La course à obstacle trudeauiste de Réjean Hébert (texte)

Réjean Hébert, Justin TrudeauDifficile de dire qui prend le plus grand risque, dans l’étonnant flirt en cours entre l’ex-ministre péquiste Réjean Hébert et le premier ministre libéral Justin Trudeau.

La motivation de Réjean Hébert a le mérite d’être limpide. Il a consacré sa vie à développer son modèle de grand virage des soins à domicile pour les personnes âgées. Ministre à Québec, le temps et,  il faut bien le dire, l’argent, lui a manqué pour réaliser son projet.


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Il rêve maintenant d’en devenir le maître-d’œuvre à Ottawa et de l’imposer, tout simplement, aux provinces, dont le Québec. Il indique comment il s’y prendrait dans les entrevues qu’il donne ces jours-ci : en modifiant la méthode de financement fédéral de la santé, donc en obligeant le Québec et les autres de prioriser ce que lui, de son poste de ministre de la santé du Canada, voudra qu’ils priorisent.

Lui qui dénonçait, à Québec, les empiétements d’Ottawa dans la santé propose maintenant de faire passer ces empiétements à la vitesse supérieure. Il est donc parfaitement, sur ce point, Trudeau-compatible. Oui, mais, sur les autres points ?

Ne devient pas trudeauiste qui veut !

Le ticket d’entrée dans la tribu trudeauiste est de plus en plus difficile à obtenir. Il ne suffit pas de vouloir y aller. Il faut gagner sa place.

Lorsque Jean Lapierre est retourné au Parti libéral du Canada, après un passage remarqué au Bloc Québécois, il a dû se soumettre à quelques pirouettes. Par exemple, à la question de savoir s’il avait voté oui ou non au référendum de 1995, il a du faire semblant de ne pas s’en souvenir.

L’exemple plus récent de Yolande James doit nous servir d’indicateur pour juger de la difficulté qu’aura Réjean Hébert à arborer le chandail libéral fédéral.

Ex-ministre de l’Immigration de Jean Charest, Yolande James avait été choisie par Justin Trudeau comme une excellente candidate dans le comté sûr de Saint-Laurent pour une élection partielle en avril 2017.

Mais comme, au Parti libéral, il y a encore des conventions d’investiture, Mme James a dû se battre pour devenir candidate. Et elle a dû se battre contre ce qui est considéré comme politiquement incorrect dans l’idéologie trudeauiste.

Or Yolande James avait posé un geste de lèse-trudeauisme, comme ministre de l’immigration. Sous sa gouverne, une femme musulmane avait voulu prendre un cours de francisation en portant son voile intégral, un niqab. La ministre James avait appuyé la décision des autorités scolaires de réclamer de cette dame qu’elle prenne le cours à visage découvert.

Les autres candidats pour ce poste, dont une certaine Marwah Rizqy, lui ont beaucoup reproché cette position qui va à contre-courant du multiculturalisme érigé chez les trudeauistes comme un dogme.

Très motivé à se retrouvée députée fédérale, et probablement ministre, Yolande James a fait son acte de contrition, affirmé qu’elle avait évolué sur cette question, qu’elle n’agirait plus de la même façon.

Cela n’a pas suffi. Elle fut battue à la convention. Durement. Les portes du trudeauisme ne la laisseraient pas passer.

Excellent pour la fête des pères !

Retourner sa veste sur la laïcité

Revenons à Réjean Hébert. Il devrait savoir que la question de la laïcité fera partie de la campagne électorale à venir.  Justin Trudeau a déclaré qu’il est « impensable » que la loi québécoise sur les signes religieux soit appliquée. Son ministre de la justice, le futur collègue de Réjean Hébert et député de Verdun,  l’a déclaré « inacceptable ». Les deux ont affirmé que, lorsque la loi sera en vigueur, Ottawa va agir pour protéger les droits des minorités religieuses. Reste simplement à savoir quelle sera cette action.

Et qu’en dira Réjean Hébert ? Lors du débat sur la Charte des valeurs du gouvernement Marois, il était ministre de la santé. Les banques de données regorgent de citations du ministre Hébert se disant favorable à l’interdiction des signes religieux, non seulement en éducation, mais dans le milieu de la santé. Il en était un promoteur enthousiaste.

Son ancien collègue Bernard Drainville lui a demandé en entrevue s’il appuyait le projet de loi actuel. Il a déclaré n’avoir pas d’opinion à ce sujet.

Les trudeauistes trouveront un peu courte cette réponse. Devenu trudeauiste, Réjean Hébert devra avoir une opinion là-dessus. Il devra se renier, très clairement. Et il apprendra peut-être, comme Yolande James, qu’il ne suffit pas de changer d’opinion pour passer le test. Car lorsqu’on marche sur la peinture, on laisse des traces.

Bref, la course à obstacles qu’entreprend maintenant Réjean Hébert est à haut risque. Dans le pire des scénarios, il réussirait à se faire élire dans un parti libéral qui se retrouverait dans l’opposition pour quatre ou huit ans.

Le risque mal calculé de Trudeau

Posons maintenant la question de la motivation de Justin Trudeau. On mesure mal, du Québec, combien la psychée fédéraliste d’Ottawa est encore marquée par l’aventure conservatrice de Lucien Bouchard. Brian Mulroney avait cru à la conversion fédéraliste de Lucien Bouchard, lui avait donné des portefeuilles considérables. Mais dès que la souveraineté, que chacun croyait morte (comme d’habitude)  a repris du poil de la bête, Bouchard a voulu revenir à ses anciennes amours. Il a démissionné avec fracas du cabinet pour aller former un parti, le Bloc Québécois, qui allait décimer les conservateurs au Québec.

Réjean Hébert n’est pas Lucien Bouchard, non. Mais les cercles fédéralistes ont tiré de l’épisode Bouchard la conclusion qu’il ne faut jamais faire entrer dans le cénacle un ancien souverainiste. Le risque est trop grand. Aucune profession de foi fédéraliste ne peut effacer la suspicion causée par les péchés séparatistes antérieurs.

Et il n’y a rien de pire, comme motivation, de se faire dire par une nouvelle recrue que la souveraineté n’est plus à l’ordre du jour, comme le fait Réjean Hébert. Car, si elle le redevient, à l’ordre du jour ? Les fédéraux ont déjà joué dans ce film-là,  et ils ne veulent pas de remake.

Justin Trudeau a donc un prix politique à payer en recrutant un ancien ministre de Pauline Marois. Chroniqueurs et adversaires mettront en doute la qualité de son jugement.  Ils feront tourner en boucle les déclarations d’hier du bon Dr Hébert.

Soit Trudeau a un mal fou à se trouver des candidats de valeur, soit il a mal mesuré son risque.

L’opération est donc une double course à obstacles pour Trudeau et pour Hébert.


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Message (à peine fictif) des médecins à François Legault: Mille fois merci !

Leadership: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #3 du candidat Jean-François Lisée

« Les gouvernements essaient de ne pas affronter la médecine, ou de ne pas trop l’indisposer. On l’a vu lorsqu’on a accepté le principe du rattrapage par rapport à l’Ontario. On sait que c’est un non-sens. 

Si on essayait de rehausser la rémunération de toutes les professions et tous les métiers au niveau de l’Ontario, ce serait la faillite parce qu’on n’a pas le même niveau de richesse. On reconnaît aujourd’hui que dans un cadre normal, où les relations auraient été plus équilibrées, on n’aurait jamais consenti à une entente comme celle-là.[…] » 

«Notre système de santé n’est pas la propriété des médecins, mais des Québécois. Il devrait être vu, analysé et géré en fonction des besoins des Québécois et des patients. C’est un aspect qui m’apparaît fondamental.
Et on ne progresse pas dans ce sens-là parce que tout ce qui touche le moindrement aux médecins doit toujours être négocié avec les deux fédérations médicales. »

 -Claude Castonguay, père de l’Assurance-maladie, 24 février 2016

Aucune décision prise au cours des dernières décennies n’a causé autant de tort aux finances publiques que l’augmentation de la rémunération des médecins négociée par les docteurs Philippe Couillard et Gaétan Barrette. À ce jour, cette décision a mené au transfert de 3 milliards de dollars vers le 1% des citoyens les plus riches, compromettant l’équilibre déjà fragile des finances publiques, forçant des compressions dans tous les autres domaines d’intervention de l’État, et ce, sans gain pour les citoyens.

De 2006 à 2016, la rémunération totale des médecins (services médicaux payés par la RAMQ) est passée de 3,3 à 7,1 milliard de dollars. Si elle avait cru à la même vitesse que l’inflation (+18%) et que la population du Québec (+9%), cette rémunération se chiffrerait plutôt aujourd’hui à 4,2 milliards de dollars, soit presque 3 milliards de moins que ce nous paierons cette année.

L’augmentation de la rémunération des médecins ne s’est pas traduite par de meilleurs soins offerts à la population. Le nombre d’actes médicaux a légèrement augmenté (suivant l’augmentation générale de la population, +10%), mais le nombre d’actes par médecin a diminué, notamment parce que ces derniers sont parvenus à augmenter substantiellement leur revenu tout en réduisant leur charge de travail.

Comment un prochain gouvernement du Parti québécois pourrait-il reprendre le contrôle face à un tel gâchis ?

Geler l’enveloppe de la rémunération

Il m’apparaît impératif de contenir la valeur totale de l’enveloppe de la rémunération des médecins. Politiquement et financièrement, la croissance de la rémunération est insoutenable et injustifiable, au regard de l’état des finances publiques et de la rémunération des autres Québécois.

C’est pourquoi je propose que le Parti québécois demande en octobre 2018 aux Québécois un mandat électoral fort de geler dès sa prise du pouvoir l’enveloppe de rémunération des médecins, spécialistes et omnipraticiens.

Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que la rémunération globale se rééquilibre autour d’une norme québécoise de la part de la richesse que la société consent à verser à ses médecins – une norme qui n’est pas et ne doit pas être la moyenne canadienne.

De plus, un gouvernement du Parti québécois abolirait dès son premier budget le droit à l’incorporation des médecins et des autres professionnels dont la rémunération est entièrement liée à la dispensation de services publics payés par l’État. (Une mesure qui, à elle seule, pourrait générer des économies allant jusqu’à 150 millions de dollars par an.)

Il ne s’agit évidemment pas de sous-payer les médecins, mais leur rémunération doit s’insérer dans un continuum incluant les autres professionnels du réseau de la santé, et plus largement l’ensemble des travailleurs et des travailleuses du Québec. Les médecins ne doivent pas constituer une caste à part. Cet exercice de rééquilibrage devrait raisonnablement prendre de cinq à dix ans.

Cette proposition soulève quelques enjeux importants:

Les ententes existantes : Malgré les augmentations gigantesques déjà réalisées, les ententes existantes prévoient que la rémunération des médecins augmente encore de 2,3 milliards de dollars d’ici 2021-2022, en raison de l’étalement des hausses convenu avec les fédérations médicales. Cette hausse supplémentaire est insoutenable pour les finances publiques et injustifiable à tout point de vue.

Fort d’un mandat électoral et de l’appui d’un grand nombre de médecins qui s’oppose à la dérive dans laquelle leurs fédérations les ont entraînés, un gouvernement du Parti québécois rouvrirait ces ententes avec les Fédérations pour annuler ces augmentations. D’où l’importance que cet enjeu fasse partie de la discussion lors de la prochaine campagne électorale.

Sait-on que la seule augmentation de 568 millions de dollars par an liée à la clause remorque consentie par le gouvernement libéral aux médecins suffirait pour mettre à niveau en moins de trois ans toutes les écoles vétustes de la Commissions scolaire de Montréal ?

Une nouvelle négociation s’enclencherait sur de nouvelles bases. Il ne fait aucun doute qu’un grand nombre de médecins membres de leurs fédérations, et qui ont à cœur leur rôle de service public et les notions d’équité, seront des alliés précieux dans cette renégociation.

Un « big bang » de la répartition des tâches : Les pharmaciens, les infirmières et les autres professionnels de la santé doivent être beaucoup plus présents pour dispenser les soins. En ce moment, les spécialistes consacrent une trop grande part de leur temps à réaliser des actes qui pourraient être assumés par les omnipraticiens et les omnipraticiens à réaliser des actes qui devraient être délégués notamment aux infirmiers ou aux pharmaciens.

La clinique d’infirmières de la Coopérative de solidarité SABSA à Québec est l’exemple d’une complémentarité réussie au bénéfice d’une clientèle vulnérable. Les infirmières et travailleuses sociales de SABSA ont pu répondre à 95% des besoins en santé des patients. Seuls 5% ont du ensuite voir un autre professionnel de la santé. Des cliniques semblables existent en Ontario depuis des années, et ces infirmières praticiennes n’exercent pas sous la gouverne de médecins.

Pour arriver à une offre optimale de soins, la RAMQ devrait pouvoir réduire périodiquement le financement de certains actes afin d’encourager la hiérarchisation et la pertinence des services rendus, ce qui pourrait être compensé par une augmentation du financement d’actes plus spécialisés ou de la prise en charge des patients.

L’abandon de la norme canadienne : L’augmentation de la rémunération des médecins s’est faite en vertu de l’atteinte de la moyenne canadienne. Pourtant, contrairement aux prétentions du docteur Barrette alors qu’il était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ, l’écart salarial avec le reste du Canada n’a jamais conduit à un exode des médecins. Les départs pour le Canada ont toujours été peu nombreux et principalement motivés par des raisons linguistiques.

En fait, selon les calculs effectués le mois dernier (avril 2016) par l’économiste Pierre Fortin, la hausse excessive de rémunération accordée par le gouvernement libéral procure aux médecins un avantage de pouvoir d’achat de 19 à 34% par rapport à leurs confrères ontariens !

Fortin écrit : « Seulement en 2013-2014, l’excès de générosité envers les médecins du Québec a coûté 838 millions de dollars aux contribuables québécois. L’austérité imposée dans les années récentes aux autres secteurs de l’activité gouvernementale afin de parvenir à l’équilibre budgétaire s’explique en bonne partie par la nécessité d’absorber cette énorme facture annuelle supplémentaire de 838 millions. »

Les redressements budgétaires successifs imposés au réseau de la santé, largement dus aux sommes qu’il a fallu dégager pour assumer les augmentations des médecins, ont entraîné l’abolition de nombreux postes, la réduction de services à la population, la centralisation à outrance, tout cela au détriment du patient.

Je propose donc d’abandonner la norme canadienne et de la remplacer par une norme québécoise, tenant compte de plusieurs facteurs : le coût de la vie inférieur au Québec, la rémunération moindre des médecins dans les pays ayant une meilleure performance en santé et l’équité générale de la rémunération avec les autres travailleurs des secteurs public et privé.

L’impact sur le volume de soin : En ce moment, la rémunération des médecins est un bar ouvert, tout acte médical est remboursé. Cette situation a mené sur deux ans à un dépassement de 800 millions de dollars de la rémunération prévue. Fermer l’enveloppe de la rémunération des médecins devra se doubler d’une meilleure gestion des sommes disponibles, par l’introduction d’un mécanisme d’évaluation continue de la rémunération des médecins afin d’assurer l’optimisation des services médicaux offerts.

Passer de la rémunération à l’acte à une rémunération mixte digne du XXIe siècle : Il est grand temps de revoir le mode de rémunération des médecins, codifiés dans pas moins de  874 pages d’actes médicaux du manuel de la RAMQ.

Comme l’indiquait récemment Claude Castonguay : « La rémunération à l’acte est mal adaptée à la rémunération de gens qui fonctionnent en équipe. Cette approche individuelle ne permet pas de développer la  nécessaire vision d’ensemble permettant de mettre efficacement en réseau toutes les ressources. Les solutions doivent passer non pas par l’ajout de ressources financières supplémentaires, mais par une réallocation à l’intérieur de la masse financière déjà consentie. L’octroi d’une augmentation aux omnipraticiens pour qu’ils acceptent des infirmières praticiennes en première ligne constitue un exemple d’une approche totalement injustifiée. »

Un programme santé beaucoup plus large

Ces éléments ne portent que sur le cadre financier général de mes propositions en santé.

Comme porte-parole du Parti québécois en matière de Services sociaux, de Santé publique, de Protection de la jeunesse et de Soins à domicile, j’ai développé un grand intérêt pour l’ensemble de ces questions, ainsi que celles de la prévention et des saines habitudes de vie.

J’interviendrai sur ces autres volets pendant le déroulement de la campagne à la direction du Parti.

Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne

Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.

Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès

Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins

Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité

Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional

Proposition #6: Identité : La concordance culturelle

Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat

Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable

Proposition #9: Compte à rebours 2022 !

Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !

Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture

Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !

Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »

Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions

 

L’année noire des Québécois les plus vulnérables, les lunettes roses de la ministre Charlebois

Pendant plusieurs heures jeudi et vendredi derniers, j’ai eu l’occasion d’interroger la ministre responsable des services sociaux, Lucie Charlebois, sur l’état désolant de l’action gouvernementale envers les Québécois les plus vulnérables.

La ministre porte d’énormes lunettes roses. Pour elle tout va bien. Pourtant, la réalité terrain dit autre chose. Voici l’essentiel des échanges:

Un bilan global, couleur glauque

Centres jeunesse: des coupures de 14 à 20 millions qui n’ont « aucune conséquence » (insérer rires ici)

Pendant que je posais les questions, ses fonctionnaires ont trouvé en catastrophe la fiche sur les coupes au Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches. Cela prouve donc qu’ils détenaient ces informations alors que le ministère avait répondu le contraire à notre demande d’accès à l’information. Autre remarque: sur le document que nous a transmis le centre, on ne trouve aucune indication que ces coupes n’ont pas eu d’impact sur les services (car ce serait absurde de le prétendre). Sur le document du ministère, quelqu’un a inséré cette absurdité.

La réduction programmée des budgets pour les ressources intermédiaires. La ministre tombe des nues !

Vous avez entendu ? Elle affirme qu’ « Aucune baisse significative des services ne sera acceptée ». Donc OK pour les baisses non-significatives. Mais au-delà de cette commande faite aux DG des Centres de santé, la ministre ne comprend pas que le réseau est placé devant une impossibilité. On leur impose, année après année, des coupes significatives de budget et on les enjoint de ne pas couper les services. Leur réponse : faire semblant de ne pas les couper, mais les couper quand même.

Des coupures en santé publique qui font mal à la prévention

Autisme : Où le député de Rosemont force la ministre à prendre un engagement chiffré de réduction de l’attente

Ce sera une affaire à suivre. Au moins, la ministre fixe un objectif. Encore faudrait-il que nous ayons la capacité de le suivre à la trace. Où sont publiés ces indicateurs ? Et dans quel délai compte-t-elle atteindre cet objectif ? Mystêre.

Prévention du suicide : Le budget de formation des intervenants a disparu à Montréal à cause d’une réorganisation «géniale», selon la ministre

Ici la mauvaise foi crève les yeux. Le programme demande une formation continue d’interventants dont le taux de roulement est important. Toute interruption de la formation est une bourde. Il s’agit clairement, ici, d’un impact des restrictions budgétaires à Montréal.

Réforme des centres de désintox : 900 prestataires ont fui leur traitement. Où sont-ils? la ministre n’en a aucune idée

Ce qui frappe, ici, c’est le manque d’information de la ministre. Elle ne sait pas que 900 prestataires ont quitté leur traitement à cause de la réforme. (Nous l’avons pourtant clamé à plusieurs reprises dans des questions à l’Assemblée). Elle ne sait pas s’ils sont revenus. C’est pourtant facile à calculer.

Itinérance: la ministre Charlebois complètement conquise par la doctrine Harper 

Les réponses de la ministre semblent frustrantes. Cependant l’exercice permet d’exercer une forte pression sur elle pour qu’elle accepte d’utiliser les 10 millions pour réparer ses dégâts. Si elle est la seule à s’y opposer (alors que le milieu le demande et que le fédéral n’y fait pas obstacle) elle cédera sans doute.

Comme le PQ, la Protectrice dit Non à une autre Taxe santé libérale

Ce matin, la Protectrice du citoyen fait entendre la voix de la raison en réclamant, comme on le fait au Parti québécois, l’interdiction des frais accessoires de santé,  imposés à des patients incrédules par certains (une minorité) de médecins spécialistes.

Pour l’instant, la décision de médecins de facturer quelques dizaines ou quelques centaines de dollars à des patients pour des services qui sont gratuits à l’hôpital (mais la plupart du temps qui demandent beaucoup d’attente) est réduite à un millier de médecins. La facture globale est estimée à au moins 50 millions de dollars par an.

En légalisant et normalisant la pratique, le gouvernement libéral donnerait le signal aux 19 000 autres médecins qu’ils ont eu tort de ne pas facturer leurs patients et qu’ils peuvent désormais ouvrir ce robinet, supplémentaire, de revenu. Alors que le rémunération des médecins a monté en flèche ces dernières années, notamment grâce aux efforts du Dr Barrette, alors président des spécialistes.

Voici ce qu’écrit la Protectrice du citoyen ce matin:

Pour le Protecteur du citoyen, une facturation directe aux usagers des frais accessoires aux services assurés compromet les principes d’universalité et d’accessibilité à la base du régime public. On introduirait ici, en effet, des barrières financières qui limiteraient l’accès aux services assurés médicalement requis.

Affectant l’ensemble de la population, ces contraintes pénaliseraient davantage certains segments de la population.

Il importe ici de nommer des groupes de personnes qui seraient parmi les plus touchés par les changements envisagés, soit des personnes :

– à revenu moyen, en particulier celles qui n’ont pas d’assurance privée;
– sans emploi;
– au travail, mais à faible revenu;
– en difficulté ou en perte d’autonomie;
– aux prises avec une maladie chronique;
– victimes d’abus et d’agressions graves;
– aux prises avec un problème de santé mentale;
– avec un handicap physique, intellectuel ou un trouble du spectre de l’autisme;
– avec une dépendance (alcool, drogues, jeux);
– itinérantes.

En matière de protection des droits fondamentaux des usagers, le Protecteur du citoyen est d’avis que réglementer l’imposition de frais accessoires aux services assurés médicalement requis [note: la position du gouvernement libéral] entraînerait des difficultés d’accès, que rencontreraient alors les personnes vulnérables.

Cette situation, conséquente de l’imposition de frais accessoires, ne respecterait pas le droit à la sécurité des Québécois, en plus d’ignorer deux principes qui sont l’essence même du régime public, l’universalité et l’accessibilité.

La Cour Suprême l’a confirmé, être privé de l’accès aux services médicalement requis viole le droit à la vie et le droit à l’intégrité, tous les deux protégés par l’article 1 de la Charte des droits et libertés de la personne.[…]

L’esprit et l’objectif de la législation en la matière sont de promouvoir, pour tous les Québécois, l’accès à des soins de santé de la meilleure qualité possible, sans égard à leur capacité de payer.
L’imposition de frais accessoires aux services assurés, donc médicalement requis, entraîne la réalité suivante : les personnes qui bénéficient d’une assurance privée ou de revenus élevés peuvent s’offrir des services sans se soucier outre mesure des coûts. Plusieurs parmi les autres ne pourront s’offrir ces services ou, pire, y renonceront au détriment de leur état de santé. L’impact délétère sur la santé des frais imposés aux points de services est solidement démontré, au Québec comme ailleurs.
C’est pourquoi cette formule de financement, qui s’est développée au cours des dernières décennies, ne fait pas preuve d’équité entre les individus.

Cette façon de faire risque de contribuer à l’émergence d’un système à deux vitesses : une voie rapide en clinique pour ceux qui ont les moyens de payer et une voie lente menant à l’hôpital pour les autres.

En commission parlementaire ces derniers jours, le PQ a tenté de faire voter un amendement au projet de loi 20 qui aurait, justement, interdit les frais accessoires. Les libéraux ont voté contre et, inexplicablement, la CAQ s’est abstenue (prétextant qu’elle souhaitait plus de débats sur la question).

Voici une intervention où j’explique pourquoi les frais sont une nouvelle taxe santé:

Et voici un échange question-réponse assez serré entre le ministre et moi sur la question:


 

On peut lire le rapport complet de la Protectrice du citoyen sur son site, ici.

Soins à domicile: l’ère du ministre du rationnement

La Protectrice du citoyen a mené l’enquête. Elle est formelle. Le gouvernement Couillard ne donne pas suffisamment de ressources au système de santé pour couvrir les besoins en soins en domicile. En fait, c’est au point où les soins sont rationnés.

Elle n’utilise pas le terme, m’a rétorqué à l’Assemblée le ministre Barrette. En effet. Mais voici ce qu’elle dit en citant des cas qui, précise-t-elle, « illustre le problème de l’insuffisance des ressources »:

Dans le cas d’une dame de 84 ans prenant soin de son mari handicapé, le CSSS ne lui offrait que le tiers des heures nécessaires. Pourquoi ? « L’enquête du Protecteur du citoyen a démontré que le CSSS ne disposait pas des ressources nécessaires. » Qu’a-t-il fait ? « Il a choisi de partager les services disponibles entre tous loes usagers. »

Cela consiste à « donner un peu à chacun, tout en ne donnant assez à aucun. »

Un autre cas est cité où « faute de moyens pour répondre à l’ensemble de la demande, le CSSS a établi un maximum d’heures par personnes. »

Sans égard aux besoins de chacun. Les personnes « dont la condition nécessite plus de soutien doivent donc payer elles-mêmes les services additionnels requis ou, comme cette dame, se résoudre à aller vivre en CHSLD. » Là, donc, où elle coûtera plus cher à l’Etat que si on lui avait prodigué les soins à domicile.

Le gouvernement du PQ était conscient de l’absolue nécessité d’investir dans les services à domicile. Le PLQ avait promis d’injecter 150 millions par an, promesse qu’il a brisée dès son élection.

Aujourd’hui, la protectrice est limpide: « les plaintes reçues au cours de la dernière année confirment que les usagers restent aux prises avec des problèmes de réduction de services

L’approche est non seulement mesquine, mais contreproductive. Les soins à domicile sont indispensables pour désengorger les urgences et réduire la pression sur les centres hospitaliers de longue durée. Malgré ses demandes, elle « déplore » que le ministère de la santé ne soit « toujours pas en mesure de statuer sur l’offre réelle de services à domicile pour une population des plus vulnérables. »

Tout occupé à fusionner les structures, augmenter les enveloppes des médecins, leur garantir leurs primes inutiles et les frais accessoires, le ministre Barrette a laissé tomber les aînés et les personnes handicapées qui ont des besoins à domicile.

Comme sorti de sa torpeur par la brique que lui a lancé en plein visage la Protectrice (et que votre humble serviteur lui a re-lancé en période de question) il parle maintenant d’un futur et « Plan d’action ». Ce que nous voulons, c’est de l’action. Donc, l’arrêt des compressions.

 

Officiel: Imperial Tobacco très fâchée contre moi !

D’abord un mot pour dire ma satisfaction d’être confirmé dans mes fonctions de porte-parole pour la Santé publique et les services sociaux et la métropole dans l’équipe remaniée du PQ. Je suis ces dossiers depuis à peine plus d’un an et je suis ravi de pouvoir défendre, face à l’austérité libérale, les causes des personnes handicapées ou autistes, des groupes d’intervention en itinérance, dénoncer les innommables coupes en Santé publique, défendre les Centres de protection de la jeunesse, aussi visées par la mesquinerie gouvernementale.

En plus, je commence à connaître le tabac, ses compagnies et ses lobbies. Et à vouloir les faire reculer dans nos vies. Nous avons terminé, la semaine dernière, d’entendre les groupes intéressés par la question et je tiens à mener ce dossier jusqu’au bout, en poussant le gouvernement Couillard à sortir de sa timidité face aux compagnies de tabac et à accepter les nombreux amendements que le Parti québécois propose.

J’ai trouvé intéressant de noter qu’Imperial Tobacco a émis un communiqué, vendredi dernier, tout miel pour le gouvernement — la ministre est remerciée pour « son écoute et ses commentaires » — mais tout fiel pour votre humble serviteur. Je cite:

L’entreprise tient à souligner le malaise général provoqué par une situation particulière survenue lors de sa présentation. En effet, lors de la période de questions accordée à M. Jean-François Lisée, député de Rosemont et membre de la commission, ce dernier a, malgré le climat respectueux de la séance, utilisé un vocabulaire disgracieux qui n’a pas sa place lors de tels travaux, en traitant les représentants de l’entreprise qui étaient présents de « menteurs professionnels ».

Oui oui, j’ai dit qu’ils étaient des « menteurs professionnels », après avoir cité le jugement de la Cour supérieure de mai dernier qui, comme beaucoup d’autres tribunaux dans le monde, a établi qu’Imperial Tobacco et les autres compagnies de tabac ont sciemment comploté et menti sur la nocivité des cigarettes pendant des décennies, produit des études bidon, tout mis en œuvre pour retarder, diluer, entraver l’application de mesures de réduction du tabagisme y compris en participant à la contrebande de tabac !

Je vous invite d’ailleurs à visionner l’intégrale de mon échange avec les représentants d’Imperial dans cette vidéo:

Alors oui, un malaise réel a plané sur la commission au moment de leur venue, mais j’identifie plutôt le malaise aux 28 décès quotidiens qui surviennent au Québec à cause du produit vendu par Imperial et ses semblables, aux 250 jeunes qui s’initient chaque semaine à la cigarette à cause de leurs subtiles campagnes visant les ados, aux 1,4 milliards de dollars que cela coûte au système de santé québécois chaque année de soigner ceux qui ont succombé à l’appel d’Imperial ou ceux qui sont malades d’avoir inhalé la fumée secondaire (19% des ados). Malaise, oui. Gros malaise.

Imperial n’est pas à un sophisme près, et son communiqué se termine par ces mots:

« Par respect pour ses quelque 500 employés et leurs familles, Imperial Tobacco Canada ne peut accepter que de tels propos soient utilisés pour qualifier ceux et celles qui travaillent au sein de l’entreprise et qui sont tous animés par des valeurs telles que le respect et l’ouverture. Nous devions communiquer haut et fort que nous n’acceptons pas ce type de propos. »

C’est beau, de se cacher derrière les boucliers humains que constituent, pour les relations publiques d’Imperial, les 500 employés et leurs familles. Ils y gagnent leur pain, dans leurs emplois. Ils ne sont pas responsables des mensonges et des études bidon. Ils ne poursuivent pas les gouvernements dans le monde entier pour leur faire peur. Ils font leur boulot. Qu’Imperial ait la décence de ne pas les embrigader dans leur croisade.

Inhaler du diesel ou de la fumée, que choisir ?

Une trouvaille pour finir. Elle nous a été communiquée jeudi par un expert international de la contamination par le tabac. Il s’agit d’une étude italienne toute simple. Pendant sept minutes, on fait passer dans un endroit fermé ce qui sort du pot d’échappement d’un camion diesel. On mesure alors la nocivité pour la santé du pauvre égaré qui serait resté dans cette pièce.

Puis, on recommence mais avec la fumée de deux cigarettes.

Résultat: la nocivité est SIX FOIS PLUS GRANDE avec la cigarette ! Incroyable. Voyez-vous même:

Avis aux amateurs de terrasses !

Les petits secrets des grosses compagnies de tabac

On en apprend de belles, à la commission parlementaire sur le tabac. Les cigarettiers regorgent de techniques pour nous faire inhaler.

Voyez d’abord ce qui se passe chez les détaillants, selon le témoignage du directeur-général de L’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec, Yves Servais:

J’ai eu le plaisir d’interroger sur ce sujet le représentant d’Imperial Tobacco. Notre échange:

Il y a plus. Les compagnies de tabac financent des lobbies pour venir s’opposer à la réglementation du tabac sous divers prétextes. Voyez la divertissante conversation que j’ai eu avec Michel Rouillard, le porte-parole d’un de ces lobbies, la Coalition nationale contre le tabac contrebande:

On pensait nos grandes institutions patronales à l’abri de ce genre d’influence. Quelle ne fut pas notre surprise de constater que le mémoire de la Fédération des Chambres de commerce du Québec semblait avoir été écrit, non seulement par un lobbyiste du tabac, mais par un mauvais lobbyiste du tabac:

 

Tabac: terrasses, liberté et air pur

C’est le sujet de l’heure. Doit-on interdire de fumer sur les terrasses ? De toutes les avancées proposées dans le projet de loi québécois actuellement à l’étude, c’est l’élément le plus controversé.

L’Union des tenanciers de Montréal menace de poursuivre, d’autres ont peur des faillites de bars ou de brasseries. Critique du PQ en matière de santé publique, j’interroge experts et propriétaires de bars, ces jours-ci, en commission parlementaire.

Mais d’abord, sachons de quoi on parle. le donc assez probant. Ajoutons cet extrait du mémoire présenté ce mercredi par la Fondation des maladies du cœur:

Chaque année, au pays, plus d’un millier de personnes n’ayant jamais fumé la cigarette meurent en raison de l’exposition à la fumée secondaire, et des milliers d’autres apprennent qu’elles sont atteintes d’une maladie attribuable au tabagisme. (…)

La fumée secondaire qui se retrouve dans l’air ambiant contient non seulement de l’amiante, de l’arsenic, de l’ammoniac et du benzène, mais aussi une quantité de monoxyde de carbone et de goudron supérieure à celle présente dans la fumée inhalée par le fumeur. Ces produits chimiques demeurent dans l’air longtemps après que la cigarette ait été éteinte. (…)
Les risques de maladie cardiovasculaire sont accrus de 20 à 50 %
. Ils apparaissent même si la concentration de fumée de tabac dans l’environnement est relativement faible.

Même après que la fumée se soit estompée, ces substances toxiques peuvent se retrouver sur les surfaces environnantes, un effet appelé fumée tertiaire. (…)

Nous savons que certaines composantes de cette fumée tertiaire sont toxiques. Les résidus de quelque 250 métaux, substances chimiques et autres éléments toxiques contenus dans la fumée de cigarette s’incrustent dans les meubles, les tentures, les tapis et les autres surfaces et y demeurent longtemps après que la fumée se soit dissipée (…)
Une fois de plus, l’exposition à la fumée de cigarette, primaire, secondaire ou tertiaire, est déclarée dangereuse.

Ouch !

Pourrait-on créer une section fumeur et une section non-fumeur sur les terrasses ? J’ai posé la question à deux cardiologues:

Puisqu’il est acquis que la cigarette électronique est beaucoup moins nocive que la cigarette traditionnelle, pourrait-on permettre le vapotage sur les terrasses ?

N’en reste pas moins que cette interdiction va poser des problèmes aux propriétaires de bars, brasseries et tavernes. J’ai eu une discussion constructive avec leurs représentants lors de leur comparution:

Voici l’extrait que j’ai cité, tirée de  tiré de l’étude d’impact préparée par le Ministère québécois de la santé:

Fumée de tabac dans l’environnement

Le phénomène tabagique comporte également une autre facette importante : les problèmes de santé et la mortalité reliés à l’exposition à la fumée de tabac dans l’environnement (FTE).

Les risques qui y sont associés sont sérieux et scientifiquement démontrés. Cette fumée contient plus de 7 000 substances chimiques, dont 69 substances cancérogènes. On y associe notamment le cancer du poumon et de graves maladies cardiovasculaires et respiratoires. Elle est également une cause de mort subite du nourrisson et d’insuffisance pondérale à la naissance. Elle serait particulièrement nocive pour les enfants et les jeunes. En 2006, le Surgeon General des États-Unis a conclu qu’il n’existait pas de seuil sécuritaire en matière d’exposition à la FTE. Des données récentes montrent que la FTE serait problématique même dans un environnement extérieur, sous certaines conditions (nombre de fumeurs, vélocité du vent, température de l’air, configuration des lieux, etc.). Nous savons maintenant que cette FTE extérieure est aussi toxique que celle se retrouvant à l’intérieur, bien qu’elle se dissipe plus rapidement.

L’exposition des non-fumeurs québécois à la FTE diminue d’année en année, le Québec se situe toutefois toujours au-dessus des moyennes canadiennes.

Pour un handicapé, l’austérité est un handicap de plus !

Nous avons assisté à des témoignages déchirants dans le hall de l’Assemblée nationale, ce jeudi. Carole Cartier et René Ménard, de l’organisation Ex Aequo, ont raconté comment les compressions du PLQ rendent leur vie quotidienne de plus en plus difficile. Écoutez-les.

Ce n’est pas le premier appel lancé par l’organisation. Elle rappelle dans un communiqué:

« Constatant l’absurdité des coupes dans les services de préparation au repas, Ex aequo a lancé en mars dernier l’Opération : Les casseroles surchauffent.

Durant l’opération, les membres d’Ex aequo ont fait parvenir à M. Couillard des casseroles en signe de leur colère à l’égard des mesures d’austérités qui portent atteinte à leur dignité et menace leur inclusion sociale. Il s’agissait de la 1re vague d’actions visant à faire reculer le gouvernement car ces mesures entrainent un retour de 30 ans en arrière pour ces citoyens.

La diffusion de cette vidéo (de René Ménard, ici) fait partie de la seconde vague de moyens et d’actions qu’a choisi d’entreprendre l’organisme Ex æquo pour conscientiser ce gouvernement qui menace ceux que nous défendons d’arrache-pied depuis 35 ans.
En tant qu’organisme de défense des droits, Ex aequo réclame que le Parti libéral du Québec cesse de maltraiter les personnes en situation de handicap en assenant ses mesures austères. »

Même la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a déclaré publiquement, par communiqué ce jeudi, s’inquiéter de l’impact du contexte budgétaire actuel sur le droit à l’égalité des personnes en situation de handicap. Le commissaire, M. Jacques Frémont, a rappelé que:

 » plusieurs témoignages récents dans les médias indiquaient que des décisions gouvernementales pourraient toucher directement les services, notamment ceux destinés aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage ».

La Commission a rappelé que « depuis près de 40 ans, la Charte interdit toute forme de discrimination envers les personnes en situation de handicap ». Pourtant, le gouvernement libéral, en réduisant les services dont elles bénéficient, met ces droits à risque envers ces personnes. Par ailleurs, la Commission a révélé avoir traité 283 plaintes liées à un handicap ou à un moyen de pallier celui-ci, et ce, seulement pour l’année 2014-2015.

Des budgets même pas indexés pour les handicapés

J’avais discuté en détails avec la ministre responsable, Lucie Charlebois, du refus du gouvernement de même indexer les budgets consacrés aux Québécois.e.s handicapé.e.s lors de la discussion des crédits, en avril.

Nous commençons à constater les impacts de cette rareté des fonds, face à l’augmentation des besoins. René Ménard nous l’a dit. L’austérité est un handicap de plus.

L’austérité sélective des médecins qui gouvernent le Québec

La journée d’hier fut très instructive. Pour tous les Québécois qui sont victimes de l’austérité libérale, notamment dans le système de santé.

Nous avons appris qu’alors que le gouvernement propose d’abolir les primes des infirmières et de soutirer 90 000 $ des poches de chaque pharmacien du Québec, il n’a rien demandé — mais alors, absolument rien — aux médecins en échange de la levée des sanctions prévues dans le projet de loi 20.

J’ai voulu m’en assurer dans mon échange avec le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, hier:

Comprenons-nous bien: ma collègue Diane Lamarre et moi serions ravis d’avoir au Québec les médecins les mieux payés au monde ! Mais puisque le gouvernement Couillard fait les poches des autres artisans de la santé, on s’étonne qu’il soit aussi gentil avec les médecins.

C’était l’objet de notre point de presse:


Bref, a fait valoir Diane, plus on lit l’entente conclue avec les omnipraticiens, mieux on comprend les gains financiers que le ministre leur a accordés. L’article 21 vient exaucer un souhait de longue date des médecins : recevoir un supplément pour travailler avec d’autres professionnels. Déjà, Yves Bolduc leur avait donné un boni de 60 000 $ par année pour chaque infirmière praticienne spécialisée supervisée au sein des GMF. Or, dans l’entente conclue, il est question d’élargir cette façon de faire à d’autres catégories de professionnels.

« Dans le contexte budgétaire actuel, où chaque dollar compte, dit-elle, comment le ministre peut-il faire le choix de verser un supplément aux médecins pour le simple fait de travailler en collaboration avec d’autres professionnels? Tous les professionnels de la santé qui veulent plus d’interdisciplinarité souhaitent que ce soit le patient qui sorte gagnant de cette meilleure collaboration ».

Il faut savoir que le gouvernement propose d’abolir les primes de rétention pour les infirmières en région, et d’autres primes actuellement en vigueur, réclame 177 M$ aux pharmaciens, veut appauvrir tous les salariés de la santé en n’indexant même pas leur salaire au cours des prochaines années, mais il offre davantage aux médecins. Le ministre Barrette avait un énorme rapport de force avec son projet de loi 20 qui menaçait les médecins, mais il n’a rien obtenu en échange de son abandon. Contrairement à ce qu’on pensait, il a été un très mauvais négociateur.

Que le premier ministre, en plus, ait entériné cette entente est tout simplement aberrant.

Peut-être est-ce une mauvaise idée de laisser des médecins négocier, entre eux, l’avenir du système de santé. Ils ne doivent pas être exclus, bien évidemment. Mais c’est une erreur d’exclure les autres artisans de la santé de la définition des réformes qui nous affectera tous.