Justin, ça allait pourtant si bien !

C’est fou mais, les Francs Tireurs à Télé-Québec nous offrent constamment certaines des meilleures entrevues, en profondeur, de la télé québécoise. (Il fallait voir l’autre jour Richard Martineau travailler Julius Grey au corps et le pousser dans ses derniers retranchements accomodationnistes!)

Dans la dernière émission, on a l’impression d’assister à une réhabilitation de Justin Trudeau, par lui-même. Patrick Lagacé lui pose toutes les questions difficiles sur toutes les déclarations controversées de sa jeune carrière politique — le bilinguisme, la nation, le vidéo franglais, Ignatieff. Justin T. admet son manque de sagesse, relativise, révise, opère des retraites stratégiques.

À un moment, le souverainiste que je suis se dit dans son for intérieur: Hmmm, s’il continue à prendre de la maturité, il va finir par être dangereux celui-là.

Heureusement, Lagacé pose la question qui tue (la crédibilité). Et Justin fait probablement pleurer ses conseillers en communications. Je ne vous en dis pas plus, il faut voir pour le croire: (Regardez bien le visage de Pat Lagacé quand Justin T. raconte l’anecdote de l’hôtel!)

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !