Lou Dobbs, candidat présidentiel en 2012 ?

dobbsMon père n’était pas de gauche, loin de là, mais chaque fois qu’il voyait passer à la télé le très regretté chef communiste français Georges Marchais, il écoutait attentivement, avec un grand sourire aux lèvres. Marchais était roublard, agressif, sans-gêne et d’une spectaculaire mauvaise foi. Il n’ennuyait jamais. Depuis hier, les États-Unis ont perdu leur équivalent télévisuel de Georges Marchais. Lou Dobbs, animateur à CNN d’une émission pseudo-économique, a perdu son perchoir médiatique. Simultanément, la qualité moyenne de l’information aux États-Unis a augmenté.

Depuis six ans, Lou Dobbs Tonight enrobait ses reportages de phrases chocs: presque toutes les nouvelles économiques étaient encadrées du slogan War on the middle class, toutes les informations sur l’immigration — une plaie, selon Dobbs  — étaient préfacées par Broken Borders, etc. La première fois que je suis tombé dessus, je croyais que c’était un pastiche. Mais l’homme était sérieux, tapant avec force et constance sur les clous de l’anti-immigration et de l’anti-gouvernement. Il s’est rendu célèbre en affirmant que les immigrants apportaient avec eux aux USA une remontée de la lèpre, ce qui est factuellement sans aucun fondement.

Que fera-t-il maintenant ? Certains pensent que cet ex-républicain devenu populiste indépendant auto-déclaré pourrait être candidat indépendant lors des présidentielles de 2012. C’est ce qu’il laisse lui-même entendre, dans une intervention radio au lendemain de son départ de CNN et selon des sources proches de lui. Certains à droite souhaitent  sa candidature, mais stratégiquement elle pourrait nuire aux républicains et aider la réélection d’Obama — comme la candidature du populiste Ross Perrot avait ouvert la porte de la Maison Blanche à Bill Clinton en 1992. D’autres estiment que, dans quelques mois, on le verra de retour à la télé, à la chaîne économique de Fox News, plus fort que jamais. L’autre, peut-on ajouter, n’empêche pas l’un, au contraire.

Dans le merveilleux monde de la politique/spectacle américain, toute cette agitation peut être aussi une stratégie de Dobbs pour rehausser son profil, vendre davantage de livres, avoir davantage d’auditeurs (il a toujours son émission radio quotidienne).

Tiens, cela me donne une idée: pour augmenter le nombre de visites sur mon blogue, je pourrais laisser flotter l’idée que la chefferie de l’ADQ, tiens, pourquoi pas ? Humm…. Après mûre réflexion (5 secondes) j’y renonce !

(Photo Wikipedia Commons)

Ce contenu a été publié dans Droite, États-Unis par Jean-François Lisée, et étiqueté avec . Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !