre retour. Elle fait même un lien avec la charte, elle dit deux poids deux mesures.

Couillard : Quelle niaiserie, je m’excuse, mais quelle niaiserie de dire une affaire de même. Comme s’il y avait un Québécois qui trouve acceptables les coutumes sociales de ce pays-là ou d’autres pays. C’est un peu comme si quelqu’un vous disait que je vais travailler au Texas, « ah t’es pour la peine de mort d’abord ». C’est tellement ridicule que ça se passe de commentaire. Au contraire, le fait de voir ça me rend encore plus confiant et heureux de vivre au Québec, au Canada, avec un pays qui a les libertés à cœur, et l’égalité des hommes et des femmes est absolument garantie.

Journaliste : Mais vous avez travaillé pour l’État saoudien, il y a quand même une différence entre aller travailler au Texas et travailler pour précisément un État et conseiller des ministres ?

Couillard : Que faites-vous des milliers de Québécois et de Canadiens qui encore aujourd’hui le font? Est-ce que ça veut dire que ces gens-là entérinent les coutumes de ces pays-là, voyons donc, quel simplisme.

Journaliste : Il n’y a pas des milliers de Québécois qui conseillent des ministres du régime saoudiens.

Couillard : Il y en a plusieurs dans tous les pays occidentaux et à ce que je sache on a des relations diplomatiques complètent avec ce pays. À moins que Mme Marois annonce que son Québec séparé, il n’y aura plus de relations diplomatiques. Je ne crois pas qu’elle le ferait. Alors, quand même, un peu de bon sens, un peu de nuance, c’est des niaiseries.

 

Le problème de langue, et d’oreille, de Philippe Couillard

Après sa catastrophique déclaration au débat sur la nécessité pour chaque employé d’usine de connaître l’anglais au cas où un acheteur étranger de passage voulait lui poser une question, M. Couillard s’est fait expliquer la loi 101 par un de ses conseillers. Il a donc dit en point de presse vendredi ce qu’il fallait dire sur le droit de travailler en français.

Malheureusement, sa correction a dépassé sa pensée. La sincérité avec laquelle il avait défendu le bilinguisme intégral sur la ligne de montage jeudi soir s’est exprimée à nouveau à Roberval vendredi lorsqu’il a ajouté:

«Quand on est à Val-d’Or, Roberval ou La Tuque, on ne trouve pas au coin de la rue un employé couramment bilingue. Il faut alors recruter hors de la région.»

D’abord, M. Couillard devrait savoir qu’on trouve aujourd’hui des Québécois bilingues dans toutes les régions du Québec. En nombre nettement suffisant, en tout cas, pour assumer les quelques fonctions qui nécessitent l’anglais dans les postes d’achat ou de vente ou de service à la clientèle. Ou pour servir d’interprète à un acheteur anglophone de passage.

Cette déclaration montre combien Philippe Couillard est hanté par ce qu’il estime être la nécessité d’un bilinguisme intégral sur les lieux de travail, et combien il serait dangereux pour le Québec d’avoir à sa tête quelqu’un qui a cette conviction et qui l’exprime à chaque détour.

Une revue de presse terrible

Des chroniqueurs aux horizons divers ont immédiatement saisi l’énormité du danger posé par la pensée linguistique du bon Dr Couillard. Dans le Journal de Montréal, Christian Dufour a assimilé sa déclaration à une « sorte de Speak White mondialisé, version 2014″.

Dans une dévastatrice « Lettre à Philippe Couillard » la d’habitude très posée éditrice de L’actualité, Carole Beaulieu, affirme qu’on « ne peut laisser entendre à tous les travailleurs du Québec qu’ils doivent être bilingues s’ils veulent un avenir. Ce serait retourner à la préhistoire linguistique. »

Extrait:

Mon ouvrier de père a rejoint un jour les libéraux. C’était l’époque de Jean Lesage, et je n’étais encore qu’une fillette sur ses genoux. Mais je me souviens d’une étincelle. De conversations enlevantes et d’éclats de voix dans le salon. D’un dos plus droit. D’un enthousiasme.

Des années plus tard, je comprendrai que c’est le « Maîtres chez nous » lancé par Jean Lesage qui avait redressé les épaules de mon père. Tout comme l’avait fait l’année précédente, en 1961, la création de l’Office québécois de la langue française ! […]

Quelques années plus tard, en 1977, grâce à la Charte de la langue française — cette loi 101 adoptée par le gouvernement péquiste de René Lévesque —, mon père a enfin pu apprendre et utiliser des mots français pour parler de tous ces outils, de toutes ces pièces de voiture qu’il connaissait si bien, mais qu’il avait toujours dû nommer en anglais « pour le client », « pour le contremaître », « pour le patron des États-Unis » qui passaient.[…]

Si vous aspirez vraiment à faire de tous les Québécois de parfaits bilingues — pour qu’ils puissent expliquer leurs appareils aux acheteurs d’Angleterre ou des États-Unis qui passent —, vous trahissez la confiance que des ouvriers comme mon père ont déjà mis dans votre parti. Et vous menacez l’avenir des francophones d’Amérique.

Au Devoir, l’éditorialiste Bernard Descoteaux a bien saisi le danger. Extrait:

La pression que l’anglais exerce déjà sur le français à Montréal est visible, mais le chef libéral parle d’indicateurs positifs. Il est aveugle au déclin du français à Montréal, pourtant mesuré par plusieurs études, qu’il s’agisse du nombre de francophones vivant sur l’île de Montréal (48,7 %), comme de l’usage prédominant du français au travail (32,1 %).

Parler de menace relève aux yeux de Philippe Couillard d’une mentalité d’assiégés propre au Parti québécois. Soit, s’il ne faut pas crier au loup inutilement, il ne faut pas refuser, sous prétexte de se distinguer de l’adversaire péquiste, de regarder froidement l’état du français et les pressions grandissantes qu’il subit.

L’attitude des libéraux sous Jean Charest a été d’intervenir le moins possible. Pensons au dossier des écoles passerelles où il a tergiversé pour faire le service minimum. Rien dans le propos de Philippe Couillard ne laisse croire qu’il pourrait rompre avec cet attentisme pour revenir à une attitude défensive du français comme l’était le Parti libéral sous Robert Bourassa.

Que peuvent donc vouloir dire pour le chef libéral des mots comme « veiller à toujours affirmer et défendre le caractère français du Québec » ? Qu’adviendra-t-il de la sécurité culturelle de la société québécoise si celui qui est censé en être le gardien abdique ses responsabilités à l’égard de la langue ? On peut d’autant plus s’en inquiéter qu’il a déjà abandonné toute volonté de vouloir agir sur le plan constitutionnel.

Et le journaliste et blogueur de Radio-Canada, Michel C. Auger, a déploré la déconnection du chef libéral face à la réalité québécoise dans son texte « Philippe Couillard n’a pas d’oreilles ». Extrait:

Pas d’oreilles, c’est la traduction de l’expression anglophone « tone deaf ». En politique, ça veut dire être sourd au discours ambiant, à ce que ses concitoyens disent. Ce qui fait qu’un politicien va se mettre à fausser et à ne pas être du tout au diapason de ses concitoyens.

Les Québécois vont pardonner bien des choses à leur premier ministre. On ne leur demande pas d’être parfaits, d’équilibrer le budget chaque année, de faire des miracles et d’abolir les attentes dans les urgences. Mais il y a une chose qui distingue le poste de premier ministre du Québec de tous les autres sur ce continent : il est le gardien d’une nation qui s’exprime par une langue et une culture unique.

Le premier ministre doit être vu comme le premier défenseur du français au Québec. C’est incontournable et c’est ce qu’ont compris des premiers ministres fédéralistes comme Robert Bourassa et Jean Charest.

Philippe Couillard semble être sourd à cette réalité. Au débat des chefs, Françoise David ne lui a même pas tendu un piège quand elle lui a demandé si des employés sur une ligne de montage devraient être bilingues. M. Couillard a mis les deux pieds dans le piège de lui-même.

Les ouvriers d’usine n’ont pas à savoir l’anglais pour travailler sur la ligne de montage, c’est une réalité qui existait avant la loi 101et qui a largement justifié cette législation. Et si un acheteur américain ou britannique se pointe, il ne manquera pas de gens dans l’entreprise qui parlent anglais pour lui montrer le produit.

En voulant faire la promotion du bilinguisme personnel — et la très grande majorité des Québécois sont d’accord avec lui pour dire que c’est plus que souhaitable —, le chef libéral a eu l’air d’envoyer promener un grand pan de la loi 101 et de revenir au temps où l’anglais était la langue de travail partout, même dans les villes les plus francophones.

M. Couillard n’a pas plus d’oreilles sur d’autres aspects de la politique linguistique. Depuis le début de la campagne, et encore vendredi. M. Couillard a dit qu’il en avait assez du réflexe protectionniste et réducteur qu’il dit voir chez le PQ sur les questions linguistiques.

La correspondante parlementaire de la radio anglophone CJAD a résumé en moins de 144 caractères le problème Couillard:

goldenruleTraduction: Couillard a brisé certaines des règles d’or de la politique québécoise: 1) ne dites pas aux Québécois qu’ils doivent être bilingues 2) SPÉCIALEMENT pas au travail

Couillard, un Charest à la deuxième puissance

Il y a un parallèle à faire avec Jean Charest. Lui aussi, à son arrivée au pouvoir en 2003, était imprégné d’un irrépressible désir de faire du Québec un endroit où le bilinguisme était la norme. Il n’a pas changé d’avis, mais il a changé de discours, en politicien habile. Neuf ans durant, le français a reculé grâce à son inaction.

On pouvait expliquer son insensibilité à ces questions du fait de son passage en politique fédérale, de son éloignement politique de la réalité québécoise. Philippe Couillard n’a pas cette excuse. Il n’est pas un produit d’Ottawa. Il est devenu insensible à la question francophone de lui-même. Sans aide. C’est bien pire.

Message de Couillard aux employeurs: Exigez TOUJOURS l’anglais!

Lorsqu’on est chef de parti, et plus encore aspirant premier ministre, les mots comptent. Les signaux envoyés à la société ont un impact sur les comportements. Et la société québécoise a toujours été très attentive aux signaux linguistiques émis par les élus. Pendant les années péquistes, les entreprises font plus attention à leur politique linguistique. Pendant les années libérales, c’est le contraire.

Je me souviens du jour où Lucien Bouchard avait fait venir les grands distributeurs dans son bureau pour leur dire qu’il n’acceptait pas que l’affichage bilingue revienne dans les grands magasins du centre-ville, ce qui était en train de se faire. M. Bouchard allait, dans son intervention, au-delà de l’exigence légale pour le français. Terrifiés à l’idée de subir une mauvaise publicité, donc une baisse de clientèle, à cause de cette polémique, les grands magasins ont juré de ne rien changer. (Cela s’est dégradé par la suite après l’arrivée du PLQ au pouvoir).

Philippe Couillard, lui, vient de donner le pire signal possible. En affirmant, au débat, que le bilinguisme était essentiel sur les lignes de montage des usines car il est possible qu’un client étranger veuille poser une question à un salarié, il vient de donner un terrible signal à tous les employeurs du Québec.

http://youtu.be/rN_KZ63zi1k

La loi 101 stipule qu’un employeur ne peut exiger la connaissance de l’anglais pour un employé que s’il fait la démonstration que cette langue est nécessaire pour réaliser la tâche. C’est souvent le cas: achats chez des fournisseurs étrangers, service à la clientèle locale et étrangère anglophone, exportations, etc. Mais ce n’est évidemment jamais le cas dans la fabrication.

Malgré la loi, l’OQLF a noté dès 2008 que 40% des employeurs de l’île de Montréal exigeaient systématiquement l’anglais à l’embauche — ce qui est nettement exagéré. Et qui a pour résultat que près de 40% des salariés allophones de l’île parlent principalement anglais au travail. De plus, la part de la main-d’œuvre des entreprises privées résidant sur l’île de Montréal et travaillant uniquement en français a diminué de 9,9 points de pourcentage entre 1997 et 2010. De plus, le pourcentage de ces employés travaillant généralement en français est passé de 45,3 % en 1989, à 41,0 % en 1997, puis à 32,1 % en 2010.

Le projet de loi 14, rejeté en bloc par le PLQ de Philippe Couillard, tentait de remédier à cette situation en balisant mieux cette obligation, à la fois pour les grandes entreprises et pour les moyennes, de 25 à 49 employés, que l’ont veut graduellement couvrir.

Pauline Marois et Diane de Courcy ont annoncé ce matin que cette disposition, comme les autres prévues dans le projet de loi 14, seront réintroduits dans une nouvelle réécriture de la Charte de la langue française sous un gouvernement du Parti québécois.

On sait maintenant ce qui se passerait sous un gouvernement du Parti libéral. Il est certain que la loi ne sera pas resserrée. Et il est à prévoir que la loi actuelle — trop faible — ne sera pas appliquée. Car le potentiel Premier ministre Couillard aura donné la permission — non, pas la permission — le mandat à tous les employeurs du Québec de réclamer la connaissance de l’anglais à l’embauche pour qu’il puisse répondre, le cas échéant, à la visite d’un acheteur étranger.

Le texte intégral de l’échange P. Couillard F. David au débat:

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En direct: l’auto-destruction de Philippe Couillard

Franchement, on pensait que la journée de M. Couillard avait mal commencé avec la révélation-choc de son compte en banque dans un paradis fiscal.

Mais il aura accompli l’impossible: nous faire oublier le paradis fiscal en descendant dans l’enfer linguistique. En plus de nier qu’il y ait quelque problème que ce soit avec la langue à Montréal, il a affirmé avec une grande sincérité qu’il estimait que les employés d’usine, dans les chaînes de montage, doivent savoir l’anglais. Pourquoi ? Au cas où un acheteur anglophone voulait se faire expliquer un problème par un salarié.

Robert Bourassa a dû se retourner dans sa tombe. Claude Ryan avec lui.

Cette proposition de bilinguisme intégral dans les lieux de travail est un suicide politique. J’ai dû voir une centaine de débats dans ma vie politique et de journaliste, je n’ai jamais assisté à un tel désastre.

M. Couillard s’était déjà beaucoup amoché en affirmant, sur la Charte, qu’il reviendrait aux chefs de police de décider, chacun chez lui, si oui ou non un policier aurait le droit de porter un signe religieux.

Il avait commencé à s’autodétruire, en début de débat, sur les questions d’intégrité, étant mis sur la défensive à la fois sur le moralement indéfendable paradis fiscal et sur son entreprise fantôme avec Arthur Porter.

François Legault a soulevé un bon élément en demandant comment un ancien ministre de la Santé (Couillard) avait pu s’associer au DG d’un superhôpital, alors que ce dernier devait consacrer 100 % de son temps à la gestion de son institution.

Qui a gagné le débat ? Chacun aura son favori et je vote pour Pauline: elle fut claire, pédagogique, ferme, pratique.

Mais quelqu’un a perdu le débat de façon spectaculaire: Philippe Couillard.

Un ratage historique.

« Si j’avais su… » – la complainte de Philippe Couillard

Ce matin à l’émission de Bazzo à Radio-Canada, la députée libérale Christine St-Pierre a du admettre qu’elle ne savait pas que Phillipe Couillard avait eu un compte bancaire dans un paradis fiscal huit ans durant. Elle l’a appris hier, grâce au travail journalistique. (Ce même travail journalistique qui a alerté les Québécois, à partir de 2010, de l’ampleur de la corruption qui a saisi le Québec sous l’administration libérale.)

Donc, elle ne savait pas. Les autres libéraux ne savaient pas non plus. Cette information aurait pourtant été extrêmement utile, il y a un an, lors de la course au leadership du PLQ. Le candidat Raymond Bachand, qui ne s’est pas gêné pour dire que les liens d’amitiés entre M. Couillard et l’escroc présumé Arthur Porter allait plomber la réputation de son adversaire, aurait usé de l’argument paradis-fiscal comme d’une massue.

Et le résultat du vote en aurait peut-être été changé. Nous ne le saurons jamais.

Nous sommes donc en présence d’un chef libéral qui savait, depuis le premier jour de son entrée en politique, que cette information allait nuire considérablement à sa réputation et à celle de son parti. Il a donc fait le choix, conscient, de la taire au cours de toutes ces années. A chaque étape, il s’est — c’est certain — posé la question de la divulgation volontaire de cette info, sans doute avec quelques proches conseillers. A chaque étape — c’est certain — il a fait le choix conscient de ne rien dire.

La mauvaise gestion du risque

Un autre choix était possible. Il aurait pu, dans une entrevue, très tôt dans sa vie de ministre, évoquer ce passé, au moment de son choix. Un mauvais moment à passer, un information négative à gérer, mais pas dans un moment de crise. C’aurait été le choix de la transparence intelligente.

Mais il a pris un risque. Il a joué. Il a parié que personne ne s’en apercevrait. S’il avait gagné, il était sauf. Lui et son parti. Mais s’il perdait, il savait que cette information pouvait surgir au plus mauvais moment, au moment cauchemar: à la veille d’un débat décisif pour une campagne électorale cruciale.

Cet épisode me rappelle mes années de journaliste à Washington. Lors de la campagne présidentielle de 1988, un certain Dan Quayle, Sénateur d’Indiana, avait été désigné candidat républicain à la vice-présidence. En quelques heures, les journalistes ont révélé qu’il avait usé d’influences en 1969 pour être exempté de servir au Vietnam, contrairement aux moins bien branchés de sa génération.

Répondant aux journalistes, Quayle a eu cette explication: « Si j’avais su en 1969 que je serais ici avec vous aujourd’hui  [candidat à la vice-présidence], j’avoue que… » Il n’a pas complété sa phrase, mais on a compris son regret rétrospectif.

Alors la même question doit trotter dans la tête du chef libéral aujourd’hui. S’il avait su alors qu’il serait chef du PLQ et que l’information allait l’empoisonner la veille d’un débat, il n’aurait pas mis son argent dans un paradis fiscal.

Question bien traduite par l’ex-ministre libérale Liza Frulla, tentant de défendre l’homme du Paradis fiscal:  « Est-ce qu’en 2000 il savait qu’il était pour se présenter comme Premier ministre? »

S’il avait su, ministre, que l’information allait sortir au mauvais moment, il aurait fait preuve de transparence.

S’il avait su, pendant la course au leadership, que l’info allait sortir… il aurait probablement attendu au lendemain de la course pour faire sortir l’information…

La faute de jugement

Ce jeu du « Si j’avais su… » ne pointe que dans une direction: l’absence de jugement. Dans ce cas, comme dans bien d’autres, Philippe Couillard a manqué de jugement. Le dommage causé à sa réputation personnelle est une conséquence bien méritée. Le dommage causé à la réputation — déjà bien malmenée — de son parti est pire encore. Car les Libéraux n’ont pas voté pour ça. Ils pensait voter pour quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’avait rien à cacher. Ils se sont trompés. Ils ont été trompés.

Quelque part, à Montréal, Raymond Bachand sourit en silence…