La fin des deux solitudes ? Voir, c’est savoir!

C’est donc entendu, pour tout le Canada et les chaumières fédéralistes, l’élection du 2 mai marque le grand retour des électeurs québécois dans la grande aventure fédérale canadienne.

Les points de convergence, après tout, sont nombreux entre eux et nous. Et même si, selon un sondage récent, une majorité de Québécois estiment que le fédéralisme comporte plus de désavantages que d’avantages, l’important est de construire sur ce qui nous unit, n’est-ce-pas?, plutôt que de s’apesantir sur les menus détails où nous divergeons.

Or il se trouve que le million 300 mille personnes qui ont participé à l’exercice politiquement scandaleux qu’a été la Boussole électorale de Radio-Canada (scandaleux car, même si on répondait qu’on voulait l’indépendance, la Boussole nous suggérait de voter NPD, PLC ou PCC) ont aussi répondu à 30 questions.

Ce n’est pas rien, car ce sont des questions sur les 30 dossiers les plus importants de la politique canadienne ces temps-ci — selon les politologues consultés pour élaborer le questionnaire.

Donc, nous avons un portrait superbement informé des convergences et divergences entre le Québec et ses voisins. Je vous invite fortement à consulter les cartes des 30 réponses.

Mais j’en ai choisis quelques unes, pour vous donner une idée:

constitution

 

 

 

 

 

 

Voulez-vous que le Québec soit formellement reconnu comme nation dans la constitution. Je ne vous laisse pas deviner: en noir, c’est non !

Bon, vous me direz que j’ai fait exprès de choisir une question qui choque.
Alors je choisis un thème moins politique. Le registre des armes à feu. Devrait-il être aboli ?

registre

 

 

 

 

 

En bleu, c’est plutôt oui.

Ok, ok. Ça, on le savait.
Au moins tout le pays est maintenant sur la même longueur d’ondes
pour le retour de nos soldats d’Afghanistan, non ?

afghanistan

 

 

 

 

Étonnant, les Québécois sont les seuls à tenir au retour des troupes!

Bon, changeons de sujet. Au moins, les langues officielles sont un point de convergence essentielle, non ?
Suggérons une affirmation empreinte de bon sens:
Parler le français ou l’anglais devrait être une condition pour immigrer au Canada.

immigration

 

 

 

 

 

C’est fou comme les Québécois semblent y tenir davantage…

Et que dire de celle-ci. On demande si le mariage ne devrait être
qu’entre un homme et une femme:

marriage

 

 

 

 

 

Mariage gay: les Québécois ne veulent pas revenir en arrière. Le ROC, oui.

Je ne vais pas vous donner les 30, mais croyez-moi. Dans certains cas, la différence est faible (sur les jeunes contrevenants devant être jugés comme adultes, par exemples) mais sur la fiscalité écologique, des riches ou des entreprises, sur l’essentiel des questions sociales, économiques, militaires, les deux solitudes s’expriment, tantôt légèrement, souvent avec force, comme ici, où on demande s’il faut faire plus ou moins d’efforts pour accommoder les immigrants:

accommodements

 

 

 

 

Hummmm. Quelqu’un a dit « divergence » ? Un beau « moment fédéraliste » en perspective !

 

Ce contenu a été publié dans Canada, Identité par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !