Débat: Legault et Charest dans une dimension parallèle ?

579270-francois-legault-jean-charest-pauline-1C’est mon estimé collègue blogueur Paul Wells, de Maclean’s, qui introduit l’idée d’autre dimension dans le débat québécois. Juste après le débat de dimanche soir, il a écrit ceci:

Marois, who’s been depicted by Charest as a flake, tried to appear reassuring, competent and moderate. Legault, a doughy middle-aged fellow who founded Air Transat in the mid-’80s and was recruited into Lucien Bouchard’s PQ government more than a decade ago, pretended he sprang naked from an egg yesterday and that he’s amazed to discover what’s been going on in Quebec while he was vacationing in another dimension.

Je traduis:

Marois, que Charest a décrit comme une faible d’esprit, a tenté de paraître rassurante, compétente et modérée. Legault, homme d’âge moyen un peu enveloppé qui a fondé Air Transat dans la mi-80 et fut recruté dans le gouvernement de Lucien Bouchard il y a plus de 10 ans, a prétendu qu’il venait de sortir tout nu d’un oeuf hier et qu’il est renversé de découvrir ce qui s’est produit au Québec pendant qu’il était en vacances dans une autre dimension.

J’abonde évidemment dans le sens de M. Wells. Mais j’ajouterais que Jean Charest, lui, ne semblait pas de retour d’une autre dimension. Il semblait y être encore.

Un sourire d’une autre planète

Arborant un sourire de pub de dentifrice chaque fois que ses adversaires évoquaient la déliquescence éthique dans laquelle son gouvernement a plongé le Québec depuis 9 ans, Jean Charest a tenté de nous convaincre qu’il n’avait rien vu, rien su, rien fait pour que 70% des Québécois souhaitent son départ définitif de la vie politique.

Dans sa dimension à lui, Tony Tomassi n’a fait qu’utiliser une carte de crédit qu’il ne possédait pas. Dans sa dimension, l’émission Enquête n’existe pas.

En fait, il vit sur une planète hors du temps, où les seuls exemples de collusion dont il ait jamais entendu parler remontaient à une période antérieure à sa prise du pouvoir.

Rappelons pour le bénéfice de nos jeunes lecteurs que, lorsque Jean Charest a pris le pouvoir, le iPad n’existait pas. Ni le iPhone. Ni Facebook.

Oui oui. Fut une époque où Facebook n’existait pas. Dans l’avant-Charest. Une autre dimension, quoi !

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !