Dette: le plan de 400 ans de François Legault

C’est un plaisir d’entendre Bernard Drainville démonter les chiffres du chef de la CAQ:

C’est aussi éclairant de lire ce qu’en écrit Nicolas Marceau:

Ainsi, la CAQ promet de ramener la dette du Québec au même niveau que celui des autres provinces canadiennes en une dizaine d’années. Pour réaliser cette promesse, François Legault devrait rembourser un montant de 81,5 milliards de dollars au cours des dix prochaines années. Il prétend pouvoir le faire en versant la totalité des redevances perçues sur les ressources naturelles non renouvelables, qu’il ne prévoit pas hausser. Les revenus miniers sont évalués à quelque 4 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Le chef de la CAQ prévoit aussi affecter des hypothétiques redevances perçues sur le pétrole au remboursement de la dette alors qu’aucune entreprise pétrolière ne prévoit verser de redevances avant 2015, et ce, dans le meilleur des cas.

En outre, comme le Québec fait toujours partie du Canada, la moitié des redevances perçues par le gouvernement du Québec est retenue par le gouvernement fédéral par le biais du système de péréquation. Il est donc techniquement impossible de promettre d’affecter plus de la moitié de ces redevances avec la formule de péréquation actuelle. Pour réaliser son engagement de ramener la dette du Québec au même niveau que celui des autres provinces en affectant la totalité des redevances perçues sur les ressources non renouvelables, il lui faudrait plus de 400 ans. […]

Le chef de la CAQ entend aussi dépenser plus de 2 milliards de dollars pour des baisses d’impôt, en prétendant pouvoir dégager cette somme simplement en faisant du ménage dans l’État. Rappelons-nous que c’est le même François Legault qui, en 2007, lorsque le gouvernement libéral proposait de baisser les impôts de 950 millions de dollars, était le premier à dire qu’il s’agissait d’un geste irresponsable de Jean Charest parce que le Québec n’avait pas les moyens. Cinq ans plus tard, la situation des finances publiques s’est détériorée : il y a un déficit à résorber et la dette a augmenté de 42 milliards de dollars depuis 2007.Afin de dégager la marge de manœuvre nécessaire pour payer cette mesure, il faudrait couper 50 000 des 63 000 fonctionnaires du gouvernement du Québec. Abolir les commissions scolaires, les agences de santé et 7000 postes à Hydro-Québec ne suffirait pas pour défrayer le coût de cette promesse.

On n’a d’autres choix, en entendant de pareilles énormités, que de conclure que François Legault n’a pas l’intention de tenir ses engagements. Il fait des promesses illusoires pour se faire élire et, une fois élu, il trouvera toutes les excuses pour justifier son inaction. Voilà le type de comportement qui suscite le cynisme et qui nuit à l’image de la classe politique.

Ce n’est pas le François Legault rigoureux qu’on avait connu à l’époque…

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !