La guerre, reportée de cinq ans ! (Ouf !)

20110101_CNA4001J’étais heureux de voir que The Economist avait eu la même idée que moi, en mettant en Une la possibilité d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

(Deux scénarios dans leur cas, une attaque Israélienne sur l’Iran et/ou un nouveau conflit avec le Hezbollah au sud-Liban.)

Mes collègues de The Economist seront sans doute aussi rassurés que moi en lisant les commentaires du directeur sortant du Mossad, rapportée ce vendredi dans le quotidien israélien Haaretz, selon lequel l’Iran n’obtiendra sa capacité nucléaire, non cette année ou l’an prochain comme le jugeaient les évaluations récentes, mais seulement en 2015.

Selon Meir Dagan, « une série de difficultés (malfunctions) a retardé le programme nucléaire iranien de plusieurs années ». Quelles types de difficultés ? Selon Haaretz, du type provoquées par le Mossad lui-même. On sait que les forces spéciales américaines et, dit-on, britanniques, sont à l’oeuvre sur le terrain pour tenter de saboter le programme nucléaire iranien. Le Mossad, dont l’efficacité a été rétablie sous la direction de Dagan, est évidemment également impliquée dans ce travail.

Haaretz résume le report de l’imminence de l’acquisition d’une bombe iranienne en ces termes:

The Israeli intelligence community’s assessments of Iran’s nuclear capability have changed during Dagan’s tenure. In 2003, Israeli intelligence officials thought Iran would have its first bomb by 2007. In 2007, they thought it would be 2009, and a year later they put it at 2011. Now the date has moved to 2015. These adjustments were not the result of mistaken evaluations, but due to the difficulties Iran has encountered in advancing its program, largely because of the Mossad’s efforts.

Compte-tenu de la cascade de catastrophes, militaires et économiques, que déclencherait une attaque israélienne sur l’Iran, le report de l’échéance est une excellente nouvelle. En plus, Dagan affirme que la date de 2015 est « approximative ». Évidemment, cela dépendra des autres tuiles qui pourraient tomber sur le programme iranien d’ici là !

Pour ma part, je ne peux que me raccrocher à ce paragraphe de mon billet, où j’écrivais que l’attaque israélienne serait déclenchée en 2011, à moins que…

Cela pourrait changer. Tout dépend de la lecture que fait Jérusalem de l’état et de la qualité des renseignements obtenus par l’espionnage occidental, et russe. (Et la qualité des renseignements obtenus par les espions israéliens infiltrés chez les russes !). Tout dépend aussi des succès de la stratégie de sabotage actif du programme nucléaire iranien effectué par les troupes spéciales américaines et, dit-on, britanniques.

Et, aurais-je du ajouter, du Mossad.

Quant à The Economist, je les laisse s’ajuster eux-mêmes !

À moins, bien sûr, que tout cela ne soit qu’une jolie tentative de désinformation du Mossad pour endormir l’armée iranienne alors que l’attaque, elle, est imminente. Et ça, on le saura bien avant 2015 !

(Merci à l’alertinternaute André B. pour ce signalement.)

Ce contenu a été publié dans Israël par Jean-François Lisée, et étiqueté avec . Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !