Lucien Bouchard, l’anti-péquiste

En ce jour de janvier 1996, fraîchement couronné chef du Parti québécois, donc premier ministre, par des militants péquistes confiants qu’il les conduirait au pays, Lucien Bouchard tenait sa première réunion de caucus. Il avait mis son régulateur de charme à la position maximale. Évoquant les années où il avait eu sa carte de membre, il eut cet aveu : « Moi, je connais pas très bien le parti. Je donnais mon 3000 $ par année [le maximum permis à l’époque], ma femme donnait son 3000 $, mais on n’allait pas aux réunions et tout ça. » Assis au fond de la pièce, j’entendis un député dire à un autre : « Quand tu donnes 6000 $ par année, t’as le droit de pas venir aux réunions ! »

La mairesse accidentelle (texte intégral)

« Je n’avais jamais entendu Valérie dire une seule chose intéressante. » Nous sommes en 2016. Valérie Plante vient d’annoncer qu’elle sera candidate à la direction de Projet Montréal. Dans les troupes du petit parti progressiste, l’incrédulité est générale, comme l’atteste cette citation de l’alors conseillère Christine Gosselin.

Montréal bilingue ? Yes sir !

Lucien Bouchard était bien indulgent d’accepter ma demande de rencontre, à l’été 2000. Je lui avais donné du fil à retordre en publiant au printemps un livre intitulé Sortie de secours, où j’osais affirmer qu’à moins d’un virage stratégique majeur, le grand homme ne ferait pas l’indépendance. J’ajoutais qu’il serait forcé de démissionner, plus tard dans l’année, lorsqu’il s’aviserait que Jean Chrétien obtiendrait, à l’élection fédérale, un plus grand nombre de votes au Québec que M. Bouchard en avait obtenus dans sa propre élection.

Merci pour la moisson

C’était avant le temps de l’ingratitude. C’était quand on ne tenait pas tout pour acquis. Quand on ne pensait pas que tout nous était dû. C’était au contraire au temps où on avait trimé dur aux champs, qu’on avait dessouchés à s’en fendre les os, qu’on avait retourné la terre, planté les semences, entretenu les pousses, puis engrangé la moisson. On n’avait compté que sur nous-mêmes et, un peu beaucoup, sur le soleil et la pluie.