Le cadeau de rentrée empoisonné de Jean Charest

85%

C’est la proportion d’ingénieurs du Québec qui considèrent « totalement ou partiellement vraies » les allégations de favoritisme dans l’attribution des contrats de construction au Québec. 73% en ont « entendu parler », ce qui n’est pas significatif. Mais 33% affirment avoir été témoins d’au moins un cas de favoritisme dans une entreprise pour laquelle ils ont travaillé.

Les résultats de ce sondage, publiés dans La Presse de ce matin, arrivent à un fort mauvais moment pour le premier ministre qui, de retour d’Inde, est ainsi accueilli à la reprise des travaux parlementaires aujourd’hui avec un nouvelle gifle sur ce dossier qui l’embête au plus haut point.  Il ne savourera pas particulièrement ces résultats:

Plus de 80% des ingénieurs se sont en effet dit d’avis qu’une commission d’enquête «permettrait de savoir s’il y a un système organisé ou non», «d’identifier les responsables éventuels», et de «réviser les processus de gestion des appels d’offres». À peine 12% des ingénieurs ont pour leur part estimé «qu’une commission d’enquête n’est pas nécessaire et qu’une enquête policière suffit».

Ce sondage, réalisé auprès 2400 ingénieurs, est par contre un cadeau de premier ordre pour le Parti Québécois, qui pourra l’utiliser comme d’un paravent cachant le petit résultat de sa pétition pour une commission d’enquête, pétition qu’il doit déposer cette semaine, pour ne plus jamais en parler. (Rappelez-moi encore pourquoi on fait signer une pétition quand 80% du public est favorable à la mesure réclamée ? Ne voit-on pas qu’à ce niveau, aucun nombre de signataires ne peut faire autrement que de décevoir ?)

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !