La diplomatie, internet, et l’Empire britannique

La nouvelle entente Canada-Royaune Uni, selon Aislin de la Gazette.

J’ai réagi ce mercredi à la décision du gouvernement canadien de choisir systématiquement de partager des locaux diplomatiques avec le Royaume-Uni.

Vous trouverez un fidèle compte-rendu de mes propos dans cette dépêche d’Alexandre Robillard de la Presse Canadienne, mais en voici les principaux extraits:

«Dans le contexte de la remonarchisation de l’identité canadienne, que M. Harper est en train de faire, ça a des relents de retour à l’Empire britannique», a-t-il dit.

M. Lisée n’est pas opposé à l’idée du partage d’ambassades pour diminuer les coûts des représentations, mais le choix de la Grande-Bretagne comme partenaire s’ajoute à une «accumulation de signaux».

«Si ce n’était pas dans ce contexte-là, je trouverais simplement que c’est une entente de bonne gestion des finances publiques au moment où on repense la façon de faire la diplomatie internationale à l’ère d’Internet, a-t-il dit. Mais parce que c’est dans ce contexte-là, c’est plus irritant.»

Loin de voir là un recul de la souveraineté du Canada à l’étranger, M. Lisée a affirmé son respect pour la diplomatie canadienne. Le ministre a d’ailleurs affirmé qu’il n’était pas nécessaire d’avoir des immeubles dans chaque pays, ajoutant que ce ne serait pas le cas d’un Québec souverain.

«On peut avoir des locaux conjoints et ça se fait déjà assez souvent, un pays en représente un autre dans un endroit où on a décidé de ne pas être présent, a-t-il dit. Ici, ce qui est particulier, c’est que c’est systématiquement avec les Britanniques.»

Bref, il n’est pas dit que le Québec souverain n’aurait pas des locaux conjoints avec les Britanniques, avec les Français, les Suisses et, pourquoi pas, les Canadiens !

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !

5 avis sur « La diplomatie, internet, et l’Empire britannique »

  1. J’espère que ce partenariat offrira à nos diplomates anglo-canadiens l’occasion d’apprendre enfin une langue seconde: …le British!

  2. Stephen Harper donne à penser que le Rocanada ne peut assumer seul le legs de la colonie Kwibek par la Grande-Bretagne en 1981 lors du rapatriement du BNAA (British North America Act).

  3. Harper est une condition gagnante pour la souveraineté du Québec.Il vient encore de nous le prouver.

  4. Une psychanalyse serait la bienvenue pour M. Harper. A-t-il tant manqué d’images de père et de mère dans son enfance. Pour se tourner vers Papa USA et maman Grande Bretagne en vieillissant?

  5. Bien d’accord avec vous, Harper veut nous rappeler que nous sommes sujets Britanniques à chaque fois qu’il a une chance de le faire et diminuer notre identité en coupant dans le culturel québécois et bien d’autres choses. Ils faut les avoir à l’oeil constamment ces conservateurs né du Reform Party.

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