Jeunesse: Mononc’ Legault frappe encore !

François-Legault--150x150On savait que François Legault avait une idée précise sur les Cégépiens: des gens qui fréquentent «une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue». On sait maintenant ce qu’il pense des jeunes québécois en général. Ils ne font pas le poids face aux jeunes Asiatiques. Voici ce qu’il a dit hier en Beauce:

« Si les Asiatiques sont très travaillants et que, nous, on dit qu’on veut juste faire la belle vie, on va mal se réveiller un jour ! «

Puis il a réduit sa vision de la jeunesse québécoise à une rencontre qu’il a eue avec des participants de l’école d’été de l’Institut du Nouveau Monde l’an dernier:

« J’essayais de leur expliquer comment créer de la richesse au Québec. La plupart des questions, c’était : “ Pourquoi ? Pourquoi créer de la richesse ? Moi, ce que je veux dans la vie, c’est de ne pas avoir de stress, être chez nous à 4 heures ! ”

Les préjugés et l’anecdote ont bien sûr leur place dans le débat public, mais on s’attend d’un chef de parti qu’il ait une meilleure connaissance de l’ensemble de la réalité. Par exemple, il pourrait apprendre que le taux d’activité des Québécois est plus élevé que celui des Japonais:

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Mononc`, sais-tu que les Québécois font moins « la belle vie » que les Japonais ?

Cela ne vaut que pour l’OCDE, bien sûr, mais on peut constater ici que le taux d’emploi des 15-24 ans est nettement plus haut au Canada (donc au Québec) que dans tous les pays asiatiques.

Je sais, Mononc’, que tu vas dire que ces données ne concernent pas la prochaine génération, qui sera une catastrophe. C’est d’ailleurs ce qu’on entend dans le club des Mononc’ depuis plusieurs générations: la prochaine génération sera une catastrophe.

Cependant, Mononc’ François, il existe un truc qui s’appelle PISA et qui compare régulièrement les compétences des jeunes de l’école secondaire. Y compris en sciences et en mathématiques. Et ces tests démontrent que s’il y a quelques endroits en Occident où les jeunes talonnent les Asiatiques, le Québec en fait partie.

Voici le dernier résultat en date en sciences, où le Québec est, avec d’autres provinces canadiennes et loin devant le reste de l’Occident, juste derrière les Asiatiques:

sciences

 

 

 

 

 

 

 

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Et voici le dernier résultat en mathématiques où, à toutes fins pratiques, les jeunes Québécois SONT des Asiatiques !

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(Source de ces tableaux, ici.)

Et si on veux cumuler toute la formation, secondaire et professionnelle, on voit ici que les Québécois battent les deux pays asiatiques de l’OCDE: le Japon et la Corée:

formation

 

 

Cliquer pour agrandir (source)

Et si on veut plutôt calculer toute la formation tertiaire, donc universitaire et grandes écoles, on trouve encore les Québécois en haut de peloton, devant Japon et Corée et une floppée d’autres Occidentaux:

tertiaire

 

 

 

 

 

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Bref, le discours de Mononc’ François serait plus approprié aux États-Unis ou dans plusieurs pays européens. Et s’il est certain qu’il faut améliorer la productivité québécoise par heure travaillée, je suis déçu à cet égard que Mononc’ François ne s’engage pas, contrairement au PQ, à

Lancer un vaste chantier d’alphabétisation, incluant l’analphabétisme numérique, afin de réduire de façon significative l’analphabétisme d’ici 2020.

Ce qui serait, à mon avis, la mesure la plus structurante possible pour augmenter globalement la productivité. Il y en a plusieurs autres, évidemment, comme notre proposition d’établir un parcours intégré de formation pour les travailleurs québécois, comme l’a fait avec un énorme succès le Royaume Uni.

Mais s’il y a un lieu en Occident où les jeunes font une compétition féroce aux meilleurs asiatiques, c’est le Québec. Une autre approche serait de féliciter les jeunes québécois pour leurs bons résultats et les encourager à faire mieux encore.

Mais ce n’est pas l’approche Mononc’

Ce contenu a été publié dans campagne 2012, François Legault / CAQ par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !