Moi, culturellement génocidé

J’avoue aujourd’hui avoir été, étudiant, victime de génocide culturel. Francophone, j’ai d’abord dû apprendre la langue du conquérant pour obtenir mes diplômes du secondaire et du collégial à Thetford Mines, où 99 % des membres de ma tribu parlaient français. En droit, dans une UQAM pourtant anticolonialiste, on me força ensuite à lire dans la langue de la reine Victoria des arrêts du Conseil privé de Londres. Leur nature impérialiste me faisait moins rager que leur effet soporifique. Ces épreuves n’arrivèrent pas, cependant, à entamer mon identité. C’est lorsque l’école de journalisme de Paris m’obligea, comme condition non négociable de mon succès, à apprendre une troisième langue — celle du conquistador Cortez — que le génocide percuta ma culture, que j’ai dû renoncer à mes racines et que je fus assimilé.

Les mystères de Kamloops

Huit mois après la découverte de traces de 215 sépultures près du pensionnat pour Autochtones de Kamloops, combien de corps ont été identifiés ? Aucun. Exhumés ? Zéro. La présence d’ossements humains a-t-elle seulement été confirmée ? Non. Une contre-expertise a-t-elle eu lieu ? Non.

Il y a quelque chose de très mystérieux à Kamloops. Et s’il est vrai que des membres des Oblats ont délibérément enterré 215 enfants autochtones sans en aviser leurs parents ou les autorités puis ont réussi à camoufler leur forfait pendant des décennies, nous sommes en présence d’un des plus graves crimes de l’histoire du pays.