Le Canada doit continuer à aider l’État de droit en Palestine

Ce n’est pas banal. L’Assemblée nationale a été unanime, ce mardi, pour adopter la résolution suivante:

« Que l’Assemblée nationale invite le gouvernement du Canada à prendre acte de la décision de l’Organisation des nations unies reconnaissant le statut d’État observateur pour la Palestine et à maintenir l’aide canadienne précieuse prodiguée à la construction de l’état de droit en territoire palestinien ;

Qu’elle réaffirme le soutien indéfectible du Québec à une solution négociée qui incarne à la fois la nécessité pour Israël de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ainsi que le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la création d’un État. »

J’ai présenté cette motion, après négociations avec le PLQ, la CAQ et Québec solidaire, qui l’a secondé.

Elle vise à être utile. C’est pourquoi elle ne discute ni ne semonce le Canada pour son vote à l’ONU. Elle lui demande d’en « prendre acte », donc de l’accepter puis, ce qui est essentiel, de ne pas réduire ou interrompre l’aide prodiguée par le Canada à l’Autorité palestinienne.

J’ai visité, à Rhamallah, la mission canadienne et pu constater combien son intervention pour la formation des forces de l’ordre et des juges, entre autres, est importante pour la construction d’un État palestinien moderne. Cette action, de 300 millions de dollars (financés à 20% par les impôts québécois), contribue à la paix de façon concrète, en rendant stable et efficace le futur État palestinien, en lui donnant les moyens d’être un interlocuteur crédible dans des négociations à venir.

Il est rare que l’Assemblée nationale s’aventure sur des sujets internationaux épineux. Plus rare encore qu’elle arrive à se prononcer de façon unanime sur un sujet aussi difficile que le conflit israélo-palestinien. Nous invitons le gouvernement canadien à prendre ce point de vue en compte lors de la réévaluation de sa politique dans la région et invitons les citoyens et les ONGs à ajouter leurs voix à celle de l’Assemblée nationale.

(Je me suis aussi exprimé à ce sujet ici.)

 

Ce contenu a été publié dans Québec international par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !

13 avis sur « Le Canada doit continuer à aider l’État de droit en Palestine »

  1. Je suis très fière que cette motion que tu as présentée ait été adoptée à l’unanimité,
    Cela me semble en phase avec la valeur partagée par les québécois de résolution pacifique des conflits et du refus de reconnaître que la loi du plus fort prétende être la meilleure!
    merci Jean-François
    Louise Harel

  2. Félicitations, M. Lisée! Je salue votre courage et votre intégrité.

  3. Félicitations,

    Vous montrez là que vous êtes un homme de coeur, de paix et de justice. Qualités qui honorent ceux qui nous ont précédé.
    Il est temps que le Québec réafirme sa différence qui s’inscrit dans sa tradition et son histoire.
    Merci de ce geste. C’est bien le minimum pour le peuple Palestinien étant donné la position de M. Harper toujours prêt à soutenir inconditionnellement l’envahisseur. Et surtout, dans leurs souffrances quotidiennes, les Palestiniens ont bien besoin de notre appui.

  4. Voilà qui devrait faire contrepoids à une politique illégale de colonisation, appuyée par le Canada et les USA. Courageux et audacieux, tel l’affrontement entre David et Goliath. C’est la pierre qui aura mis Goliath à terre…

  5. Félicitations pour avoir obtenu l’accord des partis sur une question internationale aussi délicate.! Voilà une action diplomatique dont nous pouvons être fiers en tant que québécois.

  6. Félicitations monsieur Lisée!!

    Oui, du courage vous-en avez!!

    Yé!

  7. Je vous félicite de votre promotion de la part de Gesca de « Le représentant de la «–diplomatie québécoise–» … » comme quoi ça avance!!!
    Sinon une petite remarque vous déclarez: «L’objectif est d’avoir une paix négociée avec un État palestinien fonctionnel et un État israélien en sécurité»
    Ne serait-il pas plus pertinent de déclarer à l’avenir: «L’objectif est d’avoir une paix négociée avec un État palestinien et un État israélien en sécurité l’un par rapport à l’autre».
    Le premier ministre de l' »Etat de Palestine » (non membre de l’ONU mais reconnu comme un Etat par 138 pays contre 9), Salam Fayyad a démontré à la communauté et aux institutions internationales que cet Etat était fonctionnel. Mais il n’était ni libre ni en sécurité avec son voisin qui continu l’implantation de citoyens israëliens sur des territoires palestiniens.
    Et que depuis ce vote de l’ONU, ce ne sont plus des territoires occupés ou disputés avec une autorité locale mais bien un Etat et un gouvernement légitime et reconnu comme tel. Un pays, une nation occupée par son voisin Israël.

  8. J’aurais bien aimé bien sûr qu’à l’instar de la plupart des pays du monde, que le Québec se positionne très clairement pour un état Palestinien. Mais voilà le hic, notre statut provincial nous limite à ce genre de propostion pour obtenir l’appui unanime de l’Assemblée Nationale .

  9. Doggoneit, I agree with J-F Lisée on something. C’est la fin du monde!

    • Il reste encore quelque Hommes de bonne volonté sur terre, ne croyez-vous pas? Il faut les chercher et les appuyer tout en donnant notre avis bien entendu. Vous les reconnaîtrez car c’est notre avis qui les intéresse surtout.

  10. Bonjour, il faudrait rajouter : après le http dans le lien.
    Car sinon il ne fonctionne pas!
    Merci!

Les commentaires sont fermés.