Legault persiste: Avant moi le déluge!

jacquesboissinot-pressecanadienne-3Ce mercredi, René Homier-Roy demandait ceci à François Legault, à propos de sa déclaration de la semaine dernière:

Vous avez déclaré que le Québec n’avait pas eu de bon gouvernement depuis 30-40 ans. Bourassa, Lévesque, Lucien Bouchard, que de mauvais gouvernements ?

Legault répond ainsi:

Il y en a qui ont fait des bons coups mais si on regarde depuis 1980, la dette a augmenté, on n’est pas arrivé à moderniser nos réseaux d’éducation et de la santé, notre écart de richesse depuis 30 ans a augmenté avec les autres États en Amérique du Nord, donc, oui il y a des gouvernements qui ont fait des bons coups, mais au total il reste que depuis 30 ans le Québec a reculé.

legault-landryIl persiste et signe. Non seulement François Legault entend faire plus et mieux, mais il critique tous ses prédécesseurs — y compris les deux gouvernements dont il était un membre important — pour avoir fait reculer le Québec. C’est très fort.

Mais décomposons maintenant sa déclaration et voyons les faits:

*Il y en a qui ont fiat des bons coups mais si on regarde depuis 1980 [donc sous Lévesque, Bourassa, Johnson, Parizeau, Bouchard, Landry, Charest],

*la dette a augmenté [comme partout ailleurs en Occident – donc tous les gouvernements au monde ont été irresponsables],

*on n’est pas arrivé à moderniser nos réseaux d’éducation [les taux de réussite scolaire ont augmenté, les élèves québecois trônent au sommet des palmarès internationaux, le taux de décrochage des garçons est passé de 44% en 1980 à 22% en 2010, soit une baisse de moitié]

*et de  la santé [le réseau de la santé a connu plusieurs réformes importantes, dont celui du virage ambulatoire, son efficacité s’est accrue, mais le réseau  peine, comme partout ailleurs en Occident, à répondre à une demande croissante],

* notre écart de richesse depuis 30 ans a augmenté avec les autres États en Amérique du Nord [l’économiste Pierre Fortin démontre exactement le contraire, car il tient compte de la richesse réelle des ménages, non de la richesse inégalement réparti entre les super-riches, plus nombreux, et les très pauvres, plus nombreux aussi, chez nos voisins.)

*donc, oui il y a des gouvernements qui ont fait des bons coups, mais au total il reste que depuis 30 ans le Québec a reculé.

Le combat et le coq

Affirmer que « le Québec a reculé » depuis 1980 est une énormité telle que ce serait une insulte à l’intelligence que de vouloir y répondre sérieusement.

Ce qui est plus clair, cependant, est que François Legault a franchi une ligne. Celle qui sépare le réformiste bagarreur, qui peut plaire à une partie de l’électorat, et le prétentieux qui affirme être le seul à savoir quoi faire et qui veut se grandir en rabaissant tous les autres.

Ce Legault-là ne fera pas recette dans un électorat qui aime ceux qui sont prêts au combat, mais déteste ceux qui se prennent pour des coqs.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !