L’effet Mulcair sur les libéraux fédéraux du Québec

indexJe vous le disais le jour de l’élection de Mulcair, le triomphe de cet ex-ministre libéral a pour effet de rendre les libéraux fédéraux québécois catatoniques. Ce sera encore plus vrai si Denis Coderre quitte le navire pour se lancer, l’an prochain, en politique municipale.

Un de mes amis libéraux fédéraux (oui oui, j’en ai!) en est réduit à refaire l’histoire dans sa tête et à tenter de trouver le moment où cette ligne temporelle désastreuse aurait pu être évitée.

Voici ce à quoi il pense, en broyant du noir:

J’ai pensé à quelque chose en fin de semaine en entendant que Justin avait gagné son combat de boxe: que se serait-il passé si Stéphane Dion avait été moins con et avait laissé Justin se présenter dans Outremont [en 2007] comme Justin le souhaitait (c’était une complémentaire après la démission de Jean Lapierre).

Imaginons un peu :

1. Justin aurait probablement gagné contre Mulcair

2. Mulcair serait disparu pour de bon

3. Martin Cauchon n’aurait pas voulu revenir dans Outremont, qui aurait alors été occupé par Justin

4. La volonté de retour de Cauchon n’aurait pas conduit Denis Coderre à lâcher Ignatieff (qui soutenait Cauchon)

5. Le NPD n’aurait pas annihilé le Bloc

6. Harper ne serait sans doute pas majoritaire

Évidemment, Mulcair aurai peut-être gagné contre Trudeau. En ce cas, Justin serait aujourd’hui animateur de télé, ou quelque José. Quoi qu’il en soit, quelle décision horrible !

Bon, je ne suis pas certain que le point 4 mène nécessairement au point 5, donc/ni au point 6. Mais je voulais simplement que vous fassiez preuve, comme moi, d’empathie pour ces pauvres libéraux fédéraux québécois.

Ce contenu a été publié dans Le NPD et le Québec, Parti libéral du Canada par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !