La paradoxale défense du français d’Olivier Primeau

On m’informe que M. Olivier Primeau est une grande figure du web. Je l’en félicite. C’est aussi un entrepreneur hyperactif, ce qui est, à mes yeux, encore mieux. J’ai lu ce matin à son sujet ce titre dans le Journal de Montréal:

«Olivier Primeau à la défense de l’anglais.»

Pourtant, dans les entrevues qu’il a données, il insiste sur l’importance du combat pour le français au Québec. Suivez-ce paradoxe :

Déclaration Primeau: «Je suis 100 % pour la préservation du français au Québec. Je trouve ça super important.»

Entreprise Primeau: Le Beach Club, à OKA

Déclaration Primeau:  «C’est notre langue première, et il faut que cela reste comme ça.»

Entreprise Primeau :  Slice Gang Pizza

Déclaration Primeau: « C’est une grande grande bataille, il faut que ça soit sauvé cette langue-là»

Produit Primeau: Boisson Beach Day Every Day, café Beach Day Every Day

Déclaration Primeau: «le problème, c’est le recul du français au Québec.»

Produit Primeau: Pause POUTINE TIME.

Bon, vous avez compris. M. Primeau explique en entrevue que les marques de commerce et les slogans anglophones n’ont pas d’impact sur le français au Québec, ce qui va à contre-courant de toute l’histoire de nos tentatives de redonner à Montréal un visage francophone.

On comprend avec lui que tous les produits vendus dans l’Amérique anglophone ne peuvent pas s’appeler Cirque du Soleil ou Au bon pain. Mais quand on lui a demandé pourquoi la multinationale Couche-Tard s’appelle ainsi au Québec, il a répondu que, hors-Québec, elle s’appelle, entre autres, Circle K.

Bingo Olivier ! Ton entreprise peut avoir un nom francophone au Québec et un nom anglophone ailleurs. Pourrais-tu croire que c’est même possible pour des noms de produits ?

La triste vérité est que M. Primeau étant parfaitement sincère, lui qui avoue n’avoir appris l’anglais qu’au cours des six dernières années, est complètement convaincu que la multiplication des marques de commerce et de slogans unilingues anglophones n’a aucun impact sur le combat pour le français au Québec. Il est dans l’air du temps.

C’est le temps de changer d’air.


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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !