La soif d’ignorance de l’inspecteur Charest

20070909-195732-gL’ancien président du Parti libéral du Québec et ex-député jusqu’en 2003, Robert Benoît, croit désormais que son parti « doit faire une enquête à l’intérieur du parti ». « S’il y a un ménage à faire, qu’on fasse un sérieux ménage » affirmait-t-il ce mardi à Radio-Canada.

Cette demande d’enquête interne vient peut-être un peu tard. Les inspecteurs de l’Opération Marteau, et les journalistes, semblent avoir une très grande longueur d’avance sur l’inspecteur Charest.

Je me suis d’ailleurs souvent demandé où était cet inspecteur dans deux cas importants:

L’inspecteur Charest et le mystère d’Anjou

* Qui sont les anges gardiens qui ont acheté des votes pour le PLQ? La chose est connue, lors de l’élection de 1998, un bienfaiteur bénévole appelé Alberto Berardinucci a décidé pour des raisons toujours mystérieuses de donner 10$ à plusieurs dizaines de personnes pour qu’elles aillent voter, à répétition et sous de faux noms, pour le candidat libéral dans le comté d’Anjou. Cet ange gardien fut condamné dans cette affaire et le DGE n’a pu établir de lien entre ce monsieur et le PLQ.

Jean Charest, alors chef du PLQ depuis peu, a-t-il mené une enquête interne ? A-t-il voulu savoir pourquoi ce monsieur achetait des votes pour son parti, mais non pour les autres? Et s’il avait des amis, d’autres bienfaiteurs, dans d’autres circonscriptions ? Personnellement, je n’ai jamais entendu parler de cette enquête. Et vous ?

L’inspecteur Charest et le cas Tomassi

Il y a quelque mois, le premier ministre excluait de son caucus Tony Tomassi, pour une histoire de carte de crédit. Mais avant, un faisceau de coïncidences démontrait une extraordinaire corrélation entre la délivrance de permis de garderie par l’alors-ministre de la famille Tomassi et les dons à la caisse électorale du PLQ.

L’inspecteur Charest a-t-il voulu savoir si, au delà des apparences, il y avait anguille sous roche ? S’il y avait une branche pourrie dans son parti, qu’il aurait intérêt à couper lui-même, avant qu’on la lui coupe ? Et s’il n’y aurait pas, dans d’autres parties de la grande famille libérale, des habitudes pas trop catholiques qu’il faudrait découvrir soi-même, avant de l’apprendre à la télé ou dans un dossier d’accusation ? Je n’ai jamais entendu parler de cette enquête interne. Vous ?

L’inspecteur Charest vs Infoman

Le cas David Grégoire est intéressant. Comme pour Anjou, le chef libéral invite le DGE à faire enquête. Comme le DGE n’a pas trouvé de lien, dans Anjou, entre la personne qui achetait des votes pour le PLQ et le PLQ lui-même, faut-il être cynique pour conclure que l’inspecteur Charest sous-traite les enquêtes au DGE dans l’espoir que le DGE… ne trouve rien ?

Il est vrai qu’une enquête interne, entre libéraux, risque de poser un problème difficile à gérer: découvrir des vérités.

En attendant le DGE ou l’Opération Marteau, il faut nous contenter du travail, sur David Grégoire, de l’inspecteur Infoman:

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !