Crise au PQ: Le cri du coeur d’un militant

Après la démission d’un cinquième député péquiste, et avant l’expulsion d’un sixième, voici ce qui est tombé dans ma boîte de message. Je le partage avec vous, car il représente la frustration vécue par des dizaines de milliers de militants au Québec:

M. Lisée, je m’avoue vaincu !!

J’ai 28 ans et je suis membre du PQ depuis que j’ai 12 ans, même si je sais que c’est impossible selon les statuts du parti !

Si Lévesque et Bourgault ont formé une formation politique ensemble, malgré leur forte personnalité, pourquoi aujourd’hui on fait le contraire? Non seulement on forme une panoplie de groupes (QS,RRQ, Parti Vert du Québec, etc.), mais en plus, nos personnalités sont rendues trop fortes pour travailler ensemble !!!

C’est très frustrant, en tant que militant, de travailler avec fierté pour la cause et ce, gratuitement car on y croit, et de réaliser que dans l’espace de quelques jours, on apprend que nos propres députés quittent le navire et que tout est à recommencer !!

Toutes les heures passées à convaincre, au détriment de la vie de famille et bien….au foutoir !!! Je n’ai jamais été pleinement en accord avec la ligne du PQ, mais je sais que cette coalition nous permet d’être plus fort à porter nos projets sociaux-démocrates personnels. Moi, quand j’ai un problème avec ma formation politique, je regroupe des gens au sein de cette même formation, et je tente de faire valoir mon point !!! Je ne quitte pas, je redouble d’ardeur !!!

On oublie trop souvent que la cause est plus importante que nous tous. Je suis organisateur dans mon comté depuis quelques années, parce qu’on me demande de le faire, pour la cause. Comme, en 1995, on me demandait de poser des affiches pour aider à la cause et je le fais toujours d’ailleurs !!! Quand on m’a demandé d’être le président de circonscription, je l’ai fait car on avait besoin. Je serais prêt à laver le local électoral pour faire avancer la cause !!! Bref, j’ai toujours été en mesure de prendre mes propres décisions personnelles dans ma vie, en faisant des choix que je considérais éclairés. Toutefois, actuellement, je regarde ce qui se passe dans mon parti, et je suis présentement inactif, car je ne sais pas par où commencer ou pire, je ne sais plus quoi faire !!!

Je ne sais pas combien nous serons la semaine prochaine, ou après l’été. Tout le monde a sa propre théorie pour faire avancer la cause, mais combien différentes les une des autres !!! Du même coup, je regarde ce que la population veut et ce que les membres de mon parti veulent !! Bref, je vous écrit parce qu’à chaque fois que je lis ce que vous faites, je me vois rassuré !!! Merci de me répondre car je vous considère vraiment.

François Houle, Victoriaville, comté d’Arthabaska

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Cher François Houle,

Je vais laisser votre message parler de lui-même pour aujourd’hui. Je vais tenter de vous répondre demain. Et je veux lire d’abord ce que dirons les internautes.

Merci pour votre franchise,

Jean-François

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !