Boîte à idées, boîte à outils, à textes, livres, balados, documentaires, conseils, conférences et entrevues, La boîte à Lisée est au service de l’audace, du débat et du sens de l’humour.
Un débat semble bien enclenché chez les militants du PQ sur l’opportunité de se reconnecter avec l’électorat en ouvrant le grand choix à venir — la course au leadership — à une population plus large. (Pour un billet à ce sujet, voir ici.)
À Montréal cette semaine, les présidents de circonscriptions de Montréal-centre ont majoritairement voté la résolution suivante, pour discussion lors du rassemblement du samedi 7 juin:
« Que l’exécutif national n’écarte aucune possibilité, incluant celle de tenir des primaires ouvertes, dans le cadre de ses travaux visant à déterminer les règles de fonctionnement de la prochaine course à la chefferie ».
C’est une bonne nouvelle. Rien ne peut être plus salutaire, après la défaite historique du 7 avril, que ce signal d’ouverture, de reconnexion. J’en ai discuté dans une entrevue récente avec Alain Laforest, de TVA, pour son émission Caucus:
http://youtu.be/wdIZO70hRZo
Le défi qui se pose à nous est également celui de la sincérité et du parler vrai. J’en ai discuté dans une autre entrevue récente, à Deux Hommes en Or.
Cliquez sur l’image pour vous rendre au site de l’émission.
Nous étions pourtant tous d’accord, il y a un an à peine, en mai 2013. Tous, Libéraux, Caquistes, Solidaires et Péquistes.
Nous avons tous reconnus que:
« L’assemblée nationale demande au gouvernement de rehausser le financement des organismes d’action communautaire autonome en santé et services sociaux ».
Pourquoi? Parce que ces 3000 organismes, et 1000 autres dans les secteurs de la famille, de l’éducation et de la défense des droits, apportent au quotidien un appui inestimable à des dizaines de milliers de Québécois vulnérables.
Le gouvernement du Parti québécois a répondu à l’appel unanime de l’Assemblée en prévoyant, dès septembre de cette année, trois mesures phares: un rehaussement annuel de 54 millions pour stabiliser le financement de base des organisations, une enveloppe de 10 millions pour les aider à devenir propriétaires de leurs locaux, des mesures pour que les salariés de ces organismes aient des bénéfices et des retraites décents.
Tout le monde a applaudi.
Ce jeudi, tout le monde n’a pas applaudi.
Ce jeudi, ma collègue Françoise David a présenté à l’Assemblée, avec mon co-parrainage, une motion qui réitérait tout simplement ce que nous avions dit, ensemble, il y a un an.
Cette fois, le PLQ a dit non. Le PLQ a estimé qu’il serait impossible, dans le budget de 90 milliards de dollars qui sera déposé la semaine prochaine, de trouver 54 millions pour 4000 groupes d’aide, soit 0,06%
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Cette fois, la CAQ a dit non. Non pour coparrainer la motion, non pour participer à la conférence de presse commune avec les groupes concernés, non pour réitérer publiquement sa position de mai 2013. Ce refus fut clairement signifié aux organismes concernés.
Ce qui est particulièrement étonnant lorsqu’on lit la lettre envoyée il y a à peine six mois par François Legault aux organismes communautaires de sa région:
Le chef caquiste aurait-il oublié cet engagement depuis ? Non, il l’a réitéré dans un journal local IL Y A DEUX JOURS:
Questionné sur des dossiers qui touchent particulièrement les communautés lanaudoise et moulinoise, M. Legault a entre autres déploré les problèmes d’équité qui perdurent dans le financement des organismes communautaires ainsi que dans les ressources du réseau de la santé et des services sociaux.
« Également, sur la scène communautaire, les organismes ont hâte de voir si le rehaussement du financement qui leur a été promis par le Parti Québécois sera maintenu par le Parti libéral. Nos organismes ont besoin de ce financement, et moi et mon parti entendons suivre ce dossier de près.»
C’est une chose que de vouloir revenir sur une décision qui a été prise par un gouvernement précédent. C’en est une autre de le faire… puis de faire semblant qu’on ne le fait pas.
C’est le tour de force que tente d’accomplir le ministre des transports, Robert Poéti, au sujet du projet de Système Léger sur Rail qui doit relier Montréal et la Rive-Sud sur le futur Pont Champlain.
La décision de choisir le SLR, plutôt que des autobus, a été prise l’an dernier, avec l’appui de tous les élus concernés… et du parti libéral.
M. Poéti fait semblant qu’il ne le sait pas, comme l’atteste notre échange à la période de questions ce lundi:
Notez que le ministre tente d’affirmer que la décision de choisir, ou non, un SLR doit être prise l’an prochain, lorsque sera rendu public le rapport du bureau de projet mis sur pied par le gouvernement du Parti québécois.
C’est faux. Il devrait lire le programme triennal d’immobilisation de l’AMT qui, en page 43, résume très bien l’état de la situation:
En avril 2013, le ministre des Transports annonçait publiquement que le choix du gouvernement du Québec quant au mode de transport collectif privilégié sur le nouveau pont Champlain était un SLR. Par la même occasion, il annonçait la création d’un Bureau de projet sous la responsabilité de l’AMT afin de concrétiser la mise en place du SLR.
Il n’était donc nullement question de reposer la question de l’opportunité du SLR, mais d’en discuter les modalités.
Si le gouvernement Couillard veut remettre en cause le dossier SLR, qu’il le dise franchement. Qu’il explique pourquoi il y était favorable l’an dernier, a donné des signaux positifs avec les élus locaux pendant la campagne électorale, et retourne sa veste aujourd’hui.
Il invoque des questions de coûts. Notre gouvernement se posait la même question et avait résolu d’en faire financer l’essentiel en réclamant la juste part du Québec dans le fond discrétionnaire fédéral d’infrastructure, qui s’élève à quatre milliards. (C’est la cagnotte qui a servi à Ottawa pour financer le métro de Toronto).
Nous avions donc identifié un milliard dans cette enveloppe et avions signifié à Ottawa notre intention.
Le 27 novembre 2013, les députés libéraux votaient avec toute l’Assemblée nationale cette motion:
«Que l’Assemblée nationale demande au gouvernement fédéral d’accélérer l’échéancier pour le remplacement de l’actuel pont Champlain en y intégrant le choix du gouvernement du Québec pour le transport collectif sur la nouvelle structure, un système de type léger sur rail, et qu’il réponde positivement aux attentes de l’ensemble des élus de la Communauté métropolitaine de Montréal.»
La seule préoccupation du PLQ ce jour-là était de faire en sorte que les citoyens ne pensent pas que le SLR était une idée… péquiste ! La porte parole libérale du dossier, la regrettée Fatima Houda-Pépin, voulait remettre les pendules à l’heure libérale:
le gouvernement libéral a toujours pris l’initiative dans ce dossier, que ça soit pour le volet transport, pont Champlain comme tel qui relève du fédéral, ou pour ce qui est du mode de transport collectif s’y rattachant, notamment le dossier du projet de type SLR. Alors, à ma demande, ma collègue la députée de Laviolette, [Julie Boulet] alors ministre des Transports, a saisi son vis-à-vis fédéral par écrit le 20 juin 2007 — 2007 — pour lui faire connaître que le projet de type SLR était prioritaire pour le gouvernement. Elle disait… Il revêtait «un caractère prioritaire pour le gouvernement du Québec». […]
C’était d’ailleurs la première fois que le gouvernement du Québec signifiait formellement et par écrit son appui à ce projet, et ça, bien avant l’arrivée du Parti québécois au pouvoir.
Alors, M. le Président, le gouvernement du Parti libéral du Québec avait compris l’urgence de cet enjeu du pont Champlain […]
Le 2 août 2012, mon collègue le député de Châteauguay [Pierre Moreau], alors ministre des Transports, est venu annoncer à Brossard, dans ma circonscription, la mise sur pied du bureau de projet du SLR sous la responsabilité de l’AMT, une annonce qui a été reprise et recyclée par l’actuel ministre le 19 avril 2013.
Le 25 novembre dernier, il y a deux jours, j’ai émis un communiqué invitant le ministre des Transports à collaborer avec Ottawa pour la concrétisation de ces deux projets majeurs que sont le pont Champlain et le projet du SLR.
Alors, M. le Président, je ne voudrais pas qu’on tombe dans la partisannerie, parce que ces projets-là sont majeurs pour notre région, sont majeurs pour le Québec, ils sont majeurs pour le comté de La Pinière parce que les citoyens en souffrent quotidiennement. Alors, j’invite le ministre, j’invite le ministre à déposer les plans et devis du système léger sur rail au gouvernement fédéral pour arrimer la construction des deux projets, c’est extrêmement important
Loin de moi l’idée de contredire Fatima Houda-Pépin. Et il ressort de son récit que le PLQ fait depuis 2007 la promotion du SLR, que ce fut le cas des ministres Boulet et Moreau, et que ce fut officiellement réitéré par le PLQ dans l’opposition il y a quelques mois à peine.
Que Robert Poéti veuille faire marche arrière, il en a le droit. Mais qu’il ne nous fasse pas croire qu’il incarne la continuité. Il incarne la rupture.
J’ai tenté de répondre à cette question dans ma réplique au discours d’ouverture de Philippe Couillard, jeudi dernier. J’ai voulu savoir aussi à qui ces décisions vont nuire. La vidéo est maintenant en ligne:
Voici le texte intégral de l’intervention:
Merci aux électeurs de Rosemont
Merci, Mme la Présidente. Moi également, je voudrais d’abord dire quelques mots pour remercier les électeurs de Rosemont d’avoir bien voulu reconduire la confiance qu’ils avaient déjà manifestée à mon égard il y a 18 mois. En cette période de 18 mois ou à peu près, j’ai pu aller revoir les mêmes gens, reconnaître les personnes, les organisations, et il y a un lien qui se tisse. Des gens comme le député de Beauce, qui est là depuis longtemps, le savent beaucoup mieux que moi, mais cette relation au long cours que le député peut tisser avec ses commettants fait partie de notre vie parlementaire et enrichie énormément la connaissance du terrain, du réel que les parlementaires peuvent avoir, et j’en suis très heureux. Je suis très heureux d’un système dans lequel les ministres sont députés et donc peuvent constamment passer du particulier au général sans perdre le contact avec la réalité.
Un bon ton dans nos débats
Oui, je salue le ton qui a été employé depuis le début de nos travaux, de cette législature, à la fois le ton utilisé par le premier ministre, par le chef d’opposition, par le chef de la deuxième opposition, évidemment, par la députée de Gouin également. La période de questions a aussi été fructueuse, pragmatique, réelle, a démontré un certain nombre de choses à la fois sur la qualité des questions et la qualité des réponses, mais a été faite dans le respect, et je pense que c’est de bon augure.
Maintenant, on va arriver assez rapidement sur le fond des choses, et sur le fond des choses de ce qu’a dit le premier ministre hier et de comment ça va se déployer dans le réel québécois. Alors, bien sûr, on salue le fait que certaines bonnes idées qui ont émané de l’ensemble des parlementaires sur le projet de loi mourir dans la dignité ont été retenues et vont être bientôt mises en œuvre. C’est très bien. Nous avons reconnu aussi la grandeur d’esprit du premier ministre lorsqu’il a salué la première femme première ministre, Pauline Marois, et lorsqu’il a repris à son compte le chantier sur l’électrification des transports, qui avait été amorcé par le gouvernement libéral précédent, mais largement approfondi par Mme Marois, et on est très heureux de voir que cela aura des conséquences. Et dans plusieurs éléments comme ceux-là, il y a une continuité dans l’action de l’État.
À qui profiteront les décisions libérales ?
Évidemment, la grande question qui a été posée par le premier ministre hier porte sur les changements qui seront à apporter à la façon qu’a l’État de répondre aux besoins de la population et d’alimenter la croissance économique. Il a eu un mot intéressant en jouant sur les acquis.
Alors, il y a des acquis, qui… ce n’est pas parce que ça existe que ça doit toujours exister, nous en convenons, et là, il a retourné le mot en disant : À qui? À qui profite chacun de ces programmes? Évidemment, c’est encore assez tôt dans son gouvernement, donc nous en saurons plus au budget et au livre des crédits, mais on sait déjà des choses.
1) les constructeurs de petites centrales
Déjà, il s’est commis sur à qui profiteront certaines des premières décisions du gouvernement libéral. Il nous l’a dit, ça profite à qui? Aux petites centrales. Un débat que l’on croyait terminé qu’il vient de rouvrir, donc ceux qui se battent depuis des décennies pour des petites centrales, eux, savent que leurs vœux seront réalisés au-delà même de ce qu’ils croyaient, parce qu’ils pensaient que ce dossier était fermé, et c’est un dossier qui est très symbolique parce qu’il est à la croisée de la mauvaise politique publique. Chaque dollar généré localement par ces petites centrales coûte 4 $ à Hydro-Québec, donc aux consommateurs. C’est à la jonction aussi du clientélisme, puisque, dans certaines circonscriptions, dont celle du premier ministre, il y a un projet comme celui-là. Je ne dis pas qu’il est mauvais ou bon, mais, quand même, il faut le voir. Et troisièmement, bien, on sait que des contracteurs libéraux de renom sont impliqués dans un certain nombre de ces projets.
S’il fallait choisir un symbole de ce qu’il ne faut pas refaire, les petites centrales auraient dû être celui-là, et je suis un peu surpris du manque d’habilité du premier ministre de s’être engagé aussi fermement sur un dossier aussi miné.
2) les médecins spécialistes et les constructeurs de cliniques
Deuxièmement, à qui? Bien, on sait déjà que 50 cliniques privées, nouvelles, dans le réseau, pour des médecins spécialistes seront parmi les priorités. Eux savent déjà à qui va profiter le gouvernement libéral. Ils le savent, et c’est encore là une mauvaise politique publique, parce que des institutions, un réseau de la santé, nous en avons. Il y a des groupes de médecine familiale qui sont en train d’être complétés, il y a des CLSC. La nécessité d’investir dans le béton plutôt que dans les services devrait être soumise à un débat, et je pense que le débat serait assez rapide. Ce n’est pas la priorité.
3) l’industrie des gaz de shistes
Et on apprenait aujourd’hui qu’à qui cela pourrait profiter aussi, les décisions libérales, c’est à l’industrie du gaz de schiste. Je suis sûr qu’eux-mêmes sont surpris de cette réouverture d’un dossier qui était fermé, qui avait été très mal engagé par le gouvernement précédent, qui a conduit à un moratoire, qui est en ce moment devant un BAPE.
Et là même ceux qui sont pour le gaz de schiste et qui sont en train de se préparer à des audiences devant le BAPE ne savent pas s’ils vont aller au BAPE ou dans une nouvelle étude environnementale stratégique. Que se passe-t-il? Et certains des investisseurs du gaz de schiste, pensant que, de toute façon, les taux de rentabilité ne seraient jamais, du moins, pas dans l’avenir prévisible, au rendez-vous ici, voient que tout à coup il y a cette embellie sur une industrie qui avait fait un deuil de la possibilité d’agir ici.
Évidemment, à qui cela va nuire, et qui cela va déranger, et déstabiliser, et angoisser? Ce sont ces dizaines de milliers de propriétaires et de citoyens sur la vallée du Saint-Laurent qui pensaient avoir fait le bon combat, et que c’était terminé, et que personne ne viendrait remettre en cause leur droit à la quiétude dans leur ferme, dans leur terre, dans leur chalet, et tout à coup ils apprennent maintenant que tout est ouvert encore sur ce sujet.
Alors donc, on sait à qui, avec certitude, dans le cas des petites centrales et dans le cas des cliniques de santé, et possiblement dans le cas du gaz de schiste… vont profiter de ces décisions.
Le principe du cran d’arrêt
Maintenant, le premier ministre nous a bien dit qu’il a imposé, dès son arrivée, et je le cite,
« le principe du cran d’arrêt sur les dépenses dans l’ensemble du gouvernement. La logique est simple : aucun nouveau programme ne sera autorisé sans la réalisation d’une économie équivalente ailleurs dans l’appareil d’État. Cette mesure est déjà en place. Au moment où nous nous parlons, elle engage tous les organismes de l’État. »
Cela signifie que ces nouvelles dépenses qui sont annoncées seront nécessairement coupées ailleurs. Où seront-elles coupées? Nous ne le savons pas.
Mais nous lisons avec précision le premier ministre, d’autant plus qu’on apprenait hier qu’il avait mis le crayon, son propre crayon sur la feuille. Et il y a un moment qui m’a beaucoup intéressé. Parce que je suis le porte-parole de la métropole mais aussi des services sociaux, de la prévention de l’itinérance, et donc je suis très attentif à ce qui va se passer avec les gens les plus fragiles dans notre société. Et j’ai entendu le premier ministre dire :
«Dans tous les cas, les services destinés aux personnes les plus vulnérables de notre société et la sécurité à la population seront l’objet… d’une attention particulière.»
Ça ne veut rien dire, Mme la Présidente, «seront l’objet d’une attention particulière».
J’aurais aimé entendre le premier ministre dire que les services destinés aux personnes les plus vulnérables de notre société sont sacrés, sont essentiels, sont fondamentaux, représentent notre volonté de solidarité, seront non seulement préservés, mais améliorés. Il y avait plusieurs options, Mme la Présidente, il y avait plusieurs options. Il a choisi de dire : «une attention particulière».
Écoutez, c’est très inquiétant. Parce que nous avons tous remarqué que le Parti libéral du Québec, qui a une longue tradition à la fois économique et sociale… Il n’y a pas que le Parti québécois qui, au cours de ses 50 ans d’existence, a amélioré… a fait en sorte que le Québec soit un endroit en Amérique du Nord qui soit un modèle de progrès social. Le Parti libéral, de temps à autre, et de façon significative, a construit ce modèle social québécois.
Et nous étions déjà un peu surpris du silence des candidats libéraux et du chef libéral pendant la campagne sur plusieurs de ces thèmes. Rien sur le logement social, rien sur l’itinérance, rien sur les 3 000 organismes qui aident, au quotidien, les plus fragiles de notre société. Silence total.
Et ce silence était d’autant plus assourdissant qu’il arrivait au moment où des politiques très consensuelles avaient été déposées par certains de mes collègues au gouvernement Marois, applaudies par la ville de Montréal en particulier, pour faire des avancées significatives — pas très coûteuses –, mais significatives en prévention et en accompagnement de l’itinérance à Montréal et ailleurs, en stabilisation du financement des 3 000 organismes qui aident nos Québécois les plus fragiles, en contrats pour l’insertion au travail de nos Québécois les plus fragiles et en propositions pour des logements sociaux, y compris pour les itinérants.
Alors, ce silence, on aurait pu penser que c’étaient des choix de campagne électorale. On met l’accent sur autre chose : l’économie, le référendum.
Mais donc on s’attendait à une correction pendant le discours du premier ministre. Et non seulement il ne l’a pas faite, alors qu’il en était avisé, parce que, depuis son élection, les groupes sociaux, les groupes d’itinérance n’arrêtent pas de solliciter l’attention du gouvernement sur ses désirions.
Il a choisi ces mots: «une attention particulière». Ça peut vouloir dire : On va couper très attentivement; alors que le consensus québécois c’était qu’on pouvait ajouter des sommes modestes, mais significatives parce que, Mme la Présidente, la rigueur et l’austérité, il y a des gens qui la connaissent déjà, ce sont nos Québécois les plus fragiles, et il y a des gens qui veulent s’en sortir de l’austérité et de la rigueur par l’emploi, par l’accompagnement, et c’est ce qu’on leur offrait.
Un engagement unanime
D’ailleurs, les membres de cette Assemblée du côté libéral qui étaient députés il y a un an avaient voté avec nous, et avec la CAQ, et avec Québec solidaire unanimement une résolution affirmant qu’il fallait « rehausser le financement des organismes communautaires » dont les missions de base n’avaient jamais été indexées ou autrement soutenues pendant une dizaine d’années.
Nous étions tous d’accord, et le rehaussement que le gouvernement du Parti québécois a proposé était de 40 millions de dollars par année, 40 millions de dollars par année. Ça coûte beaucoup moins cher que les mini-centrales, ça coûte beaucoup moins cher que les 50 cliniques privées, et ça a un impact positif sur la vie de dizaines de milliers de Québécois pour qui ça fait toute la différence.
Alors, nous sommes dans l’expectative et dans l’espoir, Mme la Présidente, nous avons espoir que, puisque le premier ministre a dit qu’il entendrait les bonnes idées, puisqu’il veut accorder une attention particulière — à peut-être d’ici le dépôt du budget et des crédits qui sont, en ce moment même, colligés et calculés –, qu’il y ait ce volet social, cette aile sociale du Parti libéral qui a été muette pendant la campagne électorale, qui commence à s’exprimer au sein des réunions du caucus.
Et, à travers vous, Mme la Présidente, je me tourne vers les députés qui, comme nous… députés libéraux qui comme nous connaissent ces situations dans leurs comtés respectifs. Vous avez des réunions de caucus, je compte sur vous pour exprimer cette importante priorité de faire en sorte que la parole de l’Assemblée sera reconnue par ce rehaussement modeste mais important pour ces organisations.
Le trou fictif de 7 milliards
Alors, finalement, on pourrait nous dire : « Mais on n’a pas les moyens, on n’a pas les moyens parce qu’il nous manque 7 milliards ». C’est ce qu’on a entendu, le ministre des Finances, le président du Conseil du trésor et le premier ministre hier nous dire : Si rien n’était fait, il manquerait, d’ici deux ans, 7 milliards.
Mais, écoutez, là aussi je suis un peu déçu parce que le premier ministre nous a dit qu’il voulait être le gouvernement le plus transparent de l’histoire du Québec et qu’il voulait qu’à la prochaine élection on ait les vrais chiffres. Mais, savez-vous, il a fait en sorte, lui et son parti, qu’à la dernière élection, on avait les vrais chiffres. Il a demandé au Vérificateur général d’aller voir le ministre des Finances pour vérifier ces chiffres, et il les a vérifiés et il n’a pas trouvé un trou de 7 milliards. Le Vérificateur général ne les a pas trouvés. Pourquoi? Parce qu’il n’existe pas.
Évidemment, comme chaque année, chacun des ministères, ça va être le cas, va demander : Ça serait bien si on pouvait augmenter l’investissement ici, ce serait bien si on pouvait faire ceci et cela. Et, en additionnant toutes ces demandes, on arrive à une croissance des dépenses qui peut atteindre 6 %. Évidemment, c’est dans l’univers mental du Parti libéral puisque, 6 % d’augmentation de dépenses, ils l’ont fait sous le gouvernement Charest.
Mais, nous, dans notre univers mental, ce n’était pas possible, on a fait 1,9 % et on était pour faire 2 %. Bon. Alors, c’est impossible, ce 7 milliards, il n’existe pas. D’ailleurs, c’est intéressant parce que, lorsque M. Godbout et M. Montmarquette ont fait leur rapport en utilisant certains de ces chiffres, ils ont indiqué que, bien, évidemment, ça n’arriverait jamais. Oui si on ne faisait rien, mais on fait toujours quelque chose.
Alors, moi, je crédite le premier ministre de bonne foi et de bonne volonté, et lorsqu’il dit qu’il veut être transparent, j’aime le prendre au mot. Et, puisqu’il veut de la transparence, j’aimerais qu’il arrête de dire aux Québécois ce qui n’existe pas. La situation des finances publiques du Québec, elle est difficile, elle demande du travail, elle demande de la rigueur, mais ça ne sert à rien de dire aux Québécois ce qui n’existe pas. Il n’y a pas de trou de plusieurs milliards de dollars qu’il faut combler dans les années à venir, le Vérificateur général nous disait que, pour atteindre nos cibles qui seront similaires à celles du Parti libéral, il faudrait de la rigueur, de l’ambition, mais que c’était raisonnable. Alors, voilà ce à quoi j’appelle le premier ministre.
Les moyens de la solidarité
Et puisque l’on sait ça, lorsque le gouvernement Marois avait proposé, à l’intérieur de son cadre d’augmentation de dépenses de 2 % pour l’an prochain, un investissement de 6 millions sur l’itinérance, dont 1 million pour les autochtones à Montréal, lorsqu’ils proposaient 40 millions par année pour les 3 000 groupes, organisations communautaires, ça faisait partie d’un travail très sérieux de restriction de l’augmentation des dépenses, ça faisait partie des dépenses possibles.
Et, si c’est possible pour nous, je suis certain que c’est possible pour le Parti libéral du Québec et le nouveau gouvernement. Je l’espère, je partage cet espoir avec vous, et je vous remercie, Mme la Présidente.
Devant 500 personnes réunies il y a une semaine pour donner un élan supplémentaire aux industries créatives montréalaises, on m’a demandé si le gouvernement québécois pouvait aider.
Ces dernières années ont été éprouvantes pour les organismes de coopération internationale (OCI) québécois, qui ont subi d’importantes coupures dans les budgets d’aide internationale canadienne et une la diminution alarmante de la part de ce budget affaibli aux OCI du Québec.
De 2006 à 2012, les organismes québécois recevaient en moyenne 22 % de la part du budget de l’ACDI. En 2012-2013 ce chiffre est passé à 5 %.
Le financement du programme de coopération volontaire, qui se termine le 31 mars prochain, n’a pas encore été renouvelé; le gouvernement canadien n’a fait aucun appel régulier de propositions pour le financement de projets de développement international depuis plus de deux ans; il n’a pas non plus annoncé le renouvellement du Programme de stages internationaux jeunesse (PSIJ) dont le financement s’est terminé en mars 2013.
En raison des compressions et du manque de financement, certains programmes des organismes membres de l’AQOCI sont compromis. Gervais L’Heureux, le directeur de l’AQOCI, souligne que depuis plus de deux ans le gouvernement canadien n’a fait aucun appel régulier de propositions pour le financement de projets de développement international.
De plus, le financement du programme de coopération volontaire, qui se termine le 31 mars prochain, n’a pas encore été renouvelé. « Cette situation est catastrophique pour dix organisations canadiennes dont quatre québécoises qui se voient dans l’obligation de prendre des mesures qui auront de graves conséquences pour les populations du Sud », explique Monsieur L’Heureux.
En effet, certains bureaux situés au Sud devront fermer à la fin 2013. Impacts de cette situation : rapatriement de centaines de personnes coopérantes, perte d’emplois au Nord comme au Sud, fin de partenariat… De passage au Québec, Madame Ramatou Boubacar, représentante d’une ONG du Niger, a témoigné de ses inquiétudes en mentionnant que la réduction des programmes de solidarité et de coopération internationales du Canada allait certainement ralentir le développement du pouvoir économique des femmes et leur autonomisation et allait aussi amoindrir le transfert des compétences Nord-Sud et Sud-Nord.
Les retards dans les annonces du gouvernement obligent les organisations à réviser leur budget global et à ponctionner dans leurs réserves financières pour continuer à être opérationnelles. « Cela va à l’encontre d’un modèle de gestion efficace du développement qui nécessite une planification à long terme », ajoute le directeur de l’AQOCI.
De plus, le gouvernement n’a pas annoncé le renouvellement du Programme de stages internationaux jeunesse (PSIJ) dont le financement s’est terminé en mars 2013. Près de 500 jeunes du Canada, dont une centaine du Québec, participent à chaque année à ces stages internationaux. « C’est une partie de la relève canadienne en développement international qui est affectée », déplore le directeur de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale.
J’avais alerté dès juin dernier le ministre fédéral du développement, Julian Fantino, de la gravité de la situation, j’ai alerté à nouveau son successeur, Christian paradis, en septembre, sans succès.
En appui à l’AQOCI, j’ai proposé ce jeudi à l’Assemblée nationale une motion pressant les autorités fédérales chargées du développement international à lancer les appels de proposition.
Cette motion a été adoptée à l’unanimité par les députés (mais les Libéraux ont refusé leur consentement pour qu’un court débat ait lieu, votant tout de même en faveur du texte):
«Que l’Assemblée nationale, en appui à l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, manifeste sa vive inquiétude envers le délai de lancement, par les autorités fédérales chargées du développement international, d’appels à projets pour la coopération volontaire, le développement international et les stages internationaux pour la jeunesse, délais qui risquent de causer le retour inutile de centaines de coopérants actifs dans des actions de solidarité, de provoquer le démantèlement d’infrastructures patiemment construites par les organismes québécois dans plusieurs pays du Sud, de réduire ou de mettre un terme à plusieurs projets structurants ainsi qu’à la contribution annuelle d’une centaine de jeunes stagiaires québécois à l’action humanitaire.
«Qu’elle demande à ce que soient lancés sans délai les appels à projets dans le cadre de ces http://youtu.be/_7oxQZcSo3kprogrammes, qui sont vitaux pour l’action, et en certains cas la survie, des organismes québécois de coopération internationale.»
Nous consultons présentement les Québécoises et Québécois en vue de créer une Agence québécoise de solidarité internationale (AQSI). Vous pouvez participer ici
J’en profite pour souligner que les Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI) se tiendront partout au Québec du 6 au 16 novembre. Comme le disent si bien les organisateurs « Faut se parler » !
L’élection municipale de dimanche à Montréal et ailleurs dans la métropole, notamment à Laval, est et doit être une date charnière.
Pour les Montréalais, pour la métropole, pour le Québec.
J’ai esquissé en quelques minutes, ce mardi à l’Assemblée nationale, comment notre gouvernement envisage cette nouvelle phase et comment il compte s’engager, aux côtés des nouveaux élus, pour concourir au succès de la métropole.
Verbatim :
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Je suis très heureux de prendre la parole aujourd’hui à quelques jours d’une élection historique pour Montréal. Et mon premier sentiment, mon premier mouvement, et je suis sûr que la députée de l’Acadie va se joindre à moi pour appeler les Montréalais à voter massivement lundi pour le et les candidats et les candidates de leur choix.
La semaine prochaine, Montréal va tourner la page et va faire en sorte de se projeter vers l’avenir, de se projeter vers un nouvel élan, et c’est essentiel.
J’irais plus loi, et, déjà j’appellerais les Montréalais et les acteurs montréalais à se rallier derrière la décision démocratique qui sera prise lundi. Et j’engage le gouvernement à faire la même chose.
Nous allons faire en sorte que cette nouvelle administration, ces nouveaux élus, et dans toute la région métropolitaine, sachent que le gouvernement du Québec est avec eux pour les décisions que nous allons prendre ensemble pour la suite.
Comment envisager cette suite? Nous avons commencé à la préparer.
L’intégrité
Dès les premiers jours de notre arrivée, nous savions que les élus montréalais étaient pris dans un marais terrible concernant les contrats publics et l’intégrité. Nous les avons accompagnés pour sortir de ce marais.
Et je ne perdrai pas de temps à faire le procès de l’administration gouvernementale libérale précédente. Ce qui se passe à Montréal est trop important.
Alors donc, nous avons accompagné, nous avons déposé la loi 1 sur la probité dans les contrats publics. L’administration montréalaise a demandé des amendements. Nous les avons faits. Encore récemment, le président du Conseil du trésor était avec le maire par intérim de Montréal pour préparer la suite des choses.
Et c’est un processus de codécision que nous avons connu sur ce dossier de l’intégrité.
Les transports, les familles
En matière de transport, je suis content d’en parler, c’est avec les élus montréalais que nous avons annoncé le prolongement de la ligne bleue et les travaux sur la ligne jaune.
C’est avec les élus montréalais et les sociétés montréalaises que nous avons préparé le doublement des voies réservées sur le territoire de Montréal d’ici trois ans.
C’est avec les élus montréalais que nous avons fait le rapport Montréal = Familles. Et c’est avec eux que nous allons concevoir les mesures concrètes de rétention des familles.
Il y a un projet de règlement qui a été déposé il y a quelque temps pour résoudre un problème particulier concernant Turcot. Ça a suscité beaucoup de commentaires que la députée a cités, et des commentaires qui sont de bon sens.
Aujourd’hui, avec mon collègue le ministre des Transports, nous avons clairement établi et avons clairement dit aux Montréalais que nous allions trouver une solution politique à cette question. Avec les nouveaux élus nous allons trouver une solution politique à cette question, et pas une solution réglementaire, du moins pas dans la formule qui est maintenant avancée, et proposée, et pas du tout décidée.
La Charte des valeurs
Alors, qu’est-ce qui se passera sur la question de la charte? C’est important. Sur la question de la charte, je vais me permettre de revenir sur des propos que j’ai tenus récemment. J’ai dit, le 10 octobre, devant les journalistes:
J’ai entendu deux candidats à la mairie de Montréal dire, la veille, qu’ils allaient considérer la possibilité de contester la charte des valeurs devant les cours s’ils sont élus. J’ai aussi entendu certaines réserves de leur part, disant : On va attendre le texte, ça va dépendre du texte. Et c’est très bien parce qu’on n’a pas encore déposé de texte.
Et je continue. Je disais et je réitère:
Évidemment, nous, du gouvernement québécois, on veut collaborer avec les autorités montréalaises pour un atterrissage correct, ordonné, en douceur de cette question-là sur le territoire le plus impliqué dans ces questions, qui est le territoire de Montréal.
Et sur la capacité des élus montréalais de dire ce qu’ils en pensent, loin de les appeler à se taire, je disais :
Ils ont droit à leur position, ils ont droit d’agir comme maire de Montréal. (Je parlais de leur présence en cour). Je tiens simplement à faire une lecture politique de ce qui se passe (sur le fait que les Montréalais ne sont pas unanimes).
Qu’est-ce qui va se passer? Il y aura l’élection dimanche. Il y aura le dépôt d’un projet de loi. Il y aura une commission parlementaire, et les élus montréalais seront bienvenus de faire des propositions sur la charte.
Une démarche conjointe
Ma volonté du ministre de la métropole, — je peux le dire à la députée, qui est également députée montréalaise — de défendre la métropole à l’intérieur du gouvernement et à l’extérieur du gouvernement est totale.
Qu’est-ce qui va se passer ensuite ?
Bien, il va se passer notre volonté de proposer aux élus montréalais une démarche conjointe, un rendez-vous où on va se donner une feuille de route pour les grands chantiers qui doivent redonner son élan à la métropole d’ici ce rendez-vous que nous avons avec la fierté montréalaise 2017, ce grand anniversaire.
Comment créer davantage d’emplois à Montréal et partout au Québec ?
En vendant, ailleurs, ce qui nous rend distincts, ici.
Quel est le mode d’emploi?
Je l’ai présenté devant un parterre d’entrepreneurs au CORIM ce lundi :
Pour en savoir davantage, voici l’essentiel du Plan, précédé d’une infographie-résumé :
Investir dans l’exportation, c’est investir dans le Québec
Le Plan de développement du commerce extérieur 2013-2017 (PDCE) vise la relance des exportations par la consolidation des marchés traditionnels (Canada, États-Unis et Europe), le développement de nouveaux marchés et la préparation des nouveaux exportateurs.
Ce plan est né d’un effort de consultation des entreprises, des associations sectorielles et du réseau des organismes à l’exportation, bref des joueurs expérimentés!
Trois grands principes animent cette démarche :
Un accès simplifié aux services à l’exportation
Une meilleure correspondance entre l’offre québécoise et la demande étrangère
Une action concertée et une synergie des acteurs du commerce extérieur
Grands objectifs :
consolider et accroître les ventes des entreprises que nous accompagnons sur les marchés traditionnels
accroître les résultats de notre action eu égard aux entreprises que nous accompagnons sur les marchés en émergence (Asie-Pacifique, Amérique latine, Afrique et Moyen-Orient). La croissance visée équivaut approximativement à 15 % par année
offrir des services spécialisés dans toutes les régions du Québec et augmenter le nombre de nouvelles entreprises exportatrices
Quatre grandes orientations :
1- Faciliter l’accès aux services et aux marchés
Alléger les processus administratifs gouvernementaux
Améliorer la concertation et la complémentarité entre intervenants à l’exportation
Mettre la diplomatie au service de l’économie
Promouvoir les intérêts du Québec dans la négociation d’accords économiques
2 – Préparer les entreprises en amont du développement de marché
Déployer une approche intégrée de l’accompagnement stratégique des entreprises
Faciliter la commercialisation des produits novateurs
Appuyer le développement des compétences et le recrutement de travailleurs qualifiés
Offrir de services spécialisés à l’exportation dans toutes les régions du Québec
Faciliter le partage de connaissances, d’expériences et la diffusion d’information stratégique
Offrir des services et des outils financiers adaptés
3 – Appuyer les entreprises à l’étranger
Assurer un meilleur arrimage entre l’offre québécoise et les occasions sur les marchés étrangers
Faciliter la création de liens d’affaires entre entreprises étrangères et québécoises
Aider nos entreprises à consolider leur présence sur les marchés étrangers
Encourager les maillages entre secteurs d’excellence, grappes, établissements d’enseignement avec leurs vis-à-vis à l’étranger
4 – Promouvoir les forces du Québec
Mettre en valeur les secteurs d’excellence, la culture, l’éducation et l’industrie touristique à l’étranger
Promouvoir, à des fins d’investissements, la compétitivité de l’environnement d’affaires du Québec
Positionner le Québec comme chef de file mondial du développement durable et de l’électrification des transports
Concrètement, pour vous, entrepreneurs, le PDCE c’est :
une clarification des démarches à l’exportation, notamment par la mise en place de services de première ligne pour les entreprises
la possibilité de s’inscrire en ligne 24 heures sur 24 pour des missions commerciales ou des activités d’Export Québec
la possibilité de valider directement, en ligne, votre admissibilité au Programme exportation
un accompagnement individuel pour les entreprises à fort potentiel d’exportation
la possibilité d’utiliser les services et les conseils du personnel des bureaux d’Expansion Québec partout dans le monde pour vous faciliter l’accès aux marchés étrangers
un appui du gouvernement tout au long d’un cycle d’innovation afin de développer vos produits innovants et d’en faciliter leur commercialisation et leur exportation
et plus encore.
Ce que prévoit le PDCE d’ici à 2017 :
un soutien financier de 82 millions de dollars aux entreprises pour leur faciliter l’accès aux marchés d’exportation
l’accompagnement de 1 000 entreprises par année dans toutes les régions du Québec
2 500 accompagnements directs sur les marchés hors Québec, générant des ventes fermes de plus de 940 millions de dollars et la création de 2 000 emplois par année
1 000 nouvelles entreprises exportatrices d’ici à cinq ans.
J’ai eu l’énorme plaisir, le 19 septembre dernier, de présenter au CORIM un des géants de l’histoire africaine récente et un grand bâtisseur de la Francophonie moderne, le sénégalais Abdou Diouf.
Voici son allocution, précédée de ma présentation:
Verbatim :
Monsieur le Secrétaire général de la Francophonie, Monsieur le Président Diouf, si je dis « mon ami », parce qu’on se connaît un tout petit peu, je suis obligé de dire « mon grand ami » ou, comme disait Napoléon à quelqu’un qui était plus grand que lui : « vous êtes plus long ». C’est vous qui m’avez raconté cela, donc mon « long ami » et même si notre amitié n’est pas très longue dans le temps, compte tenu de votre taille, c’est une longue amitié.
Vous le savez, Monsieur le Secrétaire général, depuis quelques années, les Québécois fondent les sources de leur(s) politique(s) publique(s), de leurs usages, sur l’Amérique, sur l’Europe et sur la France, ce qui fait que nous avons décidé, comme les Français, de désigner nos anciens premiers ministres du titre de premier ministre.
Donc, je vous salue d’abord et j’ai le plaisir de saluer le premier ministre du Québec, le premier ministre du Québec et le premier ministre du Québec.
Je salue Monsieur l’Administrateur de la Francophonie, le président du Conseil, Raymond Chrétien, le Conseil d’administration du CORIM, son président-directeur général, trois anciens ministres des Relations internationales du Québec sont avec nous aujourd’hui, et celui qui a inventé l’idée même que nous pouvions avoir des relations internationales, MM. Paul Gérin-Lajoie, Gil Rémillard, Mme Louise Beaudoin.
Nous avons aussi trois directeurs, anciens et présents, du quotidien montréalais qui a le mieux porté la cause du français et de la Francophonie : Jean-Louis Roy, Lise Bissonnette, Bernard Descôteaux. Et, comme disent nos amis africains, je vous salue en vos titres, grades et qualités, mais, j’ajoute que je salue aussi tous les sans-grades qui sont ici que je remercie pour leur présence.
M. Diouf, à qui la faute? Qui doit-on blâmer ou plutôt vénérer pour vous avoir ici parmi nous au terme d’une extraordinaire carrière publique, pas au terme d’une vie parce qu’on sent dans vos gênes qu’il y a du centenaire chez vous, au moins, et on le souhaite.
Mais, au terme d’une admirable vie publique, c’est la faute de votre grand-mère parce qu’un jour que vous reveniez ravi de l’école pour lui dire que vous étiez premier en espagnol, elle vous a dit « que voulez-vous que ça me fasse – que veux-tu que ça me fasse -, je veux que tu sois premier en français ». Or vous voici, cher Abdou Diouf, premier en français. Vous êtes le premier de la Francophonie, vous êtes le premier de tous ces peuples qui ont le français en partage. C’est la faute de votre père, parce que votre père était un champion de dames et pour être champion de dames, il faut garder son calme, percer la stratégie de l’adversaire, jouer deux coups d’avance et c’est, je spécule, ce qui a préfiguré au talent de diplomate et de médiateur.
C’est évidemment la faute de Senghor, il a déjoué tous vos plans. Vous aviez dit, vous le grand administrateur, enfin le jeune et grand, toujours grand, le jeune administrateur public, que votre carrière serait dans l’administration publique sénégalaise.
Je vous cite : « je fuyais la politique comme la peste », heureusement pour vous, heureusement pour vous et pour nous, s’il est vrai que la politique est une maladie, elle n’est pas mortelle, on finit toujours par se soigner.
Et, d’ailleurs, dans une première étape, lorsque Senghor a été interpellé par des conseillers qui lui disaient : pourquoi ne faites-vous pas de ce jeune Diouf un ministre? Il disait « non, j’ai besoin de lui ». Ce qui en dit long sur le pouvoir relatif des conseillers et des ministres. Ayant moi-même été conseiller pendant cinq ans, mais ministre depuis seulement un an, je n’ai pas suffisamment de recul pour dire lequel est le plus utile au chef du gouvernement et de l’État.
Senghor vous a joué un tour, il vous a nommé premier ministre et, ensuite, il a changé la constitution du Sénégal pour faire en sorte que, si le président se retirait en cours de mandat, le premier ministre en exercice devenait automatiquement président du pays et, selon sûrement un hasard, superbement positionné pour l’élection suivante, la peste vous a rattrapé.
Alors, tout cela est vrai, votre mère est responsable, votre père est responsable, Senghor, que vous appelez votre mentor, votre maître et votre père spirituel est responsable et ils ont tous poussé très fort, très fort, sur la roue de votre destin.
Mais moi, je crois connaître le vrai responsable de la qualité de votre carrière, ce responsable est parmi nous, il s’appelle Adbou Diouf.
À vous voir aujourd’hui avec votre prestance, votre calme, vous qui semblez être la sérénité incarnée et qui avez la sérénité contagieuse, on pourrait penser que votre vie politique a été un long fleuve tranquille. Il n’en est rien. Vous avez connu toutes les turbulences de la vie politique sénégalaise : tensions avec les chefs religieux, crises politiques, crises financières, dévaluation de la monnaie et même, comme si vous étiez au Parti Québécois, crise dans votre parti politique.
Dans toutes ces intempéries, vous avez construit l’État de droit dont Senghor avait coulé les fondations. Vous avez mis le Sénégal dans le peloton de tête de la croissance, vous avez laissé une situation financière saine, mais, plus encore, vous avez instauré un vrai débat, une vraie démocratie partisane, un vrai multipartisme au Sénégal.
Certains de vos commentateurs ou de vos alliés plus conservateurs vous accusaient même d’avoir instauré, au Sénégal, une démocratie débridée, vous répondiez que c’était ce qu’il fallait faire : lâcher la bride. Car, s’il est vrai qu’une démocratie complètement libre comporte beaucoup d’inconvénients pour les puissants, elle comporte surtout beaucoup de liberté pour les citoyens. Dans cette démocratie sénégalaise débridée grâce à vous, vous avez gagné des élections, des élections compétitives et on vous en félicite. Mais vous avez franchi un autre pas, en essence beaucoup plus important, vous avez perdu une élection.
Dans l’histoire de la démocratie occidentale, un moment clé est celui où le premier président élu, George Washington, accepte de terminer son mandat et de céder la place à un autre. C’était la preuve qu’il n’était pas un roi, c’était la preuve que l’on pouvait changer le chef de l’État.
Dans l’histoire de la démocratie africaine, le fait que vous ayez accepté que la démocratie soit compétitive et que vous puissiez perdre, malgré votre valeur qui aurait dû conduire à votre réélection, mais que vous perdiez avec élégance et respect de la démocratie a été un moment clé de la transition africaine vers la vraie démocratie.
Ce geste, cher Abdou Diouf, vous a donné ensuite et jusqu’à aujourd’hui et pour l’avenir un ascendant considérable envers les autres chefs d’État de la Francophonie et de l’Afrique qui n’avaient pas, autant que vous, la défaite facile.
La grande question de la transition démocratique en Afrique est celle de l’alternance et de l’acceptation de la limitation des mandats. Vous êtes la grande réponse.
Je n’ajouterai, que pour le mentionner, comment vous avez tiré durant vos mandats à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), comment vous avez tiré l’OIF vers le haut. Vous avez tenté avec votre extraordinaire compagnon, Clément Duhaime, de l’amener à votre hauteur avec un succès considérable.
Maintenant, l’an prochain, vous nous laisserez le redoutable fardeau de trouver un successeur à votre mesure. Je vous le dis bien franchement : « Nous n’y arriverons pas. Nous n’y arriverons pas ».
Personne ne sera votre égal, mais grâce à vous, nous savons ce vers quoi il faut tendre, vers l’excellence.
Mesdames et Messieurs, le secrétaire général de l’OIF, Monsieur Abdou Diouf.
Vous trouverez l’allocution de monsieur Diouf en cliquant ici.
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