La crédibilité de l’Unité anti-corruption

closing-the-door-2-150x150La citation du jour va à mon collègue blogueur Patrick Lagacé, réagissant à la déclaration, ce lundi, du directeur de l’Unité permanente anti-corruption (UPAC), Robert Lafrenière:

Le pire, c’est de voir M. Lafrenière s’empourprer devant une attaque de M. Duchesneau sur la crédibilité de l’UPAC. On croira à la crédibilité de l’UPAC quand elle fera des arrestations qui embarrasseront ses maîtres politiques. Quand elle ira pêcher ailleurs qu’à Boisbriand.

En fait, si M. Lafenière avait voulu préserver la crédibilité de son unité, il n’aurait pas donné à son maître politique, Jean Charest, l’argument rêvé pour terminer sa « réflexion » sur une enquête publique.

Le Premier ministre pourra maintenant dire qu’il ne peut, en toute conscience, nuire à l’UPAC et lui mettre des bâtons dans les roues en créant la Commission réclamée par tous, sauf par l’UPAC et les donateurs libéraux.

La question qui blesse est désormais de savoir si M. Charest était informé de l’opinion de M. Lafrenière à ce sujet et, si oui, depuis quand ?

Quoiqu’il en soit de l’opinion de M. Lafrenière, sa crédibilité serait plus forte aujourd’hui s’il était resté coi sur la question d’une Commission, renvoyant la chose aux autorités politiques.

Son alignement sur la position du Premier ministre est peut-être fortuite. Elle ne contribue pas à donner une image d’indépendance.

Ce contenu a été publié dans Corruption/Intégrité, Parti libéral du Québec par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !