Jean Charest à la fenêtre

fenetreJean Charest doit faire sa liste. La liste des pour et des contre. C’est déjà une bonne nouvelle car, il y a six mois, il n’aurait pas pensé à la faire. Mais la fenêtre se présente à lui et elle réclame une liste.

La fenêtre électorale, bien sûr. Celle qui s’ouvre sur l’automne 2011 et qui pourrait constituer le scénario du moins pire.

Alors il fait sa liste. Voyons-voir.

Feux Verts

– Autopeluredebananisation majeure du PQ
Ce n’est pas rien. Quoiqu’on en dise, c’est toujours son principal adversaire. Comment faire pour que la bisbille ne s’éteigne pas pendant les Festivals ? Reporter à l’automne le vote sur l’amphithéâtre ? Excellente idée. Cela reprovoquera le même débat sur le vote libre au sein du caucus, et les quatre indépendants seront là pour donner mauvaise conscience à ce qui reste de l’opposition officielle.

– Prendre de court le futur parti de Legault
Vous ne le savez peut-être pas, mais depuis peu, le premier ministre en fait une obsession. Ses sondeurs lui indiquent que la menace Legault siphonnerait jusqu’à l’os son électorat francophone.
Chaque mois qui passe rend la menace plus sérieuse. Déclencher à l’automne prendrait Legault de vitesse.

-Profiter de la popularité d’Amir
Quel don du ciel cet Amir, dont la popularité mordra dans l’électorat péquiste. S’il fallait qu’il devienne moins populaire, pour quelque boycott mal avisé, le PLQ perdrait cet avantage tactique.

-Le Plan Nord
Les annonces d’investissement miniers prévus avant le Plan Nord mais mis en marchés dans ce bel emballage vont bien finir par avoir un effet positif sur l’électorat. Mieux vaut en profiter avant que les travaux commencent réellement et que les écolos se plaignent du bruit, des déchets toxiques et autres balivernes !

-Les sondages
Seulement 68% d’insatisfaits, il y a longtemps que ce n’était allé aussi bien !

Feux Rouges

– Refermeture de la banane péquiste
Pauline Marois semble plus coriace que ses prédécesseurs. On n’a pas arrêté de la sous-estimer. Qui sait si elle ne trouvera pas, dans l’épreuve, une énergie nouvelle ?

– Le Legault tire-vite
Legault n’est pas fou, il sait déjà que le PLQ songe à des élections hâtives. Il met les bouchées doubles pour se trouver 125 candidats et, s’il n’y arrive pas, il pourrait partager le territoire. L’ADQ à Québec, les candidats Legault à Montréal. Et puis, la grande valeur de Legault, c’est la nouveauté. Faire l’élection à l’automne, c’est l’exposer à l’électorat avant que les électeurs ne se lassent de l’entendre. C’est lui offrir d’incarner immédiatement le changement. Si, au contraire, on prend son temps et qu’on le laisse, à l’automne 2011, émerger, à l’hiver 2012, pavoiser, au printemps 2012, se répéter, à l’automne 2012, s’user, à l’hiver 2013, il ne sera plus l’homme du changement, mais l’homme lancinant.

-Amir: attendre ses renforts
Les 59 bureaux de comtés du NPD auront à peine le temps de s’organiser d’ici l’automne. Ils forment autant de têtes de ponts de Québec Solidaire dans toutes les régions du Québec, autant de torpilles lancées dans l’électorat péquiste. Mieux vaut leur laisser le temps de s’organiser, de recruter, puis de se déployer, le plus tard possible, donc avec le plus de dommages possible sur le PQ.

-Le Plan Nord
Pour l’instant, ce ne sont que des annonces. Les emplois ne sont pas encore au rendez-vous. Mais si la tendance se maintient, et qu’il y a effectivement plusieurs investissements supplémentaires d’ici 2013 (le mandat ne se termine que fin 2013), l’impact pourrait être meilleur, y compris sur les rentrées fiscales, donc y compris pour des bonbons budgétaires pré-électoraux.

-Les sondages
68% d’insatisfaits, c’est quand même beaucoup

-Le prétexte
Ah, oui, j’oubliais. Il faut une raison pour déclencher une élection prématurément. Un prétexte. Pour l’instant, il n’y en a pas sous la main. C’est fâcheux.

Ce contenu a été publié dans Parti libéral du Québec par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !