Loi spéciale : Rousseau, Tocqueville et Socrate s’en mêlent

jjrousseau2-150x150Les internautes ne sont pas des incultes et ils citent les grands penseurs au soutien de leur critique de la loi spéciale.
Ainsi, Marc Fournier appelle Jean-Jacques Rousseau, dans Du contrat social :

« Il y aura toujours une grande différence entre soumettre une multitude et régir une société. »

tocquevillecaic-150x150Philippe L.B. invoque Alexis de Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique :

Tocqueville. Il était venu au Québec, ici pas sur la carte.
« Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir […].
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte.

« Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comme la liberté sert à se le procurer […]

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ;  mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie.

« Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur. »

caricatures_SocratesLouis-Philippe Blanchette, doctorant en philo, sort son Socrate, dans La République de Platon :

Socrate : à lire jusqu’à la dernière phrase !

« Socrate : Pourrais-tu trouver meilleur indice d’une éducation médiocre et déshonorante dans une cité que le besoin de médecins et de juges, à qui on fait honneur non seulement chez les gens ordinaires et  les travailleurs manuels, mais aussi chez ceux qui se vantent d’avoir été formés dans un esprit libéral ?

Ne trouves-tu pas que c’est une honte et l’indice sérieux d’un manque d’éducation que de se trouver contraint de recourir à une justice empruntée à d’autres, qu’on regarde comme des maîtres et des arbitres, en raison de l’impossibilité d’en trouver chez soi?

Glaucon : C’est la chose la plus honteuse de toutes.

Socrate : Ne crois-tu pas, repris-je, qu’il est plus honteux encore, non seulement de passer la majeure partie de sa vie dans des tribunaux, engagé dans des procès à la défense ou à la poursuite, mais encore, par manque de conviction morale, de se laisser persuader de faire bonne figure pour cette seule raison qu’on se croit habile à être injuste et capable de tous les subterfuges, de s’échapper par mille ruses et détours et de se tirer d’affaire au prix de contorsions?

À quelle fin? Pour éviter la justice et ce, au sujet de questions insignifiantes et dépourvues de valeur, parce qu’on ne sait pas combien il est plus beau et plus noble d’ordonner sa vie de manière à ne pas avoir besoin d’un juge qui dort sous votre nez. »

Ajoutez vos citations de sages. Qu’auraient-ils à dire sur la Loi Charest ?

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !