Docteur, ne nous quitte pas, ne nous quitte pas (ter)

Vous serez nombreux ce soir à écouter Tout le monde en parle, sans doute pour mesurer avec quelle ténacité Guy A. va tarauder son invité, Gaétan Barrette, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Au nom de ses membres, il a récemment demandé des hausses de rémunération «d’au moins 4 %, voire 5 à 6 % par année», après avoir obtenu une hausse spectaculaire ces dernières années.

Je n’ai qu’un regret, que Guy A. n’ait pu, pour se préparer à l’entrevue réalisée jeudi, lire l’article publié samedi dans Le Devoir et signé Benoît Dubreuil (transparence totale: c’est un collaborateur et ami) et Christian Bordeleau (transparence totale: je ne le connais pas).

Intitulé Revendications salariales des médecins — pour mettre fin un jour au chantage, les deux universitaires dépassent le stade de la frustration pour offrir aux Québécois et au gouvernement une série de propositions qui rendraient caduque la prétention des médecins spécialistes au toujours plus.

Extrait:

Le véritable pouvoir de négociation des médecins ne vient pas du risque d’exode (largement imaginaire), mais des autres moyens de pression que peuvent exercer les médecins (dont la grève). Ce sont d’abord eux qui permettent à leurs représentants de profiter d’une pénurie artificielle pour accroître des privilèges salariaux déjà injustifiables. C’est aussi pour cela qu’il faudra un jour réduire le pouvoir des médecins dans l’économie de la santé. Le véritable enjeu ici est la formation de «super infirmières» qui auront une formation de deuxième cycle universitaire et qui pourront prendre en charge une grande partie du travail des omnipraticiens pour le tiers du coût. Cela est déjà survenu dans plusieurs provinces et surviendra nécessairement au Québec.

 

Une autre stratégie consisterait à ouvrir plus largement les portes des facultés de médecine, de manière à former beaucoup plus de médecins. Le contrôle des qualifications se ferait à la fin de la formation, comme c’est déjà le cas actuellement. À terme, l’ouverture de la formation ferait nécessairement baisser les salaires, jusqu’à ce que soit atteint un meilleur équilibre, comme c’est le cas dans les autres professions.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !