Jacques Chirac accusé

800px-president_chirac-150x150Il avait tout trafiqué pour que ça n’arrive jamais. Mais une juge d’instruction — cette race très française d’enquêteurs/procureurs que Nicolas Sarkozy veut faire disparaître — en a décidé autrement.

Mais ce vendredi, pour la première fois dans l’histoire de la Ve république, un ancien président est renvoyé devant le tribunal pour « abus de confiance » et « détournement de fonds publics ». Il aurait commis ces actes alors qu’il était maire de Paris, en inventant des emplois fictifs pour y caser des amis du régime et du parti. Aussi inculpés: le petit-fils de de Gaulle, l’ancien secrétaire général de Force Ouvrière Marc Blondel, et plusieurs autres.Au pouvoir, Chirac a tiré toutes les ficelles pour nommer à des postes-clé à la justice des personnes soucieuses de fermer le dossier. Mais la juge d’instruction Xavière Simeoni, en fin de mandat, a décidé de partir avec un grand coup.

Intéressant: les magistrats qui ont d’abord voulu fermer le dossier ont conclu qu’il y avait bien eu des irrégularités, mais que les faits étaient prescrits. Les autres, non-prescrits, trop difficiles à prouver. Ce n’est pas l’avis de la juge Simeoni. Ce sera maintenant au tribunal de juger.

Pour plus d’infos, voir le texte du Monde.

Chirac ciblé. (Photo Wikicommons)

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !