Harper et Haïti: Comment faire l’unanimité contre soi

harperJean21Apprenant que 75% des Québécois avaient une mauvaise opinion de leur gouvernement, le gouvernement Harper s’est-il demandé comment atteindre le chiffre magique de 100% ?

L’hypothèse doit être envisagée, car les conservateurs sont en train de réussir là où beaucoup ont échoué: se mettre du mauvais côté d’une crise humanitaire.

En refusant de permettre à davantage de sinistrés haïtiens de s’établir rapidement au Canada (lire: au Québec) via une réunification familiale élargie, Harper plonge avec enthousiasme dans le rôle du cœur de pierre à l’heure ou, tous, veulent ouvrir le leur.

Peut-être a-t-il mal lu l’opinion québécoise, la croyant réfractaire à l’immigration en soi, pour cause de réticences à la sacralisation des accommodements raisonnables? Or s’il y a un cas où les Québécois sont volontaires pour accommoder des immigrants, c’est bien celui-là.

Le gouvernement québécois, l’opposition, les ONG sont tous outrés. Cela pourrait cependant être pire pour Harper. Oui. Car la gouverneure générale, Michaëlle Jean, d’origine haïtienne, sait maintenant qu’elle n’aura pas de second mandat à son poste actuel. Elle est donc en fin de mandat. Je ne serais pas surpris, si le gouvernement Harper ne se montre pas généreux, qu’elle sorte de sa réserve pour semoncer le gouvernement sur un sujet où personne — du moins au Québec — ne le lui reprochera.

Avec la GG, un jeu dangereux. (Photo Presse Canadienne)

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !