L’impact de la crise sur la jeunesse américaine

hire-me11-150x150Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz écrit ceci, dans The Atlantic Monthly courant, au sujet de l’économie américaine:

L’économie ne va pas rebondir toute seule, du moins pas dans un laps de temps qui importe aux gens ordinaires. Oui, toutes les maisons saisies par les banques vont un jour trouver preneur, ou être détruites. Arrivera un moment où le prix de l’immobilier va se stabiliser ou, même, se mettre à remonter. Les Américains vont s’ajuster, non seulement à un niveau de vie plus bas et à vivre sous leurs moyens car ils devront rembourser une montagne de dette.

Mais le dommage sera énorme. L’idée que l’Amérique a d’elle-même comme terre d’opportunité est déjà grandement érodée. Les jeunes chômeurs se sentent abandonnés. Il sera de plus en plus difficile de réintroduire une grande partie de cette jeunesse sur une voie productive. Ils seront marqués à vie par ce qui arrive aujourd’hui.

Traversez en voiture les vallées industrielles du Midwest ou les petites villes des plaines ou les villes ouvrières du Sud, et vous verrez l’image d’un déclin irréversible.

Stiglitz estime que la seule façon de sortir l’économie américaine d’une longue période de déprime est d’envisager, comme pour la sortie de la crise des années 30, un investissement massif pour faire pivoter l’économie. Dans les années 30 d’une économie agricole à une économie industrielle. Aujourd’hui d’une économie industrielle à une économie de services. Comment ? En investissant dans les infrastructures, la recherche, l’éducation, l’énergie verte.

Rien dans le paysage politique américain actuel ne semble permettre quoi que de soit qui ressemble à ce virage. Stiglitz écrit: « Pouvons-nous décider de faire un tel effort, en l’absence de la mobilisation induite par une guerre globale ? Peut-être que non. »

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !