Êtes-vous « sévèrement conservateur »?

1328914550370-150x150C’est le candidat quasi-favori à l’investiture républicaine, Mitt Romney, qui s’est décrit ainsi, ces jours derniers, devant un parterre de conservateurs réunis à Washington.

La phrase a fait tiquer car, comme l’a indiqué un spécialiste en linguistique, Mark Liberman, de l’U de Pennsylvanie, en anglais, le mot « sévèrement » est associé aux cinq mots suivants:

Sévèrement: handicapé, déprimé, malade, limité et blessé.

À l’émission This Week, ce dimanche, le chroniqueur conservateur George Will a décrit Romney comme un touriste invité chez des gens et tentant gauchement d’utiliser leur langage.

Pourquoi ? Romney est l’ancien gouverneur de l’État du Massachussets, où même les Républicains sont considérés comme trop modérés pour le Parti républicain actuel. Sur toutes les questions importantes: avortement, assurance-maladie, il a parfois adopté des positions modérées.

Or, être modéré, aujourd’hui, dans la droite américaine, c’est être sévèrement handicapé. Politiquement, s’entend. Dans une famille politique qui croit sérieusement que Barak Obama est un socialiste (s’il avait nationalisé les banques, en 2009, comme il fallait le faire, plutôt que de leur envoyer des milliards à fonds perdu ce serait compréhensible), un ex-gouverneur du Massachussets doit démontrer qu’il a sévèrement changé d’avis.

Dans sa chronique de ce lundi matin, Paul Krugman se demande si cette déclaration de Romney n’est pas un lapsus freudien. Romney sait que son idéologie doit être sévèrement altérée pour avoir l’air conservateur.

Ce contenu a été publié dans Présidentielle USA 2012 par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !